‹ Relation abrégée de quelques missions des pères de la Compagnie de Jésus dans la Nouvelle-FranceChapitre 20 sur 37 · SS · texte numérisé non relu

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BSLàTIOH ABSÈeftE.

** Cependant, en attendant ce triomphe, J.-C, Seigneur de ^^ ces contrées conune du reste de la terre, choisissait quelques ^' élus non seulement parmi les enfans qui sont montés au ciel *' en grand nombre, mais encore parmi les adultes que je bap- ^^ tisai dans les maladies ou dans la captivité. J'ai instruit ^^ beaucoup d'autres indigènes adultes pendant leurs infirmi- ^* tés ; les uns ne me comprirent pas ; d'autres me repoussèrent. ^^ Quelques-uns m'approuvèrent, mais de bouche seulement, et ^ par une certaine politesse, qui leur fait regarder comme une ^^ grosdèreté de contredire quelqu'un qui parle, politesse capa- *^ ble de faire illusion, si on n'est pas sur ses gardes.

^^ J'allais aussi quelquefois jusque dans les vUlages voisins ^^ consoler, instruire, confesser et absoudre les chrétiens Hu- ^^ rons qui ne fléchissaient pas le genoux devant Baal (i), au- '^ tant que je le pouvais, annoncer Dieu en tout lieu, assister ^' les mourans et surtout porter secours aux enfans en danger.

'^ Voilà mon unique consolation dans mes cruelles angoises. ^^ Il m'arriva même un jour, en visitant dans ce dessein, un vil- << lage voisin, d'y baptiser cinq enfans qui se sont peu après ^* envolés au ciel, comme je l'ai ^pflns dans un autre voyage.

^* Deux mois s'étaient écoulés dans ces exercices et autres ^^ semblables, et à étudier cette langue, comme je pouvais, ^^ (car qu'est-ce qu'une étude sans écriture ?) quand après la ^^ fonte des neiges au milieu de .mars, les Sauvages me con- " duisirent avec eux à la pêche.

'* Nous allons donc an vieillard, une femme âgée, un jeune '^ garçon et moi, à un lac éloigné de 4 jours de marche, où " nous ne prenons que très-peu de petits poissons. On mélan- '^ geait ordinairement leurs intestins à notre farine de blé dinde '^ pour l'assaisonner, car ils gardaient le poisson pour le porter " au village.

(l)IILReg. 19.18.

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RELATION iLBBtoiE.

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** L'habitude, la faim, le défaut de vivres meilleurs, m'avaient ^ Tendu cette nourriture, je ne dirai pas agréable, mais tolé- ^^ rable. Il en était de même des intestins à moitié pourris des ^' cerfs, qu'ils mêlent avec le sang et une partie des excré- ^ mens, des champignons cuits à l'eau, des coquillages gâtés, ^^ et des grenouilles qu'ils mangent toutes entières avec la tète ^^ et les pattes, sans les écorcher, ni les vider.

^* Dans ces voyages ou dans cette paisible retraite, que de ^^ fois nous nous sommes ctssis sur les bords des fleuves de Baby- ^^ Urne et nous avons versé des larmes au souvenir de Sion (^), ^* non seulement de la Sion triomphante dans les Cieux, mais dé ^^ celle qui glorifie Ureu sur la terre ? Que de fois, bien que ^^ «tir une terre étrangère^ nous avons chanté le cantique du ** Seigneur et nous avons fait retentir les forêts et les mon- ^^ tagnes des louanges de leur Auteur, qu'elles n'avaient pas ^^ entendues depuis leur création ! Que de fois, j'ai gravé le ^^ nom de Jésus sur les arbres élevés des forêts, afin que les ^^ démons qui tremblent en Ventendant prononcer^ prissent la " fuite en le voyant ! Que de fois en découpant Pécorce, j'ai ^^ tracé sur les arbres, la très-sainte croix de mon Dieu, pour *^ faire fiiir ses ennemis, et que par Mbj 6 mon Seigneur et mon '^ Roi, vousrégnassiez au milieu des ennemis de votre croix, '* les hérétiques et les païens, habitans de ces contrées, et sur ^^ les démons qui y dominent au loin.

*^ Je me rejouissais de ce que Dieu eût permis que je fusse " conduit dans cette solitude, à l'époque où l'Eglise rappelle le ^^ souvenir de ses souffirances, puisque je pouvais plus à loisir, ^* me retracer les détails de sa Passion, ses amertumes et son ^^ fiel, et sécher de douleur à ce souvenir.

" Aussitôt donc que j'avais terminé le travail que je devais

(1) Ps. 186. 1.

RELATION ABB^aÉÇ.

^' à mes mattvea, pomi^e aepiteur de Sauvages ( c'est^-dire, *^ eouper le bpis, comipe . jç pouvais, et l'apporter pofir les << besoias de la famille), je passais piesque tout mon tems, loin ^^ de la cabane, aux pieds d^une cioix, que j'avai» tracée car ^^ un pin élevé : n^aia on x^e me laissa pas longtems jouir de ce ^^ oaint repos, ^'avais déj^ passé trop de jours, «aA» mes ^^ angoisses accoçitpmées..

" Le lijndi de la Semaine sainte, un Sauvage de notre " village vint nous trouver. Voici è quelle occs^sion ; di3^ ** Iroquois., parmi lesquels était le fila de celui qui m'avait ** coupé le pouc^, et dai?is la cabane de qui je demeurai^, " étaie^i^t parti?, pour la .gueo» au nûUe#de l^té. On n'avait *^ e^ aucuqe pouveUe d'eu:?: ni pepdapt le r^^te de l'été, ni " pendant l'automne, ni pendçtnt tfinfX l'hiveT- Ils étaient déjà ^^ regardés epinme morts, ^t des guêpiers (^ça natipiis voisines ^^ avaient mêmç répandu le bruit, qu'ils avaient été victimes " de la cruauté de leurs ennemis. Mais pendant notre absence, " on amena, au commencement du printema, un pyiaonnier. *' Interrogé sur leur sort, il répondit que le fait était vrai, et " qu'ils avaient été mis à mort. N'ayant plus alors aucun ^^ 49^te9 ils impiolènent de suite cç prisonnjeT aux mânes du '^ je^une h^omme, fils du matoe de la cabane : mais ce prison* *^ nie^ parut u^i\e victiiwç tjtop yiie pour tenir la place de ce " jeune homme distingué*

" On vint donc me chercher, au lac où nous étions, pour me " réunir à cette première victime et compenser ainai la mort " du guerrier. C'est ainsi que l'avaient décidé une ou deux " femmes et un vieillard décrépit.

^' Nous paitons le lendemain, comme si npus eussions été ". poursuivis. Ils donnaient pour prétexte que les ennemis " étaient en campagne. Nous arrivâmes au village le Jeudi ** saint, vers le soir.

*^ Le jour suivant, le dernier de la vie du Sauveur, devait " aussi terminer la mienne, si le Seigneur qui, eh ce jour, " tti'alvait dohnê par sa toolrt la vie de Pâme, n^eût pas voulu ** nie conserver la vie du corps.

** Le jour donc, où je devais être mis à mort, il courut d'abord •" Un brait vagiie, dont on ignorait la source, que ceux que l'on " croyait perdus vivaient encore, ensuite qu'ils s'étaient réunis " à une autre bande et qu'ils amieUaient vingt-deux prisonniers.

" Dieu déjoua donc ainsi les cruels projeté des Sauvages, et " th'apptît à reconnaître le $oin qv?U prenait de moi (*) afin " de m'obliger à me jeter tout entier dans «m seihy sachant " bien qu'il ne me laisserait pas tomber à tefre.

" Echappé à ces périls et à bien d'autres, j'éprouvais ** iiaturellement une certaine joie, mais elle ne m'empêchait ** pas dé gétriir, en me* voyant toujours exposé à de nouvelles " douleurs et dé très^-éruelë tourmens, et condamné à une vie " plus pénible que mille morts.

" Je ressentais seul le contre coup de leurs succès ou de " leurs revers. Quelqu'un tombait-il sous lé fei* de l'ennfemi ? " on ihë déniandaiï attrssitôt comme Victime pour ses^ mânes. *^ Amenait-on quelques prisonniers, après en avoir tué quelques " uns, selon leur coutume, comme c'étaient des Françêiîs ou " des amis des Français, ihon cœuï était toujours en proie à " une grande doUléùr. J'âimaîs donc par choix les lieux retirés ^* et solitaires où, loin des habitations, je n'étais pas le triste " témoin de la cruauté ordînaite des Sauvages, et où je pouvais " m'occuper de Dieu, avec plus de liberté et d'ardeur : mais ** sachant bien que Lia, quoique malade des yeux, était plus ^^ féconde^ et avait eu plus d'enfans que Rachel, et me rap- " pelant de plus l'esprit de notre Société, qui veut qu'on pré-

(i)LPat6.e.

SELATIOM ABBÊGÊB.

^^ fère le salut du prochain à ses consolations, je restais volon- ^^ tiers dans la cabane t Non seulement je trouvais dans le ^^ village plus de facilité pour étudier la langue, mais je pour- '* voyais mieux au baptême des enfans et au salut des adultes. " Quand je m'absentais, j'avais à gémir ordinairement en ^' apprenant qu'un adulte était mort sans instruction owl on *^ enfant sans baptême.

^* Nos Sauvages revenaient donc de la guerre avec 32 pri- ** sonniers. Six d'entre eux appartenaient à une nation avec ^^ laquelle ils n'avaient jamais été en guerre. Contre tout '^ droit et toute justice, ils les accablèrent de coups de bâton, et *^ mutilèrent leurs doigts, selon leur coutume. Cinq autres ^^ furent destinés à la mort ; il ne restait que des enfans, des ^* jeunes filles et des femmes, tous réservés à l'esclavage. Leur ^' salut m'inquiétait, car j'ignorais leur langue. Cependant, à ^^ l'aide de quelques mots que je savais, et surtout avec l'assis- " tance d'un Sauvage, qui parlait les deux langues, je parvins ^^ avec la grâce de Dieu à les instruire, et à les baptiser. Voilà '* ce qui arriva aux fêtes de Pâques.

^* A la Pentecôte, ils amenèrent d'autres captifs, c^est-à-dire^ " trois femmes avec de petits enfans. Us avaient tué les ^^ hommes à cause de nos Français. Ils dépouillèrent ces " femmes de leurs vêtemens, même du brayet^ et les firent ^^ entrer dans le village, après les avoir accablées de coups. ^^ Us leur coupèrent les pouces, et ce qu'ils n'avaient jamais ^^ fait, ils jetèrent l'une d'elle dans un énorme bûcher, ajarès " l'avoir brûlée sur tout le corps.

^' Je fus témoin pour la première fois de ce fait digne de ^' remarque ; chaque fois qu'on appliquait le feu à cette femme <^ avec des torches ardentes, un des Anciens disait ^à haute '* voix : " Démon Aïreskoï, nous t'offirons cette victime, que ^' nous brûlons en ton honneur, pour te rassasier de sa cbair^ et

RELÂTIOV ÀBUÉGtÉIL

^ poar<)i:ie tuaoafi rendes enc<»e vainqueurs de nos ennemis.*'

^ Son corps, coupé par moiceaux, fol porté dans les différens ^, villi^^es^ s&n de servir de noamtnie.

^ Au mitieu de Pluvi^, ils s'étaient reproché en effet d'avoir ^ traité quelques captifs avec trop de bonté et de ne s'étie pas ^ nounis de leur ehair. Aussi dans le sacrifice solennel de ^ deux Ours qu'ils offiirent à leur démon, ils firent entendre ^< ^oes paroles: ^ TVi nous punis justenaent, démon Aïreskoï, "^ puisque depuis longteias, nQUs n'avons pas fait de prisonniers. ^ ( Pendant l'été et l'automne ils n'avaient pris aucun Algon- *^ qnin ; ee sont leurs ennemis prc^rement dits.) Nous t'avons ^ »oflènsé en ne mangeant pas les derniers captifs que nous ^ aiKons immolés. Si nous en prenons d'autres, nous te pro- ^ mettons de les manger, comme nous allons lùanger ces deux *^ Ours." Ik accomplirent leur promesse.

^ JU baptisé cette fenune en lui portant à boire sur son ^^ bûcher. J'avais essayé en vain de le faise auparavant

^' La veille de la nativité, de St Jean-Baptiste, dont il est ^ écdt: fluneuÊTê se réf&mroni à sa naùêosèee (^), l'arrivée de ^* jonze «aptife Hurons et d'un Français, vint mettre le comble ^ à mes douleurs ordinaires. Je ne parle pas de trois autres '^ dcmt les Sauvages apportaient les chevelures^ après les avoir ^ tués, ni de dix Hurons i^anni lesquels on comptait quelques '^ .uns de aos plus illustres chrétiens, qui, trompés perfidement ^^ jpar des dehors d'amitié, forent ensuite massacrés.

^^ Je ressentais bien alors ce châtiment, que méritaient mes ^ péchés «t que Dieu avait annoncé à son peuple par oes "^ jparolest Le$ aQlennùia de vas nêoménies et voafêUe seront chanr ^^géesmjàurdê deidlet d'afflictim 0);en etkt aux fétesde «< PàfMS, de la PeateeÀle <et ^de la natisrité de SL Jean-Baptiste, ^ je me suis vu aeeaUé de nouveUes douleurs, qu'augmenta

(«) AuMA^a la

tS4

SKLAaritUI ATKBJîAfe^

'^ beaueoi^ depnis^ la défaite de 100 KnreM, dém vue partie ^ fat livrée aux flammes che2 des nations voinaes^ après atoir ^^ passé par tontes les honreurs de toimnei» cruels. Infortané que ^ je suis ! Mui^d&ne niptmtvoir lé malheur de mon peuple (^) f

** An milieu de ces poignantes angoissety intérieure», et ^ d'antres semblables, ^ nwn âme ee eonsmn» dans la dovUeufr et ^ mee Jours dame lee gêmieeemene (^). Le Seigneur rtia frappé h ^ eauee de mee miqtgiUe^ et û a fait deeeédker tMm âme, comme '^ Paraignéè (^). H m*a rm&aeii êPamerkme ; H rn^a enmeré d^àb- ^ eifàhe. Le eonedlatmr qui pofimtU me eouhger^ e*eae Soigné de ^ mùi{^) .* maie dam toue ee$ maïuat nauie Èriomphonej et a/veo là ^ ffrêce de Dieu^ nous Sriempherai» pair celui qui nous a mmês/sf), ^ en attendant celtti gui doit venir ei qui ne tardera pae{^)jju8qît^h ^ ee qu^arriee fnon heure comme oMe du mercenaire' (^)| eu que " mon changement soit opêri (*).

^ Quoique bien probablement^ je puisse m'éehapper, si je le " veux, soit par la colonie des Européens ou par le moyen des ^ autree Sauvage» nos voisins, j^ résolu cependsnt, avec la •* grâce de Dieu, de vivre et de mourir sur cette croix, oh Xe ^* Seigneur mfa attaché avec lui. Qui pourrait en effet, en mon •• abscence, consoler et absoudre les captifs Fhmçais ? Qui " rappellerait aux chrétiens Hurons leurs devoirs ? Qui ins- •• trairait les captifs Huions, quVm amenemit encore ? Qui ^ prendrait soin de^régénérer les enfans dan» les* eatix du bap- ^^ tême, de pourvoir au salut des adultes moribonds, et d'ins- " traire ceux qui sont en santé ?

" Certainement je regarde comme une Providence toute •* particulière de la bonté de Dieu que je sois tombé au pou- " voir de ces Sauvages tandis que leur haine contre kt reli- ** gion, et la guerre craelle qu*ils fesaient aux autres Sauvages,

(l)LHach.2. 7. (2)P8.80. 11. (S) P& 88. 12. (4> Lameot. 3. 1& (5) Rom. 8. 87. (S) Hébc 10. 87. (7) Job. 7. 1. (8> Job; 11. 14'

BliLATiOK ABSÊGÊE*

^^ et aux Français à leur OGoasion, fermaient à la foi Peatrée ^^ dans ces pays^ et que par un effet de sa volonté, ils m'aient " cependant conservé jusqu'à présent, malgré eux et pour ainsi " dire contre leur gré, afin que, tout indigne que j'en suis, je " puisse instruire, éclairer dans la foi, et baptiser tous ceux ^'qui étaient prédestinés à la gloire. Depuis ma captivité ^^ j'ai régénéré, soixante et dix personnes, enfans, jeunes gens " et veijlards de cinq nations et de langues différentes, afin que ^' chaque tribuy chaque langue^ chaque nation soU représentée ** devant P Agneau (^).

^^ Voilà pourquoi je fiéchis^ chaque jour, le genou en présence " du Seigneur et du Père de mon Seigneur (*), pour que, si sa " gloire le demande, il fasse évanouir les projets des Euro- " péens et des Sauvages qui songent ou à m'arracher à mon " exil^ ou à me rendre à mes firères. Plusieurs en effet ont " parlé de ma délivrance, et les Hollandais, chez qui je vous " écris, ont jfait des ofires généreuses, et en. font encore, pour ^^ ma rançon et celle de mes compagnons. Je les ai visités ^^ deux fois, et ils m'ont reçu avec bonté. Ils ne négligent " rien pour obtenir notre rachat. Ils vont même jusqu'à com- ^^ bler de présens les Sauvages chez qui je vis, pour qu'ils me " traitent avec douceur.

^^ Mais je commence à me lasser d'une lettre si longue et " si diffuse.

" Je prie donc instamment votre Révérence de vouloir bien, " malgré mon indignité, me regarder toujours comme son en- " fant. Quoique Sauvage par mes habitudes et mon vête- " ment, et vivant même presque séparé de mon Dieu dans une '^ vie si agitée, je veux cependant mourir, comme j'ai toujours ^' vécu. enfant. de la sainte Eglise Romaine, et membre de la " Compagnie de Jésus.

(t)Apoc.7. ».

RELATION ABBÊGIÊE.

" Obtenez-moi de Dieu, mon Révérend Père, par vos SS. ^^ sacrifices, qu'après avoir mal profité jusqu'à ce jour, de tant ^^ de secours qu'il m'a offerts pour arriver à la plus haute sain- ^^ teté, je ne perde pas la dernière occasion qu'il me présente. ^^ Votre bonté ne refusera pas cette grâce à la prière suppliante " de votre enfant

** Je mène tme vie vraiment bien digne de pitié, et où ^^ toutes les vertus sont en danger. La foi au milieu des ténè- ^^ bres si épaisses de l'infidélité, l'espérance dans de si lon- ^^ gués et de si cruelles épreuves ; la charité en présence de tant ^^ de corruption, et dans la privation de tous les sacremens. ^^ Quoique la chasteté ne trouve pas ici beaucoup de dangers ^^ du côté des délices, elle en rencontre dans ce mélange et ^^ cette familiarité des deux sexes, dans cette liberté absolue ^^ laissée à chacun de tout dire et de tout faire, et surtout dans ^^ les nudités continuelles. Bon gré mal gré, il faut souvent ^^ voir ici ce qu'ailleurs on cacherait non seulement aux re- ^^ gards des curieux, mais même de qui que ce soit.

^^ C'est pourquoi je pousse tous les jours des gémissemens ^^ vers mon Dieu, pour qu'il ne me laiaaepas sans secours formi ^^ les moriSj avec qui je via (^), et je lui demande qu'au milieu ^^ de toutes ces impuretés et de ce culte idolatrique des démons, ^^ où il m'a exposé seul et sans défense, mon oobut reste pwr ^^ dcms ses just^jkations (') ; afin que lorsque le bon Pasteur ^^ viendra rasseftMer les tribus ^rses JPIsrael (^), il nous retire ^^ des nations pour bénir son saint Nom (^). Fiai/ fiai!

** De votre Révérence

^ Le très-humble Serviteur et Fils en J. C.

*^ ISAAC JOGUKS, S. J.

(1) Pi. 87. 5.

(S) Pf. lis. 80. (8)Pg.l46.8.

(4) Pa. 108. 47.

BBLÀTIOK ABBÊGÊE.

^^ Qu'il me soit permis, par le moyen de votre Révérence, " de saluer tous mes RR. PP. et mes très-chers FF., que je ^^ chéris, et que je respecté tous en N. S., et de me recom- ^^ mander à leurs prières.

^^ A la colonie de Renselaerswhich (^), dans la Nouvelle ^^ Belgique, le 5 août de l'année 1643.

" Votre très humble Serviteur et Fils en J. C.

^^ ISAAC JOGUES. s. J. "

^ Ib Tkax J00UE8 BUSPiNDU aux potkauz. )

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