‹ Règne de Charles VIIIChapitre 18 sur 53 · II · texte numérisé non relu

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bras tendus, les mains jointes, sa tcte toute hlancliie, découverte, et requérant merci. Sa défense avait duré onze jours.

Un autre château , celui de l'OEuf , restait encore. Bâti dans la .mer sur un roc isolé, il semblait devoir tenir plus long-temps que lepremier ; mais neuf jours suffirent. Il est vrai qu'un autre rocher, celui de S.iint-Elme qui le dominait, n'était alors défendu que par une redoute dont on s'empara. De ce rocher dominateur , devenu français et tout aussitôt garni d'artillerie, on foudroja l'autre, qui, le i5 mars, par sa reddition, termina la conquête.

En elFet, Gacte, après un simulacre d'attacpie, venait de se rendre; et déjà devant notre colonne de gauche, celle des Abruzzes, tout s'était dissipé sans combat jusqu'à i]rindcs,oii le bâtard César d'Aragon s était renfermé. Il conserva ce point à sa famille; ce fut le seul de tout le royaume.

On a remarc [ué que , pendant le siège du château de l'OEuf, une négociation s'était engagée entre Charles et don Frédéric : cet oncle du jeune roi aragonais était un philosophe, un homme de lettres , de mœurs douces , et depuis long-temps connu et fort aimé à la cour de France.

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Brissac, de Guise et de Ligny, avaient été envoyés en otages sur son vaisseau; lui descendit à terre. Il trouva Charles venant de diner dans la tranchée, au milieu de ses soldats, et partageant leurs dangers. L'entrevue eut lieu dans un jardin , à la gauche de nos batteries , et sous un grand olivier. Le roi était monté sur une mule fauve; il était vêtu d'un sayon de drap d'or, bordé de velours noir, son manteau de velours cramoisi sm^ l'épaule; ses brodequins étaient blancs, .< et sur sa tète, dit un témoin, la belle toque d'écarlate et le riche afîiquet ; enfin son épée au côté, et si bien accoustré cpie bien sembloit être bon gens-d'arme et homme d'entendement exquis. »

Dans les pourparlers de ces deux princes , les caractères opposés des deux nations se retrouvent. D'une part, une franchise confiante jusqu'à la simplicité ; de l'autre, une adulatrice , insidieuse et souple finesse. Charles commença; il proposa à la famille détrônée la France pour asyle. C'était une prison déguisée : Frédéric déclina cette offre un peu naïve. Mais il se mit à protester de l'admiration et de la soumission de sa famille, pour un si invincible prince! il déchira qu'il suffirait au roi son neveu d'être le premier des sujets de Cliarles en Calabrc, l'un de ses ba-

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rons seulemenl; qu'il en serait même glorieux! On n'avait qu'à lui contier le gouvernement de cette province , la plus reculée du royaume , il la conserverait avec bien plus de zèle à un monarque si généreux , qu'il n'avait su la défendre pour lui-même! » Les citations de l'antiquité, dont se surchargeaient , en croyant s'en parer, les lettres alors renaissantes, complétèrent le discours de l'Aragonais. Mais de quelque miel qu'il enveloppât l'artifice de cette proposition, il était impossible de s'y prendre.

Un mois après , le 1 2 avril , notre flotte , quoicpie fort délabrée, étant enfin arrivée dans ces mers, les communications se rompirent; alors Frédéric et Ferdinand ayant laissé à Pes- ■caire la garde d'Ischia , se retirèrent en Sicile.

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