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SyO CFIART.KS VIII. PART. IH, MV. X.
dont Anne de Bretagne s'était entourée , l'enivraient.
Tandis que l'inépuisable tendresse de son àme si douce , si accorte, si aimante, l'entraînait dans une inconstante et nomlDreuse suite d'amours sans cesse renaissans; et que les vaines pompes chevaleresques de ses continuels tournois lui faisaient oublier cette guerre , dont ils étaient l'école et l'image : s'il arrivait qu'au travers de ces passions satisfaites, tpi'entre ces tournois, ([ue dans l'intervalle de deux amours, les cris de la Rovère , les plaintes de Trivulce et des envoyés florentins le détournassent de cette active incurie ; et ([ue les gémissemens , les appels de ses compagnons d'armes , ou assiégés , ou languissant déjà dans les prisons napolitaines, perçassent juscpi'à son cœur, alors il se soulevait indigné, il vovdait s'élancer à leur aide^ et tout aussitôt il ordonnait ; mais sans aucune connaissance des moyens indispensables pour exécuter, sans capacité d'application pour s'en instruire. Aussi, au milieu d'élans si vides, ne pouvant se soutenir contre les lenteurs des préparatifs d'une nouvelle expédition , et se heurtant en aveugle contre ses difticultés, bientôt il retombait affaissé dans l'entrainement de ses molles amours , dans Tétourdissement de ses fêtes vaniteuses.
DERNIERES ANNEES DE CHARLES VIII. OJl
dans l'engourdissement de ses lourds festins , où son sang et sa frêle constitution s'appauvrissaient^ où s'égaraient et s'amortissaient ses velléités d'honneur et de gloire; enfin où , se déconsidérant , toutes ses menaces perdaient leur effroi , et toutes ses promesses leurs espérances.