‹ Reims: ses rues et ses monumentsChapitre 12 sur 34 · CHAPITRE Xllï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xllï

Quartier de l'Hôtel-de-Vilie.— Place de Ville. ~ Hôtelde- Ville. — Rues de la Vignette^ — du Quarruug[e,

— des Boucheries , — Salins , — des Consuls, — Si- Guillaume, — de la Renfermerie , — de Prouilly ,

— de la Grosse-Ecritoire.

AGUÈRE sur la place Royale passait un pompeux cortège ; les cloches de Notre-Dame mêlaient leurs chants ftinèbresaux roulements des tambours couverts de crêpe ; des soldats s'avançaient d'un pas lent, Tarme basse; des cavaliers étincelants les précédaient. Derrière eux marchait un char tendu de noir, enrichi de nobles écussons : il ramenait dans Reims les restes d'un de ses enfants, Drouet, le volontaire de 1790. Mort comte d'Erlon et maréchal de France, il avait voulu reposer près des murs qui l'avaient vu Maître,

et la patrie, respectant les derniers désirs d^un homme qu elle retrouvait , après cinquante ans de gloire et de puissance , probe et pau\re comme aux jours de sa jeunesse , conduisait en triomphe les ossements du vieux guerrier au champ du repos éternel.

La marche funèbre, que la ville entière suivit , traversa les Marchés , la rue Colbcrt , et passa devant r hôtel-de-ville ; laissons-la s'avancer vers cette terre où s'en vont les feuilles de roses, où s'en vont les feuilles de laurier, et restons dans le quartier de rhôtel-de-ville que nous allons visiter.

De tout temps on a vu remplacement vide ouvert devant le palais municipal. Le grand nombre de rues y aboutissant démontre qu'il y eut toujours une place sur ce point ; c'était là qu'au xiv* siècle se tenait le marché aux chevaux; il resta long-temps au pied du premier hôtel-de-ville. Quand au xvii® siècle on eut adopté le plan exécuté plus tard, la place vit changer sa destination et sa forme.

Des antiques édifices qui l'entouraient jadis, il ne reste plus qu'une maison qui peut remonter au xiv* ou XV'' siècle : nous voulons parler de celle qu'on trouve à sa droite, en arrivant par la rue Colbert,

Du même côté et au-delà , à l'entrée de la rue du Tambour, est un édifice situé au fond d'un jardin; il date de la fin du xvi® siècle ; c'est aujourd'hui la Chambre des notaires de Reims ; c'est là que se trouve la salle des adjudications publiques faites de-

vant ces ofRcien mÎRistériels. C'était jadis Thôtelda présîdial de Reims. Les villes libres comme Durocort furent leurs magistrats jusqu'à la naissance de la monarchie française : la justice se rendit alors au nom du roi. Les officiers du prince, ducs, comtes ou vicomtes se faisaient assister par des assesseurs, hommes libres, prud'hommes ou échevins, suivant les contrées. La féodalité finit par s'emparer de la plus belle des prérogatives royales , celle de punir les coupables, de protéger la faiblesse, de faire justice à tous. Nous avons vu les échevins conserver longtemps le droit de siéger en tribunal indépendant ; mats ils devaient prêter serment devant le bailli de Farchevèché. Celui-ci prétendait être juge suprême des affaires qu'ils examinaient en première instance : les bourgeois cherchaient à éluder ses prétentions en portant leurs appels devant le bailli de Vermandois. C'était dans nos contrées le dernier représentant des justices royales fondées sous les deux premières races. Il siégeait à Saint-<2uentin dans le XII* siècle ; son siège fut transféré à Laon en 1545. Fatigué de venir sans cesse aux bords de la Vesle et d'être dérangé dans sa résidence par les Rémois qui venaient augmenter le nombre de ses justiciables, il finit par envoyer à Reims un lieutenant : ce magistrat fixa son auditoire et sa résidence dans nos murs. Cette institution dura de 1420 à 1535. A cette époque, malgré de vives et nombreuses oppositions, François P** parvint à lui substituer un siège royal

C'est sur cette place , qu'on nommait aussi place Royale dans les xvi« et xyu'' siècles , que donnait r Auditoire du Buffet: c'était le tribunal où les écbevins jugeaient comme magistrats indépendants. I^es échevins du Buffet ne prêtaient pas, comme ceux des plaids aux bourgeois , serment devant le bailli de rarchevècbé. C'était là le dernier débris du gouvernement de la vieille Gaule.

Plus tard , on vit sur cette même |^ace s'élever une autre juridiction. Nous voulons parler de la maréchaussée. Elle se composait d'un lieutenant du grand prévôt de France, d'un assesseur^ d'un procureur du roi, d'un greffier, d'un exempt, de deux brigadiers et de huit archers. Elle jugeait les vagarbonds , les voleurs , les émeutiers. Elle les arrêtait au loin et devait les interroger dans les 24. heures de l'arrestation. On soumettait ensuite l'afTaire au présidial qui fixait la compétence. Dans les affiaiires criminelles , les officiers de la maréchaussée siégeaient avec MM. du présidial. Nous avons vu leur auditoire dans le palais des justices royales.

11 est temps de parler du noble édifice devant lequel Sie sont passés tant d'événements divers. — Le 8 juin 1499, moyennant le capital de 1,100 livres , la ville acheta une maison connue sous le nom du Lion-Blanc, et deux corps-derlogis situés entre la rue des Ecrevés et le Marché-aux-Chevaux ; le grand bâtiment devait huit livres de rente à l'église de Saint-Pierre-le- Vieux ; on y ajou-

ta d'autres constructions , et de cette réunion se forma le premier hétel-de-ville de. Reims. On T avait surmonté d'un clocher.

L'ensemble irrégulier des premières constructions ne pouvait satisfaire long-4emps Tamour-propre du sénat rémois ; il voulut avoir son palais. Paris faisait élever le sien; notre cité ne voulut pas rester en arrière , et vers 1606, E. Moreau , architecte et graveur, présentait son plan du somptueux et aiagnifique édifice do Fhôtel-de-ville de Reims (1). Ce projet fut adopté , mis à exécution, et de nos jours on j travaille encore.

Les travaux commencèrent en 1607 ; et en 1609 on avait à peu près achevé le pavillon du milieu et Taile qu'on trouve à sa gauche en y entrant.

Le 18 juin 1627, une grande cérémonie se faisait à Reims : sur la plate-forme de porte Mars on lirait des pétards officiels ; des trompettes, placées sur le dôme de Fhorloge de l'ancien hôtel-de-ville, sonnaient de triomphantes fanfares auxquelles se mêlait le vieux cri français : Vive le roi 1 Nicolas L'Espagnol , lieutenant des habitants , posait la première pierre du pavillon qui terminait la façade à droite , et commençait les constructions devant se diriger vers le collège des Ëcrevés. Les circonstances politiques suspendirent ces travaux si dignes d'une grande cité. La ville, fidèle à son plan, achetait,

(1) La ville conserve encore la planche gravée par Moreau et représentant son projet.

le 14 juillet 1711, une maison qui faisait hache sur son palais. So«s le règne de Louis XV, toutes les sommes dont on put disposer furent absorbées par la place Royale, les fontaines et d'autres travaux. Les malheurs de 95, les charges de Fempire, les impôts amenés par l'invasion empêchèrent encore les pierres de s'élever sur les pierres. Enfin il fut permis de songer au palais inachevé. En 1820 et 1822, on acheta les maisons qui occupaient la place où se trouve aujourd'hui l'aile droite. Un mur et une porte cochère fermèrent provisoirement ce terrain.

Le 10 mai 1823 furent mis en adjudication les . travaux à faire pour achever la- façade, et bientôt ils commencèrent. Au mois de mai 1825, les soins, l'activité de M. Ruinart, vicomte de Brimont, avaient mené à fin l'interminable façade. Aujourd'hui les sculptures qui décorent l'aile gauche restent à faire à l'aile droite. Ce monument, dans lequel on a marié l'ordre dorique aux souvenirs de la renaissance, ne manque ni de dignité ni d'élégance ; sa grandeur est sagement proportionnée à l'importance de la ville dont il est le palais. Au rez-de-chaussée, au premier étage, vingt colonnes séparent les fenêtres et dessinent les pavillons des ailes et celui du milieu : ils ont besoin de cette décoration, car ils ont peu de saillie. Seize croisées percées au premier étage l'éclairent suffisamment. La large porte qui donne de nos jours accès dans l'intérieur de l'édifice était jadis beaucoup plus étroite ; elle avait un fron-

ton , une voûte cintrée et des pilastres qui finirent par être supprimés.

Le toit pointu des pavillons et les hautes cheminées qui les garnissent, conservent à Tédifice les insignes de son siècle. Le pavillon du milieu est orné à chaque étage de deux niches qui attendent des habitants. Au-dessus du premier étage est un fronton soutenu par des consoles riches de sculpture ; son sommet est triangulaire : il portait jadis Técusson aux armes de France et de Navarre, surmonté de la couronne royale. Ce fronton est supporté par des colonnes torses. Entre ces colonnes était un bas-relief en bois représentant Louis XIII à cheval. Il fut brisé le même jour que la statue de Louis XY, le 15 août i 793. Heureusement Thôtel-de-ville en avait conservé le modèle dans ses greniers, et, en 4816, il fut décidé qu'elle serait rétablie : elle fut sculptée (i) en pierre par Milhomme et achevée à la fin de 1818 ; Tartiste dut se borner à reproduire Tan— cien bas-relief, qui n'était pas un chef-d'œuvre, dkais qui avait le mérite de porter le cachet de son temps. Au-dessous de la première statue on lisait cette inscription :

Ludovico justo.

Pio. Viclori. Glemenli.

Qui Gallorum amor, hostium terror,

Orbis delicia.

iStemum trophaom. S. P. Q. R. p. p.

Aon. M. DG. XXXVI.

(l)Ellecoâta 5,000 francs.

("cite date était celle à laquelle fut achevée la prcmicrc partie de Thôtel. Les quatre lettres S. P. Q. R. , empruntées aux monuments ctaux étendards romains, signifiaient Senatus Populusque RemensiSt et rappelaient la vieîHe tradition qui donnait à Reims la même origine qu'à Rome. Les deux P représentaient , en style lapidaire, le mot posuerunt. En 1656, Tadmi. nistration s'installa dans le nouvel édifice, et dèslors les élections commencèrent à se faire dans la grande salle. Les connétables et les dizainiers y appelaient les électeurs ; c'est là qu'ils choisissaient les membres du conseil.

Le clocher qui couronne le fronton dont nous Venons de parler, se divise en plusieurs étages octogones, ornés d'une colonnade. Au sommet est un dôme terminé par une girouette.

Long-temps la ville n'eut pas de bibliothèque ; elle vivait sur celles du Chapitre , de l'archevêché et des couvents : la révolution l'enrichit de leurs dépouilles. Les livres s'amoncelèrent dans différentes pièces désignées à cet eifet ; le nombre en était si considérable, qu'il fallut indiquer en ville des points où on les déposa. Long-temps on les vendit au poids ; les cartouches, les bourres de canon , en absorbèrent une autre partie. Enfin, on arrêta cette indigne destruction : les volumes arrachés au vandalisme furent serrés dans la salle haute où sont aujourd'hui les archives. En 481 i, on prépara la galerie du premier étage et les sérères boiseries qui

la décorent. Ce ne fut que le 20 novembre 1818 qu'on put livrer au public la belle bibliothèque à laquelle j'ai, comme bien d'autres, tant d'obligations.

En dépouillant les églises et les couvents de leurs bibliothèques, on leur enlevait aussi leurs tableaux et leurs objets d'art ; tout ce qui ne fut pas fondu ou brisé fut porté à l'hôtel-de-ville. Il possédait un Musée avant la révolution. En 4754 , le professeur Ferrand de Monthelon avait légué la collection de tableaux qu'il avait formée ; on y réunit tous les modèles originaux qu'on avait achetés pour l'école de dessin. Le tout se trouvait d'abord dans la salle haute , et se retira pour faire place à la bibliothèque. On dispersa chez des particuliers qui s'offrirent comme dépositaires ce que les greniers ne purent contenir : de nombreuses restitutions furent faites aux églises.

Reims n'avait plus de Musée. L'administration comprit à la fin qu'une grande ville ne pouvait s'en passer. M. de Saint-Marceaux , maire actuel , s'occupa de réunir les débris échappés aux profanations et à trente ans de coupable négligence. Des restitutions eurent lieu. Des offrandes ont été faites. MM. L. Paris, J.-J. Maquart, Narcisse Brunette rivalisèrent de zèle et d'activité. Bientôt le Musée de Heims fut ouvert. On y trouve des tableaux d'Holbeitt , de Van Mool , de Frank , de Robens , ttne belle toile de notre collègue Herbe , un riche médaUlier commencé par les jésuites, dçs anti-*

quitès romaines et gothiques, des meubles en bois sculpté, des ivoires ciselés. Le premier pas est fait, et bientôt viendront là toutes les antiquités qui intéresseront le pays.

Nous recommanderons à l'attention du voyageur les magnifiques boiseries qui décorent la seconde pièce du rez-de-chaussée, dans Faile droite : elles ornent Fancienne et la nouvelle salle du conseil. C'est là que veillèrent sur les intérêts, sur les libertés de Reims, les L'Espagnol , les Goujon de Thuisy, les Bachelier, les Maillefer, les Colbert, les Coquebert, les Dallier, les Favart, les Rogier, les de La Salle , les Dorigny , les Lévesque de Pouilly , les Sutaine, tous ces hommes qui laissèrent après eux Reims en honneur, et dont Reims n'oubliera pas les noms. C'est là que, dans des temps malheureux, luttèrent contre l'anarchie, Pierrel, Hurtault , Pinchard, Coutîer et Galloteau. C'est là que MM. Jobert^Lucas, Tronsson-Lecomte , Ponsardin , Ruinart de Brimont, Desmaison, de Saint-Marceaux travaillèrent à relever Reims, à lui rendre les jours de travail qui font sa gloire et son bonheur. Puisse la vieille cité rémoise, fière de ses dix-huit siècles de force, d'indépendance et de courage, s'avancer toujours heureuse , toujours libre dans l'avenir des âges I puisse-t-dle, toujours chrétienne, laborieuse , amie des sciences et des arts, monter encore, et dominer toutes les contrées au milieu desquelles Dieu l'a placée !

Sur la place de Ville, à gauche, aboutit la rue de la Vignette. Elle doit son nom à une jdie sculpture en pierre qu'on vit long-temps à Tangle qu'elle forme en tombant dans la rue du Quarrouge ; elle représentait un cep de vigne ; détruite , elle fot remf^acée par une treille naturelle portant feuilles et fruits.

n y a quelques années, on vit arriver à Reims les Sœurs de la Compassion ; elles s'établirent d*a«» bord rue de la Bûchette. I^eur but était de gagner le ciel en secourant l'humanité souffrante. Elles se recrutaient à Taide d'un noviciat : les jeunes Sœurs donnant une dot pour être reçues. Leur règle les assujétit à la vie commune ; elles font chaque année vœu de chasteté, de dévoùment an service des malades et d'obéissance aux autorités <;iviles et ecclésiasti* ques. En 1835, elles achetèrent, rue de la Vignette, un ancien édifice qui remonte au xv^ siècle. La pièce principale devint leur oratoire. En 1842, elles élevèrent, dans l'intérieur de leur cour, une charpelle dont le clocher domine de quelques pieds les bâtiments voisins.

La rue de la Vignette nous conduit à celle du Maillet-Vert, qui vient d'être confondue avec celle du Quarrouge. Elle devait son nom à l'enseigne d'un tonnelier qui représentait un maillet vert sculpté en pierre.

Le MoBtr-de^Piété de Reims occupe la maison portant le n® 4 ; créé par ordonnance royale du

5 noTembre 1822 , il ne feit que remplacer le bareau du prêt gratuit, fondé avant la révolution par M. de TaUejrand. Nous ne pensons pas que le public pauvre ait beaucoup gagné au change. Quoi qu'il en soit , Thôtel qu'il occupe est remarquable par son ancienneté ; il peut remonter au xv« siècle. La rue du Quarrouge est une de celles dont le nom rappelle encore la domination romaine. Il vient de quadriuiumj qarrujum, carrefour. De quadriuium on a feit quadrijum, quarrijum, et enfin quarrouge. Cette rue doit son nom à la petite place qui se trouve à son extrémité, et où viennent aboutir les rues Noël, de la Renfermerie , des Telliers, des Boucheries. On y voit deux impasses : celle de Saint-Pierre , où se trouve encore le petit portail de Féglise Saint- Pierre-le-Vieil ; Tautre dite des Prêtres, et des Réformés en 1795. Là furent jadis des maisons occupées par les clercs de Saint-Pierre. Au fond , on remarque un vaste hôtel datant du commencement du xvu^ siècle. 11 servit d'asile aux Carmélites depuis 1813 jusqu'en 1813.

Au carrefour du Quarrouge aboutit la rue des Boucheries. Elle est telle que nous la voyons depuis 1765 seulement. Lorsque l' hôpital-général de la rue de la Renfermerie fut transporté au collège des Jésuites , on créa sur son emplacement la rue et la place des Boucheries, qui jusque-là s'étaient tenues sur le Marchè^U'Blé. On établit le nouveau marché sur le terrain occupé par la chapelle et la cour

de rhospice. De i770 à 1773 s'élevèrent les petîtei constructions qui Tentourèrent. Elles étaient bâties aux frais de THôpital-^Général , qui les louait à son profit.

En 1818, on ramena sur cet emplacement les bouchers, qui avaient fini par retourner aux lieux où la tradition rappelait leur industrie^; ils encombraient la rue Trudaine , une partie* de la place Royale et du Marché-aux-Grains. Des raisons de police et de propreté nécessitèrent leur retour au terrain qui leur était destiné.

La rue des Boucheries tombe dans une voie nommée indistinctement rue ou cour Salin. Cette partie de la ville se nommait , au xiiï® siècle , victis de Coursalano, Ce n'était jadis qu'une cour. Elle fut ouverte en 1768, quand la rue Rouillé fut percée. Elle donnait son nom à son quartier dès 1328.

Dans le quarrel des Coursalin , qui d'ailleurs appartenait à la juridiction temporelle du Chapitre , se trouvait au xviî* siècle une belle et vaste maison, dite du Saumon ; elle tenta les révérends pères jésuites, qui l'achetèrent en 16^ et voulurent j former encore un établissement. La ville lutta avec énergie contre leur insatiable convoitise, et les contraignit à reculer : l'immeuble fut revendu.

La rue Saliti nous ramène sur la place de l'Hôtelde-Yille. Là nous trouvons à notre gauche la rue des Consuls : elle est d'origine moderne et fut ouverte sur les terrains achetés pour construire le

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5 noTembre 1822 , il ne £dt of bureau du prêt gratuit, fondé^' ^.

par M. de Talleyrand. Nous / 1 ^ public pauvre ait beaucoup | | ^ qu'il en soit , Fhôtel qv' ^. ^ ' par son ancienneté ; ij^

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if ,ae la cour.

^ l'extrémité de la rue des Consuls, et lui faisant ,t,é!^'à^ se trouve la petite rue Saint-Guillaume. Son premier nom nous est inconnu ; au xvii^ siècle , on rappelait rue de THôpital-des-Filles. Dans les bâti* ments qui font Tangle de cette rue et de celle des Ecrevés, Tarchevêque Maurice Le Tellier sut organiser un établissement où Ton enfermait les femmes infirmes et mendiantes, les jeunes filles abandonnées ou débauchées ; cette maison se nommait la Renfermerie des femmes et filles. Dans une partie de ses bâtiments, il y avait aussi des cellules pour les fous ; on y retenait parfois ces

jusqu'au moment où, vers 1762, l'hà- ^, dans le faubourg de Vesle, leur Vs. Les femmes, conduites dans la "^e, plus tard placées dans une Xenfermerie dont nous allons <erées à F Hôpital-Général.

"(^ Saint-Guillaume : il ^ ^ "^ sous rinvocation de

^ * ^le premier hôpi-

^o'nsuls et Saint-GuSIaume,

^e celle de la Grosse-Ecritoire.

^ qui fait Tangle de la rue de la Grosse-

«i-e et de celle du Petit-Cerf est des plus an-

t;iennes. Elle peut remonter au xiii^ ou au xiv^ siècle.

L'architecture gothique primitive y règne encore : ses

fenêtres allongées , terminées en ogive à trèfle , lui

donnent un caractère de vétusté qui la recommande

à Fattention.

La rue de la Grosse-Ëcritoire doit sans doute son nom à une de ces sculptures placées au-dessus des portes des maisons pour les faire reconnaître, quand on n'avait pas encore Tidée de les numéroter.

Retournons sur nos pas, et entrons dans la rue de la Renfermerie. Elle joue un grand rôle dans Thistoire administrative de Reims. Depuis le xiv® siècle , la ville luttait contre la mendicité ; les fainéants et les débauchés abusaient de sachante, et perpétuaient h plaie qui les faisait vivre. 11 fallut en finir avec

eux, et on prit le parti de les enfermer. CVst en 1632 que le conseil de ville commença Texécution de son plan. On acheta F hôtel du Saamon où Ton n'avait pas voulu laisser installer les jésuites, et on y plaça d'abord les jeunes enfants abandonnés. Plus tard, en 1657, une demoiselle nommée Antoinette Mimin ayant légué son bien aux pauvres, * MM. de la ville, qui étaient, aux termes du testament, maîtres de l'exécution du legs, se rendirent à la proposition faite par le lieutenant des habitants, et toutes les sommes léguées furent employées à établir la Renfer merie sur une plus large échelle. On acheta des maisons : des cours furent ménagées dans Tintérieur des bâtiments. Au centre s'élevait une petite chapelle surmontée d'un modeste clocher. Et bientôt on réunit dans le même établissement les mendiants, les infirmes et les jeunes gens des deux sexes enclins à la débauche ; il y eut des cachots pour les détenus qu'on voulait châtier , des cellules pour les filles repenties , un hospice pour les vieilles femmes.

Vers 1766, la maison des Jésuites, vacante depuis 1762, reçut les hôtes de la Renfermerie et devint r Hôpital-Général. Les bâtiments de la Renfermerie lurent vendus en partie , une autre partie fut démolie , et on assainit ce quartier en créant la rue et la place des Boucheries , en perçant la rue Rouillé.

La rue Rouillé, qui devint la rue Marat en 1793, rappelle le nom de M. Rouillé-d'Orfeuil , intendant de Champagne, dont Reims eut tant à se louer. Ce

ma^strat montra qu'il était digne des hautes fonctions à lui confiées par le roi , en ne tendant pas sa main aux jours de Témigration : il gagna son pain à la sueur de son front ; aussi, riche ou pauvre, intendant ou proscrit, a-t-il droit à Testime de tous. Qui sait trouver Findépendance dans le travail est digne de commander.

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