‹ Régulus: tragédie en trois actesChapitre 43 sur 61 · ACTE III , SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE IV

Est-ce ainsi que ta voix insulte aux demi-dieux ? Si tu n''es plus mon fils, va-t'en..., sors de ces lieux : Sors; mais n'outrage pas devant moi, ddh» ce temple, Ce héros , des Romains et l'idole et Fexemple. Que dis-je ? arrête... . écoute : en un jour de combat Si le sort m'appelait à périr pour FÉtat^ Pour éviter la mort , déshonorant ma vie , Me conseillerais-tu la fuite et l'infanûe ?

Tu ne me réponds pas ; mais ton cœur s'est troublé^ Et mieux que tes discours ton silence a patlé.

PUBUUS.

O vertu que j^admire et qui me désespère !

Tu balances encore Adieu.

PUBUUS.

Restez, mon père.

A vos ordres sacrés je ne résiste pas , Mais je reviens mourir à vos pieds.

Tft vivras r Oui, tu vivras pour Rome , honoré, digne d'elle; Tu vivras pour dompter la fortune rebelle , Pour consoler nos Dieux , pour venger ton pays.

PUBLIUS

Le pourrai-je?

Dtuxiëmc édition. A

5a RÉGtJLUS.

Il le faut. Lève les yeux ! rougis Del'affineux désespoir où ton cœur s'abandonne. Les héros dont l'image ici nous environne y Quand le salut public ordonnait leur trépas y Au-devant d'un tel sort précipitsdent leurs pas. Vois Décius : sa mort va sauver Rome ; il tombe!

\ Et la victoire en deuil s'élance de sa tombe !

Imitateurs zélés de tant de vrais Romains y A force de vertus commandons aux destins.

Sur l'autre plage en vain mon supplice s'apprête : Le glaive ^^ la frappant flétrîra-t-il ma tête ? Non, toujours pur , mourant ainsi que j'ai vécu ; Captif, mais libre encor, mais fier, quoique vaincu ^ Auprès de Décius , d'Horace et de Clélie , De mes derniers regards saluant l'Italie, Immortel , je pourrai m'élancer vers les cieux.

r Ma vie est aux bourreaux , mais mon âme est au?L dieux.

PUBUUS.

Eh bien , j'obéirai , je le dois , je le jure A vous , à Rome , aux Dieux ennemis du parjure. Fier de vDus imiter , mon père , votre fils Mourra ; mais comme vous, en servant son {>ays. Etes-vous content ?

Viens , digne espoir de ma race; Pour la dernière fois , viens , qu'un père t'embrasse. Un instant, je le sais, ton cœur s'est démenti j

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