‹ Relation abrégée de quelques missions des pères de la Compagnie de Jésus dans la Nouvelle-FranceChapitre 19 sur 37 · PB. 4S · texte numérisé non relu

PB. 4S

i%) tob 8. 2S.

(8) Marc 18 20.

(4) Noos avons essayé d'indiqQer quelques miei des nom^uses citaUoas da P. ^<]gi]«i. €ii en troisrei eiKX>r» beausoisp. dlUiCras^ et lOMettt des eKpressicns isolées. , H est facile de s'apercevoir qu'elles eouleat iifttiireUenie«t de en plome, et que toot soo style en est rempn. T.

(6) Heb. 10. 38.

(8) Ps. 128. 6.

BBUbtKm JoxdaAB.

Stfi

^^ bres (^}« NousoMM â^ ak»8 accabléê^dê maux eascessifs^ em ^^ sorte que nauêéiions/laHgués, de vivre (*). Je disais aveo ^^ Job^ mai» daa» un amre seas t quand Dieu^ na me/erait pas *^ mourir fe^^eraiê toujours an. Aii (').

^' A|»rè8 deux bkhs paMés^ dans cette letiadte où, hatutanl ^^ les forêts comfiae BenMffd^ je*iie m'occupais que de Dieu, je ^fue un td objet de haine pour i<nM cea Sauvages,! que ne ^' pouvant plus me soufinr, ils me reuvoyèieut au village avant ^^ répoque oïdinaire.

^^ Devenu ïmx j/eux de Dieu^ comme une bête de somme {^}^ ^' je fus cliargé dHuie énonne (jpiautité de viandes. Je tâ^ <^ chai pendant ce voyage, qui fut de 6 jouis, de me tenir uni <^ à lui, ignorant le sort qui m'attendait à mon arrivée.

^^ Déjàqioelques Sauvages qui noua avaient devancés avaient ^* répandu beaucoup de bruits sur moi Dana le chemin, j'eus ^^ beaucoup à souffiir de ma nudité presque complète sous ub ^^' froid tcès-piqiiant. Je passais [^»«que toutes les nuits en ^^ plein air, et| j'avais encore les doigta couverts de plaies^ qm ^^ se cicatrisèrent à peine au milieu de janvier.

'^ Dans le viUage^on me donna. une petite peaU| pour ajouter *^ au vêtement usé, qui me couvrait. Ainsi à demi-vôtu,. je ^^ parcfMirais les rues en conjurant le Seigneur de m'admettre, ^* un jour, au nombre de ses Saints, qui l'avaient servi autres ^^ fois, 80US les geaux de brebis et les peau» de ehivres^ dans les ^^ afflictions et Us perolcutious^ eux dont le monde u'éiait pas di*

^^ J'avais tous lea jpm» sou» les jeux des Sauvages bien ^' vêtus avec lei» étofiea et lea vêtemena qui se trouvaîeM en

(1) Loess, 68.

(l>nGor.l.S.

(»)JoK18.1«.

(6) Héb. 11. 87.

BELATION ABRÉGÉE.

^ grande tjnsurtitê dans nos bagages, tandis que le jouir et la " nuit je grelotais de froid ; mais c*était peu encore. J'étais ^^ bien plus sensible à Pindigne profanation qu'ils fesaient des " vêtemens sacrés. Un d'eux s'était fait des mitasses { * ) avec " deux voiles dont on se sert ordinairement à la messe, en ^ changeant ainsi étrangement leur destination.

" Je puis dire, avec vérité devant Dieu, de tout le tems qui " s'écoula jusqu'au niilieu de janvier : Jvsqu^h cette heure nous ^^ souffrons la faim^ la aoif^ la nudité et Ua mauvais traûemene; '' nous fCtwons point de demeures stables ; on nous maudit et nom ^ hénissans ) on nous persécute et notis le souffrons. Nous sommes ^ deœnus comme les ordures du monde^ comme les balayures qui " sont rejetées de tous (•).

'^ Mes maîtres au retour de la chasse, vers le milieu de jan- " vier, me donnèrent des peaux pour me couvrir un peu mieux : ^^ mais un Lorrain qui vivait avec les Hollandais, apprenant ce " que je soui&ais, m'envoya en présent un des vêtemens qu'ils " ont coutume de vendre aux Sauvages., Ce fut un petit sou- ^' lagement à ma douleur.

** J'en reçus un plus grand encore d'ube bonne vieille, dont " le fils unique avait péri il y avait peu de tems. Elle occu- ^^ pait un des premiers rangs parmi les siens (car la Barbarie ^ a aussi sa Noblesse). Elle, prit soin de moi, et le Seigneur " me fit trouver grâce devant elle. Tout cela n'était qu'une ^^ petite consolation dans de si grandes épreuves.

^^ Cependant, quand je vis qu'on me laissait la vie, je m'ap- ^ pliquai à l'étude de la langue ; et comme les assemblées non ^' seulement de notre village, mais de tout le pays, se tenaient

(1) Les mitasses sont une espèce de bas, oousos sur la jambe même, et cpii la couvrent depuis Torteil jusqu'au genoux. Les Sauvages aiment encore aujom'd'hai à les orner avec soin. T»

(2) L Cor. 4. 11.

BBLATION ABRÊaÊE.

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dans notre cabane, je pus commencer à instruire les plus anciens sur les mystères de notre foi. Ils m'adressaient mille questions sur le soleil, la lune et la figure que représente son disque, sur la circonférence de la terre, la grandeur de Pocéan, le flux et le reflux des mers.

^^ Us me demandaient si, comme ils Pavaient entendu dire, le ciel touchait quelque part à la terre, et choses semblables. Comme je leur répondais, d'après ce que la science enseigne, en me proportionnant à leur intielligence, ils étaient saisis d'admiration, et disaient : " Nous aurions fait une gmnde sottise de te tuer, comme nous avons été si souvent sur le point de le Taire. "

^^ Je.m'effi>rçais alors de les conduiie.de la connaissance des créatures À celle du Créateur. Je réfutais 1^ fables qu'ils racontent sdr la création du monde qui a été formé, d'après eux, par une tortue. Je leur faisais voir que le soleil qui n'a ni intelligence, ni vie, ne pouvait être un Dieu ; mais que, ai sa beauté les avait frappés au point de le faire passer à leurs yeux pour une divinité^ il fallait donc que celui qui l'avait créé fût bien plus magnifique encore.

" J'ajoutais que Aïreskoï n'était pas un Dieu,, mais un Démon qui se disait feussement l'auteur et le conservateur de la vie, et k distributeur de tous les biens dont ils jouissaient ** Si les Sauvages n'avaient pa^ plus de peine à cioife^ qu'à être convaincus, nm victoire eût été bien vîte remportée ; .mais on dirait que le Prince du monde^ banni de presque toute la terre par la vertu die la croix, s'est réfugié dans ces régions, comme dans une place impiennable. Aussi Pemr pire qp'il exerce ici, depuis tant d'années, ne pourra être détruit que dans la suite des tems par l'invincible constance des soldats de Jésus-Christ.

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