‹ Règne militaire en Canada;Chapitre 18 sur 31 · NOVEMBRE · texte numérisé non relu

NOVEMBRE

Signalement de deux domestiques déserteurs.

Signalement de deux domestiques désertés de chez Mr. le Major Christie, à Montréal, la nuit du 24 au 25 du présent, ayant emporté avec eux quelques meubles de sa maison.

Le nommé Thomas Leoyd, anglois de naissance, jeune homme d'environ 17 ans, de 5 pieds 4 pouces de haut, assés bien fait, Les jambes menues, les Cheveux et Sourcils blonds, Le visage pâle et long, et il parle un assés mauvois françois. Il avoit, lorsqu'il s'échapa, un habit de livrée de drap bleu double de serge rouge et paremens de panne rouge et boutons blancs, plats, une veste d'écarlatte et une Culotte de peau passée, avec un bonnet de velours noir.

Et Le nommé Jean Mora, Canadien de Québec, d'environ 18 ans, de 5 pieds 7 pouces de haut, bien fait, le visage blanc unis, le nez haut et retroussé, les Cheveux et sourcils blonds ; il avoit, lorsqu'il s'échappa, un capot brun, une veste bleue doublée de blanc, une Culotte verte, un Chapeau à bord haut et une radingotte de drap gris.

Il est enjoint, &c. — Dix piastre de récompenses pour ceux qui arretteront les dits déserteurs, ou cinq piastres pour un des deux.

Aux trois Rivière, le 29e Nov. 1761.

(Signé) R. BUETON.

Et par Son Excellence,

(Signé) J. Bruyère.

PLACCART qui deffend de couper du bois sur la Seigneurie de St. Maurice.

Ralph Burton, &c, &c, &.

Sur le raport qui nous a été fait, que plusieurs Bourgeois et habitans de Cette ville alloient, sans aucune permission de notre part, couper et enlever des bois de Chauffage et autre sur les terres dépendantes de la Seigneurie et Fief St. Maurice : pour arretter cet abus, Nous deffendons très expressément à toutes personnes quelconques de couper à l'avenir et d'enlever les bois de la dite Seigneurie, sans une permission écrite de notre main, Sous peine contre les Contrevenans d'une piastre d'amende pour Chaque Charrette ou traîne, et de punition arbitraire en cas de récidive. Voulons que le présent soit lu et publié en la manière accoutumée, afin que personne n'en ignore.

Donné aux trois Rivières, ce 7 Dec. 1761.

(Signé) R. BURTON.

Par Son Excellence,

(Signé) .T. Bruyère.

Aux Capitaines des milices depuis le Cap jusqu'à Ste. Anne, au Sujet des chemins de neige.

Monsieur, — Son Excellence ayant appris que vous ne vous Etiés point Conformé à son placcart au Sujet des Chemins de neige, faute de l'avoir bien compris, elle m'a ordonné de vous l'expliquer.

C'est un Chemin de 15 pieds de large dans lequel les voitures puissent tenir la droite en montant et la G-auche en descendant, et non pas deux Chemins séparés et encore moins des balises au milieu : vous le ferés entendre aux habitans de votre paroisse, afin qu'ils ayent à s'y conformer, et vous leur ordonnerés d'applatir le banc de neige qui s'épare à présent les deux Chemins et d'en oter par conséquent les Balises, pour n'en faire qu'un seul chemin.

J'ay l'honneur, &c.

Ce 23e Décembre 1761.

(Signé) J. Bruyère.

P. S. — Ne négligés pas Surtout de faire baliser en règle, sous peine de l'amende portée par le placcart.

Aux Capitaines des milices d Yamasca, Baye St. Antoine, Nicolet et Bécancour, pour le bois des Cazernes-.

Monsieur. — En conséquence de l'ordre de S. E. du 22 7bre dernier, il vous étoit ordonné de faire fournir par les habitans de votre paroisse.... cordes de bois de Chauffage par mois, pendant 6 mois, pour l'entretien des cazernes en cette ville, et Comme vous en avez fournis... .

pour votre taxe des 8 premiers mois, il vous est enjoint

d'envoyer incessamment, et au plutôt cordes

pour 3 autres mois. Ce transport vous est fort facile maintenant que les chemins sont fraies, ainsi proffités-en, J'ay l'honneur d'être, Monsieur, &c,

(Signé) J. Bruyère.

Nota. — Demandé à Bécancour 2 cordes par mois d'augmentation et autant à Bécancour (1).

Yamaska, St. François, Nicolette, Bécancour, Ste. Pierre, St. Anne, Champlain, Trois Rivières, Machiche, Maskinongé.

Signalement du nommé Thomas Hanter, Soldat déserteur du 44e Régt. de la Compagnie de Mr. Le Capitaine Hervey.

C'est un homme d'environ 34 ans, de 5 pieds, 6 pouces de haut, le visage Long, le tein olivâtre, les yeux et les Cheveux d'un Brun foncé. Il est né en Ecosse, et il est tisserant de son métier. Il avoit lorsqu'il est parti, son habit d'ordonnance, un capot de Couverte et une Bayonnette attaché à une Ceinture de Cuir. Il servoit, l'année dernière dans Le Régt. des Ecossais de la garnison de Montréal, d'où il a été échangé et placé dans le 44e, Régt.

Il est enjoint, &c. Quatre piastres de récompense pour ceux qui arretteront Le dit Déserteur, &c.

Par ordre de Son Excellence,

(Signé) J. Bruyère.

(1j Ainsi, à la copie du MS. que je transcris. J. V.

30 Janvier.

A tous les Capitaines de milices au sujet des Courriers de Côtes.

Monsieur, — Vous devriers avoir Compris par les placarts publiés, qui ont été réitérés, que S. Ex. ne veut point Souffrir le Commerce qui se fait par le moyen des Coureurs de Côtes ; Cependant, on lui a fait rapport que, Malgré son intention et ses deffenses, il s'en rependoit de tems en tems qui, avec des permissions du Grouvernement de Québec, trafiquoient pendant une quinzaine dans une paroisse et de là S'en alloient dans une autre. Il vous est de rechef ordonné d'arrêter ce commerce-là? et de faire Exécuter les placarts de Son Excellence. Pour y parvenir, Lorsque vous apprendrés L'arrivée de quelques [uns] de ces Coureurs de Côtes dans votre paroisse, vous les ferés sommer de se rendre pardevant vous et vous leur ferés produire leurs permissions et passeports, et lorsque vous n'en verres point de Signés par S. Ex., ou par moi par son ordre Yous signifirés à ces genslà les ordres que vous avés et leur ordonneras de quitter votre paroisse dans l'espace de 24 heures, leur deffendant néantmoins de trafiquer pend*- le dit tems ; Le tout sous peine de Saisie de Leurs effets. Si, après ces ordres de votre part, ils s'obstinoient à rester audelà du tems Limité, Il vous est Enjoint de faire saisir leurs effets et de les mettre en sûreté, en Quelque partie de votre maison ou ailleurs, où vous juger es nécessaire, sous Clef et d'envoyer aussitôt faire votre rapport ici de ce que vous aurés fait, accompagné de L'homme dont vous aurés Saisi les effets et d'une note de leur quantité et nature.

Yous ferés attention que, S'il est ici donné des per-

missions pour aller dans les paroisses, elles seront données en françois, et que si les dits Coureurs de Côtes tous produisent une permission en anglois de Mr. Murray ou de son Secrétaire, et que la dite permission soit appostillée de moi pareillement en anglois, cette appostille contient une deffense de trafiquer et non pas une permission.

J'ay l'honneur d'être, Monsieur, &c.

Ce 30 Janvier 1762.

(Signé) J. Bruyère.

Si vous vous trouvés dans le cas d'avoir besoin de secours pour Exécuter les ordres cy-dessus, vous pouvés vous adresser au Commandant des troupes Le plus voisin, qui vous donnera toute assistance nécessaire.

Annonce du Mariage et Couronnement de leurs Majestés. De par Son Excellence, &c, &c, &c.

Nous avons reçu des Lettres de Mr. le ministre et Secrétaire d'Etat de Sa Majesté. Nous faisant part du mariage de Sa dite Majesté George Trois Eoy de la Grande-Bretagne avec très haute et très puissante Princesse Charlotte de MeKlembourg Strelitz lequel a été heureusement célébré à Londres, Le 8 7bre- 1761. Les dites lettres nous donnent pareillement avis du Sacre et Couronnement de Leurs Majestés, dans la Cathédrale de Wesminster, le 22e du dit mois. En conséquence des dites Lettres Nous jugeons a propos de faire part et Congratuler tous les bons et Loyaux Sujets de Sa Ma

jesté dans l'étendue de ce Gouvernement de cet heureux et glorieux avènement, qui ne peut manquer de les remplir de plaisir et de satisfaction,

Donné aux trois-Rivières ce 4e février 1762.

(Signé) R. BURTON.

Par Son Excellence,

(Signé) J. Bruyère.

6 Mars.

Publié,— que Le Nommé Martin, françois de naissance, s'étoit noyé le 26e février dernier, à six heures du matin ; que Le scellé a été apposé Le même jour sur les effets du dit Martin, par ordre de Monsr. Le Député Juge-Avocat pour le Roy, et que le dit scellé sera levé dans dix jours. Enjoint a tous les Créanciers du dit Martin d'envoyer leurs noms chez le Sr. Dielle, Notre- et le montant de ce qu'il leur est dû Par le dit Martin.

Par ordre de Son Excellence.

(Signé) J. Bruyère.

Le même jour Publié et Enjoint au nommé Farinaut, (1) françois de Naissance, Cordonnier de son métier cy-devant résidant en Cette Ville, et dont il est absent depuis plus d'un mois, de Comparoitre, sous 10 jours, dans La maison où il demeuroit, a faute de ce faire, que les effets qu'il a Laissés en Cette Ville seront saisis et vendus au profit de ses Créanciers.

(Signé) J. Bruyère.

(1) M. Vigcr avait lu Farinant.

6 Mars.

Au Sieur Brisebois, faisant fonction de Capnc- de Milice a Yamasca, au sujet des fusils.

Monsieur, — Son Excellence apprend avec peine, qu'il y a plus de fusils rependus dans votre paroisse qu'il n'en a permis. Il vous est enjoint très expressément, et Sous peine de Son déplaisir, de faire faire une recherche exacte et de faire apporter au Gouvernement Le surplus.

Yous n'ignorés pas qu'il lui a plut d'accorder un fusil a. Chaque officier de Milice, c'est à dire Cinq personnes

faisant 5 fusils

Deux sergents 2 "

Mr. Le Curé 1 "

Et a dix habitans a tour de Rolle, suivant les

permissions numérotées 10 "

Faisant en tout 18 "

Vous fer es Saisir et vous enverrés, sans aucune exception ni partialité Le Surplus, et vous avertirés vos habitans que si Son Excellence par information ou autrement, apprend qu'il y en ait cy-après plus que le nombre susdit il fera sévèrement punir les personnes chez qui les dites armes se trouveront.

J'ai l'honneur d'être, &c, (Signé) J. Bruyère.

19 Mars.

Lettre du Secrétaire d'Etat a Mr. Je Cherr. AMHEBST, au Si/jet des Canadiens,

De par Son Excellence, &c, &c, &.

Il a plu à Son Excellence Monsr. le chevalier Jeffery Amherst, Maréchal des Camps et armées, Commandant en Chef les troupes de Sa Majesté Britannique en Amérique, de nous envoyer copie d'une Lettre qui lui a été addressée par Mylord Egremont, Secrétaire d'Etat de la Grrande-Bretagne, en datte de "Whitehall du 12me. Décembre 1761.

Elle renferme les ordres gracieux de Sa Majesté pour ses Conquêtes dans l'Amérique Septentrionale. Sa bonté et sa bienveillance envers ses nouveaux Sujets y sont exprimées d'une façon trop nateuse pour ne pas répandre La joye dans leurs Cœurs, et exciter en eux tous les sentimens de reconnoissance et d'attachement, qu'une pareille attention a leur bonheur doit naturellement produire. C'est dans cette persuasion que Nous nous faisons un plaisir sensible d'en donner Connoissance a tous les habitans de Notre Gouvernement, et que Nous voulons que les intentions de S. M. leur soient Communiquées dans Les propres termes qui composent la Lettre cy-dessus mentionnée.

Mylord Egremont, après avoir applaudi de la manière la plus ample et la plus gracieuse, de La Part du Roy a la prudence des arrangemens faits par Son Excellence Mr. le chevr. Amherst pour le Grouvernement du Canada, et ses ordres donnés en Conséquence aux Gouverneurs de Québec, de Montréal, et des trois-Rivieres, S'exprime ainsi :

" Sa Majesté remarque, avec plaisir, la douceur et " la bénignité avec laquelle Vous offres également et " sans partialité, sa protection Royalle a tous ses sujets. " Les ordres que vous donnés particulièrement aux " troupes de vivre en bonne intelligence et en bonne " harmonie avec les Canadiens, méritent, avec justice, " l'approbation dont je suis Chargé de vous faire part. «• Et Comme rien ne peut être plus Essentiel au Service " de S. M. Le Bon plaisir du Roy, et que vous reiteriés " aux differens Gouverneurs des endroits cy-dessus nom- " mes de Suivre les voies de douceur et de Conciliation " qui font partie des Instructions que vous leur avés " donné, et que vous recommandiés très expressément " a leur vigiience et a leur attention, de se Servir des " moyens les plus efficaces pour que les Canadiens " soient traités avec douceur et avec humanités. Ils Sont " maintenant en effet comme vous l'exprimés fort bien, " également sujets de Sa Majesté Britannique, et comme " tels ont également droit de reclamer sa protection et " de jouir de tous les avantages de cette humanité et de " Cette douceur de Gouvernement qui distingue déjà le " Ilegne propice de Sa Majesté, et fait Le bonheur parti- " culier de tous les peuples sujets à l'Empire de la Gran- " de-Bretagne ; et vous averti rés les Gouverneurs cy-des- " sus nommés de donner des ordres précis et très-ex- " près, pour empêcher qu'aucun soldat, matelot, ou " autre n'insulte les habitans françois qui Sont mainte- " nant Sujets du même prince, deffendant a qui que ce " soit de les offenser en leur rappellant d'une façon peu " généreuse cette infériorité a laquelle le sort des ar- " mes les a réduits, ou en faisant des remarques insul- " tantes sur leur Langage, leurs habillemens, leurs mo- " des, leurs coutumes et leur pays, ou des reflexions,

" peu Charitables et peu Chrétiennes sur la Religion " qu'ils professent.

" Et, comme il n'y a point encore de Magistrature " civile établie dans le dit païs Conquis. Le Roy veut " que Messrs. les Gouverneurs se servent de toute " l'autorité qui leur a été confiée pour punir toutes ;' personnes assés peu respectueuses pour oser manquer " aux ordres de Sa Majesté en un point aussi essentiel a " ses interests. Et vous donnerés vos ordres pour que les " présentes intentions de S. M. soient nottifiees a tous " ceux a qui il appartiendra, afin qu'aucun Sujets An- " glois ne désobéisse par ignorance, et que tout sujet " françois puisse ressentir et G-outer les doux effets de ■'la puissante protection de Sa Majesté dans toute leur " Etendue. "

Afin que Les'Intentions favorables et Bienveuillantes de Sa Majesté. ne soient ignorées d'aucun de ses Sujets, Voulons et Ordonnons que le présent Placart soit lu, Dimanche prochain, a L'issu de la messe paroissiale de chaque église de Notre Gouvernement, et ensuite affiché a la (porte) de chacune des dites Eglises.

Donne aux trois Rivières, ce 19e mars 1762.

(Si-né) R. BURTON.

Et plus Bas, — Par Son, Excellence,

(Signé; .T. Bruyère.

Placart au Sujet du commerce avec les Sauvages. De par Son Excellence, &c., &c, &c.

Il nous a été rapporté, de façon a n'en pas douter, qu'il y a de petits marchands en Canada qui, pour Satisfaire aux basses vues d'un interest personnel, sont assés méprisables pour mettre en usage toutes sortes d'artifices pour en imposer aux Sauvages et les tromper dans les marehers qu'ils font ensemble. Cette Indigne Conduite est parvenue jusqu'aux oreilles de Sa Majesté et n'a pasmanquée d'exciter toute son indignation.

Or, Comme les Sauvages sont maintenant Sujets de S M. et ont par conséquent le même droit de S'attendre aux avantages de sa protection, que de plus une Con duite aussi injuste en irritant leurs esprits les indispose contre le Grouvernement, et leur donne des Idées fausses et déshonorantes des Commerçants Anglois.

Nous voulons et Oedonnons que tous les sujets de S. M. residans dans notre Grouvernement, soit Anglois ou François, traittent les Sauvages avec humanité, et fassent affaire avec eux avec cette ouverture et cette probité a laquelle ils ont droit de s'attendre ainsi que tous les autres sujets de Sa Majesté Britanique et ils peuvent être assurés, au cas qu'ils aient de justes sujets de plante, qu'on leur rendra la justice la plus exacte et que les Contrevenans au présent ordre seront punis avec Sévérité, suivant l'exigence des Cas.

Donné aux trois Rivières, ce 19e Mars 1762.

(Signé) E. BUETON.

Et par Son Excellence,

(Signé) J. Bruyère.

19 Mars

Placart qui clef end de tuer des Perdrix.

De par Son Excellence, &c, &c, &c,

Ayant été informé que, depuis Le vingt Mars jusqu'au 15 juillet, il se fait une grande destruction de perdrix, et notamment dans le tems qu'elles s'accouplent, par la facilité qu'il y a de les tuer, faisant alors Comioitre par leur Battement d'ailes les endroits où elles Sont, et poui empêcher la Continuation de cette abus dont s'ensuivroit infailliblement l'entière destruction de ces oiseaux, ce qui priveroit Le public d'une grande douceur a la vie.

Nous deffendons à toutes personnes, de quelque qualité et Condition qu'elles soient, de tuer des perdrix, depuis Le 1er. Avril jusqu'au 1er. Aoust, a peine de 20 piastres d'amende, applicable au dénonciateur, comme aussi de Les prendre a la tonnelle et au Collet et d'en enlever les œufs, sous peine d'une amende du double de celle cy-dessus marquée, applicable motié au Dénonciateur et moitié a la Fabrique de la Paroisse Sur laquelle elles auront été prises et enlevées. — Et, pour oter tout L'appas et l'envie que quelque-uns peuvent avoir d'en tuer a l'avenir, pendant l'espace de tems cy-dessus Marqué, Nous deffendons aussi, sous la même peine de 20 piastres d'amende, a toutes sortes de personnes d'en vendre ou achetter pendant le dit temps et d'en apporter dans La Ville, ny autres lieux de ce Gouvernement.

Mandons aux Captue?- et officiers de milice tant de Cette Ville que des Côtes de ce Gouvernement, de tenir La main a l'exécution de la présente Ordonnance, qui

sera lue, publiée et affichée partout où besoin sera, a ce que personne n'en ignore.

Donné aux trois Rivières ce 19e Mars 1762.

(Signé) R. BURTON.

Et plus Bas, — Par Son Excellence, (Signé) J. Bruyère.

A tous les Captne'- de milices, pour accompagner les trois placcarls cy-dessus, etjeur ordonner d'envoyer vn nouveau rolle des habitans de leur paroisse.

Monsieur, — Yous aurés Soin, aussitôt la présente reçue, de faire publier et afficher les Placcarts cy-inclus, en la manière accoutumée.

Il vous est pareillement Enjoint d'envoyer au Grouvernement, le plutôt que faire se pourra, un nouveau Rolle des habitans de votre paroisse, suivant le model cy-inclus dont vous remplirés les Colonnes. Vous marquerés au bas, ainsi que vous le verres le nom des nouveaux habitans, soit françois, ou autres, depuis l'année 1760, s'il s'en trouve, ainsi que des Accadiens, portant pareillement Le nombre de leurs familles.

J'ai l'honneur d'être Monsieur &c ,

(Signé) J. Bruyère.

Ce 19 Mars 1762.

6 Avril.

Ordre à tous les Notres- cï envoyer les Extraits des contrais de vente oit Echange des biens relevans du domaine.

Monsieur, — Il vous est Enjoint d'envoyer incessamment au Gouvernement les Extraits de Contrats de vente ou d'échange de Fief, ainsi que des Echanges en roture, ou autres actes equipolens des biens relevans du Domaine, depuis le dernier appel, et de continuer de 3 mois en 3 mois, a compter du 1er- avril de cette présente année a peine de 20 piastres et d'interdiction en cas de négligence. Tel est l'ordre de Son Excellence qu'il m'a enjoint de vous Signifier.

J'ai l'honneur, &c,

Ce 6e avril 1762.

23 Avril.

Placcart pour La garde des animaux.

De par Son Excellence, &c, &c, &c.

Les terres sont maintenant ensemencées. Il est de l'intérest du public que les grains et autres Semences qui Sont confiés au sein de la terre y soient conservés autant que faire se pourra, en conséquence; nous deffendons a tous habitans, ou autres, de donner l'abandon a leur** animaux et Bestiaux, depuis la présente publication jusqu'à la St. Michel prochain, sous peine d'une demie piastre d'amende pour chaque animal ou Bête-acornes.

Ordonnons a tous les Capitaines de Milice détenir la main a l'exécution du 'présent.

Donné aux T. liivières, ce 23e avril 1762.

(Signé) II. BURTON.

El par Son Excellence

(Signé) ,T. Bruyère.

23 Avril.

Ordres a ux Capt !:";- de Milice de faire racommôdër les ponts et Chemins.

Monsieur, — Vous aurês soin, aussitôt La présente reçue, de faire publier et afficher le Placcart cy-inclus, en la manière accoutumée. Vous aurés pareillement soin de faire racommoder les ponts et les Chemins à l'ordinaire — c'est uii3 Chose absolument nécessaire.

J'ay &c

(Signé) J. Bruyère

Ce 23e avril 1762,

28 Avril;

Déclaration^ guerre De Sa Majesté Britannique contre

Le Rot/ d'Espagne..

'• L'objet constant de notre attention depuis notre " avènement a la Couronne, n'a Cessé d'être, autant " qu'il nous a été possible de mettre fin aux Calamités " de la Guerre, et d'établir la tranquilité Publique sur " une ferme et Solide Base. Pour empêcher que ces Calamités ne s'étendissent plus loin, et d'autant plus

" qu'une parfaite harmonie entre la Grande-Bretagne et " l'Espagne est en tout temps de l'intérest mutuel de ces " deux nations. Nous avons toujours ardemment sou- " haitê entretenir L'amitié la plus étroitte avec le Roy " d'Espagne, et arranger a l'amiable les differens qui " pouvoient s'élever entre Nous et cette Couronne. " Nous avons persisté Constamment dans cette vue, " Malgré la partialité Evidente des Espagnols pour les " François nos ennemis, pendant le cours de cette " Guerre, qui ne s'accordoit nullement avec leur neu- " tralitô. Et la Cour de la Grande-Bretagne n'a Cessé " de donner des preuves essentielles de son amitié et " de son Estime pour le Roy d'Espagne et sa famille. " Après une Conduite aussi amicale et remplie de tant " de bonne foy de notre part, nous nous sommes trou- " vés extrêmement surpris a la vue d'un mémoire pre- " sente Le 23 de juillet dernier, par M. de Bussy, Mi- " nistre Plénipotentiaire de France, a un de nos Prin- " cipaux Secrétaire d'Etat, au sujet des disputes qui Sub- " sisbent entre Nous et la Cour d'Espagne, portant que " si ces disputes occasionnoient la Guerre entre les " deux Couronnes, la France se trouveroit obligée d'y k' prendre part. Notre Surprise augmenta ensuite lors- " que Le Ministre d'Espagne avoua a notre Ambassa- " deur a la Cour de Madrid, qu'une démarche aussi " extraordinaire et aussi insultante, faite par une Puis- " sance actuellement en Guerre avec nous, s'étoit faite " avec L'approbation et du Consentement du Roy d'Es- " pagne, en assurant que ce mémoire n'auroit jamais été " presené, si l'on avoit pu prévoir qu'il eût été reçu " Comme une insuite, qu'au reste, le Roy d'Espagne " étoit le Maître d'arranger ses differens avec la Cour " de la Grande-Bretagne, sans l'Interposition de la

France, et qu'il étoit très porte a Le faire. Peu de temps après, nous eûmes la satisfaction d'apprendre, par Notre Ambassadeur a Madrid, que, sur les Bruits qui Curroient d'une rupture prochaine, Le Ministre d'Espagne avoit pris occasion de l'assurer que le Roy son Maître étoit, autant que jamais, disposé a Cultiver sa bonne intelligence avec nous, Et Comme l'Ambasseur Espagnol a* notre Cour repetoit les mêmes Déclarations, nous ayons crû qu'il étoit de notre Justice et de notre Prudence de ne point en venir a aucune Extrémités.

" Mais Le tendre Intérest que nous prenons au bien de nos Sujets, en nous empêchant d'entrer avec précipitation en G-uerre avec l'Espagne, s'il étoit possible de l'éviter, nous obligeoit nécessairement de nous informer avec Certitude des Engagemens actuels et des intentions réelles de la Cour d'Espagne. En conséquence, nous apprimes qu'il s'ôtoit contracté depuis peu, des Engagemens entre les cours de Madrid et de Versailles, et peu après les Ministres de France eurent soin de répandre adroitement dans toute l'Europe que le but de ces Engagemens étoit offensif envers la G-rande Bretagne, et que l'Espagne étoit sur le point d'entrer en G-uerre, sur quoi nous ordonnâmes a notre Ambassadeur de demender, de la façon la plus amicale, Communication des traités Conclus depuis peu entre La France et l'Espagne, ou des articles qui avoient particulièrement rapport aux Interests de la G-rande Bretagne, s'il y en avoit, ou enfin une assurance positive qu'il n'y en avoit aucuns qui fussent incompatibles avec la bonne amitié qui existoit entre nous et la Couronne d'Espagne. Nous fumes extrêmement Surpris et peines d'apprendre que Le Minis-

'• trc Espagnol avoit évité de répondre a une demande •' aussi raisonnable, et s'étoit servi de raisonnemens et " d'Insinuations qui paroissoient découvrir des inten- " tions d'hostilité, et Comme nous reçûmes en même •' temps des intelligences certaines que l'Espagne fai- " soit de Grands arméniens par Mer et par terre, nous "jugeâmes qu'il étoit indispensablement nécessaire " d'essaier encore une fois, s'il seroit possible d'éviter " d'en venir a une rupture. En Conséquence, nous don- " nâmes ordre a Notre Ambassadeur de demander, d'une " façon polie, mais ferme, si la Cour de Madrid avoit '• intention de se joindre aux François, nos Ennemis, " dans leurs actes d'hostilité Contre la G-rande Breta- " gne. ou si Elle se proposoit de se départir de sa neu- " tralité, et en Cas qu'il s'aperçut que le Ministre Espa- " o-nol évita de donner une réponse claire et précise " il avoit ordre d'insinuer que son refus de repondre " précisément a une demande aussi raisonnable donne- " roit lieu de penser que le Roy d'Espagne avoit pris " parti contre Nous, ou qu'il étoit résolu de faire, ce qui " seroit regardé comme un aveu des ses Intentions En- " nemies et équivalent a une déclaration de Guerre ; " auquel cas il avoit ordre de quitter incessamment la " Cour de Madrid. Le refus positif que la Cour d'Es- " pa^ne fit de donner La moindre Satisfaction a des de- " mandes aussi raisonnables de Notre part, et la Decla- " ration Solennelle, que Le Ministre Espagnol lit enmê- " me temps, que l'on regardoit La Guerre Comme actuel- " lement déclarée, prouve Clairement que La resolution " d'agir offensivement étoit décidément et si fermement ;' prise, qu'il n'etoit plus possible de la Cacher, ou de la " nier.

" Le Eoy d'Espagne ayant donc jugé a propos sans

" aucune proyocation de Notre part, de regarder La " guerre comme déjà commencée contre Nous, et L'ayant " en effet fait déclarer a Madrid, Nous Espérons que, " par la protection du Dieu Tout Puissant, eu égard a " la justice de Notre Cause, et L'aide de nos bons et fide- 61 les Sujets, nous nous trouverons en état d'arretter et de " deffaire les desseins ambitieux qui ont formé la présente " alliance entre les deux Branches de la Maison de Bour- " bon, qui donnent naissance a une Nouvelle G-uerre, et " Menacent l'Europe des plus fatales Suites. En Conse- " quence Nous avons juge a propos de Déclarer, et nous " déclarons des a présent La Guerre au Roy d'Espau gne, et conformément a cette déclaration, nous Som- " mes résolus de continuer avec vigueur cette G-uerre " qui interesse Si intimement l'honneur de notre Cou- " ronne, le bien de nos Sujets, et la prospérité de cette " nation, dont la Conservation et L'appui feront en tout " tems l'objet le plus cher de notre attention. Et Nous " Voulons et ordonnons par ces présentes a tous nos Ge " ner aux et Commandans de nos troupes, aux person. " nés commises a l'exécution cfe la charge de Grand '• amiral de la G-rande Bretagne, a nos Lieutenants. dans " les différente provinces, a nos Gouverneurs des forts " et des Citadelles, et a tous autres officiers et soldats " soumis, a leur commandement tant par mer, et par " terre, en conséquence de la présente guerre, de faire " et d'exécuter tous actes d'hostilité contre le Roy " d'Espagne, Ses Vassaux, et Sujets, et de s'opposer 11 a leurs entreprises.

" Nous voulons et ordonnons a tous nos sujets de " faire attention a la présente déclaration, leur dcffen. " dant très expressément, d'entretenir à l'avenir aucune " Correspondence, ou d'avoir Communication avec le

Roy d'Espagne ou ses Sujets. Et nous Commandons par ces présentes a tous nos sujets, et donnons avis a toutes autres personnes de telle nation qu'elles soient de ne point transporter aucuns Soldats, armes, poudre, amunition, ou autres effets de contre bande, sur les terres, territoires, colonies, etablissemens et pais appartenants au dt. Roy d'Espagne, Déclarant que tout vaissau, ou Bâtiment qui sera trouvé Chargé de soldats, armes, poudre, amunition ou autres effets de contre bande destinés pour les terres, territoires, Colonies, Etablissemens, et païs appartenants au dt. Roy d'Espagne, seront pris, saisis et condamnes comme de bonne prise. Et comme il se peut trouver plusieurs sujets de Sa Majesté Espagnole, habitués et établis dans nos Royaumes, Nous déclarons par ces présentes que Notre Royale Intention est, que tous les Sujets Espagnols qui se Comporteront envers nous avec Respect, Soient protégés et maintenus tant en leurs personnes que dans leurs effets.

" Ponné a notre Courè de St. Jacques, le 2e- jour de ;' Janvier 1762, la 2»e- année de notre Rôïme. "

Publié aux trois Rivières, le 28e. avril 1762.

(Signé) R. BURTON.

Et plus bas, — Par Son Excellence,

(Signé) J. Bruyère.

8 May.

Placart qui annonce le départ de Son Excellence et en conséquence des ordres remis a Mr. Frederick Haldiman Colonel d'Infanterie, etc.

De par Son Excellence Ralph Burton, &c, &c., &c.

Son Excellence Monsieur le Chevalier Amherst m'a instruit dernièrement des ordres de la Cour, portant qu'il plait a Sa Majesté que je m'absente pendant quelque tems du Grouvernement des trois Rivières pour me rendre a L'armée, et Son Excellence voulant que les affaires de ce Grouvernement ne soient en aucune façon interrompues, m'a en Conséquence ordonné d'en remettre entièrement le soin, pendant ladite absence, a Monsr- Frederick Haldiman Ecuyer Colonel d'Infanterie, &c.

A ces fins nous faisons par ces présentes sçavoir a tous les sujets de Sa Majesté Canadiens, ou autres dans l'étendue de ce G-ouvernement que nous avons remis et nous remettons en Conséquence des ordres cy dessus a Monsieur Frederick Haldiman tous les pouvoirs dont nous sommes revêtus pour l'administration de la justice et le Grouvernement des sujets de Sa Majesté sous notre obéissance et afin que personne n'en puisse ignorer, Voulons que la présente soit lue, publiée, et affichée en la manière accoutumée.

Donné aux trois Rivières ce 8'ne jour de May 1762

(Signé) R. BURTON.

Et plus bas, — Par Son Excellence,

(Signé) J Bruyère.

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