‹ RégnerChapitre 73 sur 109 · LES CHOSES MATERNELLES · texte numérisé non relu

LES CHOSES MATERNELLES

Cette passante vient du fond de mon passé, Souriante à demi de l'avoir traversé.

HEÎiRI DK RkGÎTIBR.

J'entends les choses maternelles Du fond des villes éternelles.

Les souvenirs s'en sont venus Comme des gens qu'on a connus.

Ils s'en sont venus par les routes Très lointaines où Ion écoute

Le choeur apaisé d'Autrefois, — Vaste rumeur sans une voix.

Les belles filles d Avril chantent Et toute la Comté s'enchante

De soleiL d'épis et de vignes Où des hommes mettent le signe

De leurs deux mains de volupté A sentir frissonner l'Eté

Au toucher des grappes pendantes, Lourdes comme des seins d'amante

Et prometteuses de survie.

L'hymne est immense de la Vie,

Dans le bourdon des travaux clairs Qui fécondent comme une chair

Le soi tumultueux d'épis

Qu'un grand souffle tiède infléchit

Selon le rythme des eaux lentes.

Et c'est — à l'horizon — l'Amante :

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Celle du songe et du blasphème, Impersonnelle et tout de même

L'amante inévitablement.

La chair se lève et le cœur ment,

L'âme entière voudrait et n^ose Revendiquer encor la chose

Par quoi elle fut et sera Comme plus belle et d'apparat

Et plus harmonieusement triste.

Du seul passé le mot persiste

Qu'elle apporta comme une étoile, Et si parfois la voix se voile,

Sur les chemins où je perçois Le chœur apaisé d'autrefois,

C'est pour que plus tendre et plus pur Me parvienne dans le futur,

Selon le rythme des eaux lentes, Avec, à l'horizon, l'Amante,

Par delà les voix et quand même Le frisson bleu du mot suprême.

I go REGNER

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