‹ Régulus: tragédie en trois actesChapitre 29 sur 61 · ACTE II , SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈNE YIII

Quand y dressant des ûutels aux dieux républicains , Des murs du Capîtole ils chassaient les Tarqnins , D'un vainqueur insolent recevaieni-ils des chaînes ? Romains, ils périssaient sous les aigles romaines. Imilons«les« Sénat, qu'une sainte rigueur Rende à nos légions leur première vigueur.

Ne laisser plus d'espoir au guerrier sans courage Qui pourrait à la mort préférer l'esclavage.

Tout esclave a trahi l'honneur du peuple roi; Renonces-le pour fils , et commencez par moi. Oui par moi. Mais d'ailleurs , dansToffre de Carlliage Je n'aperçois qu'un piège et ne vois qu'un outrage. Ah ! si du nom romain bravant la majesté , Vous souscrivez jamais à ce lâche traité , L'Afrique, retrouvant des appuis formidables. Répare, grâce à vous, des maux irrépnrables.

Oui, ses nombreux guerriers, afïhmchis de vos fers. Repeupleront soudain leurs bataillons déserts. Quai^t à vous, sénateurs, qu'aurez-vous en échange. Et quel sera le fruit d'une faiblesse étrange ? Vousbriserez ma chaîne! Eh! que puis-je aujourd'hui? Dj^ns ces murs ébranlés dont mon bras fut l'appui , Viendrai-je, auteur des maux oùma chute vous livre, Viendrai-je parmi vous lâchement me survivre Dans l'opprobre immortel de n'avoir su mourir ? On verra, direz-vous, nos soldats accourir Des cachots africains dans les rangs de l'armée : Mais pensez-vous qu'au joug leur tête accoutumée Reprenne tout à coup cette mâle fierté ,

Vertu que la valeur tient de la liberté ?

H RÉGUIiUS.

Ah i sënateun , craigpez que Rome ne réproaye : L'honneur qu'on » perdu jamais ne se retrouve. Quiconque a pu fléchir sous un joug étranger ^ Parmi vos défenseurs ne doit plus se ranger.

Croyez-moi} désarmais^ daji^'vosrang^plusterriUes^ Des soldats invaincus seront seuls invincibles. Parlez : sous leurs drapeaux prompts à se rallier , Je les vois nahre en foule et se multiplier.

En vain par un trépas bien digne de leur vie, Tant de vrais citoyens sont morts pour la patrie. D'intrépides vengeurs naîtront de leurs tombeaux ; Le sang d'un peuple libre enfante des héros î

AMILCAR (se lerant).

C'en est assez. Romains , que décidez-vous?

( Tout le Sénat te 1ère et eittoure le consul pour délibérer. )

MANLIUS

Rome Vient de se prononcer par k voix d'un grand homme. Ses conseils sont des lois ; et, dW commun aveu , Le Sénat en pleurant cède à son dernier vceu.

AMILCAR

Partons,

RÉ6ULUS (à Aiailcar).

J'ai triomphé ! disposez de ma tête.

Adieu , pères de Rome , adieu , pairie !

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