‹ Reims pendant la domination romaine d'après les inscriptions avec une dissertation sur leChapitre 4 sur 51 · EM · texte numérisé non relu

EM

REMI • FOEDERATA

Chorier, Recherches des Antiq. de Vienne, p. 496. — Spon, Miscell. erud. antiquit., p. 203. — Grutbr, 431, n« 8. — Orelli, no 3841. — Léon Renier, Mélanges d'Epigraphie, p. 61 (1).

(1) M. Léon Renier a donné sur cette inscription et snr les deux suivantes une dissertation fort intéressante que nous regrettons beaucoup de n'avoir pas connue avant la rédaction de notre travail. Frappé comme lui de la ressemblance de celle que nous don-

Celte inscription, qui existait à Vienne en Dauphiné, est aujourd'hui perdue. Les auteurs que nous citons en ont donné des rédactions très-diverses; celle que nous avons choisie appartient à Chorier. Ce dernier Fa complétée ainsi qu'il suit pour les six dernières lignes :

LOC. PVDLIC. FER || IIVIR. AERAR (j PRAEF. FABRV. TRIE II MIL. LEG. VII Q GEMIN. GIVIT ReMI. FOEDE- RATA II D. D. D.

Spon reproduit la leçon de Chorier sans modifications. Quant à Gruter, la sienne est tellement différente, que le savant Lyonnais n'a pu s'empêcher, en la rejetant , de témoigner sa surprise de voir altéré à ce point un monument si connu (1). Voici, du reste, la rédaction de Gruler :

D. IvL. D. FiLi II Capitoni || flamIvEnL iiivir |1

LOG. PVBLIC. PERlIr. VIR. AERAS... || PRAEF. FABR. TRIB Ij MIL. LEG.... DIV.. || GEN |t FOEDERATAE

RemI. pvblig II d. D. d.

Notre préférence pour Chorier s'explique naturellement par sa présence sur les lieux mêmes ; c'est donc

nons sous le ii° 6 avec celle qui précède, nous dous étions pareillement servi de l'une pour expliquer Tautre ; tout en nous félicitant de cette rencontre avec le savant académicien , nous n'avons pas cru devoir renoncer à la séparation que nous avions établie entre les deux premières inscriptions et celle qui suit, comme n'appartenant pas d'une manière certaine au même personnage. Nous n'avons pas jugé à propos non plus d'abandonner l'interprétation, appuyée sur Chorier, et d'ailleurs très-soutenable^ que nous avions d'abord adoptée.

(1) Les çor^ectures qne M. Renier attribue à Spon appartiennent à Chorier.

lui que nous suivrons, du moins en grande partie, et nous nous aiderons encore d'une autre inscription trouvée également à Vienne, en 1753, dans l'abbaye de Saint-André-le-Haut, relevée par feu M. Delorme, bibliothécaire de cette ville, et publiée par lui, sous le n« 26, dans la Description du Musée de Vienne (1). Elle figure encore dans ce musée. Elle est à peu prés aussi incomplète que la précédente, et comme elle est relative au même personnage et qu'elle donne pareillement Ténuraéralion de ses titres, on a cru que c'était la même (2). Mais il y a des difTérences assez grandes de Tune à l'autre pour empêcher de les confondre. La disposition seule des lignes suffît pour les distinguer.

Nous donnons ci-contre l'inscription de M. Delorme, avec son interprétation.

(1) Vienne, Girard édit., 1841, page 13i.

(2) CocHABD, Àddit. aux Antiquités de Chorier^ p. 523.

D.JVL-D.FIL.VO //////

CAPITON//// ////AM .IVENT.IIIV///// ////// h\G . PERSEQ.IIV //// ////// GVRI . PRAEF . FA

111111(^1 lllllilllllllim llllllllllllllllllllllllllllllllll

Decimo Jvlio^ Decimi filio^ Vollinia (Iribv) Capitoni (cognomînato), flamini jwentvtiSy trivmviro locorvm pvblicorvm perseqvendorvmj dvvmviro aerarii, avgvriy praefecio fabrvm^ tribvno militvm legionis secvndae adjvirim, etc.

Les détails absents ou douteux de Tune des deux inscriptions se trouvent dans Vautre ; elles se complètent donc et se contrôlent mutuellement. Sans entrer dans le détail du facile travail qui reste à faire sur chacune d'elles, nous ferons remarquer du moins un point où nous devons corriger Chorier. C'est h la troisième ligne. Il a évidemment remplacé la leçon véritable par une interpréta lion, flamIvEn par fla- MiviEN, autorisé en quelque sorte à le faire par le grand E du mot, dans lequel il lui était permis de supposer un I mélangé. La véritable leçon, démêlée par Gruter, se trouve pleinement confirmée par l'inscription de M. Delorme. Il faut lire flamini juventvtis, et cela s'obtient dans la première inscription par

l'inserlion d'un point oublié ou effacé et par le rétablissement du Y voyelle avant le v consonne avec le-* quel il est confondu, suivant un usage fréquemment observé dans les inscriptions.

Cela posé, nous pouvons lire comme il suit la première inscription :

Decimo IVLio decimi FIL(îo VOLTINm) I| CAPI- TONI , Il FLAMmi lYvEmvtis, IIIVIRo 11 (locorvm) PVBLlCorvm ?E^seqvendorvm, \\ IIVIRo AERA(RII), £

VRAEFedo FABRVm, TRIBvno || mUtvm L{EGionis II ADIVTricis,) || GEU{inae CWlTates VIENNa COLonm || ET) REMI FOÉDERATA jj {Loco) Dato Décréta Decvrionvm.

€ A Decimus Julius, fils de Decimus, (de la tribu) Yoltinia, (surnommé) Gapito, flamine de la Jeunesse, triumvir pour Tinspection des lieux publics, duumvir du trésor, préfet des ouvriers, tribun de la 2« légion Adjulrice , la colonie de Vienne et la ville fédérée de Reitns, avec l'autorisation des décurions. »

Dans Tune comme dans l'autre inscription, il s'agit évidemment d'une statue érigée h la même personne; chacune occupait une face du piédestal auquel elle appartenait. Mettons un moment de côté la seconde, pour ne nous occuper que de.la première et pour éclaircir les diverses questions qu'elle soulève.

Quel était ce Decimus Julius Capito? Chorier remarque qu'il appartenait à une famille illustre et puissante : un Fontejus Capito fui proconsul en Asie sous Tibère; un autre fut soupçonné, sousGalba^ d'as-

pirer à Tempire (i). Le savant Viennois n'avait pu lire sur la pierre passablement frusle de son inscription le nom de la tribu romaine à laquelle il appartenait et à laquelle appartinrent^ comme lui, beaucoup de Viennois (2). On sait que la place de ce nom est ordinairement après la filiation et avant le surnom (3). Le recueil de Gruter (4) contient une inscription trouvée à Genève dont les noms sont absolument les mêmes; le personnage à qui elle appartient était flamine de Mars. Suivant M. L. Renier (5), il pourrail être le fils, ou mieux encore le père du flamine de la Jeunesse.

Nous avons vu comment Chorier avait pu être induit en erreur au sujet de ce dernier titre. En disant que Capito avait été flamine de Vienne y cela signifiait, dans son esprit, grand pontife ou chef de la religion dans cette ville: car c'est ainsi qu'il faut l'entendre toutes les fois qu'il s'agit du flamine d'une cite et que le nom de la divinité au culte de laquelle

(1) Tacit. Hist., Jrb. I, c. 8.

(2) Orelli, n. 455, 453, 270i, 3842, 5304, 5996. — On a conjecturé que les citoyens gaulois, et particulièrement ceux provenant de la province romaine, étaient inscrits dans cette tribu.

(3) M. L. Renier (lievue archéoL, Février 1860, p. 12) a montré qu'il y avait des exceptions à cette règle, et que les Viennois n'étaient pas toujours inscrits dans la tribu Yoltinia.

(i) Voici celte inscription; elle porte le n° 6, p. 421 :

D . IVL - D '¥• VOLT • CAPITO/////

AVGVRI -II . VIRO- AERAR//////

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