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CHAPITRE XVII

Quartier du Marché-aux-Draps. — Ruelles aux Crocs, — au Chat, — Rues Bertin, — de Monsieur, — de Nanteuil,

— de Luxembourg, — du Petit- Arsenal, — Legeudre,

— Rogier.

N des chapitres précédents renferme tout ce que nous avions à dire sur la halle aux draps, elle donnait son nom au quartier dont elle faisait partie.

Sur cet emplacement vient aboutir une ruelle ou plutôt une impasse qui conduite une cour entourée d'habitations : on la nomme la ruelle aux Crocs; là se trouvaient déposées en tout temps les armes nécessaires pour combattre l'incendie, notamment des gaules garnies de crochets de fer.

Parallèlement à cette impasse on en trouve une autre , dite la ruelle au Chat.

Peut-être doit-elle son nom à une sculpture de pierre qui servait à désigner Tune de ses maisons.

Sur la place du Marché et faisant suite à la rue du Tambour se présente la rue Bertin. Elle occupe en partie remplacement de l'ancienne rue de TEpicerie, et par suite de la voie romaine qui menait à la porte Basée par la rue de la Peirière. Construite en 1772 sur le plan de Legendre, elle prit le nom de M. Bertin, ministre d'Etat et contrôleur général des finances , qui avait contribué à faire pleuvoir sur Reims les munificences royales. En 1793 elle devint la rue Lepelletier.

Revenons place du Marché , nous y trouvons à droite la rue de Monsieur. Elle fut divisée en deux parties distinctes qui eurent chacune plusieurs noms. La portion qui aboutit au Marché fut, jusqu'au sacre de Louis XVI, la rue d'Oignon : elle devait sans doute ce nom, qu'elle portait déjà en 1328, à l'estimable légume dont une de ses maisons devait porter l'effigie. C'est ce que dit la tradition; elle pourrait bien se tromper : en 1325 et 1328 on trouve à Reims une famille Oingnon, et le nom de la rue s'écrivait alors de la même manière.

La seconde portion de la rue de Monsieur se nommait rue de Berry depuis 1722. Il paraît que c'est là que descendit, au sacre de Louis XV, Marie- Louise-Elisabeth d'Orléans, veuve de Charles de France, duc de Berry, petit-fils de Louis XIV. Cette princesse , fille du régent, célèbre par son in-

conduite et ses imprudences, méritait peu l'honneur que lui fit la ville en gardant son nom. Sans doute on voulut faire chose agréable au père.

Dans la rue de Monsieur, nous trouvons à droite , d'abord la rue de Nanteuil, jadis rue de la Vache. On a substitué au nom d'une enseigne celui de ce fameux graveur, une des gloires de la France, un des princes de son art. Il naquit à Reims et s'y maria. Sa famille existait dans nos murs dès le xive siècle. Il ne put y trouver de moyens d'existence, et la misère l'en fît sortir; il partit pour Paris, où la fortune et les lauriers ne lui manquèrent pas.

Plus loin et encore à droite est la rue de Luxembourg. C'était jadis une cour connue sous le nom de cour Châlons ; ses portes existent encore , et pour entrer dans la rue, il faut passer sous leur ancienne travée. Cette cour était encore fermée en 1665, et elle est indiquée sur le plan de Collin comme un lieu clos; elle fut ouverte en 1684 et reçut le nom de Luxembourg en l'honneur de nos victoires : les armées nationales venaient de s'emparer de cette importante cité.

Après la rue de Luxembourg, nous rencontrons toujours à droite la rue du Petit-Arsenal. La ville y eut jadis un dépôt d'armes ; on le nommait la Grange de la ville. Dans les bâtiments qui en dépendaient, on donnait asile aux troupes qui passaient à Reims.

Au bout de la rue qui nous occupe se trouve la rue Legendre , naguère rue du Cheval-Blanc ; au

nom d'une enseigne a succédé celui de l'habile architecte qui changea F aspect de notre vieille cité. Cette rue jadis formait un coude avec celle du Petit- Arsenal ; aujourd'hui le coude a été percé , et la rue se prolonge jusqu'à l'ancien Marché-à-la-Laine.

Revenons rue de Monsieur. Après avoir traversé l'ancien Marché-à-la-Laine, nous tombons rue Rogier : elle comprend les rues du Canneton, de la Truie-qui-File, les impasses du Canneton et de la Croix-Rouge. Cette rue, qui longe les remparts, renferme aujourd'hui des écoles de filles dirigées par les Sœurs de cbarité ; elles ont été élevées sur l'emplacement des anciennes fortifications aujourd'hui démolies.

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