‹ Reims: ses rues et ses monumentsChapitre 10 sur 34 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Quartier de TEUpe. — Raet de TEtape, — Noël , — Talleyrand.

L est temps de rentrer en ville, s'il TOUS platt, et de revenir à la croisée de la Couture. Là vient aboutir la rue de l'Etape ; elle est garnie des deux côtés de loges, semblables de construction à celles de la Couture. Les maisons dont elles dépendent sont généralement des XV* et xvi siècles.

Il parait qu'elle portait jadis le nom de rue de rÉtape-aux-Vins : son nom ainsi complété donne lui-même son origine. On appelait Étape aux^ vins le marché qu'avaient adopté les propriétaires de

vignes. C.hacun y envoyait ou ses pièces oo ses bouteilles d*écbantillon. La me de FEtape , par sa position , faisait partie du champ de foire. Les marchands de vins s' j établissaient de temps immémorial.

Du même côté que la rue de F Étape , mais plus près des promenades « vient aboutir sur la Couture une autre rue , à laquelle on vient de donner le nom de rue Noël.

Jusqu'à la révolution, elle s'appela rue du Cimetière-Saint-Pierre. Le cimetière de la paroisse Saint- Pierre-le-Vieil y était situé, à gauche en arrivant du côté de la Couture. An milieu du champ du repos s'élevait une chapelle dédiée à Saint Martin. Le clergé de Notre-Dame y faisait des stations quand il marchait en procession le jour de Saint-Marc et aux Rogations. L'édifice était surmonté par un petit clocher dont la pointe était de plomb, et représentait des fleurs et des rainceaux.

En 1793 , la rue devint celle du Solitaire : le cimetière et la chapelle .avaient été achetés par M. Noâ, diirurgien. U fit de la chapelle un cabinet d'anatomie , et y professa gratuitement l'art qu'il exerçait. Le cimetière devint entre ses mains un jardin de botanique bien tenu, riche de jdantes et d'arbris* seaux. M. Noél le cultivait lui-même et le livrait au public le jeudi de chaque semaine.

La rue était devenue celle du Jardin-des*Plantes. M. Noél mpurut ; son jardin fut abandonné , et vers

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4840, des constructions Tenvahirent. En creusant leurs fondations, on fit de curieuses découvertes au milieu des masses d'ossements humains qui se trouvaient étendus par couches sous quelques pieds de terre.

On aperçut au-dessous du sol qui recevait les trépassés , une couche de matières incendiées, un amas de bois brûlé, des tuiles romaines brisées. Ces débris se trouvaient à sept ou huit pieds du pavé de nos jours. Le sol sur ce point était donc singulièrement élevé : la mort s'était chargée de cet exhaussement. Plus bas on rencontra les caves de F édifice détruit : une cruche était encore debout dans une petite niche que la chute de la maison n'avait pas atteinte. Des débris de plats, d'amphores, des médailles, une statuette de l'Amour , des fioles et une foule d'au* très objets furent rencontrés, donnés, ou vendus par les ouvriers.

Parmi tous ces débris, on rencontra plusieurs sifflets fabriqués avec des ossements humains ; le cabinet de -M. Louis-Lucas en renferme quelques^ns.

La rue Noël conduisait jadis à une ouverture pratiquée dans le rempart, et nommée porte de Regnier^Buiron ; elle donnait son nom auquarrel (1) qui se prolongeait dans la Couture, devant la plate-

(l) Le mol quartier est plus aacien à Reims qne nous ne r«vioii8 dit : Doas venons de lire ^naHmii» dans une charte de l&Sl.

forme Saint-Jacques. Cette entrée devait son nom à une famille qui démettrait dans ce quartier : nous avons déjà vu les bains de la Bnlronne, du côté de la me ChàtÎTelle. Le livre de 43^8 nous montre des masures sises hors de la porte appartenant à Oudin- Bniron et Cochet-Boiron.

La porte Regnîep-Buiron, condamnée et murée en 1558, fut remplacée parla porte Neuve en 4744.

La rue Tallejrand, dans laquelle tombent les rues Noël et de TEtape, et qui va joindre ceUe de Vesle , a été divisée jusqu'à nos jours en deux parties distinctes : chacune dVlles formait une rue, et a porté plusieurs noms, suivant les époques.

La portion située entre la rue de FEtape et la rue Noél se nomma d'abord rue de la Vieille-Coulture. Ce terrain, jadis couvert de récoltes, avait été envahi par les habitants avant le champ de foire ; c'était là que la culture avait cessé avant de devenir impossible plus loin : indi nomet^; le sol de la Vielle-Couture est ainsi désigné dès 4^4. Il parait que sur ce point existaient aussi jadis des bains publics ; car nous trouvons en 4528 le terrain dont s'agit désigné sous le nom de la VieE-<>>ulture-des- Bains.

Les maisons construites entre la rue qui nous occupe et celle des Telliers dont nous parlerons bientôt, sont élevées aux pieds des anciens remparts de la ville et dans les fossés qui les protégeaient. Aussi, les bâtiments qui ont des jours sur la rue des Telliers

dominenMls ceax qui domeat rar la VieiUMIoutare. Le long des anciens fossés, de l'aatre côté de la rue , passait une voie romaine ; on en décoiiTrit les traces notamment en 1615 et en 1749.

On ne sait trop coipment au nom de rue de la Vieille-Couture s'est substitué celui de rue de Gueux. Quelques personnes ont pensé que des Hollandais, insurgés contre les Espagnols , s'étaient réfugiés à Reims dans le xti" siècle et avaient reçu Tliospitalité dans le quartier dont s'agit : on sait qu'ils affectaient de prendre le titre de gueux. Nous n'adoptons pas cette version , et nous aimons mieux ici, comme toujours, présenter une étjmologie nationale. Près de Reims est un village célèbre par ses asperges, sa fête joyeuse et son antique château. Gueux est son nom. Nous le trouvons ainsi écrit dès 1252. Antérieurement, la commune s'appelait le Vicus de Gothis. Sa seigneurie passa de famille en famille, jusqu'à ce qu'elle échût à la famille Caurhon. Jean Cauchon , seigneur de Gueux , était lieutenant des habitants en 1422. Or, qui remarquons-nous parmi les propriétaires de ce quarrel dans le xiv* siècle ? les clercs J. Nuisement et J. Cauchonnet, Robert de la Bricogne, brave écuyer,ct les familles de Rezanncs et Cauchon. Cette detnîère finit sans doute par avoir son hôtel de ce côté. Cette circonstance valut à la rue de la Vieïlè-Côuture un nouveau baptême.

Le domaine de ' Gueux était jadis un des plus importants du pays, et ses propriétaires furent

MUTent d*JnquièUiiU voisins pour Reims et ses archevêques. On conçoit que le nom de leur fief ait pu rester dans la mémoire du peuple.

La portion de la rue de Talleyrand comprise entre la rue de FÉtape et la me de Vesle se nommait jadis rue delà Couture-aux-Meules. C*est le nom qu'elle porte sur le plan de 1665. C'était là que les cultivateurs des environs de Reims venaient ranger les gerbes nouvelles ; l«s meules s'élevaient aux pieds des remparts, et la cité veillait sur les récoltes.

Dans les premières années du règne de Louis XVI, la salle de spectacle, située dans la rue Large, ne suffisait plus aux besoins de F époque ; il fallut en construire une autre. Des plans furent dressés , et on proposa un modeste devis de 60,000 livres ; les habitants se cotisèrent, et en 1778 le nouveau théâtre s'éleva. La rue de la Couture-aux-Meules devint celle de la Comédie.

Les plaisirs dramatiques ont eu le bonheur de régner à Reims de tout temps ; nous voyons les Mys* tères joués dans nos murs dans le xiv* siècle. La sacristie de Notre-Dame fournissait alors les costumes et les ornements nécessaires aux pieuses représentations. Les églises , la cathédrale même, recevaient les acteurs et leur théâtre, et on suspendait la marche de l'office divin pour écouter un dramç chrétien.

Le clergé lai«4iième prenait des réks dans les co» mèdies religieuses , et cet usage se prolongea jus^ que sous le règne de Louis XIIL A cette époque, lès jésuites seuls se dovinaîent cette licence. En 4653 , le Chapitre défendit à ses membres de les imiter. En 1027, il avait engagé les fidèles à ne plus suivre les spectacles qui n^ étaient plus le moins du monde des théâtres de dévotion. La comédie se réfugia dans les maisons bourgeoises , dans les hôtelleries où Ton recevait les comédiens ambulants. Nous avons va, rue Large, la salle Draveny devenir, sous Louis XlV et Louis XY, le palais que Reims offrait à Taimable Thalie , à sa grave sœur Melpomcne. Elle se ferma devant Tédifice dont nous parlons en tète de cet article.

La rue delà Comédie était très-étroite du côté de la rue de Yesle ; on passait de Tune dans Fautre par une ruelle resserrée et faisant coude. Mgr de Talleyrand-Pèrigord, archevêque de Reims, obtint dii gowernement, en 4785, la permission de faire démolir le nojau de maisons qui obstruait le passage.' La ville fit preuve de reconnaissance en donnant à la rue le nom du prélat ; elle devînt la rue Tâlleyrand. Jamais poKtesse municipale ne fut mieux placée ; jamais prince de Féglise ne fut un plus parfait modèle dé tolérance, de lumières, de vertus et de' charité. Il fonda dans nos murs la caisse du prêt gràtHîtet (5e}le dès incendiés, origine de toutes l^V compagnies d^assuranees ; it fit verrîr d^Espagne les

loi

remontant au xvi* siècle , sont encore assez nombreoses daiw Reims, mais il est rare qu'elles aient conservé ks traces de Tépargne^maille qni se lie à leur histoire.

Une tradition , que nous n^admettons pas , place sur ce point la porte connue sous le nom de Regnier-Buiron. Nous Favons assise vers rextrémîté de la rue Noël, à peu près au point où se trouve aujourd'hui la porte des Promenades.

En remontant la rue Pavée-d'Andouilles, on entre dans celle du Cadran-Saînt-Pierre. Celle-ci devait son nom à Thorloge extérieure de la paroisse Saint- PierreJe^Vîeil, dont nous allons parler. A la fin du siècle dernier, ce cadran était de cuivre. 11 était plaeé an miHeu du clocher de bois et d'ardoises qui dominait Téglise. Âu-de^àous était écrite cette brève et sévère inscription : Unam time, Taurais mieux aimé : Unamspera.

Cette rue, qui pendant la révolution s'appela la rue de la Jeunesse , se nommait en 1264 rue de Saint-Pierr^e-ViesE, en 4515 rue du Chapitre- Saint^Pierre. EUe.faisait, en 4398, partie du quarrel SakitH-Pierre , se trouvait alors garnie de loges comme la rae de l'Etape «t comptait parmi ses maisons celle de GîHes de ^»Sfy et un bâtfiment appartenant aux confirères de Saint-44erre. Cet édifice fot détruit ainBÎ qu'une partie de lA rue', par tin incen* die qulidate.de' 4330 ; la charité pubMque le releva. Eu- 1548 , *àom le'ly^uvoni dèéigtié soué 'lé iioijt'âé

Moiuëer de Swnl-Pier re«4e-Vie2, ou de Saint-Werrcaax"€lerc6.

L^ègiiseSflâit^Pierre, qui donnait son nom à la rue qui nous occupe, remontait à une haute antiquité ; rien A*est plus obscur que son origine. Si Ton en croit une tradition, que nous combattrons plus loin, ce serait sous les Voàtes de cette antique basilique que Clovis aurait été baptisé par Saint Rémi. Marlof la cite comme une des deux premières paroisses de Reims» Dans cette hypothèse, au xv* siècle ce ne ponvail être qu'une chapelle. A cette époque , il est pea probable qu'on Tait préftirée k Téglise Notre- Dame ; de plus, alors on ne baptisait que dans les cathédrales, ainsi que nous le dirons ailleurs.

Cette chapelle devint paroisse, et on voit dans le ▼in* siècle les ecclésiastiques qui lui étaient attachés, réunis en chapitue et connus sous le nom de Confrères de Saint-Hubert. Il paraft que le patron des chasseurs lut «ussi celui de Tèglise. Plus tard, elle (lit placée sous rinvocation de Saint Pierre, et ht confrérie devint celle des clercs de Satnt-^Pierre; Téglise, par réciprocité, devint celle de Saint-^erreaux-Ckrcs. Enfin , c«mme de toutes les églises et chapeUesqni portèrent àrReims' le nom' de Saint- Pierre, et nous en vermisph» d'une, belkdont nous parlons pexul 1» plus antique à iMS'pèves, ^e devint règKse'deSaini-Keffre4e*Yieil;. C'est sous" ce nom qu'elle fut vendue en i79S, et dèmèlie en '4797:

^BHb AMliil< tms entrées :• r<cne,'y«<S'ida> Cadrait--

JiMiol-Picrre, en face de la rue des Quqp^ains ; k sesconde, dans la rue des Telliers; la troisième, dans rinq>asse Saint-Pierre. L' édifice. s'élevfit au 4:0în des rues des Telliers et du Cadran^Saint-Piorre.

Le portail principal donnait sur la rue des Telliers. On en voit encore quelques débris dans Tintérieur des maisons qui forment, à droijte, h coin: de la jrae. 11 était plat, sans sculpture et sans élégance ; une tourelle carrée s'élevait à chacun de ses: côtés, un clocheton sculpté terminait soa sommet ; la potte, dessinée en ogive, était divisée en dauE par une colonne de pierre ; aurdessus brillait une gn^nde verrière aussi de forme ogivale et ternùnée par une rosace à trois feuilles. Des a^rcy^boutants, à deuiE araides toutes deux à jours, soutenaient le haut de la grandç n.ef et passaient par-dessUs les ne& latérales qui étaient fort basses. Le clocher dont : nous ave«s parlé était à cheval sur la croix de régliae»

La porte latérale qaà donne dans TimpaâseiSaintr^ Pierre, aboutissant rue du Qiiarro«ge,>esè encore debout. Elle date de la fin du xvi^ siêde ou du côm*' m^Acement d^, xni^ ; troil> mèhesv aujourd'hui vides, la surmontent ; un. fronton tmingulaite les couronne, Les.::SC^ptttpefi'aliiH»ncient les dfltnkffS jours, di^ 4ty;)e 4e la .ronMésanoti : '

l^e pottail <pii:o«yrait ^ûr la rve'dui.GàdninH* Saint-PierTC, à peu prës fm^w HméAestCkàtp^' lains, aTait, étét rdf^t ««.1789. « ' « » « '.

LVfdiftc4fidéte«it>««ii]17«&^«ne «entotèait ^'nu

XIV* siècle. Brûlé tn 1350, îî fut relevé par la charité des fidèles.

Oti admirait les vîtraaT de Féglise, surtout ceux du rond-point , hauts de quinze, pieds, larges de douxe ; ils représentaient la vie de la Vierge et les actes des Apôtres.

Le maltre^ntèl était remarquable par des sujets sculptés en pierre, rangés dans des compartiments cairés et représentant la Passion ; il fût démoli et relevé sur un autre plan vers 1756. Tignore ce que éevinrent les bas-reliefs.

Le ùmeux sculpteur Jacques et ses descendants avaient beaucoup travaillé pour Téglise Saint-Pierre, et l'on montrait un grand nombre de chefs-d'œuvre dus à leur ciseau. On leur attribuait Fautel que nous venons de décrire, une belle descente de croix, un autel des Apôtres décoré de riches sculptures, et sis dans la croisée de Téglise, une élégante balustrade qui entourait Taiitel du chœur, un crucifix d'une noble exécution.

Il ne reste aujourd'hui de tous ces objets d'art que le magnifique Christ en bois qui décorq le haut du chœur de Saint-Jacques»

La chaire à prêcher, spulptèe par Bkmdel, les^ fonts baptismaux, Airent aussi sauvés. La oaihédrale leur a donné asile.

Devant la chapelle éts fonts y av^essus dé «elle de N.-DL y était une armoire fetimée par^ Ae aoHde»

serrures. La ville, avant la consInictîoD de son hètel, y serrait une partie de ses archives.

Nous avons trouvé dans Tèglise Saintrjacques une partie des tableaux qui décoraient celle de Saint-Pierre-le^Vieil. On remarquait à Saint-Pierre que la chapelle placée au fond de Fabside n'était pas bâtie dans Taxe de Téglise : eHe inclinait à gauche. A la gauche du portail, à Tintérieur, était une chapelle élevée et bénie vers 1617. Cette construction avait eu Heu pour donner plus de largeur à la façade. C'est peut-être à la même époque que fut bâti le petit portail de Fimpasse Saint-Pierre.

Les clercs de Saint-Hubert avaient fondé, en 1175, la confrérie du très-saint nom de Jésus et de Saint-Pierre - aux - Clercs,

Lepresbytcre tenait à F église ; on a voulu le faire passer pour la maison de Saint Rémi. La maison sise rue des Telliers, n? 55 , représente à peu près son emplacement.

A Fextrémîté de la rue du Cadran-Saint-Pierre ,. se trouve à droite la rue de la Clef; elle doit son nom à Feiiseigne d'un serrurier. On Fappelait encore rue de la Grosse-Clef, et encore me du Cygne. On Fappelait ainsi à cause d'une autre enseigne sculptée sur Fune de ses maisons. '

Au milicfu de la rue du CadTân-Sàînt-Pîerre et parallèlement à celle de la Clef; arrive celle des Ghapdtins ; elle lutd'aAierd appelée me dcis Clen^sdet-Saint*Pierre ; eilé: prit le- nom ''dé-rue dès Gha-

pdains quand les clercs de la vieille église devinreat messieurs les chapelains.

C'est dans cette rue que devait se trouver en partie le Chapitre des clercs de SainWPierre , et plus tard les maisons qv^ih haMUsent.

Dans cette rue, une tradition peu sérieuse place le logement de Saint Hemi. la maison qu'elle signale était située, pour les uns^ e» face du petit portail de SainlrPierfe ; celle qui la remplace a sa fiiçade sur la rue du CadraurSaint^Pierre, et sa porte cm^èrc sur celle des Chapelains. Pour les autres, la maî'* son historique est celle qui porte le n» % oceupée par M. L'Espagnol de Bezannes, ancien commandant de la garde naUçnale de Resms» C'est là que notre apôtre aurait reçu Clovis et sa suite. Dans son testament, il désigne, ditHon , cette maison par ces mots : curtiê dçminka. Il parait qu'on vit long-temps au-dessus de la porte de la maison la statue du saint. On conserve le puits qui devait avoir servi aux besoins du prélat. Ses eaux passent pour avoir le privilège :de guérir la fièvre ; on vient encore de tempsà autre en cherdber. Tous ces ùàlU prouvent seulement l'existence de la tradition, mais on oe peut en coaelure qu'elle ne se trompe pas. :

Am bout de la rue de» Chap^ains se présente la rue de La Salle ; eUe vient de recevoir ce nom en l'àoBneuff du Uenbem'eux de -La Salle, fondateur des écoles chrétieniies, et d'Antoine de Rivalle- de La Salie, «Kréclial des camps et armées- d«i rai ^ ai-*

nable et savant bibliophile. On a fait d'une pierfe deux coups.

Cette rue a changé de nom bien des fois : aux »v« et XT* siècles , elle se nofmmait la rue dés Châtelains ; la famille (ihatekin était une des plus nombreuses et des plus riches de Reims ; elle y possé-dait, et notamment dans cette rue, plusieurs maisons importantes. Il y aTaît rivalité entre elle et la famille Lelarge, qui ne lui cédait rien en honneur et en fortune. Cette rivalité dégénérait en querelle, et des scènes de violence troublèrent souventle repos des citoyens.

Vers la fin du xni' siècle, la rue des Chatelatni éevint la rue du Porte--Enseigne. En 1694; on avait réoi^anisé les milices bourgeoises, et il est probil>le que Fofficier chargé du drapeau avait été choisi à cette époque pattni les habitants de la rue des Châtelains.

. Sur k plan éb Legendre, la rue du Port&*Enseigne devient la rue de la Piearde. Ici nous rétrogradons, il nous faut consulter le livre de 15â8^ A cette époque, demeurait à Reins une famîHe dont le nom ou le, surnom était tel« Dans )a co«r Salin demeurait. Amriine la Piearde. Ui|e antre personne;; v^m^ mée de même, possédait une maison quidevait^âvoir uue entrée sur la ruedes Châtelain^, une aûtris sur eeUe du Cki»«daQ9-le*<-Fer< Peut^tre une droen^ stande à nous inconnue ant-eHe réveillé le'nmn de eétte ancienne ftinHe. 'Sâ^noos nèus troMponb, notti

ne pouvons dire [pourquoi la rue des (Châtelains est aussi celle de la Picarde. Il est vrai que notre manuscrit porte la Piarde au lieu de la Picarde ; mais ce mot est complet dans une (Charte de 1328, où Ton nomme Ameline la Picarde , dame de Goursalin.

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