DURANT LE RÈGNE MILITAIRE
" Lettres et Placards affichés dans " le Gouvernement des Trois-Ri- " vières, 1760, 1761,1762, 1763;'et " 1764,"
19 Septembre.
A tous tes Capitaines de Milice, pour empêcher quHl ne soit vendu aux passants aucune sorte de denrées.
ùe par Son Excellence Monsieur le Colonel Burton. Gouvenuur des Trois-IUvières.
La molle Complaisance des habitans de ce Gouvernement, qui se Laissent persuader à se défaire de leurs moutons, volailles et autres choses nécessaires à la vie en faveur des passants qui traversent le gouvernement, pourroit tirer à conséquence et épuiser le pays de ces rafraichissemens ; il est donc expressément défendu par ces présentes aux habitans du gouvernement des trois-Eivières, de se défaire de leurs volailles, moutons et autres choses nécessaires à la vie en faveur des passants, de telle qualité ou sous quelque prétexte que ce soit, sans
un ordre signé de Son Excellence, jusqu'à ce qu'il luy plaise d'en ordonner autrement. S'il arrivoit que l'on usa de force pour les obliger à désobéir à la présente Ordonnance, il leur est enjoint de faire connoitre les contre venans, en les dénonçant au Capitaine de Milice, qui aura soin d'en faire son rapport, pour qu'ils soient punis avec rigueur.
Donné aux Trois-Rivières, le 19 Septembre 1760.
(Signé) R, BURTON.
21 Septembre.
Ordre à tous les Capitaines de Milice de Ut rôle du sud, pour mettre bas les armes et prêter le serment de fidélité.
Monsieur le G-ouverneur des Tr ois-Rivières ne tardera pas, Monsieur, à envoyer des officiers nommés par luy pour faire passer en revue les miliciens de toute la côte du sud de son Gouvernement, pour leur faire mettre bas les armes et prêter le serment de fidélité ; il m'a en conséquence ordonné de vous avertir de tenir prest le Rolle de votre compagnie et celuy des habitans de la Paroisse et de faire sçavoir à tous vos Miliciens qu'il aient à se tenir prests au premier instant à paroitre à l'arrivée des dits officiers.
Yous ferez passer la présente de paroisse en paroisse dans toute l'étendue du Gouvernement des Trois-Rivières sur la côte du sud. Je suis très sincèrement, Monsieur, votre très-humble serviteur.
(Signé) J. Bruyère. (1)
1) Il signait Bruyères : j'ai ?on autographe. J. V.
22 Septembre. »
Ordre à tous les Cap Haines de Milice, pour de/fendre à leurs habitant de recevoir ou donner en payement les Cartes et Billets d'ordonnance, regardés comme monnoie imaginaire.
Monsieur, — Je suis extrêmement surpris d'apprendre que malgré les déclarations publiques et publiées de Monsieur le Grénéral Murray, et toutes les précautions prises pour faire connoitre aux Canadiens la non-valeur de leur monnoie de papier, depuis l'Edit du Roy de France datte le 15 8bre dernier, qu'il se trouve encore des habitans assez aveugles sur leurs interests particuliers pour recevoir cette monnoie imaginaire en échange pour des marchandises réelles et utiles. Ce ne peut être que par mauvaise foye et ignorance de part et d'autre ; que cet argent est employé par les vendeurs et les acheteurs, et comme j'ay résolu très fermement de ne pas souffrir le premier vice dans mon Gouvernement, et que je regarde comme partie de mon devoir d'éclairer ceux a qui l'ignorance feroit commettre des erreur.
Je vous donne ordre de faire assembler votre compagnie et les habitans de la paroisse, pour leur lire la présente, et leur faire sçavoir de ma part, que je leur défend de recevoir ou de donner, en payement pour leurs effets ou marchandises, les cartes, ou monnoie de papier connue sous le nom de Billets D'ordonnance, et que je ferai punir, dans toute l'étendue de mon Gouvernement, ceux qui en imposeront à la crédulité des habitans, et les forceront de se contenter de ce payement frauduleux.
Vous ferés passer la présente au Capitaine de milice
le plus voisin, qui en fera autant, jusqu'à ce que la Lettre ait passé dans toute l'étandue de notre provhice. Je suis, Monsieur, Votre affectionné Serviteur.
(signé) R. BURTON.
22 Septembre.
Ordre à M. la framboise. Capitaine, de faire assembler les habitans, pour leur faire mettre bas les armes, et prêter le serment de fidélité.
A M. la framboise, Capitaine des milices de la ville des 3 Rivières.
11 vous est ordonné de la part de Monsieur le Colonel Burton, gouverneur des trois Rivières, de faire avertir Messieurs les G-entils-hommes et autres personnes habitants cette ville des trois Rivières, non incorporés dans le Rolle de vos milices, de se rendre avec leurs armes dans Le parloir des recollets de cette ville demain matin à 9 heures, pour y prêter Le serment de fidélité et de soumission Dû à Sa Majesté Britannique Georges Second.
Donné au gouvernement, ce 22, 7bre 1760.
1 Octobre.
Ordre à Monsieur Courval, pour la régie des Forges. À. M, Courval, aux forges.
Monsieur, — Son Excellence M. le Colonel Burton m'a ordonné de vous faire sçavoir, qu'en conséquence des instructions qu'il a reçu de Monsieur le général Amherst,
il juge à propos de faire exploiter à Loisir La fonte qui est déjà tirée des mines, et pour Cette Effet voudroit retenir sur Le même Pied que ci-devant Les ouvriers dont vous trouvères les noms à la suite de la présente. Le Charbon étant un article indispensable, et dont les forges sont actuellement mal pourvues, et son Excellence ayant appris qu'il y en a plusieurs fourneaux déjà préparés; il vous plaira d'engager en qualité de journaliers Les Charbonniers et autres que vous jugerés absolumeut nécessaires pour faire La Cuisson et autres ouvrages dépendants de cette partie là.
Vous tiendrés, s'il vous plait, un compte exacte des gens que vous Emploirés, du temps que durera leurs travaux et de quantité de charbon qu'ils feront. Vous prendrés sur vous Le soin de faire graisser et relever les soufflets des forges, en un mot de faire les petites réparations qui sont absolument nécessaires pour mettre Les forges en état d'exploiter peu à peu la fonte dont il est parlé Ci-dessus.
J'ay l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
(Signé,) J. Bruyère.
Noms des ouvriers retenus aux forges par ordre de Son Excellence M. le Gouverneur :
De/orme, Robichon, Marchand, Humblot, Terrant, Michelin, Belu.
1 Octobre.
PLacart de Son Excellence Monsieur le Général AmhersL
Par Son Excellence JGFFERY AMHERST, Ecuyer, maréchal de camp, Commandant en chef Les troupes et forces de Sa Majesté le roy de la grande Bretagne dans L'amérique Septentrionale, et son Gouverneur Général pour la Province de Virginie, Sçc. Sçc. Sçc.
Sçavoir faisons, que nous avons constitué et établi Monsieur Gage, Brigadier des armés du Roy, Gouverneur de la ville de Montréal et de ses dépendances : et que nous avons pareillement étably Monsieur Burton, Colonel des troupes de Sa Majesté, Gouverneur des trois Rivières et de ses Dépendances.
Que tous les habitans du Gouvernement des trois-Rivières qui n'ont pas encore rendu les armes ayent à les rendre aux Endroits nommés par Monsieur Burton-
Que pour D'autant mieux maintenir Le bon ordre et La police dans Chaque paroisse ou District, il Sera rendu aux officiers de milice leurs armes ; et si par La suite il y avoit quelques-uns des habitans qui Désireroient en avoir, ils devront en demander la permission au Gouverneur, signée par le dit Gouverneur ou ses subdélégués, afin que L'officier des troupes, commandant au District ou ces habitans seront résidens, puisse sçavoir qu'ils ont Droit de porter les armes.
Que par nos instructions les gouverneurs sont autorisés de nommer à tous employs vacans dans la milice» et de débuter par signer des commissions en faveur de Ceux qui en ont dernièrement joui sous Sa Majesté très- Chrétienne.
Que pour terminer autant qu'il sera possible tous differens qui pourroient survenir entre les habitans à l'amiable, les dits G-ouverneurs sont enjoints D'autoriser l'officier de milice Commandant dans chaque paroisse, ou District, d'écouter toutes plaintes, et si elles sont dénature qu'il puisse les terminer, qu'il ait à le faire avec toute La droiture et Justice qu'il convient ; S'il n'en peut prononcer pour lors il doit renvoyer les parties devant l'officier des troupes Commandant dans son district, qui sera pareillement autorisé de décider entre eux, si le cas n'est pas assés grave pour exiger qu'il soit remis devant le gouverneur même, qui, dans ce Cas, comme en tout autre, fera rendre Justice où elle est due.
Que les trouves, tant dans les villes que dans leurs Cantonnemens sont nourries par le Roy en nature, et qu'il leur est ordonné expressément de payer tout ce qu'elles achètent de l'habitant en argent Comptant et espèces sonnantes.
Que tout propriétaire de Chevaux de Charettes, ou autres voitures qui seront employés, soit par les troupes, ou autres, seront également payés en Espèces sonnantes pour Chaque Voyage, ou par Journée qu'ils auront été ainsy employés, et Cela suivant Le tarif et sur le pied de dix schellings argent de la nouvelle York, par jour, pour chaque Charrette ou traineau portant un millier pezant; et une Journée de Cheval à raison de trois schellings D'york.
Les Maitres des postes auront attention de ne louer ny fournir, a qui que ce soit, sans un ordre par Ecrit de nous, ou des G-ouverneurs Gage, Murray, et Burton, ny chevaux, ny calèches appartenantes aux Bureaux des dites postes, et Ceux à qui il en sera fournis comme cidessus, payeront pour un cheval a raison de 17 sols, ar-
gent de la nouvelle york, par chaque trois mille angloises ou lieue de france ; Ceux qui prendront cheval et calèche payeront le double, mais il leur sera permis d'y aller à deux personnes
Que le peu de secours que le Canada a reçu de la france depuis deux années, l'ayant épuisé de Bien de rafraichissement et de nécessaire, Nous avons pour le bien commun des troupes et de l'habitant recommandé par nos lettres aux differens gouverneurs des Colonies angloises les plus proximes du Canada d'afficher et publier des avis à leurs Colons pour se transporter icy avec toutes sortes de denrées et de rafrachissemens, et nous nous nattons qu'on ne tardera pas de voir remplir ce Projet ; et, lorsqu'il Le sera, un chacun en sera instruit pour qu'il puisse y participer au prix courant et sans impots.
Le Commerce sera Libre et sans impots a un chacun, mais les Commerçants seront tenus de prendre des passeports des gouverneurs, qui leur seront expédié gratis.
Comme il est expressément enjoint aux troupes de vivre avec l'habitant en bonne harmonie et intelligence, nous recommandons pareillement à l'habitant de recevoir et de traiter les troupes en frères et Concitoyens. Il leur est encore enjoint d'écouter et d'obéir tout ce qui Leur sera ordonné tant par nous que par leurs Gouverneurs, et Ceux ayant droit de nous et de Luy ; et tant que les dits habitans obéiront et se conformeront aux dits ordres, ils jouiront des mesmes privilèges que les enciens sujets du Roy, et ils peuvent Compter sur notre protection .
Voulons Et entendons que notre présent ordonnance soit lue, publiée et affichée es lieux accoutumés.
Fait à Montréal, le 22 7bre. 1760, Signée de notre main et scellée du sceau de nos armes.
(Signé,) JEFFERY AMHERST Pour coppis.
J. Bruyère.
Plagcart de son Excellence Monsieur le Gouverneur Burlon pour accompagner le placcart cy-dessus, et pour empêcher que les habitans ne soient trompés sur la monole D'york.
Par Son Excellence Ralph Burton, Ecuyer, Colonel d infanterie, Gouverneur des Trois-Rivièfes et de ses dépendances
Son Excellence, Monsieur le Maréchal de Camp Amherstj ayant par le Placart ci-joint fait connoître ses intentions, et donné les rôglemens qu'il a jugé les pins utiles, et les plus nécessaires pour maintenir le bon ordre et la police dans toute l'étendue du Canada.
Nous ordonnons et enjoignons à tout Capitaine, ou autres officiers de milice, Commandant dans chaque paroisse du Gouvernement des trois-rivières, de faire comprendre aux habitans des dites paroisses la teneur du placcart de Son Excellence, et de leur en expliquer les articles, en tant que besoin sera, pour qu'il ne puissent en prétendre cause D'ignorance.
Nous faisons aussi, par Ces présentes, sçavoir à tous canadiens, ou autres personnes établies dans l'étendue de notre G-ouvernement des trois Rivières, que par les pouvoirs par nous donnés, Conformément aux instructions de Son Excellence Monsieur Le Général amh&tst,
aux Capitaines, ou officiers de milice commandans dans
chaque paroisse, D'écouter toutes plaintes portées devant Eux, et de les terminer avec Justice et Droiture, il est par nous enjoint et ordonné aux dits officiers de remplir Cette partie de leur charge Gratis et sans, pour Cause de ce, prétendre à aucune recompense ou Emolument en argent, ou autrement de telle façon quelconque.
En outre, comme il a déjà Plus à Son Excellence Le G-eneral Amherst, de fixer le prix de Certains articles, et qu'il est ordonné de payer aux habitans leurs travaux, ou leurs Denrées en Espèces Sonnantes, pour obvier au tort que Glens mal intentionnés pourroient leur faire en profitant du peu de Connoissance qu'ils ont de notre monnoie sonnante ; Nous jugeons nécessaire de les instruire de La valeur des espèces les plus usitées tel qu'elles ont Cours à La nouvelle york.
La pièce d'or appelée portugaise vaut huit piastres, ou soixante quatre chelings monnaie d'York, ou quarante huit livres de France
Le piastre
Le demi piastre
Le quart de piastre
La cinquième partie de piastre
La huitième partie de piastre
La seizième partie de piastre
Les pièces de cuivre valent
Nouvelle York répondant a la Française.
64 schelings 48 livres
2 1-lOs
! O-lô
Nous nous flattons que Le Présent placcart suffira pour Eclairer les habitans, et empêcher qu'on ne leur en im pose ; et Nous ordonnons à tous capitaines de milice de tenir La main à son Exécution, et de le lire et expliquer a leurs Concitoyens, après quoy ils L'afficheront anx En droits accoutumés.
Donné aux trois Rivières Le 18bre 1760 et scellé du sceau de nos armes.
(Signé,) e. burton;
Jeudy, 2 Octobre.
Ordre à tous les Capitaines de milice de se rendre au Gouver nement pour y recevoirs Les ordres de Son Excellence.
Monsieur, — Vous aurés la bonté d'aider Monsieur l'officier commandant les troupes de Sa Majesté Britanique a faire Loger les soldats dans votre paroisse de la façon la plus commode, il vous dira combien il a d'hommes, et dans quelle paroisse il a ordre de les Cantonner.
Monsieur le Gouverneur a appris qu'il y avoit du Bois de Coupé dans vos Costes, il vous enjoint d'en faire Charger le bâtiment qui porte les troupes, vous m'enverrés un état exacte de ce que vous mettrés à bord, pour que je puisse L'enregistrer.
Lundy prochain vous viendrés au gouvernement des trois Rivières a onze heure du matin, Yous n'y manquerés pas, D'autant plus que C'est pour y recevoir Les ordres de Son Excellence ; Je suis, Monsieur, Yotre très-humble serviteur.
2 Octobre.
A Monsieur Courval, Inspecteur aux forges au Sujet des vivres.
Monsieur, — Je viens de recevoir La marmitte que vous m'avés envoyée des forges, Je vais vous faire ordonner les vivres, que vous aurés La bonté de faire Distribuer suivant Le détaille du dernier Compte, il y en a pour les sept familles que je vous ai nommé, et pour vous et le chapelin et vos deux domestiques pendant Sept jours.
Yous rcmettrés, s'il vous plait, au porteur les poêles
que vous devez nous envoyer, et les ferés embarquer abord du batteau que je vous envoyé. J'ay L'honneur d'être, Monsieur, Votre très humble Serviteur.
(Signé,) J. Bruyère.
2 Octobre
Ordre au Capitaine des milice de Machiche, pour faire exempter de la bandon des animaux Le pré de Bte. laglandri.
Monsieur, — Le bien du service et L'avantage du publique voulant que les Chevaux des maitres des postes soient toujours en Etat de marcher, vous auréssoin d'exempter les prés de Bte. Laglaudrie de Labandon accordée après la St. michel, et de ne pas permettre que les Chevaux et autres animaux de ses voisins viennent dépouiller le fourage des dits Prés ; vous ferés connoitre Cet ordre à vos paroissiens, et vous prendrés G-arde que sous prétexte du présent ordre, Le dit Sr Laglandri n'étande pas ses prétentions plus Loing qu'il ne doit, vous devés Connoitre quels sont les prés, ou Le seul pré a luy appartenant, et C'est Cela seul que Mr le gouverneur Prétend exempter. Je suis, Monsieur, Votre
très humble serviteur.
(Signé,) J. Bruyère.
6 Octobre^
Lettre à tous les Capitaines de milice pour accompagner les placcarts de leurs Excellence Amherst et Burton Et qui nomme Les dits Capitaines arbitres et Juges Chacun dans Leur paroisse.
Monsieur, — Je vous envoyé par le présent Courier
deux placarts, l'un de Son Excellence Le G-énéral Amherst, et l'autre de moi. Yous aurés soin de lire l'un et l'autre avec attention, et d'en étudier Le sens pour le faire comprendre aux habitans de votre paroisse. Le premier placart vous instruira des intentions de Monsieur le G-énéral Amherst au sujet de l'administration de La Justice, et le second vous fera Connoitre que Je veux qu'elle se rende sans intérest et Gratis. Je ne doute nullement que vous ne vous y pretiés avec tout le plaisir qu'un honnête homme ressent Lorsqu'il peut obliger ses Concitoyens. La bonne réputation dont vous jouisses me persuade que j'aurai lieu d'être Content de vos soins, pour faire régner la paix et l'harmonie dans votre paroisse.
Ainsi en vertu du pouvoir à moi donné, par son Excellence le Général Amherst, Commandant en Chef les troupes et les forces de sa majesté britanique, je vous nomme et Etabli arbitre des difïêrens et querelles qui pourroient Survenir entre les habitans de la paroisse
de , vous autorisant à recevoir et Ecouter toutes
plaintes portées devant vous, sans aucune partialité, et vous ordonnant de les terminer, et d'en décider à l'amiable, suivant les Lumières de votre raison, et en Conscience avec toute la justice et la droiture qu'il Convient, et Le tout Gratis. Si L'entêtement des parties, ou La nature Embarassante des causes vous autoient Le pouvoir de terminer par vous-même, vous renverrés pour lors les parties devant L'officier des troupes Commandant dans votre dite paroisse de , qui en décidera suivant les instructions qu'il a reçu de moi à Ce Sujet.
Vous Garderés soigneusement la présente, qui vous
servira d'instruction, et de pouvoir de ma part pour agir en qualité d'arbitre vis-à-vis de vos Concitoyens.
J'ay l'honneur d'être, &c,
(Signé) E. BURTON.
P. S. — J'oubliois de vous dire au sujet des Accadiens rependus dans mon gouvernement, que le Roy d'angleterre n'entend pas payer leur pension et par là les Encourager à la fainéantise. Il faut doresnavant qu'ils travaillent ou se mettent en service, pour Gagner leur vie. Yous en avertirez vos paroissiens et les accadiens qui sont dans votre District ; si ils s' en trou voient parmis eux que leurs infirmités ou vieillesse rendissent Réellement dignes de pitié, et de secours, Yous me les ferés Connoître, Et après avoir examiné par moi-même leur Etat, j'en déciderai comme bon me semblera.
(Signé) R. BURTON-
7 Octobre
Aux Capitaines de milice de la Rivière batiscant, Ste. anne Ste. marie et Si. Pierre les bequets, pour ne s^être point rendus aux ordres de Son Excellence.
Monsieur, — J'ay ordre de vous témoigner la surprise de Mr. le G-ouverneur, de ce que vous avés négligés de vous rendre aux ordres qui vous ont été signifiés de venir hier matin au Gouvernement ; il s'attend à plus de ponctualité de votre part, et il seroit fâché que votre négligence à L'avenir, Le forçât à en venir à des remèdes qu'il sera toujours bien aise d'éviter. Partes aussitôt la
présente reçue et venés recevoir les placarts et les ordres que tous auriés du venir chercher hier.
Faites passer la présente aux Capitaines de Ste. marie, Ste. anne et St pierre les bequets.
J'ay l'honneur d'être, &c.
(Signé) J. Bruyère.
11 Octobre.
De Par Son Excellence Kalph Burton Ecuyer Colonel d? infanterie et Gouverneur des trois Rivières et de ses dépendances.
Placcart de Son Excellence Mr. le Gouverneur au sujet des Déserteurs, et pour Empêcher qu'on ne troque avec les Soldats leurs hardes, ny taffia, eau-de-vie, ou autre liqueur.
Comme il arrive quelquefois que des matelots, soldats, ou autres Engagés au service de Sa Majesté britannique, s'absentent de leur régimens, Vaisseaux, ou Compagnies, avec intention de ne plus retourner à leur devoir, et de déserter, et qu'il est absolument nécessaire de faire punir des gens dont l'intention et la conduite &ont aussi criminelles.
Nous deffendons expressément à tous Canadiens et habitans de notre gouvernement des trois Eivières de tel rang et condition qu'ils soient, de retirer chez Eux, ou de favoriser dans leur fuite aucun déserteur soit matelot, ou soldat, et leur ordonnons et enjoignons d'arrêter ou faire arrêter tout soldat, matelot, ou autre
engagé au service de Sa Majesté qu'ils trouveront courant les Côtes, ou séjournant dans les différentes paroisses de ce Gouvernement, et qu'ils auront lieu de soupçonner, ou regarder comme vagabons; et déserteurs, lesquels il leur est ordonné de mener à leur Capitaine de milice, qui les fera conduire sous main-forte en présence de l'officier commandant les troupes angloises, ou l'endroit le plus voisin ou il s'en trouvera qui aura ordre de les envoyer au Quartier Général.
Deffendons aussi à tous Canadiens et habitans de retenir, acheter ou troquer avec les soldats de Sa Majesté ou autres personnes quelconques aucunes de leurs armes, accoutremens, habits d'ordonnance, souliers, Guêtres, chapeaux, ou autres fournitures faites aux dits soldats, par Sa Majesté.
Deffendons pareillement à toutes persones quelconques habitantes dans notre Gouvernement de vendre ou troquer avec les soldats, leurs femmes ou Enfants, taffla, eau-de-vie, ou autre liqueur forte en gros ou en détaille, sans une permission par Ecrit de nous.
Voulons et ordonnons que la présente soit Exécutée en tout point, sous peine de Désobéissance et punition Corporelle, ou pécuniaire à notre Gré, et pour que personne n'en ignore, voulons qu'elle soit lue, publiée et affichée es lieux accoutumés.
Aux trois Rivières, ce lie 8bre 1760, signée de notre main, scellée du sceau de nos armes et contresignée par notre secrétaire.
(Signé) R. BURTON.
15 Octobre.
De Par Son Excellence Ralph Burton Ecuier Colonel d'infanterie, Gouverneur des trois Rivières et de ses dépendances.
Placcart de Son Excellence Monsieur le Gouverneur, au sujet des incendies et pour Le ramonage des cheminées,
Les ravages affreux que les incendies ont plusieurs fois causés dans cette ville, devroient être des leçons suffisantes à tous ses habitans pour les engager à prendre les précautions nécessaires pour prévenir de pareils malheurs à L'avenir. Il se trouve malgré cela toujours des paresseux qui s'exposent à Périr et à faire périr les autres, par une négligence Criminelle.
Nous avons donc pour La sûreté publique pourvu cette ville d'un Ramoneur, qui a nos ordres d'aller une fois en quinze jours netoyer et Ramoner toutes les cheminées de la ville des trois Rivières.
Voulons et ordonnons que tous les habitans de la dite ville se servent du dit ramoneur, Lorsqu'une fois, pendant la quinzaine, il ira pour Cet effet se présenter à leurs portes. Et Comme il est juste que la peine d'une personne aussi utile à toute La société, soit récompensée, tout propriétaire, ou Locataire de maison dans Cette ville, sera tenu sous peine d'exécution, de payer à raison de quatre sols pour Chaque Cheminée à simple étage, et six sols pour Celle a double étage, tous les quinze Jours, Lequel p yement se fera de deux mois en deux mois es mains du Capitaine des milices de la ville des trois Rivières, à commencer du quinze d'octobre.
Voulons et ordonnons, en outre, que Chaque particulier dans sa maison donne au dit Ramoneur les secours
et l'aide dont il pourra avoir besoin, pour le netoyage et Ramonage des dites cheminées.
Et sçavoir faisons que si, par négligence, ou faute d'avoir voulu faire ramoner, lorsque le dit ramoneur se présente dans sa tournée pour le faire, il arrivoit que le feu prit a quelques maisons, Le propriétaire ou Locataire de la dite maison ou le feu prendroit sera tenu de payer une amande de seize schellings, monnoie Dyork, qui sera payable es mains du dit Capitaine de milice, pour en disposer comme il en sera par nous ordonné. Et en cas qu'il parut dans le fait de l'incendiaire une malice marquée, et une envie de nuireTau proprié taire de La maison qu'il habite, ou à ses voisins, le dit Incendiaire sera pour lors puni corporellement, avec toute la rigueur qu'une pareille méchanceté mérite.
Voulons que la présente soit lue, publiée et affichée
es Lieux accoutumés : aux trois Rivières, Le loe 8bre
(Signé) R BURTON.
15 Octobre.
A tous les Capitaines de milice, pour accompagner le plac cart de monsieur le gouverneur au sujet des déserteurs.
Monsieur, — Je vous envoyé Ci Joint un placart de son Excellence Monsieur le Gouverneur Vous le ferés Lire et publier en la manière ordinaire. Vous le ferés comprendre aux habitans de votre paroisse, après quoy vous L'afficherés es lieux accoutumés.
J'ay l'honneur, &c.
(Signé) J Bruyère
16 Octobre.
Ordre à tous les Capitaines de milice, d'envoyer au gouvernement les fusils qui sont à leur garde.
Monsieur, — il vous est ordonné d'envoyer au gouvernement des trois Rivières, tous Les fusils qui sont à votre G-arde. Vous Les enverrés par G-ens sûrs,
Je suis Monsieur, Votre très humble serviteur, (Signé) J. Bruyère.
ordre à tous les Capitaines de milice, pour faire fournir à MM. les officiers des troupes le bois qui leur est nécessaire.
Monsieur, — pour prévenir que les officiers de sa Maresté Britanique manquent du bois que le Roy leur Croit nécessaire, et pour empêcher en même temps qu'ils ne deviennent trop à Charge sur Cet article aux personnes chez lesquelles ils sont logés. Il vous est ordonné de leur faire fournir, aux dépens de L'endroit où ils sont cantonnés, à raison de cinq Cordes de Bois par mois à Mr. le major demeurant à St François, quatre Cordes à chaque Capitaine, et trois à Chaque officier au-dessous du rang de Capitaine.
Quand aux sergens, Caporaux et soldats, il est à présumer que leurs difFérens hôtes auront soin de les mainnir chaudement pendant La froide saison.
Vous aurés soin de faire Cotiser Chacun dans votre paroisse, suivant leurs facultés, le nombre de Leur fa-
mille et autres Considérations auxquelles vous aurés Egard, pour que personne n'aîi lieu de se plaindre.
C'est un Commandement qui coûtera si peu de temps à Chaque particulier, pour l'exécuter, que Je suis persuadé qu'ils obéiront aussitôt la présente Reçue sans
Murmure.
J'ay l'honneur &c.
(Signé) J. Bruyère.
21 Octobre.
Ordre à tous les Capitaines de milice d'envoyer au gouver nement le nom des personnes nées sujets du Roy d? angleterre et des officiers françois.
Monsieur, — Vous m'enverres aussitôt la présente reçue, le nom de toutes les personnes nées sujets du Roy d'angleterre, de tel âge ou sexe qu'elles soient, vous me marquerés si Elles sont Etablies pour leur compte, ou seulement domestiques d'autrui, si elles sont mariées ou non, le nombre de leurs enfans, leur âge présent et Celui qu'elles avoient lorsqu'elles sont venues dans le pays, pour vous rendre ce détail plus facile, vous trouvères ci-joint un modèle sur lequel vous n'aurés qu'a remplir les noms et les nombres, ainsi que vous le verres au premier Coup D'œil.
Yous profiterés de la même occasion pour m'envoyer le nom des officiers françois qui ont la permission de Mr. de Yaudreuil de rester en Canada, pour affaires, et qui sont retirés dans votre paroisse, s'il y en a.
J'ay l'honneur, &c.
(Signé) J. Bruyère.
22 Octobe.
a Mr. Courval, aux forges, pour Veuvoy d'une barrique de taffla.
Monsieur, — Je vous envoyé la Barrique de taffia que vous me demandés. Je ne peux pas vous en marquer le Contenu, parceque je n'ay pas encore vu Le Commissaire des Yivres, qui L'a Livrée, je vous le ferai sçavoir à la première occasion, en attendant vous la distribuerés votre G-ré aux ouvriers, en tenant registre (de ce) qtie vous leur en donné, sans doute que personne ne vous a pas encore demandé de fer, autrement vous m'auriés fait le plaisir de m'en parler. Il ne seroit peut être pas mal à propos de faire sçavoir aux ouvriers de Montréal qu'il y en a à vendre, mais vous en ferés ainsy que vous le Jugerés a propos.
J'ay l'honneur d'être, Monsieur, &c.
27 Octobre.
Répondu au Cap!1° de maska, de garder la bois jusqu'aux premières glaces, n'étant pas possible de L'avoir à présent en Cajeux, sans risquer de Le perdre, et lui ai demandé La quantité qu'il en pourra fournir : à luy envoyé les permissions de Chasse.
(Signé) J. Bruyère.
27 Octobre.
Répondu au Capne de la Baye, de tâcher de trouver des œufs, et d'envoyer six Couples de volailles de chaque espèce — à luy envoyé six feuilles de papier.
(Signé) J. Bruyère.
Formule de permission pour faire Commerce.
Il est permis au Sr Sous notre bon plaisir, de s'aller Etablir dans la Paroisse de..."...., dans notre Gouvernement des trois Rivières, pour y faire un Commerce fixe. Si le peu d'encouragement, ou autres raisons, l'engageoient, à changer le lieu de sa résidence, il sera tenu de vous en faire part et d'obtenir notre permission à Cet Effet : et il est deffendu à qui que ce soit de L'interrompre ou molester dans Le présent Etablissement, en tant qu'il se Comportera Comme il le doit, et se Conformera aux ordres qui peuvent être par nous donnés, suivant notre volonté, pour le bon ordre et la police de Notre Gouvernement. Aux trois Rivières, ce 1760.
R. BURTON
Aux MAITRES des postes ^ depuis Cette ville jusqu'au Chenaildu Nord, pour le payement des Couriers royaux a Eux envoyés par Houle.
Monsieur, — Le Sr. Houle de Machiche, est Chargé de vous remettre un Brevet comme maître de poste dans votre paroisse, il est défendu à qui que ce soit d'oser intervenir à votre occupation, à moins que vous ne les nommiés pour vous assister. Yous recevrés aussy un espèce de Rolle sur lequel vous enrégistrerés les Couriers qui passent, en suivant les Colonnes marquées ; Cela n'empêchera pas que vous ne Gardiés leurs nottes, et une fois par mois vous L'apporterés au Gouvernement, et vous serés payé pour les Couriers du Roy bien attendu que vous vous ferés payer par les autres à mesure qu'ils Passent.
J'ay trouvé, parmi les billets qui ont été envoyés, qu'il y ayoit Réellement quatre des Couriers Royaux, et jay donné au dit Houle ce qui vous est dû pour leur passage. Si c'est vous qui les avés menés, vous garderez le tout ; Si non, vous payerez ceux qui tous ont ai dés et Dorénavant, quand un Courrier sera dû, il vous sera payé à vous, sauf à vous à repayer vos assistans.
Je suis, Monsieur, &c.
(Signé) J. Bruyère.
28 Octobre.
Idem, depuis le Cap la magdeleine jusqu'à Sle. aune Idem pour Rocher au.
Monsieur,^ — Le Sr. Rocherau, du Cap. Et le reste comme ci-dessus Excepté, qu'il y avoit six des Couriers
Royaux.
Par Son Excellence Ralph Burton Ecuyer Colonel d'infanterie Gouverneur des trois Rivières et de ses dépendances.
Placcart de son Excellence Monsieur Le gouverneur, Pour faire défense aux Canadiens de vendre vin ou eau-de-vie aux soldats.
Nous sommes très surpris do trouver dans cette ville des personnes d'un caractère assez bas et assez méprisable, pour abuser de La permissions que nous avons Donnée à notre Marchand de vendre ; Eau-de-vie
pu autres Liqueurs aux Canadiens et habitans. Ils ne peuvent ignorer que nous avons deffendu en même temps, qu'il en fût vendu aux soldats, dans la Crainte des désordres qui pourroient s'en suivre. Malgré notre précaution et nos ordres, L'appas sordide d'une Chétive récompense ou La blâmable envie de boire avec nos soldats, a séduit quelques misérables, qui se sont Laissés persuader d'en aller acheter pour Eux, Ce qui a occasionné des Désordres. Nous avons même découvert et fait mettre un de ces Coupables à la grande Garde.
Nous faisons sçavoir à tous Canadiens ou habitans, que si pareille chose arrive à lavenir, nous détiendrons très expressément à notre marchand, ou tout autre, de vendre aucune sorte de liqueur à telle personne que ce soit.
Et que tout canadien, ou habitant, qui sera Convaincu d'avoir, sous tel prétexte que ce soit, procuré de L'eau-de-vie, ou Liqueur, à nos soldats, sera puni avec La même rigueur que le vendeui, Comme Désobéissant au présent ordre, que nous voulons qui soit lu, publié, et affiché aux Lieux accoutumés,
Aux trois-Rivières, ce 28 Octobre 1760.
(Signé) R. BURTON.
Forme de commission pour les maîtres de postes.
Ralph Burton, Ecuyer Colonel d'infanterie, Gouverneur des Trois-Rivires et de ses dépendances.
Le bien* du service et la Commodité du publique requérant qu'une Communication facile et prompte soit maintenue dans les differens gouvernemens du Canada,
Nous avons à Cet effet résolu d'établir des postes de distance en distance dans L'êtandue de notre G-ouvernement des trois-Rivières, pour le passage des Couriers et Voyageurs. Ayant appris que Le nomme de la paroisse de , avoit déjà Exercé cet office sous la domination françoise, et qu'il Etoit muni des chevaux et voitures nécessaires. Nous Etablissons Le dit....;. .en qualité
de Maître de poste de la dite paroisse de ou il sera
tenu de fournir aux couriers et voyageurs, munis de nos ordres à Cet effet, les chevaux ou voitures dont ils auront Besoin pour les mener en diligence au plus prochain Maître de poste par nous Etabli peur le même effet Pourra le dit , En cas de besoin, se faire assister par une ou deux personnes dont il déclarera les noms au Capitaine de milice de la dite Paroisse, afin de les luy faire connoitre comme assistant, et qu'il Juge de leur Capacité et nous envoyer les noms. Sera le dit maître de Poste paie par tous Couriers et voyageurs à raison du prix déjà fixe par Son Excellence le G-énéral Amherst, et deffendons à tous habitans du dit lieu, excepté les assistans par luy nommés et enregistrés comme tels, de mener qui que ce soit en poste, à peine d'amende arbitraire et de Dédommager le dit , du tort
qui lui seroit fait en le privant de la dite poste Etablie chez lui.
Aux trois-Eiviùres, ce 1760.
R. BURTON
29 Octobre.
Aux Sieurs DU NORD (1), du chenail du Nord, et MAIL- LOUGOUJN, de Sle. Anne, et JOACHIM GOU1N, au sujet des Couriers venant de Québec et de Montréal.
Monsieur. — Je m'apparçois quelquesfois que plusieurs personnes venans de québec et Montréal, traversent le Gouvernement sans être munies d'ordres à Ce sujet ; Comme vous estes sur les frontières de notre Gouvernement vous devés avoir l'attention de leur demander à voir leurs ordres, et s'ils n'en sont munis vous devés pas ignorer les ordres précis de Mr. le général amherst. Vous devés aussi empêcher que personne ne mené les. Couriers ou Voyageurs, sinon ceux que vous devés avoir déjà nommés pour vous aider, et qui doivent être enregistrés. Le tout suivant les ordres que vous avez reçus, incérés dans votre Commission de Maître de Poste.
Je suis, Monsieur, votre serviteur,
(Signé) J. Bruyère.
13 Novembre.
A tous les Capitaines de milice, pour empêcher quil ne soit vendu aucune sorte de denrées aux Fassans, ou Coureurs de côte.
Monsieur — Son Excellence vous a enjoint par un placart du 19 Sept, dernier, de ne pas souffrir que Les habitans se défassent de leurs Volailles, moutons ou autres denrées, en faveur des passans. Vous devés être assuré
il) Dubonl ?
que c'est en conséquence de la Connoissance que Mr. le G-ouverneur a de la rareté de ces Choses dans Son Gouvernement, qu'il tous a fait publier le dit placart. Il est surpris d'apprendre que malgré des ordres aussi publiques, quelques habitans s'exposent à vendre à des coureurs de Côtes. Il m'a chargé de tous avertir que c'est contraire à ses intentions et aux ordres déjà donnés. Yous aurés soin, s'il vous plait, d'en rafraichir la mémoire aux habitans, et leur faire connoitre qu'aucune permission pour se pourvoir dans les côtes, faite en faveur d'autres personnes que les habitans mêmes de ce Gouvernement, Doit être regardée comme nulle, à moins qu'elle ne soit ratifiée ici au Grouvernement.
Yous comprenés bien que cette defTense n'a lieu que pour les Etrangers, et qu'il est permis de droit et sans aucun écrit aux habitans de ce Gouvernement et aux officiers et soldats qui y sont Cantonnés de se pourvoir des Denrées qu'ils y consomment,
Yous lires la présente aux habitans de votre paroisse, le premier dimanche après sa réception, et Yous tiendrés exactement la main à son Exécution ; et vous la ferés voir à Messieurs les officiers des troupes, s'il y en a dans votre paroisse.
Je suis, Monsieur, &c.
(Signé) J. Bruyère.
24 Novembre.
A TOUS les Capitaines de milice, pour engager les habitans
à apporter leurs denrées en cette ville.
Monsieur. — Les chemins sont maintenant fraïés. Il est aussi à présumer que les troupes répandues dans le Gou-
vernement ont fait leurs provisions D'hiver. Les Bourgeois de cette ville paroissent souhaiter que leshabitans y apportent des denrées. Il n'y a pas lieu de craindre que les Commandans des troupes dans les différens districts s'y opposent. Mr. le Gouverneur s'est expliqué avec eux à ce Sujet. Tâchés donc d'engager les habitans de votre paroisse à apporter en ville ce dont ils veulent se défaire. Il en résultera un avantage mutuel pour eux et pour les bourgeois de cette ville. Pour que la présente ait un effet plus sûr, vous tiendrés une main exacte au dernier ordre qui deffend aux habitans de se défaire de leurs denrées en faveur des Coureurs de Côte. Ce sont gens qui Communément leur en imposent, et qui font naître la disette dans des endroits où sans eux elle ne paroitroit jamais. Yous ferés connoitre à vos habitans que ce qui est dit ci-dessus est L'intention de Son Excellente.
Je suis, Monsieur,
Votre très humble serviteur, (Signé) J. Bruyère
Monsieur. — Vous aurés soin, aussitôt la présente reçue, de faire avertir les nourices des enfans bâtards, envoyés dans votre paroisse par Mr. Tonnancour, de se rendre au Gouvernement des trois Rivières, avant la fin de ce présent mois, pour y rendre compte de leur Charge ; et pour y recevoir la récompense ordinaire des soins qu'elles en ont pris, et les engager à les continuer.
Je suis, Monsieur, &c.
(Signé) J. Bruyère»
28 Décembre.
Signalement de Pierre Lahoi.r, déserteur des prisons de
Montréal.
Pierre Lahoix, consigné chez le Prévôt pour vol, s'est échapé l'onzième de décembre,
Yoici le signalement du dit Pierre Lahoix.
Il est grand environ de 5 pieds, 5 pouces, le visage basané, parle un peu d'anglois, et se dit marinier appartenant à un vaisseau de G-uerre de Gaspée, on le suppose marqué d'un fer chaud sur l'épaule gauche, pour un Crime précèdent. Il étoit habillé, lorsqu'il a déserté de la prison, d'un capot de couverte blanche, avec une perruque Brune, et n'avoit pas de chapeau.
Il est enjoint à toutes personnes quelconques d'arretter le dit Pierre Lahoix, partout où il se trouvera, sous peine de désobéissance.
Par ordre de son Excellence Mons. le Gouverneur.
(Signé) J. Bruyère.
A TOUS les Capitaines de milice, pour accompagner le signalement ci-dessus.
Monsieur. — Vous aurés pour agréable de faire afficher
le signalement ci-inclus aux lieux accoutumés, après en
avoir fait lecture. Si le criminel se découvre dans votre
district, vous le ferés arretter et mener sous main-forte au
plus prochain officier Anglois commendant les troupes
de sa majesté.
J'ay l'honneur d'être, &c.
10 Janvier, 1761
Signalement (Vun déserteur du 48e Régiment.
Signalement du nommé George Chambers soldat du 48e. Régiment.
Le dit Chambers, natif d'Irlande, est âgé de 31 ans, a 5 pieds 6 pouces de haut, mesure de france, les cheveux noirs, le teint brun, la taille déliée et le visage pâle. Il portoit l'uniforme du dit 48e Regt., lorsqu'il quitta son Cantonnement vers la fin du mois de décembre dernier.
Il est enjoint à toutes personnes d'arrêter le dit Chambers, partout où il se trouvera, et de le faire mener, sous main-forte, au plus prochain Cantonnement anglois, et là le remettre à l'officier Commandant. Il est deffendu, sous peine de désobéissance de lui donner le Couvert, ou de le favoriser et cacher dans sa fuite. Celui ou ceux qui l'arrêteront et le remettront sûrement es mains d'un officier anglois, recevront huit Piastres en outre de la récompense accordée en pareil cas par acte du Parlement d'Angleterre.
Fait aux 3 Eivières, le 10 Janvier 1761.
Par ordre de Son Excellence.
(Signé) J. Bruyère.
17 Janvier,
Ordre à tous les Capitaines de Milice pour la recherche des grains.
Monsieur. — Il vous est enjoint de par Son Excellence Mr. Le Gouverneur, de faire la recherche de la quantité
actuelle de grains chez les différens habitans de votre paroisse, et de m'en envoier un état exact au Gouvernement avant le commencement du mois prochain. Vous distinguerés les différentes espèces de grains.
J'ai ordre de vous dire que cette recherche n'a pas pour but de priver les habitans de leur propriété, ny de les forcer à s'en défaire. S'il s'en trouve quelquesuns qui par cette crainte mal fondée et par autres raisons fassent un faux rapport de ce qu'ils ont, leur fourberie sera punie à la dernière rigueur.
Commencés de bonheure, et faites-vous aider par les officiers de votre compagnie, en leur donnant à chacun un district, ou partie de la paroisse, où ils seront tenus de faire la dite recherche.
Je suis, Monsieur, &c.
(Signé) J. Bruyère.
3 Rivières, ce 17 Janvier, 1761.
13 Février.
Signalement et lettres circulaires ainsi que dessus envolées aux Capitaines de Milice, pour le nommé Mathieu, soldat déserteur de la Compagnie de Mr. le Chevalier Cocborn, au 48e. Regt., le 13 février 1761.
Ordre à Mr. Laframboise, pour faire assembler les gentilshommes de la ville, pour répetter à George Ille, le serment de fidélité prêté à George Second.
Il vous est ordonné de la part de Mr. le Colonel Burton, Gouverneur des trois Rivières, de faire avertir Messieurs les Gentilshommes et autres personnes ha-
bitans cette ville des trois Rivières, non incorporées dans le Eolle de vos milices, de se rendre au Gouvernement dimanche prochain à dix heures du matin, pour y répetter au Eoy George Troisième, le serment de fidélité et de soumission qui a voit été prêté au feu Eoy George- Second. Donné au Gouvernement, le 19 février 1761.
(Signé,) .T. Bruyère.
19 Février.
Ordre circulaire aux Capitaines de Milices, pour répetter au Roy George 3e., le serment de fidélité qui avoit été prêté à GEORGE SECOND.
Monsieur. — Son Excellence a donné ordre à un des
officiers de Sa Majesté de se transporter à , pour y
faire répetter au Eoy George Troisième, le serment de fidélité qui avoit été prêté au feu Eoy George Second. Vous aurés soin de faire avertir par les sergens de votre Compagnie, tous les habitans de votre paroisse, de telle
qualité qu'ils soient, de s'assembler chez vous, le
pour y prêter le dit serment.
Je suis, Mons. &c.
(Signé) J. Bruyère.
3 Eivières, ce 19 février 1761.
Proclamation du Eoy GEOEGES TOISIÈME.
De par Son Excellence Ealph Burton, Ecuyer, Colonel d'Infanterie, Gouverneur des Trois Rivières, fyc,
Sfc, Sfc.
Comme il a plu a Dieu d'appeller au trône de sa miséricorde notre Souverain Seigneur et Eoy feu George
Second, d'heureuse et glorieuse mémoire, et que par son décès la Couronne Impériale des Royaumes de la G-rande Bretagne, de France et d'Irlande, ainsi que la domination suprême et le droit de souveraineté sur le pays du Canada et toutes ses dépendances, de même que sur toutes les autres possessions de sa feue Majesté en Amérique, sont uniquement et légitimement dévolus à Très-Haut et Très-Puissant Prince George, Prince de G-alles.
En conséquence, Nous Ealph Burton, Gouverneur des trois-Kivières, accompagné des officiers des troupes de Sa Majesté en garnison en cette ville, et d'un nombre considérable des principaux bourgeois et marchands de cette dite ville, publions et proclamons, d'une voix unanime et qui porte l'expression sincère de nos cœurs, — Que le Haut et très puissant Prince George, Prince de G-alles, est actuellement, par la mort de notre feu souverain d'heureuse et glorieuse mémoire, Notre seul et Légitime Seigneur et Roy George Troisième par la grâce de Dieu, Roy de la G-rande Bretagne, de France et d'Irlande, defFenseur de la Poy, seigneur Suprême du dit pays de Canada et de toutes les terres qui en dépendent, ainsi que de tous les autres territoires et Domaines de sa feue Majesté en Amérique. Et nous luy vouons et promettons une fidélité entière et une obéissance constante, accompagné du plus humbles et du plus sincère attachement : Priant Dieu par qui les Rois et les Reines régnent sur la terre, de répendre ses bénédictions sur sa Majesté le Roy G-eorge Troisième, et de luy accorder de régner sur nous et sur tous ses peuples pendant un long cours d'heureuses et glorieuses années.
(Signé) R. BURTON.
Placcart de Son Excellence pour faire payer au Roi les droits de quint, de lods et ventes, d'échange de fief, et en roture.
Ralph Burton, Ecuyer, Colonel d'Infanterie, Gouverneur de la ville et Gouvernement des trois Rivières.
Etant informé que plusieurs particuliers et nabi tans de la ville et G-ouvernement des trois Rivières ont acheté des fiefs et Seigneuries, et fait Divers Echanges, sans payer au Roy les droits de quint et de lots et ventes» dont ils sont tenus.
Nous ordonnons à toutes personnes et habitans de cette dite ville et gouvernement d'exhiber devant nous dans 20 jours de datte du présent, les contracts d'acquisition et d'Echange qu'ils pourroient avoir fait, et de payer les droits de quints et de lots et ventes qu'ils doivent au Roy, à peine d'y être contraints par Saisie et confiscation de leurs biens.
Nous ordonnons à tous les notaires du dit Gouvernement de donner par extrait copie des Contracts de vente ou d'Echange de fief, ainsi que des Echanges en roture qu'ils peuvent avoir passé depuis leur réception. .
Fait aux 3 Rivières, le 30 Mars 1761,
(Signé,) R. BURTON.
Far Son Excellence.
J. Bbuyere.
30 Mars.
Lettre à tous les Capitaines de Milice, pour accompagner le Placcart ci-dessus.
Monsieur. — Vous trouvères ci-inclus, un Placcart tendant à affermir et mettre en valeur les droits de Sa Majesté dans l'étendue de ce Gouvernement. Yous le ferés publier en la manière accoutumée, et il vous est enjoint de veiller dans l'étendue de votre paroisse à ce qu'il ne se passe aucun contract de vente ou Echange, sans en donner avis au Gouvernement, au cas que les habitans négligent de le faire.
J'ai l'honeur, &c,
(Signé,) J. Bruyère.
3 Rivières, ce 30 Mars 1761.
26 Avril.
De par Son Excellence Ralph Btjrton, Ecuyer, Colonel en pied d'un Regt. d'infanterie, Gouverneur des trois Rivières, Sçc, Sçc.
Le retour du doux temps rend le grand nombre de feux moins nécessaires, et les incendies conséquemment moins à craindre ; Son Excellence juge à propos d'épargner aux habitans de cette ville pendant le cours de la belle Saison les dépenses du Ramoneur, dont son attention à la sûreté publique les avoit pourvu.
Il est donc enjoint à tous les bourgeois et habitans de cette ville de faire Ramoner par eux-mêmes leurs cheminées jusqu'à nouvel ordre.
Si la négligence, ou la malice de certains particuliers cause quelque incendie, ils seront punis aux termes du Placcart de Son Excellence en date du 15 8bre# dernier, par amande pécuniaire, ou punition corporelle, suivant la nature de leur faute.
Donné aux trois Rivières, le 26 Avril 1761. Par ordre de Son Excellence,
28 Avril.
Placcart de son Excellence qui fixe le prix du passage des chevaux.
De Par Son Excellence Ealph Burton Ecr., Colonel d'un Régiment, SfC.,SfC
Ayant jugé nécessaire, pour la commodité du public, d'établir un Bacq et de fixer un Passage à Fond de Veaux sur la Rivière St. Maurice.
Nous enjoignons à tous ceux qui en feront usage, sous peine de désobéissance, de payer le dit passage suivant le tarif ci-dessous, sçavoir :
Argent de France.
Pour chaque personne 3 0
Chaque soldat marchant par ordre 1 6
Un cheval et son cavalier 4 0
Une voiture à un seul cheval 6 0
Idem à deux chevaux 8 0
Chaque bête à corne, ou 2 moutons 1 6
On suivra le tarif ci-dessus pour tous les autres passagers daus l'étendue de ce gouvernement.
(Signé) R. BURTON.
Par Son Excellence.
J. Bruyère.
17 May.
Placcart de son Excellence portant deffense à toutes personnes non qualifiées de passer aucun acte de Notaire.
De Par Son Excellence Ralph Btjrton, Ecuyer, Sfc, Sfc.
Les Changemens faits dans la forme d'administrer la Justice, en établissant les Capitaines de milice pour Juges, n'ont eu pour but que la Commodité et le Soulagemens du public, cela ne regarde que la décision des procès que des prétentions mal assurées, ou mal fondées pouvoient faire naître entre les habitans de ce pays, on a tâché d'en accélérer la fin, et de retrancher les frais immenses qui les accompagnoient .
Les actes qui assurent les biens et les prétentions des particuliers, tels que contrats, donnât ion s, ventes, clôtures d'Inventaires, &c, sont assujétis à une formule qui doit être suivie. Si on la néglige, on se prépare des disputes et des procès.
Il Y A des gens avoués par le Gouvernement connus sous le nom de Notaires dont le devoir et l'étude sont en s' assurant des intentions des parties contractantes, de les revêtir de la forme ordonnée par les loix. ils y sont obligés par serment.
Nous avons appris que plusieurs personnes non qualifiées se meloient de passer des actes, sans les soupçonner de mauvaise foi, il est à craindre que leur ignorance ne donne matierre à des procès, à des disputes, et, pour y obvier, nous deffendons à toutes personnes quelconques, dans l'étendue de ce G-ouvernement, de s'ingérer à dresser les actes qui ont coutume d'être passés devant les notaires publics, sous peine d'amende envers les dits notaires, ou même de punition plus sévères si le cas le méritoit, ainsi qu'il nous plaira en ordonner.
Exceptons néantmoins les contrats de mariages qui peuvent, ainsi que ci-devant, se passer devant les curés en les faisant insinuer au G-refFe des T rois-Rivières, dans l'espace de deux mois de leurs dattes.
Fait et Donné aux Trois Rivières, le 17 Mars 1761.
(Signé.) R. BUETON.
Et plus bas Par Son Excellence,
(Signé,) J. Bruyère.
17 May.
A tous les capitaines de Milice pour accompagner le placart cidessus, et pour faire raccommoder les ponts et chemins.
Monsieur.-r Je vous envoie ci-joint un Placcart de Son Exellence, Il vous est enjoint de le faire publier en la manière ordinaire, de l'afficher aux lieux accoutumés et de tenir la main à son exécution.
11 vous est pareillement enjoint de faire raccommoder les ponts et les chemins qui sont dans votre district.
C'est une chose absolument nécessaire tant pour la commodité du public, que pour l'utilité des couriers et yoyageurs.
J'ai l'honneur d'être, &c,
(Signé,) J. Bruyère.
31 May.
PlâCCART de son Excellence qui ordonne à toutes personnes de déclarer aux Capitaines des Milices les noms de tous les Anglois, nés sujets de Sa Majesté Britannique, soit prisonniers ou déserteurs et pour la garde des animaux.
De par Son Excellence Ealph Burton, Ecuyer, Colonel dun Régiment d'Infanterie, Gouverneur de la ville et , Gouvernement des 3 Rivières.
Il est joint à toutes personnes, de tel rang ou condition qu'elles soient, prêtres ou autres, de déclarer, dans la quinzaine de la publication du présent placart, le nom, l'âge et le sexe des enfans et domestiques anglois qui demeurent avec eux, soit qu'ils les ayent reçu en présent, soit qu'ils les ayent achettés des sauvages. Nous ordonnons aux dites personnes d'en faire leur déclaration, dans le terme cy-dessus, aux Capitaines des Milices de la paroisse où elles sont habituées de les leur faire enregistrer en y ajoutant s'ils le sçavent, le nom de l'endroit et l'année où les dits enfants et domestiques ont été pris par les François, ou Sauvages. Le tout, à peine de 400 lbs. d'amende et 6 mois de prison contre quiconque négligera d'obéir aux ordres contenus en ce présent placart.
Toutes les terres sont maintenant ensemencées ; en conséquence. Nous deffendons à tons les habitans, on antres de donner l'abandon à leurs animaux etbestianx, depuis la présente publication jusqu'à la St. Michel prochaine, sous peines des amendes ordinaires.
Donne aux Trois-Eivières, le 31 Mai 1761.
(Signé,) E. BTJRTON.
Et plus bas, Par Son Excellence,
„ (Signé,) J. Bruyère.
31 May.
Lettre à tous les Capitaines de Milice, en conséquence du Placart cy -dessus.
Monsieur,
Vous avés déjà reçu le 21 Octobre 1760, ordre d'envoyer au gouvernement le nom de tous les Anglois nés sujets de S. M. B. retirés dans votre paroisse. Vous vous êtes conformé au dit ordre, en envoiant les noms des Anglois établis et autres qui étoient à votre connoissance, M. le gouverneur a appris qu'il y avoit en outre plusieurs enfants et domestiques qui n'avoient pas été déclarés. A cet effet, il fait publier le placart cy-inclus, que vous ferés afficher en la manière accoutumée, pour obliger tous les habitans de vous faire des déclarations exactes dans la quinzaine.
Vous aurés donc pour agréable d'envoyer de rechef un nouveau rolle au gouvernement, pareil au premier avec les augmentations qui vous parviendront, vous enverres le dit Eolle dans trois semaines après la publica-
tion du dit placart. Vous enjoindrés aux personnes qui vous feront leurs déclarations de se rendre responsables des enfans ou domestiques demeurant avec eux, et vous les aveitirés de se tenir prêts à les représenter au premier ordre à cet effet de la part de Son Excellence. Vous avertiras pareillement les Anglois qui sont établis pour leur comte [dans votre paroisse, de se tenir aussi prêts à recevoir et excuter les dits ordres.
Aux Capitaines des milices de la Pointe du Lac, Bécancour et St. François seulement.
Si vous avés connoissance de quelques Anglois habitué avec les sauvages de , il vous est enjoint
d'en faire votre rapport sur un papier séparé.
Les derniers ordres que vous avés reçus au sujet des ponts, regardent aussi les chemins, que vous aurés soin de faire aussi racommoder.
Vous exécuterés ponctuellement le contenu en cette lettre, sous peine de désobéissance.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, &c,
Ce 31 May 1761.
31 May
Aux Missionnaires de St. François et Bécancour, au sujet des Anglois prisonniers ou déserteurs, qui sont avec les sauvages.
Monsieur,
Son Excellence me charge de vous dire qu'il vous
enjoint de donner ordre de sa part aux Sauvages de
votre mission de liver, dans l'espace de trois semaines de la présente, sons peine de désobéissance et de punitions, tons les Anglois nés snjets de S. M. B., déserteurs on prisonniers, qui vivent actuellement parmi eux, soit qu'ils les ayent adoptés ou non. Vous leur donneras ordre d'amener les dits Anglois au gouvernement des Trois Rivières, et d'en faire leur déclaration au Secrétariat, où vous les enverrés avec une liste de votre main contenant le nom des dits déserteurs ou prisonniers, avec celui de l'année et de l'endroit où ils ont été pris, ou ont déserté.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur,
(Signé) J. Bruyère.
Ce 31 May 1761.
16 Juin.
Aux Capitaines de Milice de Maskinongé, Machiche, Trois-Rivières, Cap de la Magdeleine, Batiscant, Sle. Anne, Nicolelte, St. François et Yamaska.
Monsieur,
Il vous est enjoint de la part de Son Excellence de commender à quatre miliciens de votre compagnie, bons canoteurs, de se tenir prêts à s'embarquer dans le batteau de Eoy qui doit porter le bagage des troupes de S. M., cantonnés dans votre paroisse. Yous donnerés leurs noms à l'officier commandant les troupes, qui les avertira du jour du départ. Ils doivent aller jusqu'à Chambli et de là revenir aussitôt aux Trois Rivières, avec
les batteaux qui leur seront confiés. Ayés soin que votre monde soit averti à temps et aussitôt la présente reçue.
J'ay l'honneur, &e,
(Signé) J. Bruyère.
Trois Rivières, ce 16 Juin 1761.
20 Juin.
Ordre à tous les Capitaines de Milice, pour faire rendre les armes à ceux à qui son Excellence avoit permis de s^en servir pour la chasse.
Monsieur,
Il vous est enjoint, de la part de son Excellence, de faire rendre les armes à ceux de votre paroisse à qui elle avoit permis de s'en servir, et de reprendre aussi les permissions. Vous enverrés les dites armes au Gouvernement dans le courant de la semaine prochaine. Les officiers de milice peuvent garder Ias leurs.
Aussitôt que les troupes qui montent du Grouvernement de Québec seront passées, vous recueillerés les Billets que les officiers auront laissé dans votre paroisse pour les voitures et le passade des rivières et vous me les enverrés aussitôt, pour que j'en fasse un état qui sera envoie au général et que son Excellence vous fera payer.
Il n'y aura que les billets des officiers anglois qui seront reçus.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur,
(Signé) J. Bruyère.
Le 20 Juin 1761.
N. B. J'entens par les billets de voiturage et de passage ceux des 3 régimens qui ont déjà passés et des 3 autres qui passeront. Je n'entends r>ar parler des voilures, ou corvées faites pendant le Quartier d'hivert.
23 Juin.
Ordre aux Capitaines de milice d'envoyer au Gouverneur les sujets de S. M. B.y prisonniers ou déseï teurs.
Monsieur
Il vous est enjoint de la part de Son Excellence,
d'ordonner aux nommés , habitués dans
votre paroisse de se rendre avec leurs familles et leur butin ici au gouvernement des Trois Rivières le Lundi, six du mois de Juillet prochain, pour y recevoir les ordres de Son Excellence.
J'ai l'honneur, &c, &c.
Le 23 Juin 1761.
25 Juin.
Au Sieur Ls. G-ouin, Capitaine de milice de Sle. Anne, au sujet d'un soldat déserteur.
Monsieur,
Le nommé Thomas Knee, soldat de la compagnie du Chevalier Cocborn, qui a passé l'hivert dans votre paroisse, s'est absenté depuis deux jours de sa compagnie. On a assuré Son Excellence qu'il étoit rétourné dans votre
paroisse où il a quelque attachement. Il vous est enjoint très expressément d'en faire une exacte recherche et de le renvoyer ici sous main-forte. J'ai ordre de vous avertir que si par hazard il échappoit à votre vigilence et qu'il vint à être reconnu dans votre paroisse, sous quelque temps, vous serés personnellement blâmé. Ainsi, faites toutes vos diligences.
C'est un garçon de 5 pieds 1 pouce ou 2, âgé de 24 ans, assés bien fait, le teint frais, le né gros et les cheveux d'un brun clair.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, &c.
(Signé) J. Bruyère.
Le 25 Juin 1761.
Son Excellence m'ordonne de vous repetter ses ordres au sujet de la reddition des fusils et des permissions de chasses dans votre paroisse. Faites aussi, avertir le Capitaine Loranger.
Même lettre que cy-dessus a été écrite au Sr. Marchand, Capitaine des milices de Batiscant, au sujet du nommé McKann, soldat de la compagnie de Christie, garçon de 5 pieds 3 ou 4 pouces, d'environ 35 ans, le teint brun et la taille menue.
30 Juin.
Ordre à tous les Capitaines de milice cTenvoier du bois et . de la Paille pour les troupes, et pour ordonner aux habitans d'apporter leurs denrées au marché.
Monsieur,
Son Excellence a jugé à propos, pour le soulagement des habitans, de faire camper la plus grande partie des
troupes de ce G-ouvernement dans la commune des trois Rivières. Il est juste que les différentes paroisses leur fournissent du bois et de la paille. Il vous est donc enjoint de faire aussitôt la présente reçue couper cordes de bois, d'en faire un cajeux et de
l'envoyer aux Trois Rivières, et le faire mettre en pile le long de la grève auprès du moulin. Vous ferés aussi fournir bottes de paille.
Il vous est aussi enjoint d'ordonner aux habitans de votre paroisse d'apporter de tems en tems en cette ville le plus de rafraichissemens qu'ils pourront, tels que veaux, moutons, poissons, beurre, œufs et autres denrées, pour l'usage des troupes et autres personnes ; et pour leur en assurer le payement et le débit, il a plû à Son Excellence d'assigner le bord de l'eau, vis-à-vis V ancienne porte, pour Place de marcher, vous ordonnant d'avertir vos paroissiens que les heures du dit marcher seront depuis sept jusqu'à neuf heures du matin pendant lequel tems il y aura un officier ou serjeant présent, pour empêcher que les Soldats ou Bourgeois ne s'emparrent des dites denrées sans payer.
Pour plus grande sûreté, il seroit à propos que vos paroissiens à leur arrivée fassent un rapport des denrée qu'ils apportent au major.
cordes de bois, bottes de paille.
Il a été demandé à Yamaska.. 20 100
A la Baye St. Antoine 0 150
A Nicolette 24 0
A Maskinongé 0 200
Rivière du Loup 20 0
Machiche 20 0
Pointe du Lac 15 0
4 Juillet.
A Tous les Capitaines de Milice, pour leur envoyer des permis de Chasse.
Monsieur,
Il plait à Son Excellence, pour le soulagement des habitans de son G-ouvernement, d'accorder à chaque paroisse un nombre fixe de fusils pour la Chasse. Son intention est qu'ils soient confiés aux plus pauvres et aux plus nécessiteux. Les permissions seront numérotées et ne feront mention d'aucun autre nom que celui de la paroisse, Son Excellence voulant que les dits fusils et permission se prêtent mutuellement et charitablement de l'un à l'autre entre les habitans d'une même paroisse. Il vous est ordonné de tenir la main que les dits fusils et les permissions se prêtent sans partialité et qu'ils passent tour à tour entre les mains de tous ceux qui sont en état de s'en servir, observant néantmoins de les laisser plus longtemps par preferance aux plus pauvres. Monsieur le Gouverneur en accorde
à votre paroisse, en outre, un pour le Seigneur
et un pour le Curé ; Vous trouvères cy-inclus les permis numérotés, et un ordre pour qu'on vous délivre en conséquence fusils ici au gouvernement, que vousremet-
trés à la personne qui1: vous enverrés pour chercher les dits fusils.
Avertisses vos paroissiens qu'il sera inutile d'employer aucune personne pour obtenir un seul fusil de plus dans votre paroisse, Son Excellence étant résolu de n'en pas accorder davantage sous tel prétexte que ce soit.
Les officiers de milice et sergens continuent de garder les leurs, sans autre permission que le privilège de leurs commissions.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur. &c.
(Signé) J. Bruyère.
Le 4 Juillet 1761.
20 Juillet.
Ordre à tous les Capitaines de milice denvoier les habitans bûcher aux forges.
Monsieur,
Il vous est enjoint de la part de Son Excellence de faire commander, aussitôt la présente reçue, habitans de votre paroisse, pour bûcher chacun 15 cordes de bois aux Forges St. Maurice. Vous leur ordonnerés d'apporter avec eux leurs haches et des vivres pour le temps qu'ils mettront à bûcher leur bois. Vous les enverrés en droiture à Mr. Courval, aux Forges, de qui ils recevront les ordres. Ce travail presse, donnés vos ordres incessamment et avertissés-les qu'ils seront payés.
J'ai l'honneur, &c.
(Signé) J. Bruyère
Le 20 Juillet 1761
Aux Capitaines de milice de la Côte du Nord.
P. S. — J'ai ordre de vous avertir que le payement des Billets pour les voitures et passages des rivières des Régts. qui ont passé à travers votre paroisse, est arrêté jusqu'à nouvel ordre, par Messrs. les Généraux. Je vous les renvoyé, gardés-les.
26 Juillet.
Ordre à tous les Capitaines de milice, pour deffendre de chasser à travers les terres ensemencées et les prairies.
De par Son Excellence Ralph Burton, Ecuyer Colonel d'un Régt. d'Infanterie, Gouverneur de la ville et Gouvernement de Trois Rivières, &c.
Malgré la bonne volonté avec laquelle chacun devroit être porté à conserver les grains et les fourages que la providence promet aux habitans de ce gouvernement, il nous est parvenu que plusieurs personnes prefferant leur plaisir particulier au bien public, vont à travers les terres ensemencées et les prairies dont le foin est presque mûr, pour suivre leur gibier. C'est abuser de la permission que nous leur avons donné de se servir de leurs armes.
Nous deffendons donc à toutes personnes quelconques sous peine d'amende et autre punitions, de chasser à travers les terres ensemencées, et les prairies dont le foin n'est pas encore coupé. Ordonnons à tous Officiers de milice de tenir la main à l'exécution du présent ordre, et de nous faire un Rapport exact des contrevenans.
Donnée aux trois Rivières, le 26 Juillet 1761.
(Signé) R. BURTON.
Par Son Excellence,
(Signée J. Bruyère