ÀOUST
Lettre pour accompagner le Placcart cy-desus.
Monsieur,
Vous ferés afficher le Placcart ci-inclus en la manière accoutumée. Yous aurés en outre soin d'envoyer un de vos sergens donner avis du contenu aux officiers françois, habitués dans votre parroisse, s'il y en a, aussitôt la présente reçue.
Vous donnerôs pareillement avis de la présente publication aux parroisses voisines, d'autant plus qu'il n'a pas été jugé nécessaire d'en faire pour toutes.
J'ai l'honneur d'être, &c.
(Signé) J. Bruyère.
Ce 14 Aoust 1761.
P. S. — Yous voies que cette affaire presse : il faut que j'aie réponse de ces Messrs. avant le dix huit du présent.
14 Aoust (1)
Signalement d'un déserteur.
Signalement du nommé Henry Furloc, déserteur du du 46e. Régt.
Il est grand d'environ 5 pieds 2 pouces, âgé de 23 ans, fort et trapu, les cheveux et sourcils noirs, parle un assez mauvois anglois ; déserté avec habit, veste d'ordonnance et son fusil ; il portoit des mitasses. Enjoint à toutes personnes d'arretter le dit Henry Furloc, et le remettre sous la garde d'un officier anglois. Quatre piastres de récompense en outre de celle accordée par le parlement, pour ceux qui arretteront le dit déserteur.
Aux 3 Rivières, le 15 Août 1761.
Par ordre de Son Excellence.
(Signé) J. Bruyère.
(I) Ainsi marque à la marge ; mais la date au bas de la lettre est du 15 Août.
24 Aoust.
Placcart pour défendre aux habitans de vendre leurs denrées aux coureurs de côtes.
De par Son Excellence Ralph Burton, &c, &c.
Plusieurs vagabonds ont coutume de se répandre, à peu près dans ce tems-ci, dans les côtes de ce gouvernement, et d'y faire des levées de denrées dont ils vont se defFaire ailleurs. Nous avons déjà tâché d'arretter cet abus par un placart du 19 7bre. 1760, renouvelle au mois de 9bre. suivant. Nous répétions ces mêmes ordres et dépendons, sous peine d'amende et de confiscation des denrées d'en vendre à aucun coureur de côtes, sans une permission de notre part, et ordonnons aux habitans, lorsqu'il s'en présentera pour achetter, d'en faire aussitôt avertir leur Capitaine ou plus proche officier de milice, afin que ces derniers examinent les permissions en vertu desquelles ils agissent.
Donné aux 3 Rivières, le 24 Aoust, 1761.
(Signé) R, BURTON.
Par Son Excellence,
(Signé) J. Bruyère.
24 Aoust.
Lettre à tous les Capitaines de milice pour accompagner le Placart cy-dessus.
Monsieur,
La fin de la récolte pourra engager plusieurs coureurs de côtes a se répandre dans l'étendue de ce Gouvernement, pour s'y pourvoir de denrées qu'ils vont
consommer ailleurs. L'appas d'un gain présent porteroit peut-être les habitans a oublier les défenses déjà faites à ce sujet. Son Excellence juge à propos de les renouveller, et de vous enjoindre à y tenir la main.
Pour que personne n'en puisse ignorer, vous ferés Lire et afficher le Placart cy-joint.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, &c,
(Signé) J. Bruyère.
Ce 24 Aoustl761.
28 Aoust.
Aux Capitaines des milices de Bécancour, St. François, Baye St. Antoine et Yamaska, au sujet de deux Déserteurs.
Monsieur,
Il vous est ordonné, sous peine de désobéissance, de chercher et faire chercher par vos officiers et Sergens de milice, dans toutes les maisons de votre paroisse, s'il ne s'y trouveroît pas deux soldats déserteurs de cachés. Vous en trouvères la Description cy dessous. Vous avertirés vos habitans qu'ils seroient punis Corporellement, s'ils étoient trouvés chez eux, après la recherche faite. 11 vous est aussi enjoint de vous informer s'ils ne seroient point retirés chez les sauvages de votre endroit (ou de vos environs.)
L'un est soldat du 44e Régt., appelle Joseph Thomas Chapellier de son métier. Il a environ 27 ans, est de 5 pieds 3 pouces de haut, assés bien fait, le teint clair, le visage rond, les yeux gris, les cheveux cendrés, et
avoit son habit d'ordonnance tout neuf, lorsqu'il a déserté.
L'autre est soldat du 43e Eégt. appelle Robert Cooper, de la même taille, c'est-à-dire 5 pieds 3 pouces de haut, bien fait, les cheveux bruns, et avoit une veste de drap brun, lorsqu'il a déserté.
J'ai l'honneur d'être, &c.
(Signé,) J. Bruyère.
Ce 28 Aoust 1761.
19 Septembre.
Signalement dun déserteur.
Signalement du nommé Robert Lée, soldat du 46e Rég. déserté du Camp de L'Assomption, le 14 Septembre
Le dit Lee, anglois de naissance, est âgé de 27 ans haut de 5 pieds 5 pouces ; il a le visage brun, les yeux gris, la face large, le nez large et plat, il parle françois et sauvage. Il étoit habillé lorsqu'il déserta, d'un capot de couverte, avoit une culotte de flanelle blanche des bas blancs de laine, point de chapeau. Il est enjoint, etc., etc., etc. Vingt cinq piastres de récompense à ceux qui le ramèneront ôs-mains d'un officier anglois.
Aux 3 Rivières, le 19 Septembre 1761.
Par ordre de Son Excellence,
(Signé) J. Bruyère.
20 Septembre.
PACCART^e Son Excellence pour le départ des officiers françois, soldats, matelots, etc.
De par Son Excellence Ralph Burton, Ecuyer, etc.
Scavoir faisons à tout officiers, soldats, matelots françois et autres qui doivent passer en France sur les bâtimens de Cartel, et qui sont actuellement résidans dans la ville et Gouvernement des trois Rivières, que les arrangemens sont pris pour leur procurer un passage de cette ville jusqu'à Québec, et Nous les avertissons qu'ils aient à se tenir prêts à s'embarquer icî le 27 du présent mois pour se rendre en la dite ville de Québec, d'où les dits bâtimens de Cartel doivent faire voile pour France, pendant les premiers jours du mois d'octobre prochain. Ordonnons, que le présent soit lu publié et affiché, afin que personne ne puisse en prétendre cause d'ignorance.
Donné aux Trois Rivières, le 20e jour de Septembre
(Signé) R. BURTON.
Par Son Excellence,
(Signé) J. Bruyère.
22 Septembre.
Lettre aux Capitaines de Milice, pour le bois de chauffage pour les casernes.
Monsieur,
Son Excellence aiant jugé nécessaire d'égaliser autant que faire se peut entre les habitans de son Grouvernement les dépenses occasionnées par le cantonnement des Troupes de Sa Majesté :
Il lui a plu d'ordonner que les habitans de votre paroisse n'aiant point de soldats logés chez eux, eussent à fournir pour le chauffage de ceux qui sont cazernés aux
3 Rivières cordes de bois pas mois, pendant
6 ou 7 mois, à commencer du 1er. octobre.
Aux Capitaines de Milice du tour du Lac, '8ç.
La commodité que vous avés de pouvoir envoier le vôtre en cajeux par eau, la porte à vous ordonner d'envoier au plutôt trois mois de votre taxe ; c'est à dire
cordes, et le reste à votre commodité et à votre
gré, avant l'expiration des d. trois mois.
Aux Capitaines Tour i, 'gui, Brunel et La Croix.
Vous pouvés faire bûcher le bois à votre commodité, pour être en état d'envoier votre proportion en entier, lorsque la gelée ou les neiges auront rendu lesCharoiages plus faciles, si mieux n'aimés faire autrement, et envoyer dès à présent au magasin. Il ne faut pas souffrir que vos hahitans apportent par cordes ou demie cordes, mais qu'ils viennent lorsqu'ils auront au moins un mois complet à délivrer en même temps
Vous vous adresserés au sergent de ville pour recevoir et tenir compte du bois que vous apportés. C'est à vous d'ordonner la proportion de chaque habitant dans votre paroisse, et de lixer la manière de l'envoier.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre &c.
(^i<rné) .T. Bruyère.
Ce 22 7bre 1761.
Bois demandé dans chaque paroisse par la lettre cydessus.
Yamaska par mois lOcordes^
Baie St. antoine do 4 do
Nicolette ào 6 do
Rivière dn Loup do 6 do
Machiche do 4 do
Pte. du Lac do 4 do
Bécancour do 6 do
Gentilly ào 3 do
Cap Magdeleine >•• do 2 do
11 Octobre.
Placcart pour annoncer le mariage du Roy. De par Son Excellence Ralph Burton, Ecuyer, Colonel,
SfC
Sçavoir FAISONS, &c.,à tous Canadiens,et autres sujets de Sa Majesté dans toute l'étendue de notre Gouvernement, qu'il a plû à Sa dite Majesté Notre Souverain Seigneur et Roy de faire la déclaration suivante à son Conseil assemblé au Palais de St. James à Londres le 8e jour de Juillet 1761, en ces termes :
" N'aiant rien tant à cœur que de procurer l'avantage " et le bonheur de mes peuples et d'y donner toute la " stabilité qui peut l'assurer à leur postérité, je me suis " occupé, depuis mon avènement à la couronne, du soin " de choisir une Princesse pour partager mon trône. " J'ai la satisfaction de vous apprendre aujourd'huy, 11 qu'après les informations les plus amples, et la délibé- *' ration la pins réfléchie, je suis résolu de demander en 11 mariage la Princesse Charlotte Mecklenburg Strelitz
" Princesse distinguée par toutes les vertus et les quali- " tés aimables du cœur et de l'esprit, dont l'illustre mai- " son a donné des preuves constantes de son zèle sincè- 11 re pour la religion protestante, et de son attachement " particulier à ma famille. J'ai jugé à propos de vous *' faire [part] de mes présentes intentions, pour que vous " n'ignoriés pas d'une chose dont l'importance est aussi " considérable pour moi et mes Royaumes, et qui, je " me flatte, fera plaisir à tous mes bons et fidèles su- " jets. "
Ensuite de quoi tous les Conseillers du Conseil Privé, à ce présens suplièrent très-humblement Sa Majesté de permettre que la susdite déclaration qu'il avoit plû à Sa Majesté de leur faire, fût rendue publique, ce qui leur fut accordé.
En conséquence voulons et ordonnons que le présent placcart soit lu, publié et affiché en la manière accoutumée, afin que personne ne puisse en prétendre cause d'ignorance.
, Donné aux Trois Rivières, le lie. jour d'octobre 1761.
(Signé) R. BURTON.
Par Son Excellence,
(Signé) J. Bruyère.
11 Octobre.
P LAC ART" pour défendre d'aller au devant des Têtes de Boule avec des Marchandises.
Ralph Burton, Ecuyer, Colonel, Sçc. Sçc, Sçc.
Sçavoir faisons, &c. qu'il nous est parvenu que quelques particuliers de cette ville et gouvernement avoient envoie des marchandises au devant de la nation Sauvage appelée testes de boule, dans les profondeurs, et avoient par ce moyen empêché cette nation de descendre faire la traite ouvertement aux trois Rivières. La visite que nous avons reçue ces jours derniers de quelques uns de ces sauvages nous a confirmé la vérité du rapport qui nous avoit été fait.
Une pareille conduite est contraire à l'intention du Gouvernement Anglois qui veut que le commerce soit libre et ouvert à toutes personnes. Nous sommes de plus persuadés que Ceux dont l'avarice les a porté à à faire ce Commerce avoient en vue de tirer avantage de l'ignorance de ces peuples, et que, pour y parvenir et retenir cette nation crédule et craintive, ils luy ont tenue des discours injurieux à l'honneur de La nation Àngloise, crime qui mériteroit une punition exemplaire, et qui seroit sûrement puni, si les Coupables étoient connus avec certitude.
Pour empêcher que pareille chose n'arrive à l'avenir, nous deffendons très-expressement a toutes Personnes quelconques de remonter avec des marchandises les rivières par lesquelles les /estes de boule ont coutume de descendre pour faire la traite de leurs pelleteries, sous peine de Confiscation des dites marchandises et autres punitions.
Voulons que le commerce avec la dite nation soit libre et ouvert à toutes personnes, ainsi que nous l'avons fait entendre aux dits sauvages, dans la dernière visite qu'ils nous ont rendu.
Ordonnons que le présent Placart soit lu, publié et affiché à la manière accoutumée, afin que personne ne puisse prétendre en ignorer.
fait aux trois Rivières, ce 11 octobre 1761
(Signé) E. BUKTON.
Par Son Excellence,
(Signé) J. Bruyère.