TANDIS QU'AVEC DES PLEURS
Tandis qu'avec des pleurs et d'éloquents remords Au pied du lit dont l'ange a déserté la poupe, Elle défend sa lèvre orgueilleuse et sa croupe, J'éveille ses seins nus d'un long baiser qui mord.
Sur leur double pavois, ils élèvent en troupes Mes désirs enlevés du vol lourd des condors, Et le choc des bijoux tombant au fond des coupes Enchâsse la minute en de grêles bruits d'ors.
Tremblant je la dévêts. Dans ma fièvre brutale. Son beau corps effeuillé, pétale par pétale, Jaillit de la dentelle et du linge écumeux,
Et, porté sur un flot d'étoffes rubanées, Atteste que, promise à mes sens douloureux. L'éternelle Aphrodite entre mes bras est née.