I.A BELI.B TAI^LTËN
le dictateur... et c'est alors sur Tallîen,sur le poignard brandi, sur Thérésia, mobile passionnel prêté au Conventionnel, que toutes les vues se concentrent en faisant de son arme celle de son amante.
lyC 12 thermidor, Tallien se trouva ainsi, moralement, sur le pavois avec Thérésia Cabarrus, sans l'avoir prévu et quoi qu'il en eût. Les ovations vont éclater... elles éclatent déjà sur son passage. Il se voit soudé, il s'entend indiscutablement convaincu d'amalgame avec son inspiratrice, et forcé d'accepter cette dominante passionnelle pour ne pas choir lourdement du piédestal sur lequel la popularité le juche.
Thérésia?! c'est alors seulement qu'il y songe. Thérésia?... mais il est impossible, en ce cas, qu'elle demeure tme heure de plus sous les verrous? I... Et le Conventionnel court à la Petite-ForcCy imaginant sans doute en chemin la fable qu'Houssaye rapportera, pour s'excuser auprès de sa maîtresse de l'avoir laissée prisonnière jusqu'au 12 thermidor : « J'avais besoin d'être membre du Comité de salut public pour arracher à mes collègues ta délivrance. »
Thérésia crut-elle à cette bourde? peut-être. En tout cas, il lui devint plus tard nécessaire de la répandre pour expliquer le trop significatif oubH de son amant. N'est-ce pas, au surplus, une imposture anodine comparée à celle de la légendaire correspondance qu'ils forgèrent, d'un commim accord, après coup?
g6 S£INB DU DIRSCtOIB^
Avec thermidor et la réaction qui suit cette crise aiguë de la Révolution, Thérésia Cabarrus se trouve au point décisif de son existence.
Sa psychologie — fort simple — ne nous est pas inconnue; essayons pourtant de nous la représenter mieux encore et de pénétrer aussi la pensée de Tallien pour comprendre ce qu'ils font en nous expliquant leurs mobiles. Nous pourrons alors, par déductions logiques, suppléer aux trop nombreuses lacunes de leur histoire.
Thérésia — on Ta remarqué dès le début de cette étude — est née coquette, et rien dans son atavisme, dans son éducation, dans son instruction ne combat et ne modifie cette dangereuse disposition.
Trop belle, trop précoce physiquement, elle est déjà plus qu'à demi-femme lorsque, par son âge, elle devrait être à peine fiUette.
Cela ne l'incite ni à l'obéissance ni au travail mais à la perversité, et lorsqu'elle se marie, pubère et parfaitement formée, tandis que les fillettes nées en même temps qu'elle s'amusent encore à la poupée sans penser à « l'homme », elle a eu déjà des intrigues très poussées.
A quinze ans, elle joue au réel le rôle de grande coquette avec des jeunes hommes qui la désirent plus qu'ils ne l'aiment, car si elle allume des convoitises
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