ACTE 1, SCÈNE III
L'instant seul dt sa mort éternise sa vie.
Unissons nos efforts : enfans de Rëguliis y Pour finir ses malheurs, imitons ses vertus.
Sans doute les vaisseaux que ta voix nous signale Portent l'ambassadeur d'une cité rivale :
Ne perdons pas de temps ; par d'utiles apprêts Du Sénat au besoin maîtrisons les décrets ; Sveillons des Romains l'audace accoutumée.
Je réponds du Forum , tu réponds de l'armée ; Et, d'un père chéri préparant le retour, Que la guerre ou la paix le rende à notre amour.
PUBLIUS
Allons.
ATTILIE.
Ecoutez-moi : je partage et j'admire Le transport généreux que ce jour vous inspire; Mais différons encor ; par un funeste éclat, Craignons de diviser le peuple et le Sénat , Lorsqu'à les rapprocher tout vrai Romain s'efforce. L'union des Etats fait leur gloire et leur force. Rome a vu trop long-temps les partis inquiets Rallumer les combats même au sein de la paix; Et chacun d'eux , jaloux des droits dont il abuse. Se plaire à prodiguer ce que l'autre refuse.
Pour la dernière fois je prétends aujourd'hui Réclamer du consul la justice et l'appui.
Manlius dans ces lieux m'a promis de se rendre; Je l'attends; s'il n'a pu refuser de m'entendre. Aux vœux de ma douleur pourra-t-il résister ? Non: l'homme aux pieds des dieux cherche à les imiter;
Leur équité le guide et leur bonté Pinspiré ;
G est là que la vertu reprend tout son empire.
PUBLIUS
Quoi! ma sœur^ au mépris de nos droits oubliés^ Manlius te verra suppliante à ses pieds ?
ATTILIE.
Qu'importe ? s'illefaut^ soumettons-nous^ mon frère; Qu' ne s'abaisse point en priant pour son père.
Licmius.
• ly^ ri,.! ^ b^^^p, n„h™. le de,U„ ^Manlius est jaloux.
ATTILIE,
Manlius est Romain.
Contre mon père absent je ne crains plus sa haine) Le malheur est sacré pour une âme romaine.
LICINIUS
Eh bien donc , essayez de Qéchir ses refus ; Mais^ s'il résiste, rien ne nous arrête plus. Tribun, je m'armerai d'un pouvoir légitime^ Et Rome sera prête à sauver la victime.
J'en réponds.
ATTILIE.
J'y consens; s'il trompe mon espoir , Le salut de mon père est mon premier devoir.
Lo consul vient : allez.
(Ils sortent. )