LES CHOSES MATERNELLES
Cette passante vient du fond de mon passé, Souriante à demi de l'avoir traversé.
HEÎiRI DK RkGÎTIBR.
J'entends les choses maternelles Du fond des villes éternelles.
Les souvenirs s'en sont venus Comme des gens qu'on a connus.
Ils s'en sont venus par les routes Très lointaines où Ion écoute
Le choeur apaisé d'Autrefois, — Vaste rumeur sans une voix.
Les belles filles d Avril chantent Et toute la Comté s'enchante
De soleiL d'épis et de vignes Où des hommes mettent le signe
De leurs deux mains de volupté A sentir frissonner l'Eté
Au toucher des grappes pendantes, Lourdes comme des seins d'amante
Et prometteuses de survie.
L'hymne est immense de la Vie,
Dans le bourdon des travaux clairs Qui fécondent comme une chair
Le soi tumultueux d'épis
Qu'un grand souffle tiède infléchit
Selon le rythme des eaux lentes.
Et c'est — à l'horizon — l'Amante :
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Celle du songe et du blasphème, Impersonnelle et tout de même
L'amante inévitablement.
La chair se lève et le cœur ment,
L'âme entière voudrait et n^ose Revendiquer encor la chose
Par quoi elle fut et sera Comme plus belle et d'apparat
Et plus harmonieusement triste.
Du seul passé le mot persiste
Qu'elle apporta comme une étoile, Et si parfois la voix se voile,
Sur les chemins où je perçois Le chœur apaisé d'autrefois,
C'est pour que plus tendre et plus pur Me parvienne dans le futur,
Selon le rythme des eaux lentes, Avec, à l'horizon, l'Amante,
Par delà les voix et quand même Le frisson bleu du mot suprême.
I go REGNER