SCÈNE VII
PAUL (Seul)
PAUL (Il vient par l’allée du fond)
Ah! Ça! tout le monde est donc sorti, ce matin... Si, encore, j'avais pu rencontrer Mademoiselle Louise. Voici le petit banc, sous les feuilles, où elle aime tant à s'asseoir, avec un livre, ou quelque ouvrage !... C’est à peu près son heure habituelle, et d'ordinaire, il y à toujours un bon garçon de hasard qui me fait tomber juste au milieu de son roman ou de sa broderie. (Une pause.)
O mes rêves d’enfant!... Mes imaginations de collège ! Un parc plein d'ombre, une belle maison à la campagne ! Quelque rivière, bordée de saules, qu’on descend les soirs, dans une barque verte. Puis, au milieu de ces fleurs, de ces parfums, du chant des oiseaux, sentir, dans sa poitrine, le premier amour qui s’éveille!... Suivre, tout haletant, les traces d’un petit pied, sur le sable fin des avenues !... Au coin des bois, au détour des buissons, voir passer, comme un éclair, un châle qui flotte, une robe blanche qui s’efface!... Tout s’est réalisé !... Tout m'est apparut... Tout est vrail...