‹ Reine de Mort: Comédie inéditeChapitre 10 sur 53 · SCENE IV Olivier ROUSSELET (Seul. A demi courbé sur sa canne · texte numérisé non relu

SCENE IV Olivier ROUSSELET (Seul. A demi courbé sur sa canne

Cette bonne Louise !... Elle ne sait pas, elle ! (Sanglotant) Ah! Mon pauvre maître! Mon compagnon ! Mon amit Avoir vécu cinquante années dans la familiarité la plus douce, et se quitter ainsi brusquement | (Rèvant) Mon Dieu, oui ! J’avais vingt ans à peine, quand j’entrai dans cette maison. De petit employé que j'étais, je m'élevai par degrés, dans la confiance du maître. Je ne fus pas seulement son caissier. Oh ! Je peux le dire avec orgueil, je devins son confident intime, partageant ses angoisses, dans les commencements hasardeux et ses triomphes plus tard, quand la maison de banque se trouva largement établie ! Devenu riche, mais toujours célibataire, il me voulut garder à ses côtés : il lui semblait qu’en m’éloignant j'aurais emporté avec moi la moitié de son cœur et sa jeunesse tout entière. (était de ces premiers temps que nous causions, le soir, en remuant les cendres, sans nous fatiguer jamais de nos souvenirs ! (Se passant la main sur le front) Ces histoires-là me font mal, et je m’y replonge malgré moi!... Ce pauvre homme!... Nous avions des époques certaines qui ramenaient les mêmes joies, avec les mêmes surprises... et des calembours d’un demi-siècle, qui nous paraissaient toujours neufs !.. Pourquoi done est-il parti le premier, et qu’ai-je à faire dans la vie, maintenant qu’il n’est plus là ? (Avec vivacité). Ces gens qui arrivent... ils ne savent rien, ils ne comprennent rien! Que peuvent leur conter, à eux, les vieux meubles du salon, le jasmin des tonnelles, et tous les arbres de l'avenue ? Ce sont des étrangers qui circulent, les chiens ont peur, et le jardin ne les connait pas!... Ils vont et

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