‹ Règne de Charles VIIIChapitre 28 sur 53 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dans ce retour, comme dans le premier passage de Charles , ce fut encore contre Florence que vint se heurter et fléchir tant de présomption. Déjà Tun des envoyés de cette ville s'était présenté dans Sienne au jeune roi ; il lui avait encore demandé au nom de la république , ses ports , ses forteresses , et Pise surtout. Florence otfrait en retour cent mille ducats, son meilleur capitaine et trois mille huit cents hommes de pied et de cheval. On touchait aux portes de cette grande cité , il n'y avait plus à tergiverser, à ajourner, habitude que Charles avait prise par ignorance et embarras , par insouciance des affaires et empressement de plaisirs. On assembla donc le conseil.

Comines et Briçonnet s'appuyant de la foi des traités , soutinrent Florence. Ils dirent « que seule et malgré les efforts réitérés de la coalition, elle était restée fidèle ; (ju'cn lui rendant ses places , on renforcerait l'armée de leurs garnisons ; que Pietra- Santa et Sarzane sufliraient

FORNOUE. ig5

comme points d'appui contre Gènes ; qu'il n'y avait nulle raison pour garder Pise et le reste ; sui'tout cpiand les secours qu'offraient au roi les Florentins, dans un instant si critique, étaient à ce prix. »

Ici, Comines revenant sur son premier entretien, demanda « pourquoi l'on s'arrêterait plus long-temps dans Sienne. Qu'un simple séjour y suffisait. On pouvait mépriser l'Italie en armes , mais dix mille Allemands descendaient des Alpes; ceux-là étaient redoutables ! Les laisserait - on s'établir sur notre passage , nous enfermer dans l'Apennin ? Il fallait donc se hâter, passer vite, et dès le lendemain se remettre en route. » — Mais on ne l'écouta pas plus ce jour-là que la veille. On pensait à tout autre chose.

De Lignj, avec son ton de favori et son avide orgueil irrité contre Florence , dont il enviait à Briçonnet le protectorat lucratif, couvrit de mépris cette prudence.

Il était cousin germain du roi par sa mère ; Sienne l'avait gagné. Le parti du peuple ou de la réforme lui en offrait le gouvernement avec vingt m.ille ducats de subsides. De Ligny l'acceptait , il se déclarait pour Pise et contre Florence. C'est pourquoi s'attendrissant d'abord sur Pise, il s'opposa à ce qu'on sacrifiât cette cité, par nous libre et

ig/f CHARLES Vin. PART. III, LIV. IX.

pour nous si reconnaissante , à cette Florence « dont la foi était si douteuse, et qui n'était déjà que trop puissante ! Pise était en nos mains ; le plus sûr n'était - il pas d'en rester maître , comme aussi do Sienne, qui s'offrait d'elle-même ? Quant aux secours proposés par Florence , il soutint arrogamment (( qu'ils étaient inutiles ; ignorait-on que neuf cents gens-d'armes français valaient tous les hommes d'armes d'Italie joints ensemble! Pour Sienne , il en répondait, et cpie son lieutenant Tinteville avec trois cents hommes seulement , suffiraient pour la conserver à la France. »

De Piennes appuya de Ligny, dans l'espoir d'obtenir à son tour Pise ou Livourne. Ce fut vainement que Trivulce et la Rovcre secondèrentCominesetBriçonnet,s'écriant : « queSienne était ville d'empire ! Qu'on allait donc s'attaquer à l'Allemagne ! Que l'armée n'était déjà que trop faible, sans l'amoindrir encore en en détachant une garnison nouvelle. Qu'enfin, tout conseillait de laisser à elle-même cette cité turbulente « sans (( s'amuser à ses folles offres qui ne pouvoient « durer une semaine. ' »

En elfet , ils se trompèrent de si peu qu'il ne se passa pas un mois sans que Tinteville et

» Comines.

FORNOUE. ig5

!^a garnison n'en fussent honteusement chassés. Car, en dépit de l'opposition de Comines et de la presque totalité du conseil , l'avis le plus insensé avait prévalu. Des intrigues et les dames de Sienne s'en étaient mêlées. Charles avait perdu quatre jours à cette faute. Encore la fit-il à demi, voulant tout ménager à la fois , ses conseillers et ses favoris , dem.eui'er étranger aux querelles des deux républiques , rester l'ami de ces ennemies , et, comme il arrive le plus souvent, ne réussissant qu'à mécontenter tout le monde.

Le 17 juin, il laissa Sienne derrière lui et se dirigea sur la route m.ême de Florence. Un fait jusqu'ici méconnu , c'est que , soit rancune ou défiance contre le gouvernement de cette république , il en projetait le changement. Depuis quelques jours, Pierre de Médicis était dans son camp, il s'y cachait, mais les Florentins l'avaient aperçu. A la vue de ce proscrit , à la nouvelle de la prise de possession de Sienne , tous s'exaltent, tous s'arment contre le danger qui menace leur indépendance. L'écho de leur cri d'alarme retentit jusques dans le quartier royal. Charles arrivait alers dans Poggi-Bonzi. En y entrant, ilappi-end'iiiuelle est dans Florence la réception qu'on lui prépare; que la population tout entière y est debout et

196 CHARLES Vlll. PART. III, LIV. IX.

en nrmcs ; que ehn([ue rue , à rexception d'une seule, dont le passage est indispensable, est déjà coupée de barricades; que des troupes régulières se joignent à l'attitude formidable de ce peuple , et qu'il vient même d'appeler Venise à son aide. En même temps, une seconde députation se présente , Gerolamo Savonarola lui-même est à sa tête , et de sa voix d'inspiré il admoneste bien plus le jeune roi qu'il ne le harangue. Il lui reproche durement les désordres de son armée. Il le somme de garder la foijp.rée sur les autels de Florence ; il le tance surtout de sa uéclieence à réformer l'Église : « Voilà l'oeuvre à laquelle le Tout-Puissant l'avait appelé. Qu'a-t-il fait d'une mission si sainte ? Dieu ne l'avait-il pas conduit dans ritnlie, comme par la main, pour l'accomplir ? Toutefois , celui qui l'y a mené l'en saura ramener , en dépit de la grande ligue qui l'attend au passage ! « N'eùt-il que cent hommes en sa compaignie , » il en sortira non sans combats mais sain et sauf! cette coalition impie sera sans force contre le ciel qui le guide ! » Mais d'une voix foudroyante il ajoute (( que s'il ne se repent tout à l'tfeiire , s'il ne restitue pas à Florence ses possessioiW, s'il ne réforme point son armée et lui-même, une punition prompte et sévère (f un coup du louet céleste l'attend » , et qu'il sache

FORWOUE. If)y

bien que le glaive exterminateur est déjà suspendu sur sa tête ! »

Charles , que ces nouvelles et ces prophéties épouvantent , en demeure d'abord m^uet et troublé; puis il ajourne au lendemain sa réponse. Cependant il renonce à toute tentative contre Florence. Il envoie Médicis à Lucques , en lui enjoignant de ne pas mettre le pied sur le territoire si long-temps gouverné par ses pères ; il soufTre même que, pour s'assurer de l'exécution de cet ordre dicté par Florence , deux commissaires et un héraut florentins surveillent l'exilé dans sa marche !

Le lendemain 18 juin , jour de la fête du Saint- Sacrement, soit habitude, peur ou politique, car Savonarole était toujours là , il reste encore à Poggi-Bonzi ; il semble redoubler de dévotion , se montrant, dit son journal, « vrai catholique, (( et ferme pilier de la foi. » Il oblige tous ses seigneurs, barons et chevaliers français à l'accompagner aux processions de ce saint jour ; il en suit la marche dans tous ses détours , s'arrête dévotement à toutes les stations. Il édifie toute la noblesse du pays , accourue de loin au bruit d'un si mémorable spectacle \ Ce n'est enfin que le soir qu'il peut arriver à Castel-Fiorentino. Là ,

' La vigne.

igS CHARLES VIII. PART. III, LIV. IX.

dans son embarras , il congédie Savonarole ; il lui annonce qu'il n'entrera point dans Florence , qu'il la laissera à sa droite. Il va, lui dit-il, décider Pise à se soumettre. C'est dans Lucques que les envoyés florentins doivent aller l'attendre, et qu'il leur en portera lui-même la nouvelle.

De Castel-Fiorentino à Pise il n'y eut rien de rem^arquable , si ce n'est un coup de main des Florentins , qui surprirent et pillèrent une bourgade des Pisans, en s'y présentant comme notre arrière-garde. Charles, irrité, y envoya Crussol avec tous ses archers, mais ils n'y trouvèrent plus personne , ni pillés ni pillards ; le mal fait , les malfaiteurs avaient disparu.

Ainsi repoussé et presque insulté par Florence , menacé par le réformateur populaire cpii la domine, et forcé de passer sans s'arrêter sous ses murs, Charles arrive le 20 juin devant Pise. Là, tout difïère. Celle-ci n'a point assez de portes pour le recevoir ; elle croit ne jamais assez prodiguer de décorations, d'acclamations, de démonstrations passionnées pour exciter sa reconnaissance et pour l'engager plus avant dans sa cause ! Jamais les nôtres , dans Sienne , dans Naples même, n'ont été les témoins et l'objet d'un tel enthousiasme ! Ils ont surtout remarqué les cnfans des nobles venant au-devant d'eux

«n grande troupe, et tous vêtus de satin blanc parsemé de fleuis de Ijs d'or. Le roi voit siu- le grand pont et sur une haute estrade sa statue éc[uestre , l'épëe haute, montrant Naples, et foulant aux pieds le serpent de Milan et le lion de Florence. Des tables , couvertes de mets recherchés et de vins exquis, sont dressées dans toutes les rues, ' et nos moindres soldats sont invités à y prendre place. Dans les maisons, mille autres séductions les entourent; ils s'y croient au sein de leurs familles, dans leurs foyers; c'est une patrie et bien mieuij^ encore! Et ce n'est point un élan passagéi^ ide ces Italiens , une effusion factice , éphémèi'c ; la forte garnison des nôtres que l'armée y retrouve vante aux nouveau-venus ces boiis habitans ; elle les recommande à leur protection, comme des compatriotes.

Cependant , pour la première fois, Charles, au milieu de tant de transports , ne se laisse pas entraîner à sa sensation présente. Son air est gêné, son attitude contrainte; Pise s'en inquiète, et les jeunes courtisans français en frémissent d'impatience; car ils aiment Pise, soit pour elle, soit qu'elle ait satisfait leur avidité , soit par rancune contre la fierté de Florence. Ils ont d'ailleurs intérêt à ce cpi'on retienne les forteresses de cette républi((ue , pour en obtenir le gouvorne-

ment ou pour le vendre ; mais, en dépit de leurs excitations , ils voient que le coeur du roi reste plein du souvenir de sa foi jurée sur les autels florentins ; ils savent que ce serment fut trois fois renouvelé , dans Rome , dans Naples , et tout à l'heure enfin dans Poggi-Bonzi même : ils comprennent que, sur tant d'acclamations de leurs protégés, le retentissement des paroles menaçantes de Savonai'ole l'emporte encore.

De Ligny est le plus audacieux de ces favoris. Pendant que les conseillers du roi , de Gannay, le maréchal de Gié et Briçonnet parlent pour Florence , lui avertit les Pisans de redoubler d'efforts. Le 2i juin, tous leurs nobles et notables se réunissent. Cette députation solennelle environne le roi prêt à sortir. « Pise s'offre à lui pour sujette , elle se met sous sa sauvegarde ! » Mais à l'accueil encore emJDarrassé du prince , à sa réponse équivoque , indécise , le favori s'aperçoit cjue ces supplians ont échoué, et il a , comme à Sienne , recom's aux femmes.

Le 22, les bourgeoises, les dames les plus riches , la plupart nu pieds , en habits de deuil et échevelées , remplissent tout h coup de cris et de sanglots le palais du roi , et lui , étonné , vient et s'enquiert. Dès qu'il parait, elles se précipitent à genoux : les bras tendus , elles riniplorcnl , «'Iles

FORNOLE. 2UI

s'offrent à lui corps et biens , en lui jurant pour leurs maris, pour elles , pour leurs enfans , foi , hommage et obéissance !

Mais quelque jeune et susceptible d'entraînement que fût Charles , c'était le fils de Louis XI ; c'était ce même prince à qui son père n'avait voulu apprendre que cette seule maxime : Qui nescit dissimidare , nescit regnare. Déjà , tant de fois dupe des autres et de lui-même , il avait perdu l'habitude des premiers mouvemens du coeur. Trop faible de tête pour savoir se décider, trop inoffensif pour repousser ou désespérer personne, il avait pris le parti d'ajourner, de biaiser, de tourner les difficultés; et sur ce point, sa candeur était loin d'être vierge encore. Il se contint donc assez pour ne laisser échapper que cette réponse évasive : « Qu'on attendit, qu'on se tranquillisât, qu'il ferait si bien cpie chacun serait content. »

Cet accueil , ce peu de mots si froids , jetés au milieu de passions si vives, et les commentaires de Ligny alaraièrentde plus en plus toutes ces femmes; se sentant repoussées, elles vont porter leur douleur dans tous les quartiers de la ville. A cette nouvelle , Pise entière retentit de gémissemens. Toute cette population éperdue couvre les rues et les places publiques. Là , chaque chef, et

même jusqu'au simple soldat suisse ou français (ju'ils aperçoivent, ils courent, ils l'environnent, ils le conjurent de ne point les livrer à leurs ennemis acharnés ; ils lui retracent l'horreur des maux de quatre-vingts ans d'esclavage; ils disent en frémissant ceux bien plus cruels encore qu'après leur glorieuse et si courte libération , la vengeance de leurs implacables tyrans leur prépare. Puis , les prenant à témoin de la parole de leur roi : « N'est-ce donc point sous sa garantie que Pise a ressaisi son indépendance? Le plus cruel abandon va-t-il ctre le prix de leur confiance dans cette loyauté française, dont la renommée est si crande ! »

A ces paroles ils joignent l'action : tout en eux supplie ; dans leurs maisons , devant leurs portes, ils embrassent les genoux de leurs hôtes, ils portent à leur front, à leiu' bouche, le bas de leurs vétemens ; ils pressent de leurs mains tremblantes les rudes miains de ces guerriers , qu'ils baignent de larmes. Notre armée s'émeut, une pitié généreuse la saisit, et de Ligny l'excite encore. Bientôt des groupes se forment, où les plus échauliés pérorent.

A des gentilshommes encore à demi féodaux , un roi trop jeune , trop doux , trop vu , son inapplicalioi) le poussant toujours hors do chez

lui, n'imposait guère. Cinquante d'entre eux, de sa maison même , la hache au col , envahissent le quartier royal ; ils montent impétueusement chez leur jeune monarque, qui, le cornet à la main , était assis en face de Pienne , et jouait trancpiillement aux tables \ Ils le sui'prennent : Sallezard, l'un d'eux, ose l'interpeller; des mots , tumultueux comme son action , se pressaient dans sa bouche ! « Pour l'armée , les Pisans sont des compatriotes ! L'armée aime Pise à l'égal de la France ! Ceux qui conseillent de livrer Pise sont des traîtres que solde Florence! ils lui vendent l'honneur du roi et du nom français! La caisse de l'armée est-elle vide? Est-ce là le prétexte de l'infamie que de lâches conseillers proposent? cp'ils se taisent ! l'armée saura se suffire à elle-même. Elle office au roi sa solde arriérée ; et quant aux hommes d'armes , gentilshommes , officiers , ils y ajoutent leurs colliers, leurs chaînes d'or et d'argent, tous leurs insignes ; qu'on leur prenne tout , plutôt que d'acheter l'argent florentin au prix d'un sang allié, et de l'honneur de la France ! »

En parlant ainsi, Sallezard avait désigné d'un

' ' Au Irictrac.

2o4 CllAULliS VUI. 1>.VKT. lll, LIV. IX.

i»este menaçant les conseillers du roi présens à cette scène : et sur-le-champ Briconnet , tont cardinal qu'il était , et le maréchal de Gié luimême, furent insultés. Le président de Gannay, assailli plus gravement, se déroba, et, forcé de se cacher hors de son quartier , il fut deux jours et deux nuits sans oser reparaître.

Enfin , comme toutes les foules , d'autant plus violente cjiie, partant d'un sentiment généreux, elle se croyait permis plus de choses , celle-ci devenait insolente, quand le roi se levant , parla en maître , ce qui était rare. Il en produisit plus d'effet. Mais il sortait de son caractère; en y rentrant , son esprit se trouva de nouveau également tiraillé en deux sens opposés par ses conseillers et par ses favoris , par les menaces prophétiques de Snvonarole, et par les reproches douloureux des Pisans, enfin par ses deux paroles si contradictoires ; en sorte qu'il denneura entre deux, s'elforçant de partager entre les uns et les autres sa volonté , sa conscience , et de ne mécontenter personne.

Il finit par laisser dans Piseune forte garnison,

sous d'Entragues, (( homme bien mal condi-

,t< tionné », dit Comines, et créature de Ligny,

(jui lui vendit cette faveur. A ce commandement ,

Pietra-Saiil.i rt deux ;nilr(\s foris funnl ajonli's

FORNOUE. 20i)

Quant il l'af rranchissement de Pise , dans sa perplexité, Charles ne sut imaginer autre chose que de gagner du temps. Afm de sortir plus tranquillement de cette \ille , il indiqua Lucques comme le lieu où il se prononcerait. Il y arriva le lendemain 25 juin , et y séjourna, moins pour cette affaire que pour célébrer la fête de la Saint- Jean , dont lui-même alluma le feu , non sans en avoir fait dévotement neuf fois le tour. Après quoi , en dépit de ses promesses , il remit encore sa décision h son arrivée à Pietra-Santa , où il coucha le 24 , toujours suivi par les envoyés de Pise et par ceux de Florence , qu'il ajourna encore. Mais cette fois ce fut à Asti.

Il y avait loin. Entre cette ville et Pietra- Santa , il j avait Pontremoli, l'Apennin, l'Italie et l'Allemagne armées , quinze journées de guerre, une grande bataille! et pourtant on avait dédaigné le subside offert par les Florentins et méprisé leur infanterie ; on n'avait pas craint de s'affaiblir par tant de garnisons , qu'on laissait derrière soi dans un moment si critique. Mais qu'importait ! En supposant qu'une armée ennemie osât les attendre, huit marches au moins en séparaiejit encore ! Qu'avait-on besoin de s'en occuper huit jours d'avance 7 11 serait temps alors , et l'on verrait bien ! Ainsi , ces jeunes

2o6 CHARLES VlII. PVKT. III, LIV. ÏK.

téméraires , toujours inconsidérés , s'en reposaient, f[uand viendrait le danger, sur leur premier élan, qu'ils croyaient irrésistible ! vrai caractère , non de chefs , mais de soldats , vivant de toute leur vie dans l'instant présent sans s'embarrasser du lendemain, sans se fatiguer de combinaisons préalables ; insoucians sur l'avenir par instinct de valeur , comme le sont quelcfues poètes et artistes , par instinct de génie.

Page 1