‹ Reine de Mort: Comédie inéditeChapitre 7 sur 53 · SCÈNE II LOUISE, PAUL · texte numérisé non relu

SCÈNE II LOUISE, PAUL

PAUL (Ouvrant la porte de droite, au fond)

Elle est là !

Monsieur Paul!

LOUISE (Surprise) PAUL (Courant à elle) Oui, chère Louise, moi-même : je me suis échappé, sans être vu. Je savais bien que je vous trouverais ici !

LOUISE (Vivement)

Et vos parents ?

PAUL

Tout est terminé, là-bas. Ils reviennent, mais avec une telle lenteur que Monsieur Rousselet les a dépassés, malgré ses soixantedix ans. Le-pauvre cher homme sanglote sur la route. Je lui aurais offert mon bras, Louise, si l'occasion trop rare de vous voir seule... (Louise se dirige vers la porte de gauche) Quoi donc?... Vous

me quittez ?

LOUISE

Serait-il fort convenable qu’on nous surprit ensemble ? PAUL (Lui barrant le passage)

Quand je vous jure que nous avons le temps ! Mon père et ma mère sont accaparés par les Budois. A la façon dont ils gesticulent, à la porte du cimetière, ils n’arriveront pas ici avant un bon quart d'heure. Il faut vous dire que mon père, avec ses idées de noblesse, voudrait garder pour lui le château, mais les Budois sont intraitables! Quaut à votre oncle, (il regarde par la fenêtre de droite) je le verrai bien venir. |

LOUISE (Se dégageant les mains de celles de Paul}

Non, Monsieur Paul, il n’est pas bon que je demeure. Grâce à Dieu, je me réveille, mes yeux s'ouvrent à la lumière, et j'aperçois, tout-à-coup, la distance qui nous sépare !

PAUL

Comment? Que voulez-vous dire ?

LOUISE

Je veux dire qu'hier encore j'étais une enfant crédule... prompte

aux espoirs sans bornes et regardant la vie avec l’intrépidité de

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