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5o CHARLES VIII. PART. III, LIV. VU.
et les soldats français reviennent ù grand bruit; ils environnent et menacent encore le château Saint-Ange ! Le pape lui-même se jugea perdu. Aussi, lorscpi'il aperçut quelques heures après MM. de Foj, de Ligny , de Bresse, et le maréchal de Gié , tous gens de guerre , venir à lui en parlementaires, fut-il bien surpris' quand au lieu d'une dernière sommation , il entendit le très docte maître Jean Darly , évéque d'Angers " et confesseur du roi, seul ecclésiastique qui les accompagnât , prononcer respectueusement devant lui une harangue latine, et lui rendre enfin tous les honneurs souverains qui, jusque-là , semblaient lui avoir été refusés.
Il uy avait pourtant, dans ce changement si subit, rien d'extraordinaire. C'est qu'au premier bruit de cette seconde marche si menaçante, les conseillers français de Charles étaient encore accourus. Lui s'était promptement ravisé; bien moins faible, quand il se laissait pour la seconde fois retenir et i amener chez lui, cpie lorsqu'en dépit de son respect pour la sainte Eglise, et de sa douceur naturelle si inolfensive, il s'était laissé si violemment entraîner contre le saint-pcre.
' Lavi^ne , .loiiinal.
* Guaguin.
ROME. 5l
Briçoimet, de Vescq, et les envoyés qu'on vient de citer, l'avaient (Hlonc facilement fait rentrer en lui-même. Le pape les accueillit , et l'accommodement commença. Toutefois, comme Alexandre s'opiniâtra à ne pas céder sa forteresse, il fallut, pour l'en tirer, plusieurs jours encore, un traité dont il se joua, et même un second miracle !