CHAPITRE XXXVII
Quartier Saint-Remi. — Rues Cbaoteraine, — Tournebooiicau,— Saint- Bernard, — des Tuileries, — des Anges, — des Grands-Murs-Saint-Remî, — du Pistolet, — du
• Chételét.-- Place de tenoncourt. — Rues des Minimes, ^ P^ry,— Anot,-^ SfUit-JvlMii.-u. Ptaee Saint Rémi.
E bân de Tèglise Saint-Remi était beaucÀtip phis èlendii que cdoî de Saînt^Nîciiise. La me de Moulin , le bas de la rae Fléchambault , la porte Dieu- Lumière et les limites du ban Saint-Nicaise , du côté des rues Dieu-Lumière et des Créneaux, formaient son enceinte dans la ville; hors des murs il allait d'un côté jusqu'au moulin de Vrilly et la rivière, et s'appelait le petit ban. La campagne comprise entre la porte Dieu-Lumière et Cernay en dépendait aussi, et formait le grand ban.
Le ban de Saint-Remî avait ses écoles publiques. Le Chapitre de Notre-Dame voulut les assujettir aux nennes. Mais leur indépendance fut proclamée dans le XI* siècle.
Descendons la rue Fléchambault, à son extrémité suivons le rempart sur la droite , et nous trouvons l»ent6t la rue Cfaanteraine. Avant d'y entrer , remarquons à notre droite la {^ce oà la VieHe<-TouT , dont elle a pris le nom, s'élevait, aux bords d'un étang marécageux compris entre la Vesle et les remparts» Cette pièce d'eau subsista jusqu'en 1803. A cette époque elle fut desséeliée et remplacée par la solitaire promenade q«e nous y voyons. Sur cette terre nlendense on n'entend plus, au lever de l'au* rore , au coucher du' soleil, les fanfares de la dame des prés , de la grenouille à la peau verdoyante , de la raine chanteuse. Elle fut long-temps la maltresse da tieu ; la rue qui menait à l'étang, la tour qui le dominait, avaient pris son nom.
Cette belle et laige «aor fut élevée en i4i0 ou i4S0 parColard de Givry, et détruite en 4806. On releva le rempart sur ses rainer ; et de nos jours on reconnaît le point sur kqud elle était assise seu** lement'à l'air de nouveauté que présente «ne porw tMMi. de nos vieux murs. On y entrait par un passage voûté dont la porb^ regardait la rue Cbanteif:«fine. Au-dessus de cette entrée était -sculptée une ^tue d'homme partant d^une main umir gaule^ appuyée sur sesèfiawks ; de l'autre main il tenait une grenouille
avec un bâton court et asses gros. Au-dessus était celte légende : aChaote raine*» Cette effigie était, dilHm, une allusion à une servitude féodale : dans certains lieux les vassaux étaient tenus de battre les eaux voisines des chMeaux pour empêcher les gronooilles de coasser.
ParaUètement à la Kgne qu'elle trace se trouve la rue Touraebonneau ; dans quelques titres il pacaîi qu'elle est appelée rue Toumebeis ; ces deux noms ont la même étymologie. Au milieu de la voie pu<^ Uique est un puits dont les eaux sont excellentes ; dies servent à tout le quartier ; pour en avoir il laHak tourner une mécaniqiie ta bois qui fusait deecendre et remonter les seaux des consommateurs : mdé nomem.
. Les rues Tournebonneau et Ghanteraifie tombent dans celle de Saintr*Bernard ; la partie de cette voie qui reçoit la rue Ghantenâne s'appela long-«to&ps rue de Versailles.
La rue Saint^Bernardy qui mèn^ au rempart^ est connne sous ce nom depuis le xn* siècle environ ; rbôfMtal de Dieur-Linure , dètmtt au %Vf^ sièck , rétabli dans Je âiècfe.si«iva«(t .me Dtie«4^ium(fc9e« finit par être transport^ émA la rue que nous visitons, piés de ceUe de. Tourueboim^au.; il éUwit alara aqppelé prifsuiré de 6aûayt*B^nard. Ce troisième édifice fut sans importance ; la diarité ne s'y «xer^^ait plus ;ii tombait en ruines, quoiquUlcâft d^ r«irewisfnscs.inh port»nts* Le dojeu. du CiNfÂtmde Reims qtaftdevait
surveiller leur emploi, «raprès les termes de la fanilalion , ne s'en occupait pas.
Le prieuré finit par tomber entre les mains des Minimes d'Epernay qui le vendirent. On en fit une grange. On montre encore un pavillon qui en pro* vient; ses jardins s'étendaient du cote de la tour Chanteraine.
Au milieu de cette voie vient aboutir la rue de» Tuileries ;.elle devait ce nom au genre d'industrie qui s'y exerçait. La fabrique de tuiles que l'on y vit long-temps passait pour avoir été fondée par l'abbaye de Saint-Remi. Le nom des Tuileries, quelle qu'en fût l'origine, rappelait des souvenirs trop monar* chiques pour qu'il pût braver 1795 ; on lui sobstitq^ celui de la Nation. Quand on voit côte à cote les rues des Tuileries et de Versailles, on peut croire que le second de ces noms ne fut donné que par allusion au premier,
La rue des Tuileries nous conduit à celle des Apgç&, dont nous n'avons rien à dire. Du côté droit celle-ci nous mène à la rue des Grands-Murs-Saint- Remi; ainsi que son nom l'indique, elle passait aux pieds ^€i$ ren^arts qui entourèrent long-rtemps l'abr baye de Saint-Remi et ses dépendances.
Les murs de l'ancienne enceinte existent encore en partie ; aujourd'hui ils servent de clôture à des jardins. Quelques-uns des arcs-boutants qui les aovUçnaient sont détruits.
A l'aïutre extrémité de la rue des Anges, dans un
carrefour triangulaire , \iennent aboutir la rue du Pistolet , jadis nommée rue du Pot , et la rue du Chàtelet.
Cette dernière portait aussi, comme sa voisine, le nom de rue des Anges ; c^est même à un bas-relief qui s* j trouve encore que celle-ci doit ce nom qu'elle conserve. Deux anges , soutenant Técusson de Tabbaye de Saint-Remi, sont sculptés au-dessus de la porte d'une maison dépendant autrefois de Fabbaje. LÀ fut le fief du cbàtelain de Saint-Remi : on appelait ainsi un des dignitaires du couvent ; son titre avait une origine dont nous parlerons plus loin ; dans ce moment ne nous occupons pas d'elle. Il réunissait entre ses mains une partie des pouvoirs exécutifs réservés à la suzeraineté : c^était lui qui dirigeait le guet avec le mayeur du ban Saint-Remî; c'était lui qui faisait la police et percevait les droits dus sur les vins ; il était grand-voyer du bourg. Il jugeait au Chfttelet ceux qui contrevenaient à ses arrêtés, et une prison dépendait de son petit tribunal.
l>a maison qui porte les sculptures indiquées cidessus doit être un débris de l'ancien tribunal ; les abbés commendataires de Sainl-Remi y firent mettre leurs armes , sans doute parée que quelques droits de leur seigneurie s'y exerçaient dans les derniers temps.
De la rue du Pistolet nous arrivons sur la place de Lenoncourt. Elle n'est rien moins que régulière
cl se compose de deux portions de terrain jadis dé- ^nées chacune sous un nom diffèrent : celle qui se trouve du côté de Saint-Hcmi s'appelait place de TEcaille.Les Minimes, dont nous allons bien tôt parler, ne mangeaient que du poisson ; les eaux de leur cuisine descendaient du côté de la place dont nous parlons et y apportaient les écailles des barbeaux, carpes et brochets servis sur laitable de ces religieux ictyophages ; ces débris donnèrent , dit la tradition, leuf* nom à la place. Disons cependant que cette étjmologie peut être discutée , surtout quant à la date. En effet, du prieuré de Saînt-Cosme dépendait, dans le xv« siècle , et bien avant Tarrivée des Minimes, un four banal ditdeVEscbamme. Escbamme ne vient-il pas de ^quama^ et squama ne veut-îl pas dire écaille? I^s Filles séculières du Saint-Enfavit-Jésus tenaient avant la révolution une école gratuite de filles dans cette place.
L^antre portion ^e la place Lenoncourt était un lieu 4e récréation pour les habitants du quartier. Le dimanche ils 7 jouaient à la quille au bâton : ce jeu consistait à faire tomber, à Taide d'un bâton gros et court, des quilles au nombre de neuf, rangées sur mie même ligne. II avait donné son nom à la place; c«t exercice, qui n'était pas sans danger quand les gens inexpérimentés s'y livraient, avait été défendu vers 1544 dans les rues et marchés. La position éc«frtée de la place dont s'agit avait peut-être fini par obtenir pour elle un privilège qu'on refusait aux lieux fréquentés.
La place de Lcnoncourl nous conduit sur le terrain connu sous le nom de cour Saint-Remi. C'était jadis le centre de la clôture qui fortifiait Tabbaje.
Cette place, comme tout le haut quartier de la ville, fut long-temps un cimetière : il remontait à Fépoque gallo-romaine. Au' milieu des tombeaux qu'il renfermait s'éleva d'abord la petite chapelle Saint-Christophe, et après elle la belle église de Saint- Rémi. Jusque dans le xvi*^ siècle ce terrain reçut des sépultures.
La foire se tenait dans les premiers jours d'octobre ; elle rappelait la translation du corps de Saint Rémi et la consécration de l'église faite par Léon IX à pareille époque de l'an 1049. Les archevêques et nos rois confirmèrent à différentes reprises les. privilèges de ce marché.
Vi$<-à-vis le portail méridional de l'église s'élevait le prieuré de Saint-Cosmç et de Saint-Damien ; son église est nommée dans le testament de Saint Rémi , et l'on montrait dans le jardin une chl^lle où, disait-K)n, ce grand évèque avait dît la oieasë. .
Le prieuré dépendait de Tabbaje ; ii était desservi p^r deux chanoines sous l'abbé Hèriœard ; Pierre de Celles y créa deux nouveaux offices. En 1458, Ca** lixte III les supprima tous et réunit les revenus de la maison à la manse abbs|tiale et conveatuelle de l'abbaye. Les religieux furent chargé^ ^e i.e$»erm l'autel de Saint-Cosme et de ^aînt^rDamien; un Bénédictin s'établit dans le modeste cloître et pritle.titre de prieur.
Les calvinistes, vers 1569, avaient brûlé la maison des Mimmes de Braeancourt ; les pauvres moines étaient sans asile ; Antoinette de Bourbon, duchesse de Guise , mère du cardinal Charles de Lorraine , Toolat bien les recommander à son fils. Après quelqnej négociations, il les fit venir à Reims vers 157^, les logea provisoirement près la porte de Mars, et leur donna pour asile définitif Fancien prieuré de Saint- Cosme et de Saint-Damien. Ils y étaient à peine établis, qu'en 1580, le feu prit par l'imprudence d'un domestique, et détruisit leur nouveau couvent. Des quêtes fructueuses permirent de réparer ce désastre immédiatement, Henri III et Tarchevèque Louis de Guise y joignirent leurs offirandes. Le Chapitre de Notre-^Dame se montra généreux ; aussi la reconnaissance plaçait-«lFe ses armes en plusieurs endroits de la maison. L'arche vèqne posa la première pierre du nouvel édifice; mais les malheurs du temps arrêtèrent les constructions. Ce ne fut qu'en 1630 que Henry Clausse, évèque de Châlons-sur-Marne, put consacrer l'église et la mettre sous l'invocation de la Vierge et de Saint François de Paule. Au-dessus du portail, on mit une inscription qui rappelait cette cérémonie et sa date.
Le cloître des Mhiimesr était un de ces monuments que la révolution aurait dû respecter. 11 entourait «m prèHQ éttiaillé de fleurs ; de ce côté , il était complètement fermé par des verrières historiées.
Elles dataient de 1640 à 1644 , et étaient dues au
45 i pinceau de Pierre Simon, artiste rémois ; elles représentaient, entre autres siiyets sacrés, la vie de Saint François de Paule , fondateur de Tordre des Mi-nimcs. Ces vitraux remarquables avaient été faits en partie aux frais de Henry d'OrléansT-Longaeville, marquis de Rothelin , gouverneur de Reims, inhume à Saint-Remi,
Si dans ce couvent on cultivait les arts , on ne négligeait ni les lettres ni les sciences. Une riche bibliothèque favorisait les études et les délassements des religieux. Elle fut transportée à Saint-Remi et de là à rhôtel-de-ville.
Là fut la cellule du père Féry, ce savant mathématicien que la ville sut attacher à ses écoles. Elle lui devait le Château-d'Eau, peut-être un peu dédaigné dans notre siècle de progrès, mais qui n'en fut pas moins dans son temps une création utile.
Le couvent des Minimes fut mis en vente par la révolution ; il ne fut pas démpii de suite.
La porte de Féglise subsiste. Elle est encadrée dans la clôture d'un jardin qui a rem|ilacé le saint édifice. Au-dessus on voit encore sculptée la date de 1611.
La rue des Minimes , dont la république fit celle de la Nature^ longeait Tancien couvent et couduisait au rempart. La place sur laquelle elle aboutissait , située devant le couvent, s'appelait place des Mi^ nimes.
1^ rue des Minimes et la rue Féry im>us mènent
an rempart. De ce côté, sur la gauche , près de ia porte de Dieu-Lumière, est la rue Anot. Elle n'a pas toujours porté ce nom respectable. Naguère encore elle s'appelait rue aux Porcs ou aux Cochons. . Aux beaux jours de la foire Saint-Remi , il se tenait de ce cdté un marché dont les compagnons de Saint Antoine avaient les honneurs. Ces animaux étaient parqués dans les cours et étables qui se tcouvent dans ce coin de la ville.
Descendons la rue Dieu-Lumière où vient de nous conduire la rue Anot, et nous trouvons à Feutrée de la halle Saint-Remi, à gauche , la rue Saint-Julien.
Elle a souvent changé de nom. Ce fut d'abord la rue de Lombardie ; là demeuraient sans doute au temps des foires les petits banquiers ambulants que le nord de Tltalie et le midi de la France envoyaient dans nos contrées; ce fut ensuite la rue Saint-Cosme. EUe menait àFantique prieuré que possédèrent successivement des chanoines, MM. de Saint-Remi et les Minimes.
C'était dans le siècle dernier la rue de la Bonne- Femme : les érudtts , les phiblogues , les chroniqueurs sont inconciliables quand on les interroge sur cet illustre nom. L'impertinence des uns va jusqu'à soutenir que les mots ««m l^edoivent terminer la phrase dénominative; d'autres, dont le scepticisme n'est pas moins effronté» allèguent qu'il n'y eut jamais à Reims qu'une seule femme bonne, bonne en tous points, bonne sous toutes le» faces, et qu'elle dé-
meurait dans la bienbcHrease rue qui nous occupe. Chaque systî^me invoque à Tappuide son argunentation une preuve irrésistible, une enseigne transmise d'âge en âge et rsfralcbie detanpsâ autre* Sur Tune on voyait la femme kicoroparable arracher son mari aux distractions brutales de la vie , aux charmes du brelan, aux rêveries delà dive bouteille. Sur Fautre, ridée de Tartiste était claire et facile à saisir : la femme était sans chef. Hâtons-nous d'ajouter que cette insolente enseigne était cdle d'un charcutier : on comprend que son propriétaire ait* préféré dénouer le problème en tranehani la question. Ce qu il faut constater , c'est qu'on se mariait dans le quartier sans plus d'effroi que dans les autres.
Enfin la rue dont s'agit vient de se jpk&cer sous le patronage de Saint J^ién.
Saint Julien n'avait pas l'honneur d'être Rémois; Il fut martyrisé à Brioude en Auvergne ; quelquesunes de ses reliques furent apportées dans nos murs vers 554 et déposées dans une petite ê^ise qui reçut en même temps son nom.
Elle était située sur l'emplacement qu'occupent aiyourd'hui les malsons de la rue Saint-^lulien portant les Do» 1 , 2, 5 et 4, au chevet de Satnt**Resû , à la gauche de ceux qui vont à l'anciepiie halle. Elle avait été fondée par Addode, disciple de Saint Rémi, un des principaux faabitatits de Reims, iiche, pieux et charitable ; après avoir kmdé douce mvisons hospitalières et employé au profit de ceux qui souffraient
la fortune qu'il possédait, il mourut et fut inhumé avec son fils Hafon et sa fille Ëoplirasie, dans la basilique qu'il avait kiètie, derrière le maitre-autel.
Dans le u* siècle, Téglise tombait en ruines; elle fut relevée pour être reconstruite une troisième fois; alors k Myle ogival remplaça cher elle Tarcfaitecture romane.
Cette petite paroisse venait d'être réparée et embellie quand la révolution la supprima; le bel autel de marbre qu'on venait d'y élever fut détruit, et l'édifice entier en 1794 fut mis en vente et entamé de toutes parts. On trouve encore, dans les maisons qui lui ont succédé, une des b«s8e»-nefs et une portion du transept ; des débris de sculptures , des lignes qui desanent taÉtét l'ogive , tantdl le plein^cintre , rappellent ce qui était et ce qui n'est plus.
Le cimetière de l'ègHse en était séparé par la rue delà BonnerFemme; il se trouvait devant le couvenl des Minimes, au point qui forme de nos jours une place à l'entrée de la rue Férj.
Avant 1358, la haute ville aVftit été plusieurs fois dans la nécessité de veiller à sa propre conservation; l'abbaye de SamtrRemi était enfermée depuis long-^ temps dans une enceinte fortifiée. Nous en avons montré les restes dans la rue des Grands-Murs. Cette enceinte avait deuxfportes, l'une dans la partie inférieure du oèté du clo» Saini-Henfi , l'autre dans la rue Saint-Julien; e'e^ cette porte qt attenait au presbytère de régUse. Elle était crénelée pàv le haut
f l fermait jadis loute la rue. Oii la désignait sous les noms de porte Harmcl^ Hamé, Harmèe, fausse-* porte, porte de SakitrJuKen, entrée du diàteau de Saiut-Remi. Harmet ne viejit-4l pas idu mot armata, armée? Je laisse à de plus instruits le soin de répondre à cette question. En 1150, Tabbaye de Saint- Rémi possédait une terre qu'elle donnait au couvent de la Valdieu; elle s'appelait le Mont-Herraet. Euton un motif pour donner son nom à cette entrée? nous rignorons. C'était là la porte principale de Tenceinte. Elle fut démoliedans le siècle dernier. On remarque encore dans le sol les traees de ses fondations; elle se trouvait à peu près au milieu de la rue, près des maisons qui portent les n~ 7 et 8.
L'église Saintnluliea était comprise dans les for-^ tifications; elle devint la paroisse de tous ceux qui s'y trouvaient enfermés avec elle.
Les fortificalîoBs du xiv* siècle rendirent Tancienne enceinte inutile ; elle fut en ta i éc de foules parts et finit par di^raitre; die devait avoir comme toutes les places fortes ses divisions intérieures. Dans le siècle dernier on voyait encore une porte voûtée, profonde et garnie de créneaux, qui tenait d'uacôté au portail même de Saint-Remi, de l'autre au bâtiment qu'on appelle de nos jotirs la grange Saint-Laurejit; le vaste terrain auquel elle donnait accès s'appelait alors la cour Saint-Remi; une autre cour devait s'avancer plus bas dans la rue Fiécbambault pour embrasser dans son enceinte l'abbaye ^ l'église et leurs dépendances.
Qiiaud cette porte tomba, la place Stiat-l\oiiii s'é** tendît devant le portail de Téglise, la laçade de Fabbaye, et vint joindre les murs du grand clos. De ce côté s'élève aujourd'hui une des deux salles d'asile ouvertes par Reims aux enfants des journaliers;
De Vautre côté, presque en face, se trouve la grange ci-dessus indiquée. Elle est située hors des limites de Tancienne cour Saint-Remi ; à sa place fut une petite église placée sous Tinvocation de Saint-Lau*' rent.
On la £ûsait remonter au x« siècle ; elle était devenue la chapelle de Taumônerie de Saint-Reini. C'est laque le couvent donnait rhospitalitéanx pan* vres pèlerins qui venaient visiter les reliques du grand apâtre. La munificence de nos rois pouvait s'«ttribuer rhonneur de la pieuse fondation, carPaumdnerîe de 8aint*Laurent était comptée parmi le» li4pîtaui de création royale.
Dans la suite de» temps, raumènier s'était consti* tué le seiil véritable usufruitier des revenus de rhâpâtal; le parlement, saisi de cet abus, déclara que son titre n'était plus qu'un office claustral inutile au public et sans proGt pour les pèlerins; ils réunit done à la manse conventuelle les biens qui en avaient jadisété détachés dans de pieuses et eharitable» intentions.
Pendant quelque temps on contipua les offiees dans la chapelle abandonnée; puis on finit par n'y
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plus revenir. Elle devint an local vide qu^on louait pendant la foire. On prétend même qu^on y vit des baladinsdonner spectacle à ta foule vers 1 7d9.€e scandale ne devait pas durer. En 4 750 on décida que Tan* tiqne édifice menaçait ruine. M. de Rohan, cardi-^ I nal archevêque de Reims, le fit démolir. Une partie
f de ses murs est restée debout, et Ton voit encore un
' des piliers qui les soutenaient au dehors.
L'hépital où couchaient les malades et les pèlerins, le corps de logis occupé par les Sœurs eon- "i verses et le Bénédictin qui dirigeait la maison , te-*
nafient à la cbapelk , donnaient sur la cour \ Saint-Kemi, et se prolongeaient josqn^à 4a place
de Lenoncourt.
Quelques débrisde ces antiques édifices subsistent encore. On les trouve sur la place de Lenoncourt, à droite en arrivant par la place Saiivl-*Remi, et Mr la place St-Remi, dans la maison qui pofte le no 7.
Sur la place de Lenoncourt on n'aperçoit qu^une fenétro divisée en dem par une colonne de pierre. Siln double sommet àpleinKcînti^'eat fofttiè tvtÊta seule pierre. L'arehiteetunrt rooMwt qai Ta consiruiic se révèle d'une maaiôre bien plus ooiaplète dams la maison veiaiiie.
Le bàtioMHt qui donne sur k cnar Seinl-^Reitai porte sur des basrcellters voûtés à plein<«iiiirc. Les nervures qui se croisent sous ses voûtes abMlMsent à des tètes sculptées grossiènmeiit et d^ailtres orne* nento antérieurs an nV^ âccle.
Sur la cour de Tédifice sont encore ouvertes deux fenêtres semblables à celle que nous avons indiquée sur la place de Lenoncourt. On dit que sur Tédifice s'élevait un docber.
Ces ruines curieuses rappellent des souvenirs bien plus importants que ceux de Téglise Saint-Laurent. ^
La tradition les 4oboç comme celles d'un palais ha- ^
bité par nos rois jusqu'au xi® siècle.