‹ Reims pendant la domination romaine d'après les inscriptions avec une dissertation sur leChapitre 5 sur 51 · MILIT · texte numérisé non relu

MILIT

(5) L. Renier, Mélanges dEpigraphie, p. G6.

]e flamine était attaché n*est pas indkiaé. Mais îc^ le nom de la divinité est fort bien exprimé : Capito €tait flamine de la Jeunesse, titre qui existait effectivement à Vienne et que prouvent d'autres monuments epigraphiques (1).

Les autres titres que nous trouvons résultent également d'um'C lecture plus complète et plus exacte qu'il n'avait été permis à Chorier de le faire , fàulc de connaître la seconde inscription. Plusieurs paraissent avoir été donnés au personnage en question dans la colonie de Vienne : nous ne les examinerons pas tous en particulier ; nous remarquerons seulement que celui de préfet des ouvriers , prœfectus fabrum^ peut présenter deux sens. On sait qu'à Rome, et dans toutes les villes où les institutions romaines étaient en vigueur, les artisans étaient organisés en collèges , dès les temps les plus reculés^ Tantôt favorisées par dos magistrats populaires, tantôt contenues ou supprimées par le sénat, et même, pendant plus d'un siècle, pur les empereurs à qui elles s'étaient rendues redoutal»les,ûes corporaiions finirent par obtenir des derniers une institution définitive par laquelle ils espéraient soutenir l'industrie mourante.

En échange des minces privilèges que l'Etat leur ^accordait, «eux qui en faisaient partie recevaient des liens de plus d'une sorte ; ils demeuraient notamment attachés d'une manière indissoluble à leur métier et à leur collège. Chaque corporation ou plusieurs ensemble avaient une caisse ; elles avaient été

^1} L. Rbnikb, lœ.^U,

autorisées par Marc-Âurèle à accepter des legs (1) ; elles pouvaient aussi s^imposer une cotisation, recevoir des donations, posséder des terres avec leurs colons, les louer à des fermiers et en employer le revenu aux dépenses communes ou le partager entre leurs membres. Tout cela se voit par des lois du Code Théodosien (2) et par différentes inscriptions (3).

Chacun des collèges avait un chef, sorte de patron et de surveillant en même temps, pris parmi les principaux de la ville, ordinairement revêtu d'autres honneurs ou ayant exercé les magistratures. C'est ainsi qu'on peut entendre la charge attribuée à Capito dans nos deux inscriptions ; mais il y avait aussi un titre militaire de même sorte , connu dés le temps de César (A), et dont Gruter et Orelli ont recueilli de nombreux exemples (5).

L'inscription conservée au musée de Vienne mentionne un autre titre dont notre n^ 5 n'a pas de trace, celui d'augure. Son absence donnerait à penser que l'inscription du musée est postérieure à celle de Chorier (6).

(1) Dig,, liv. XXXIV, lit. 5, 1. 80.

(2) Liv. XIV, lit. 3, 1. 19, ann. 396.

(3) Orelli, 3019 et 409 i.

(4) De Bellodv,, Mb. I, 24.

(5) Nous nous bornerons à citer une inscription relative à un Belge qui faisait partie de la fabrique ou des ouvriers en fer de la XX» légion ; la voici :

Ivlivs. V italis. fa bricies || is. leg. XX. V. V. || stipendior || vm

IX. anor. XX||1X. natione Bejjlga. ex. colegio || fabrice. elatv|| ^. H. S. E. (Orelli, ii** 4079.)

{6) M. Renier Ta rétabli dans la première inscription.

ÉTAT POLITIQUE. 5î

Quant au mot GEM., c'est à tort que Ghorier. le rattache à la légion dont parle son inscription. Il est vrai que ce nom de Gemina fut donné à différentes légions, notamment à la YII^, dont la résidence fut fixée à Vienne par l'empereur Néron ; mais ce fait ne nous parait pas motiver suffisamment Texplicalion de Ghorier. La II® légion Adjutrice est suffisamment indiquée dans l'inscription du musée de Vienne, et nous la retrouverons encore ailleurs. Selon nous, ce mot GEM. trouve naturellement son explication dans l'expression de la reconnaissance commune des deux villes pour le magistrat dont notre inscription a perpétué le nom.

Par quels services le personnage en question mérita-t-il cette reconnaissance? Tout ce que nous pouvons répondre à cette question, c'est qu'ayant exercé différentes magistratures dans les deux villes, il avait autant de titres à une statue , et même h plusieurs, que tant d'autres magistrats honorés de semblables distinctions ou de semblables flatteries par les populations qui avaient eu h i>e louer d'eux, ou du moins en avaient été humainement traitées. Si la colonie de Vienne a été choisie pour être la gardienne de ces monuments, c'est qu'apparemment Gapito y était né, comme l'indique le nom de la tribu dont il faisait partie.

M. Renier (1), qui fait intervenir les Rémois seuls dans l'érection du monument auquel appartient

(1j M. L. Renier, prenant pour point «le départ la leçon de Gniter, est arrivé à la rétablir ainsi qu'il «uit:

l'inscription de Chorier , leur attribue aussi celui de l'inscription du musée de Vienne. Nous ne pensons pas

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