FL-IOVINA QUAE VIXIT
ANNIS TRÎBVS-D XXXIIDEPOS
NEOFITA-INPACE-XI KALOCTOB
Une inscription îles bas temps, rapportée par Orelli (n» 6734), mentionne un FI. Jovinvs, qui avait été commandant (EX- P P, ex prœposito) des troupes de Tlstrie.
Quant au séjour qu'il aurait fait à Reims en particulier, les lois de celte époque, datées de Reims , vraisemblablement rédigées sous son inspiration et dont plusieurs lui sont adressées (1), la construction d'une grande et magnifique église, sa sépulture, enfin, en déposent surabondamment pour les dernières années de sa vie. Pour les temps antérieurs, il n'y a que des présomptions à tirer du choix que Julien, auteur principal de l'avancement de Jovin, fit de Reiras pour quartier général et pour centre de ses opérations contre les Allemands.
Marlot (2) , et tous les écrivains rémois à sa suite, ont dit et redit que Jovin suivit Julien dans sa guerre contre les Perses. Us croient pouvoir s'autoriser en ce point du silence d'Ammien; mais la conclusion opposée nous semble résulter clairement de ce que rapporte Thislorien latin dans la suite de son récit (3).
A peine élu , Jovien fait porter à Malarîc Tordre de prendre le commandement de l'armée des Gaules à la place de Jovin, qui lui est suspect. Malaric refuse , et , quand Jovien l'apprend , une dépulalion de l'armée des Gaules vient le trouver pour faire sa soumission. Alors, le nouvel empereur, assuré de la fidélité de Jovin, lui dépêche Arinthée, à Reims,
(1) Cod, Theod , t. II, p. 433. — D. Bouqukt, Rec. des histor. de France» t. I, p. 754. — Bbéquignv , Ta6/e chronoL des diplômes, . ., t. I, p. 4.
(2) Tome I. p. 526. L'auteur anonyme de l'article Jovin, dans la Biographie Michaud, a reproduit celte erreur.
(3) Lil). XXV, cap. 10.
INSCRIPTION DE L'ÉGLÎSE JOVINIENNE. 129
a'vec une lettre par laquelle il le prie de reprendre le haut commandement qui lui avait été retiré, et de mettre au service de sa cause l'influence qu'il a sur les troupes.
Voilà ce que dit A m mien; je l'ai presque traduit. Il me paraît clair, d'après cela, que, si Jovin avait fait partie de l'expédition de Perse, ou bien il aurait pris part, avec les autres chefs, 5 l'élection de Jovien, et ce dernier n'aurait pas eu lieu de le craindre ; ou bien il aurait quitté l'armée de Perse dans des dispositions hostiles, et Jovien l'eût fait arrêter pour l'empêcher de nuire.
L'inquiétude de l'empereur sur les dispositions de Jovin à son égard vient, ce nous semble, de ce que le général est éloigné et de ce qu'il exerce une autorité incontestée dans un pays, sur une armée amis de Julien , et où le bruit que l'ancien César des Gaules n'était pas mort avait trouvé un instant créance et occasionné un soulèvement.
Suivant le même Ammien , Jovin fut revêtu de la dignité de consul en 367 (1), sous Justinien; les fastes consulaires ne mentionnant pas d'autre magistrat de ce nom , suivant la remarque de Tilleroont ( 2 ) ^ il faut que ce soit de lui également que parle Sidoine Apollinaire, dans la pièce intitulée
(1) C'est l'opinion de Valois, de Tristan, de Savaron ( Stdon. ÀpolL Op , p. 187), de Sirmond ( Notœ ad Sid. ApolL, p.t57), de Marlot et de Tillemont,
(2) Loeo cilato,
NarbOy en le désignant sous le nom de Jovin TAncien, priscus Jovinus. Nous pensons donc pouvoir, d'après cela, admettre les inductions que Tristan, et après lui Marlot , ont tirées de cette pièce , relativement à la famille de Jovin , et notamment que sa lignée était ce que la Gaule renfermait de plus élevé; qu'une de ses filles , mariée à Narbonne , était la mère de Consentius, hôte de Sidoine , et qu'à la même famille appartenaient Jovin et Sébastien, dont Orose (1) vante la haute naissance , et qui prirent la pourpre sous Tempire d'Honorius et d'Arcadius.
Nous ne trouvons rien sur l'époque de la mort de Jovin ( 2 ) ; mais celle de sa retraite nous parait plus facile à déterminer. En effet , Ammien , parlant de Théodose le père , dit qu'il remplaça Valens Jovinus dans le commandement de la cavalerie : « In locum Valentis Jovini successit, qui equorum copias tuebatur (3). »
Je ferai remarquer d'abord qu'on a donné à Jovin, dans ces derniers temps , tantôt le nom de Valerius^ lanlôt celui de Valentinus. L'abréviation, qui est la même pour des noms différents , est apparemment
<1) Lib. VII. cap. 42.
(2; On la fixe généralement en Tannée 370. Les religieux de Saint-Nicaise célébraient, chaque année, son obit le 7 de Septembre, jour de sa mort, suivant le Nécrologe de Tabbaye, dont parle Marlot, mais qui n'est pas venu jusqu'à nous. Un Cérémonial de 1742 (ms. C jj^ de la bibliothèque de Reims) en fait mention également au
même jour.
(3) Lib. XXVIII. cap. 3.
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Torigine de cette erreur. Le prénom Flavius est donné par les Fastes consulaires.
Quant au changement raconté par Ammien, Adrien de Valois (1) le fixe à l'an 370, et il faut qu'il ait eu lieu , en effet , dans la première moilié de cette année, car la loi de veteranis , qui est du 16 des calendes de Février, autrement dît du 17 Janvier, est encore adressée à Jovin, avec le titre de magistermilitum per Gallias; et celle de nuptiis gentUium^ qui est du 5 des calendes de Juin, c'est-à-dire du 28 Mai, est adressée à Théodose , à qui l'en-téte donne la qualité de magister equilum,
La différence des deux litres ne doit pas tirer à conséquence, 11 résulte , en effet , de l'Histoire d'Ammien et du Code Tbéodosien qu'on ^disait indifféremment maître de la milice , maître des deux milices (2), maître de la cavalerie et de V infanterie (3), ou simplement maître de la cavalerie y pour désigner le commandant supérieur des troupes de toutes armes dans une certaine circonscription (4). La maîtrise des armes , magisterium armorum , retirée ,
(l) Ad Ammiani loc. cit., édit. de Leydo, t693, in-fol.
{%) « Magi«ler uU'iusque militiie. » Cf. Sibhond. ad Ennodium» lib. I, epistol. XXIV.
(3) Loi adressée à Jovin en 3G5.
(i) M Walckbnabb ( Géographie de la Gauk) pense que les deux cominandemeols de l'infanterie et de la cavalerie, habituellement séparés, n*ont été souvent réunis dans une seule main, pour la Gaule, qu'à cause des circonstances difficiles où elle était placée, ou pour prévenir tout conflit d'autorité entre les deux chefs. Nous ne croyons pas cette opinion suffisamment justifiée. Dubos, dans son excellente Histoire de V établissement de la monarchie françoise^ après ravoir émise, ne la soutient pas.
puis rendue à Jovin par Jovien, était encore la même chose. Nous ne voyons pas de motifs sérieux d'entendre autrement le titre de magister rei castrensis^ que le même historien donne à Jovin et à Sévère , chargés par Valentinien de veiller sur les ailes de son armée , dans l'expédition qu'il entreprit sur les bords du Rhin , au printemps de l'année S68.
La qualité de préfet de Rome, que donnent à Jovin les manuscrits de Saint-Nicaise cités par Marlot , ne repose sur rien; du moins, nous n'avons trouvé aucun document authentique qui la justifie.