SCÈNE III
LiaNIUS , ATTILIE , PUBLIUS.
PUBLIUS
Le jour qui vient de naître D'un grand événement sera témoin peut- être.
D'un cortège paisible empruntant les dehors , Deux vaisseaux africains s'avancent vers nos bords. Dans nos rangs étonnés déjà tout s'inquiète.
On dit qu'avant de rompre une irève secrète Les chefs carthaginois, prévoyant nos succès^ Veulent finir la guerre en nous dictant la paix. Quel quQ soit le dessein qu'en effet l'on prépare , Il est temps qu'aujourd'hui le Sénat se déclare ; Il est temps, à nos vœux lasse de résister, Que Rome sache enfin ou combattre ou traiter. Quedis-je? Ah! si le sort, secondant notre haine. Sous les murs de Carthage avant peu nous ramène. Obscur à mon départ, je reviendrai fameux : Qui venge les héros se place à côté d'eux.
Oui, ma sœur, oui , j'irai vers la cité parjure ; De Régulus vaincu j'effacerai l'injure ; Et je triompherai. Va, si j'en crois mon cœur, Qui veut mourir ou vamcre est sûr d'être vainqueur.
LlCINlUS.
Publius,, j'aime en toi cette âme ardente et fière. Va; dès les premiers pas qu'il fait dans la carrière. Honneur à qui défend sa patrie et ses dieux; S'il succombe, immortel, sa place est dans les cieux. A l'existence en vain sa jeunesse est ravie.