‹ Règne de Charles VIIIChapitre 17 sur 53 · N\PLES. TU · texte numérisé non relu

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Jésus-Chrisl. On voyait, sur le reliquaire, jusqu'à l'instrument qui avait servi à cette opération religieuse.

Arrivé à la cathédrale , le roi jura de défendi-e la religion envers et contre tous: alors éclata le Te Deum, après quoi Charles se rendit au palais , où le sceptre lui ayant été remis par les grands , il reçut leur serment de foi et hommage.

Angevins , Aragonais , dans ce premier élan , tout se confondit. Dans les discours l'exagération fut pareille, a Qu'était-ce que César en comparaison d'un concpiérant qui n'avait pas même besoin de voir pour vaincre !»

Cette nouvelle qui , d'échos en échos parcourut rapidement l'Italie, excita partout ou une consternation , ou un enthousiasme aussi démesuré. En Toscane surtout, et pendant trois jours , toutes les cloches sonnèrent , les rues se couvrirent de processions, toutes les affaires furent suspendues, toutes les églises retentirent de sermons et d'actions de eriices.

11 fallut cependant cpie, pour être entièrement maître de sa nouvelle capitale , ce triomphateur vît enfin son ennemi; car Pescaire et ses cinq cents Allemands occupaient toujours la résidence royale ou le château Neuf. C'est pourquoi, dans

ce premier jour, le conquérant avait été contraint de ne recevoir le sceptre que dans le palais Capuana , vieux donjon jadis habité par Fancienne dynastie française. Sa fierté en souffrit tellement que , dès le lendemain , lui-même, tout à découvert , alla fièrement s'emparer de la place publique du château Neuf, et du jardin attaché à cette résidence , cpi'il environna sur-le-champ de ses canons. L'armée française se plut à cette témérité de son roi , que Naples admira et qui réussit.

Le siéi*e de ce château commença à l'instant même. Ce fut un combat d'artillerie. Les premiers momens furent vifs. Charles s'y complut. On y lemarqua gentil garçon son héraut d'armes , depuis appelé Provence , et qui monta sur une brèche, lui, cinquième, (< en belle robe de velours. » En ce moment un de nos canonniers abattit le chef des arbalestriers ennemis, cpii accourait au secours des siens, ce cpii découragea sa troupe, l^e. roi, témoin de ce coup, en cria d'aise, et avisant cet habile artilleur, il hii jeta dix écus d'or.

Cependant, le 5 mars, dix jours defeu n'avaient point sufti, et ce siège durait encore lorsqu'un accident le fit tourner court. Les projectiles creux et incendiaires étaient alors inconnus; mais un de

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nos boulets de fer, en pénétrant dans le magasin à poudre du fort , heurta un caillou dont il fit jaillir une étincelle. L'explosion et l'écroulement furent effroyables. Et néanmoins la garnison toute mutilée , cherchant encore à tenir sur ces décombres, s'en démêlait péniblement, quand tout à coup le plus dévorant et furieux de tous les incendies l'environna.

Le premier malheur en avait amené un second. Une flammèche, emportée par le vent, était tombée sur un autre magasin : c'était celui de la poix, de la résine et des autres matières inflammables encore en usage contre les escalades; il prit feu; les mutilés qui se traînaient hors des ruines rencontrent l'incendie; des torrens de bitume enflammé les atteignent. Les cris horribles de ces malheureux consternent le reste de la garnison. Ceux-ci , envirorniés de désastres , à découvert et presque désarmés par l'explosion et par l'incendie, se découragent. Alors, Gaspard, un de leurs chefs, celui-là même qui seul avait tenté de défendre Capoue, se décida. Aussi déterminé dans le mal que dans le bien, il força Pescaire à fuir sur une barque , pilla le trésor confié à sa garde, gorgea ses Allemands d'or et de vin , et capitula. Le 5 mars 149^, on aperçut ce vieux capitaine à genoux sur la brèche , les

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