‹ Relation abrégée de quelques missions des pères de la Compagnie de Jésus dans la Nouvelle-FranceChapitre 17 sur 37 · SQ · texte numérisé non relu

SQ

" plutôt SUT lui leurs cruautés. Que Dieu le récompense au " centuple et avec usure pour cette admirable charité, qui le ** portait à donner sa vie pour ses amis (*), et pour ceux qui " Pavaient engendré en J. C. dans la captivité (*) /

" Vers le soir, ils conduisirent Guillaume Couture, qu'ils " voyaient très-vigoureux, dans le village le plus éloigné, " nommé Teonontogen, et le donnèrent à une famille de Sau- " vages. C'est la coutume chez ces peuples, quand ils laissent " la vie à un prisonnier, de l'introduire dans une famille pour " y prendre la place d'un de ses membres mort. Il hérite en " quelque sorte de ses droits, et n'a plus d'autre maître que le ** chef de la famille, qui pour cela donne quelques présens.

" Pour moi et René, qui paraissions beaucoup plus* faibles, " ils nous conduisirent dans le premier village, où demeuraient " ceux qui nous avaient pris, et ils nous y laissèrent jusqu'à " nouvel ordre. Après des jeûnes si longs et si fréquens, après " des veilles multipliées sans relâche, après tant de coups et " de blessures, et surtout après des peines intérieures si poi- " gnantes, n'étant plus occupés pour ainsi dire qu'à sentir nos " douleurs, nous nous trouvâmes exténués. Nous pouvions à " peine marcher, ou nous tenir debout. La nuit comme le I ^^ jour ne nous laissait aucun moment de repos, pour plusieurs " raisons, mais surtout à cause de nos blessures restées jusque " là sans soulagement. La multitude des puces, des poux et ^^ des punaises, contre lesquels nos doigts mutilés ne nous per- ^^ mettaient pas de nous défendre, rendait encore notre sort ** plus cruel.

" Nous souffrions de plus la faim, et on peut dire de ces " pays avec plus de vérité qu'ailleurs " les malades n'ont pas " besoin de nourriture, " puisque nous n'avions poijr tout ra-

(l)Joan. 16.18.

(8)PhilemlO.

SIO

BBLAIION ÀBUÉaÉm.

^^ ftaîchissemént qae quelques citioailles sauvages et encore ^^ vertes, mêlées au blé d'Amérique, que les Européens appel- ^^ lent blé de Turquie, et que Pon. broyé négligemment entre " deux pierres. Nous fûmes pour ainsi dife réduits à la dei^ ^' nière extrémité^ surtout René qui n'étail pas accoutumé à ^^ cette nourritufe, et que ks ooiq^ qu'il avait reçus, privaient ^^ presque de la vue.

^^ Les Sauvages s'aperœvant des progrès^ de cette faiblesse, " cherchèrent dans le village quelques petits poissons, et un ^^ peu de viande desséchée a» feo. ou au soleil, et après les ^^ avoir réduits en poudre, ils les mêlèrent à notre sagamité, ^^ en guise d'assaisonnement. Au bout de trois semaines, nous ^^ étions un peu remis de nos maux,, quatad. on nous chercha ^^ pour nous donner la morL

^^ Les 200 ( 1 ) Sauvages qui nous avaient maltraités dans la ^^ route, étaient allés dans la NouveUet-Franee, au lieu où la ri- ^^ vière desiroquois (c'est le uom^u'ilslui donnent) se déchargé ^^ dans le grand fleuve St. Laurent. Ayant va quelques Fraa* ^^ gais jeter les premiers fbndemens du Fort de Richelieu^ ils* *^ crurent qu'ils pouvaient facilemeot en Umss qiaeiques im» et ^^ amener les autres en captivité.

^^ Comme ils étaient presque tons armés de fusils, ils fondent " tous ensemble et presque à Piraproviste,. sur les Français oc- ^^ tmpés alors à difféxens tmvaux. Aussitftt qu'ils les aper^ ^^ çoivent, les Français, malgpré leur très^petit nombre, coui^nt ^^ aux axmes et repoussent les Sauvages^ avec tant de bravoure " et de bonheur qu'ils en tuièrent deux,^en blessèrent un gxand " nombre, et forcèienl les autres à pirendre la fuite (2). Cenx-

(1) Ali^mbe, ainsi que le P.Bressany et le Mannaerit dé 161S2 ont adopté ce MPîn : mais la Belaiion de 1642 porte 800. CSiarlevoix %al confond cette expôditien avec une autre, a adopté à tort le chiffré de 700. T.

(2) La gloire de ce succès est due surtout au Cheralier de Montmagny, gouverneur général du Canada. B était alors sur le flmre dans un brigaatin, pour fur-

BBLATIOK ABB&aâE*

Sll

*^ ci revenaient <loiio pleins de mge, et comme si on leur eût *' fait une gnuide injustice, tandis que c'étaient eux qui allaient ^ pour en- ccNBmettre. Ils demandèrent à nous mettre à mort : " c'est une honte, disaient-ils, que trois Français vivent tran- " quiUes parmi nous, pendant que leurs compatriotes viennent " de tuer tout récemment trois Iroquois*"

^^ Ges murmures mettaient certainement ma vie et celle de ^^ René dans le plus grand danger. Dieu seul, qui la donne et " la conserve, a pu parer ce coup.

**^ La veille de la Nativité de la B. V. Marie, un des princi- " paux Hollandais qui habitent une colonie (^) à 10 lieues ** seulement de ces Sauvages, arriva avec deux autres (*), et ^^ traita de notre délivrance. Il resta plusieurs jours, fit beau- ** coup d'offres et ée promesses, mais il ne put rien obtenir.

" Comme ces Sauvages sont très-adroits et rusés, ils ne vou- " lurent pas pamitre rejeter la demande de leurs alliés, et ^* ils alléguèrent faussement ^qulls avaient promis de nous " rendre aux Français dans peu de jours. C'était peut-être le " désir de plusieurs d'entre eui ; mais vers la fin de septembre " (car les pluies abondantes avaient forcé d'attendre jusqu'à " cette époque) lorsque les provisions du voyage étaient faites, ** et que ceux qui devaient nous ramener étaient désignés, on " tint un dernier conseil à notre sujet, et l'opinion du petit " nombre, qui nous était favorable, eut le dessous. L'opposi-

Teîller le tntTail du liort oommesoé le 13 août ta lieu où est aujourd'hui SoreL H aperçut le premier les Iroquois, et Tint donner l'alarme à la petite garnison, commandée par le brave ci^itaine Rocher. T.

(1) Renselaerswicb» ou fort d'Orange» aujourd%ui Alhanj. T.

(2) Oes trois personnes étaient Arends-Yan-Gurler, commandant du fort, Jacob Jansen et Jean lAbadie, leur interprète. ^ Le commandant Hollandais proposa aux Iroqnois 260 pias4i«a <|e rançon. Nous lisons dans CbartevoiK, que Tordre de délivrer le P. Jogues avait été envoyé à tous les Oommandans de la Nouvelle-Belgique, par lés Etats Généraux de Hollande, à qui la Reine Régente de France l'avait fait demander avec les plua vives îastances. T.

uuutMm àMtÉaim.

^ tioa Pempôtta^ el les perUurbatetm déoIeurèNUt ^'ib ne sdirf^ ^ riraÔMfl pa»<|ci'€Mtf dottniX ans Français la Ubeitè de ratoa^' *^ aei dane lem edoaie. Ge^menaMs eingran^^» miieot fin ^^ à l^aaseaiblée, et ehaei» eomiw s'il eQt été poonom, se ^* letifftf dane sa eabaae^ oa dans fo i4Uage d'oà il était veim.

'* On nons abandonna à la fiitear de m» ketmnes Graek, (|iii ^* notfs ckerehèroat de teos les o6tés^ la haehe à 1» oMda^ et <(ai ^ firent des peiquisitions dans les eabl»ee^ potir nous tfonvet et ^* nous donner la meurt : mais vejos la fia de cette assemblée, ^^ Dssa m'avait iÀs^iré, je ne sais qu'elle pensée de eondcdre << mes eompag^as dans ua duuBip voimi dcrla Mbane qae <^ j'habitaisi où^ sans rien savoir de ee qûse passait, ttooa étions ^^ à Pabri, et eomme dans nu patfait mpes^

^^ Ce tumnliey qu eât eaosé notie ra(»tsieo b(his eût tiooTé, ^^ se caln» un peu dsAS l'iotervalle»

*^ OaiUanme fut ensuite emmené par ses* matoes dan» leur *' village : Pour moi et Reoé quand aocur ap«pc6mea qu'en' <^ cb^pchait à bous fme rentier^ noua nous letbàmee pe«ir <^ prier sur une colline voisine, qui donûne en paitie le vilbig^.

^^ Là, ékngnés de tout témoin et de toute impoilumté, nous *^ BOUS abaodoaaàme» entidremeai à Dieu ei à sa sainte vo^^ ^^ lonté. En revenant au filage, nous réoitiona le ebapelet de ^* la Bienbeureuse Viergei et nous avions dé^ paxeoura. quatre ^^ dizaines, lorsque nous rencenti&Bies deux jeunes ggns^qui ^^ nous ordonnèrent de ret o urner au viUage t ^' mon frère, dis- ^^ je à René, nous ignofonar ce qne notfs véalem ces hommes- ^' là, dans des momens d'une si grande agitation» Recom- ^^ mandons-nous avec plus de fervettr à Dteu et à k tièsHiainte << Vierge, notre bonne Mère.

^ Nons étions arrivés jusqu'au village en pariant A een ^ entrée un de ces deux jeunes gens tire une hache qu'il tenait *< cachée sous spn vêtement, et en frappa un ooup si fort sur

lOMXiON ÀMBÈaàE.

" laitètedo Reoé^que cebû'^si tomba piesf^e sanavie eapror ^^ iioaçcuit h U ë«Hsi«int nom de Jémuu Heureu^emeiit, aous ^^ aoo» étioBa «duveci donné l'avis de «afictifier kmAte moit ^^ notre deraière parole^ en psonoofaot oe nom trèansacrê, afin ^^ de gagner las tadalgeocas.

^^ A ia y«e de eetle hacbe toutasianglantai je me jette aussitôt ^^ à geneax^ j*4(ale bonnet qui n»e eoavsahy ot m'étant xecom* ^' mandé à IXi^u, j'attends le mâme sort

^^ Après m?avok laissé un instant dana cette postnie^ le ^^ meuitrier m'oidonne dé me lever^ et me dit qu'il n^avait pas ^ le pouvoir de me firâe naouiûr, paieeque j'appajienaia à une I ^^ autre famîUe» Je me lève pmmptement, je cours à mon cber ^^ «sompagnoa qtii respmit eno(»e| et je lui donne Fabscdutlon ^* quli avait l'babitude de recevoir' tana les deux jours, en " approefaautdu tâbunal de la pénitence* Ces deux jeunes ^^ gens lui donnaient alors devant moi deux nouveaux coups ^V^ui Ifi' mirent aU' nombre des bienbeueeux- ^

^^ Il aidait Sa ans* Sa simplicité, son innoccAce, sa patienoe ^^ dans les adverûtéa étaient admirables. Il ne perdait jamais ^^ de vue ht j^ésence de DieU|:et il. était amoureusement sou^ ^ mis à sa trèsHiaÎAte vcdonlé» Il mérife bien, moa Révésend " Père, que vous le véneries oomme votre enCant, non seule»- ^^ ment parcequ'il a véeu avec édification plusieurs mois dans ^^ un aovieiat de la Cono^fkagnie, et que par l'ordre des Supê- ^^ rieurs, qii'il avaU laissés entîèiemenl maîtres de disposer de ^^ Itti^ il aUait ehem les Hurons peur y exeroer envers lea obib- ^^ tiens laebireigie qu'il avait autieloîs' étudiée ; mais surtout, ^ pareeque peu avant de recevoir la mort, le désir de s'unir ^* plus étroitement à Dieu, le porta à prononcer les vœux de ^ la Compagnie, ( ^ ) pour se Uer davantage à elle. Il est bien

(1) La MUté cle Eené Qo^pît rarait hr^é à» quitter le noviciat des Jésuites de RcKffii; mab quand il m vit prisonnier des Irdqwn% et en route poev k» lieu de anf svp-

RBLATIOH ABRÉGÉE.

^^ certain que soit pendant sa vie, soit à la mort, qn'il reçut en ** prononçant le très-saint nom de Jésus, il ne s'en montra ja- " mais un enfant indigne. Bien plus, je l'estime et le vénère, " comme un frère, et comme un martyr de l'obéissance, de la " foi et de la croix. Etant très-pieux et accoutumé à vivre avec " des Sauvages chrétiens, ou très-familiarisés avec les chré- *^ tiens, il passait, chaque jour, de longues heures en prière, au " grand étonnement des Iroquois, et même avec quelques ^^ soupçons de sortilège, de leur part, à cause de la nouveauté "du fait.

" Une petite aventure occasionna sa mort. Il ôta un jour le ** bonnet d'un enfant, qui vivait dans la même cabane que lui, '^ et il lui fit faire un grand signe de croix. Un vieillard très- " superstitieux et aïeul de l'enfant, s'en aperçut, et s'imagi- " nant qu'il y avait dans cette action quelque maléfice, il or- ** donna à son neveu de tuer ce Français. La mère de Fen- *' faut me donna elle-même plus tard ces détails, et me dit que " ce motif et Tordre du vieillard ont été cause de sa mort.

" Mais reprenons notre récit. Après m'être retiré dans ma ^* cabane, où on m'avait laissé assez tranquille, je fus conduit " chez le Sauvage qui m'avait coupé le pouce, et qui était ** l'ennemi déclaré des Algonquins, et par conséquent des ** Français. Je m'attendais là, à chaque instant, à recevoir ^* un coup de hache sur la tête, et tous les autres Iroquois en " étaient aussi persuadés. Tous ceux qui m'avaient fourni ** quelque chose pour me servir de vêtement, me le redeman- " daient alors, afin^de n'en être pas privés à ma mort.

ptice, il dit au P. Jogaes : ** Moo Père, Diea m'a toujours dooné un grand déôr de *^ me ooDBacrer à son service par les Tœux de religion, dans la Compagnie de Jésus. <* Mes péchés m'en ont rendu indigne jusqu'ici. Si vous le vouliez, Mon Père, je '* feraÎA maintenant ces ycaux en présence de mon Dieu, et de tous." Le P. Jogues ému d'une si touchante prière, le laissa fitire ses vœux de dévotion. [Manuscrit du P. Jogues de 1646.] T.

BELATION ABBÉBÉE.

" Le iendemain j'étais très-inquiet de savoir ce qu'était de- ^^ Tenu le coips de mon cher compagnon, et je résolus de le " chercher malgré tous les dangers, et de Penterirer, si je le ^ pouvais. On lui avait indignement attaché une corde au " cou, et après Pavoir traîné tout nu dans le village, on Pavait " jeté assez loin dans le torrent.

^ A la sortie du village, je rencontrai le vieillard chez qui " je demeurais auparavant. Il m'avertit de ne pas sortir : " ** Où vas*tu, me dit-il ? Tu respires à peine ; on te cherche de " tous les côtés, pour te faire mourir ; et cependant tu cours " après un c<Mrps mort, et à moitié en putréfaction. Ne voisr " tu pas ces jeunes gens là qui vont te tuer ! "

'^ Il y en avait en effet quelques-uns, les armes à la main, à " une petite distance devant moi. Mais je ne craignais rien ; "car la vie, dans de telles angoises, était pour moi un tour- " ment, et au contraire la marty dans un pareil acte de charité, " était un véritable gain ( ^ ) .

" Je continuai ma route. Quand ce vieillard me vit si ferme "dans ma résolution, il dit à un autre Sauvage de me tenir " compagnie. Avec son secours, je retrouvai le cadavre, que " les chiens avaient déjà commencé à déchirer auprès des " reins. Je le cachai alors sous quelques pierres, dans la par- " tie la plus profonde du torrent, me proposant de revenir le " lendemain avec une bêche, pour pouvoir Penterrer seul et en " secret ; car je craignais qu'on ne Pexhumât.

" Deux jeunes gens m'attendirent à mon retour pour me " conduire à leur village, sans doute afin de me donner la " mort. Bien persuadés de leur projet, je leur dis que j'étais^ " au pouvoir de ceux chez qui je demeurais, et que je les sui- " vrais, si ceux-ci le voulaient Je l'aurais certainement fait.

(i)Pha.Lti.

ii6

BBIAnOX ABBtetiB.

^ Cette xo»0 n^yftnt pan lénsn, nn d^ntre ièiix qui avait été ^ blessé aTcc aon ùèie, au iBomeitt de notie {NeHNi, s'avança le *^ lendemain, la hache à la main pour me fi^pper dans les ^ champs oà mes mattores m'amient eavojé^ je ne saispour ^*4fae\ trai^ail; mais le iiieîliaid de notie cabane, l^anèta dons " sa marche, et Pempêcha d'exâcnler son dfeaaein. Dieu vou* ^ lait m'iq9pieiidTe ainsi à modère ioute ma an^nee e^ fut, ^* fWsquHljptmaS sùin ie 9not (> ), et à oe rien cmindve des ^ hommes, tandis qae le S^gnew pmtégmU wmvie{^)^ f/h *^ cietwv mène nepeaijmBtùubmr de la MIa soiw «97» onire («}.

" TPfeyant doïic pas pa accomplir mon pfcrjet ise jour lâ, le '^ lendemain matin je pattîs de bonne herare, at^ec une %êche ** pour faire une fi>sse ; mais on a^^oh enleté mon fi^re.

** Je vais à Pendroit où il était. Je gravis la colline, au ^* pied de laquelle coule le terrent ; j'en descends, je parcours ^* la forêt qui est de l'autre côté : tout est inutile. Hf àlgré la ** hauteur des eaux qui atteignaient jusqu'à !a ceinture, par- ^^ cequ'îl avait plu toute la nuit, et malgré l*air froid ( nous ** étions au 1er octobre ), je sondai avec mon bâton et avec mes ^ pieds pour m'assurer si ia iotce du courant ne f^vait peut- ^^ (étie pas entraîné plus loin. Je demandai à tous ceux que ^* je trouvsd, s'ils savaient ce qu'il était devenu ; mais comme ^ ces Sauvages sont très-menteurs, bt qu'ils répondent toujours ^ dans le sens affirmatif, sans avoir égard à la vérité, ils me *^ dirent que les eaux l'avaient entraîné dans le fleuve voisin ; ^^ ce qui était faux. Que de gémissemens je poussai alors ? ^^ Que de larmes je versai, et qui se mêlaient aux eaux du ^^ torrent, pendant que je vous adressais,' 6 mon Dieu, le chant

(1)1. Pet 5.1 (S) Pg. 26. 1.

(8) Luc 21. 18.

lUELATXQV âW&lteiJR.

S885SSBsa[te|

en I

^* des pMMneS'âteiii^ dans notse fmvpi» lEglàB^y panr i^office

^ Ofieiidnl îapiès UvioHte 4es oeiges, j^fqppris de qocdqiied ^ jeniieB gens qafÛiê awent va les «ssemeos épars A\l oadavie ^ de^ee Fouifais* Je «te ImnspoEte àkn «ax les lieux. Je ^^ vecœille ifodkpias «s à ^demi xongési iestes4e8^Gmefis,'de8 ^ Jirafw let 4es ooftieaiaX) et <eii fiartictdier une tète brisfie ea '^*|d»iie«njeAd»qîts« Je ba.ise avec xespeel ^ees saiaftes jreli* ^^ «fiies, est je les43fte^ «w letie, pour 4|«Ula joiur, ffi idie est la ^* ^«ricHité de JUm^ j^eii {ll]l88^ «pnebk me (eue «ôiite et ^lefaiéâeaiie.

-^ H y a «a .fanA dewte blea d^solves ^uigeie eiifsoie, eemras ^^ «I iaeaaniis, dQiit 1^ Seigne» m'a déiiwé, ^algr^ le raau- ^*^»œ wetdrâr et la ^aine des Iroq&ois ; mais }e nefyuis j>as«er ^ sous silence le fait suivant II y avait dans Qotve OfiANUie un ^ hoBUBM sdial4 '^itme idennuida de lui eouperdeux {xdmes ^ d'unniQDpean dtêteéfe, jqjoi vPen avait que sept^^t qui si|ffi- ^ «fth 4 peine ^ 4]pe Couvrir i ^^ Mais, lui dis-je, tu «se ^wis, ^ SBO» ifirèie, gsebcter de 6oid, pendait toute la miit, avec ce ^ irétemeiKt eeact et léger. Cependant fais comme ta voudras. ^

^^ Cette réponse si modérée, le blessa. Il vient me cAieMàer ^ .an snoroeat isà j'^éfeais daos la cabane de quelques efapétiens ^ HurdiM (^ar ^Ifos les jours je les insttfuisais, iea etiiffifdtMt de ^ moupemmjmiefMt €t ^e J^. fùtfamnê ^m £mX'{% ) et li ^ «n^ordoiUMt ^«m ton sé^ve de-a^etoiiLmer à ma cahaite. Aus- ^ sitât que je fus rentré, on envoya demander le «aeurtrier de " René, pour que la même main, qui avait mis fin à «a vie, ^ terminât aussi la mienne ; mais on ne put le trouver.

^ Le lendemain, on me fit conduire par deux femmes dans ^ le cbamp, où était alors ce Sauvage, sous prétexte d^en rap-

(l)OiiL4.1^.

BKLÀTIOK ASkiaÉM.

^^ porter quelque eKose, mais réeUement poor loi donner eeea:- ^^ sion de me faire mourir. Deux jours auparavant le ils uni- ^^ que de la femme d'an des capitaines^ étût mort dans notre '^ cabane, et on voulait m'immoler à ces mânes. Ces femmes ^^ portaient avec elles des eitrouilles, des épis,, et antre» objets '^ de ce genre, q«ii devaient être le prix de ma mort.

^* Je fesais semblant de ne rien entendre des projets que ^^ l'on formait inutilement contre moi, et je gardaU le sUénct^ ^^ comme aij^euêse été muet; en sorte que j'étais deifenu comme '^ un homme qui n? entend paSj et qui ne peut rien répondre ; ^^fai espéré en vousy Seigneur (*). Je me rappelai la douceur ^^ de celui qui se Urisea conduire comme un agneau à la hou- ^^ chérie ('), et je m^avançai vers la mort,, en priant Dieu de ne ^* pas frappe» mee ennemis^ maie de lee dieperser edon kt vérité ^ deea parole (»).

^' Nous rencontrâmes au miKeu de fat route, le meurtrier ^^ qu'elles cherchaient. En l'apercevant de loin, je me re- *^ commandai à Dieu pour la dernière ibis, et je le conjurai de ^ recevoir mon àme abattue sous le poids de tant de douleurs " et d'angoises : mais sans doute mes péchés m'avaient encore ^ rendu indigne de cette faveur.

^^ ÂiNPès qu'il eût passé sans tietL dire, noms tiouvâmes sa ^^ mère qui adressa à mes conductrices^ quelques parties, que ^' je ne pus comprendre. Celtes^i toutes tremblantes, s'en- ^^ fuient comme si on les poursuivait,^ et me laissent au milieu <^ du chemin. Elles avaient bien vu que je connaissais leur " dessein..

^^ Je passai ainsi deux mois depuis notre arrivée, dan» ces " craintes, et dans ces dangers continuel, <|ai me fèeaient

(9) Act 8. 9f, (8) Ps. 68. 7.

BELÂTION ABSÊaâS.

Page 1