SCÈNE II
Orivier ROUSSELET (Seul) ROUSSELET (Il vient par l’allée du fond, canne, bonnet desoie noire,
longue douillette)
Ah ! Quant à ce qui est de m’aimer, ils m’aiment ! Je dirai plus: ils m’aiment trop. S'ils étaient moins charmants, je leur en ferais bien l’observation, mais j'ai tant de peur de les affliger !... Où diable avais-je la tête, le jour qu’on a lu le testament ? Une véritable hallucination!... Ces braves gens-là se surpassent. C'est à peine si mon bonheur me laisse un instant pour respirer à laise! Quand je peux m’échapper, j’en profite. (Tirant une tabatiére de deux sous.) Prenons une prise !... Madame Budois m'a déjà confisqué deux tabatières : elle redoute pour moi les congestions, et, sans Paul qui m’a procuré cette queue deral... (Il prise et éternue.) Pchit!.….. Ca dégagel!... Pchutt!... J’en ai perdu l'habitude... Hatcheu !...
SCÉÈNE II O. ROUSSELET, M. DE La CHÉNAIE, puis M. BUDOIS
M. ve La CHÉNAIE (Il accourt par la gauche) Eh bien! Eh bien! Qu’est-ce que je vois là ?... ROUSSELET (Cachant vivement sa boite)
(A part.) Pincé!... (Haut.) Rien... Ce n’est rien... Monsieur
de la Chénaie... Je prends l'air, une minute... M. DE ra CHÉNAIE
Vous prenez bel et bien une fluxion de poitrine ou un catarrhe!.…
A huit heures!... Est-ce possible ?... Quand les matinées sont si
fraîches !..
Pardon, mais... À M. De La CHENAIE
Je suis bien certain de vous avoir entendu tousser, moi!...
Je..
M. BUDOIS (Revenant par la pelouse)
Sac à papier !... Je ne me trompe point... Cette voix !... Heu-
EN 0) = reusement que je marchais au petit pas, à cause de l'arme !... (Il accourt vers Rousselet.)
ROUSSELET (A part) Et de deux !...
M. pe a CHÉNAIE (Prenant Rousselet sous un bras) Aidez-moi donc, Monsieur Budois.
M. BUDOIS (S'emparant de l’autre bras) J'y suis ! J’y suis!...
ROUSSELET (Résistant)
Mais, Messieurs... x M. pe ca CHENAIE
Nous allons vous asseoir sur le banc!
J'irai bien tout seul, je vous assure...
M. pe za CHÉNAIE Non !
Non !
M. BUDOIS (Avec autorité) (Ils l’asseyent sur le banc) M. DE La CHÉNAIE
Vous vous fatiguez, mon cher ami, vous n’êtes vraiment pas
raisonnable !...
M. BUDOIS
Et moi qui l’ai quitté, à cinq heures, ronflant dans son lit,
comme un orgue !... à M. DE La CHENAIE
Si Madame de la Chénaie s’en doutait!...
M. BUDOIS (Se tordant les mains) Mon Dieu ! Mon Dieu!... Qu’est-ce que va dire Madame Budois !.…