CHAPITRE VL Mort du P. Charles Garnisr
OUS avions deux missions ( * ) dans les montagnes de la nation du Petun, et ! chacune d'elles occupait deux Pères.
La mission de St Jean, qui formait le I principal village, était la plus exposée à l'ennemi. C'est-là que le P. Garnier, i son missionnaire infatigable, avait répandu tant de sueurs, et qu'il devait verser son sang.
Un prisonnier, échappé du pays des ennemis, vint nous donner avis du projet qu'ils avaient formé d'envahir notre île (*) ou les montagnes de Saint Jean. Les habitans de ^j^ ^^ village se tinrent, pendant plusieurs jours, tout prêts à les recevoir avec vigueur. Comme ils étaient Crès-couiageux et bons guerriers, ils comptaient sur une victoire facile : mais bientôt, ennuyés d'attendre si longtems, ils prirent le parti d'aller à leur rencontre, afin de les attaquer les premiers, et à Pimproviste.
Ils partirent dans ce dessein, le 5 décembre ; malheureusement ils n'avaient pas pris la route que tenaient leurs ennemis. Les Iroquois, en approchant du village, firent deux prisonniers, et connurent ainsi l'état de faiblesse où il était réduit, depuis le départ de ceux qui s'étaient mis à leur recherche.
(i) lAmisaoo de 8t JeM rEvaBgéfîste, en Satmige Etharita, et celle de St Mattbiaa, en Sauvage, Ekarenniondl T.
(s) Vue St Joseph (aujourdliai Charity oa Christian liland, près de Penetan* gmaiieDe. ) T.
BCLATION ABRÉGÉE.
Afin de profiter d'une occasion anssi favorable, ils précipitent leur marche, et le 7 de décembre, vers la 20e heure (^), ils se présentent aux portes du village.
La surprise fut si grande, qu'une terreur panique s'empara de tous ses habitans, et qu'au lieu de résistei^^ ils ne songèrent qu'à fuïi' : mais 6e fut en vain pour le plus ^;mnd[ nombfew Les uns furent fkits prisonniers, les autres périrent par le ^aâve on dans les flammes que les Irbquois, dans la crainte du retour des guerriers, avaient allumées partout pour en finir plus vfte. Dans un court espace de tems, ils eitercèrent d'étranges ertàvtés, particulièrement sur'les enfans qu'ils arrachaient des Inras de leurs inères, pour les jeter tout vîvàns dans le fexi.
A cette époque, le P. Charles G^hier était setd des ndtles dans ce village. Il ne voulut pas entendre parler de fuir, ttelgré le conseil que lui donnaient quelques-uns de ses amis* II aima mieux mourir, comme ses frères, en âdministmnt les sacremfens, et en eihortant tous ses néophytes à vivre ou à ôiourîr, toujours fidèles à leur foi.
II s'occupait à ce saint minîsfèife, quand tm des ennieinis le perça de S balles d'un coup d'arquebuse. L'une l'atteignit à Pestomiac, l'autre à la poitrine et la troisième à te cuissi^. Cette dernière blessure le renversa à terre, et aussitôt où le frit levef lés mains vers !e ciel, et donner dés signes de grande piété.
Peu après, sortant comme d'un profond sommeil, îl jette les yeux autour de luî, et apercevant un homme blessé comme laîy il conçoit l'espérance de lui procurer quelques secoms spirituels. Pressé par sa charité et le zèle qui le brûlait, il recueille ses forûes, se lève, mais en fesant deux pas, à moitié à genoux, afin de s'approcher du malade, îl retombe malgré lui.
(1)2 Ptenres de raprô»-midî.
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BBLATlCni AMtefcK,
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et est finroé de s^furrèter. Peu vpthny il reprend courage, et fait «n second et un tzoisièiiie effoirt, comme s'il eût voulu mourir dans Pexercioe de cette charité^ dont U avait douiié tant d'exemples pendant sa vie.
Nous ne connaissons pas d'autres particularités sur ses derniers momensy car la bonne cbré^énne (^ ) qui fut témoin d^ tout ce que nous ven<»ts de raconter, ayant été au même mo* ment firapjpée d'un coup, de hache à la tête, tomba à terre, et fut abandonnée comme morte ; mais Dieu permit qu'elle recouvrât la santé, et qu'elle vint nous donner tou.$ ces détails. Outre le coup d'arquebuse, le P. Garnie? avait reçu deux coupç de hache, qui lui avaient ouvert la tête aux tempes, et qui avaient découvert sa cervelle.
Les deux Missionnaires (^) qui étaient d^ans la mission voisine, passèrent toute la nuit à recevoir les pauvres chrétieqs £ugî^i£B« Le lend^naîn matin, jUs allèrent eux-mêmes au village de St Jean pour donner la sépulture à leur cher confrère, et ils virent, de leurs propres yeux» les effets de la cruauté de leurs ennemis. Us cherchèrent envain pendant longtem^, ce précieux cadavre ; ils le trouvèrent enfin, dépouillé de ses vètemens, au milieu d'un gran^ nombre d^autres à moitié cour sûmes par les âammes. Il était tellement défiguré qu'ils ne l'auraient pas reconnu, sans quelques bons néophytes, qui distinguèxent entre tous, le corps de leur Père chéri. Les Mis^ sixmnaires donnèrent chacun une partie de leurs vètemens, pour l'ensevelir» et ils repartirent, aussitôt avec leurs compagnons, dans la crainte des ennemis.
Les guerriers de St. Jean connurent ces malheurs par les ■ " '' ■ '■■■■' " ■■ ' ■- ■ "■-■11 1 ■ ■ ■ ■ 1 1 1 1 ■ .- ■ , ■ ," 1 ■ . ■
(1 ) Ell« se nommait MnrChe Teendiotnhwi. Slle mourut S mois après des stâtes de sa blessure. Le P. Ragueneau, qui l'assista alors, lui fit confirmer eooore, ayant sa mort, la yérité de son rédi (Maouserit du P. Ragueneau). T.
(S) Les PP. Lâonard Qamm et Adrien Oreloii. T.
BELATION ABldBGÉE.
Uaces de sang, et par les cadavres des prisonniers les plus faibles, dont les ennemis s'étaient défaits en chemin, conmie d'un embarras dangereux. Ils arrivèrent an village deux jours après.
Selon leur coutume et celle de leurs ancêtres, ils passèrent une journée entière, dans un profond silence, assis à terre les yeux baissés, et presque sans mouvement, semblables à des statues de marbre ou de bronze. Ils abandonnent aux femmes les larmes et les gémissemens.
Lie P. Gamier était né à Paris. Il mourut âgé de 44 ans, après en avoir passé S5 dans la Compagnie, -et 13 dans cette mission.
Dès son enfance, on vit en lui un grand penchant pour la vertu, et surtout une grande dévotion envers la très-sainte Vierge, qu'il appelait toujours sa mère. Il s'était engagé, pajr vœu, à défendre jusqu'à la mort son Immaculée Conception, et il aimait à l'honorer sous ce titre. Sa mort arriva la veille de cette fête, qu'il alla célébrer avec plus de solennité dans le ciel.
Lorsqu'il était encore pensionnaire de notre collège de Paris, son père lui donnait tous lQ^ mois quelques pièces de monnaie pour ses menus plaisirs. Il les conservait pour les jours de congé où il lui était permis de sortir, et au lieu de les consacrer aux divertissemens, il les portait aux prisonniers. Il acheta un jour mi mauvais livre et le brûla, pour l'empêcher de nuire à personne. Une autre fois, il se trouva en compagnie de quelques condisciples, qui entrèrent dans un cabaret pour boire. Il resta à la porte, comme un laquais, aimant mieux attendre qu'ils eussent fini, plutôt que de violer les règles de la congrégation, qui le défendaient.
Monsieur son père, en le présentant au P. Provincial pour entrer dans la Compagnie, lui écrivit qu'il lui donnait un en-
fiELATIOK ABBtoÊE.
fant à qui on n'avait jamais eu à reprocher la plus légère désobéissance.
Sa modestie, vraiment angélique, mérita que dès le commencement même de son noviciat, on le proposât à tous ses frères, comme un modèle.
LfCS Supérieurs) qui n'avcdent pas voulu le recevoir dans la Compagnie, sans le consentement de sa famille, acquiescèrent bien moins encore à sa demande d'aller en Canada, contre la volonté de son père qui s'y opposait fortement : mais la persévérance et les instances du Serviteur de Dieu pendant des années entières, triomphèrent de tous les obstacles, et il obtint l'objet de ses désirs.
Pendant la traversée pour aller à la Nouvelle-France, son zèle ardent et sa prudence obtinrent des conversions remarquables, et entre autres, celle d'un homme, sans conscience et sans religion, qui, depuis plus de dix années, ne s'était pas
confessé.
Il avait pour ces conquêtes, un talent particulier, qui brilla
bien plus encore, dans la conversion des Sauvages, dont il
avait appris parfaitement la langue, et dont il gagnait les cœurs
par mille industries. Plusieurs ont assuré que sa vue seule
avait changé leur cœur, et leur avait fait prendre la résolution
de se convertir.
Son humilité était profonde, et bien que profès des quatre vœux, et orné sous tous les rapports des plus belles qualités, il se regardait comme le dernier de tous, même de ceux qui ne sont pas prêtres. Les éloges qu'on lui donnait, étaient à ses yeux une punition de Dieu, et il en éprouvait une peine sensible. C'est ppur cela que, comme contre-poison, il découvrait, à ceux qui le louaient, les défauts qu'il croyait les plus propres à le faire mépriser.
Au milieu des plus distrayantes occupations, il conservait.
BMjànOM AUBJflfc
pendaBl tous le« exeicices de piélé, ua pai&it recneiUement et une grande ferveur. Il donnait sur la dure, comme tons les ICistioBiiaiieft de ce pays, mais de plu il portait «ne ceinture de £» avec des.étoiles d'aciet» et il s'en servak pour dkieî|diiie.
Sa nourriture était non seulement très-insipide, mais trèspeu de chose, et il distribuait le reste aiiix iiéoessiteax^ surtout pendant les deux dernièies années de sa vie. Bien qu'il eut été éleyé déUcaîement an sein d'une famiUe nolde, et qoe (font la moUon de aan pèrty hê marcmaitrtê emêest UmÈ m a&ondcmce, on le vit à cette époque, se condamner partie par nécessité, partie par vertu, à ne plua manger, même de Ué* dUnde, qui forme Punique nourriture du pajis, et à se contenter de quelques glands ou de quelques raeinea amères^ eaites simplifient à Peau, sans sel, sans pain ou autie accompagnement
Trois jours avant sa mort, le Supérieur (^ ) de la mission hû avait écrit d'examiner, s'il ne serait pas à propos, afin de le défatiguer un peu, de suspendre un moment, le travail excessif auquel il se livrait, et il l'invitait pour cela, â passer quelque tems à la résidence fixe de Ste. Marie. Voici une partie de sa réponse {^) : ^^ Il est vrai que je souffire quelque chose du " côté de la faim, mais ce ri^est pas jusqu^à la moif («),Dieu ^^ merci mon corps et mon esprit se soutiennent dans leur vi- " gueur. Ce n*est pas de ce côté-là que je crains ; mais ce ** que je craindrais davantage semit, qu'en quittant mon trou- ** peau en ces tems de misère et dans ces frayeurs de la guerre '^ qu'il a besoin de moi plus que jamais, je ne manquasse aux ^^ occasions qae Dieu me donne de me perdre pour lui, et <^ qu'ensuite je ne me rendisse indigne de ses faveurs ; je n'ai
(1) Le p. Paul Ba^eneau.' (a) Ifatt M. 8&
( a ) Nous copioDs le Miuraacrit de. 1662. T.
BBLàTIOlî AlUtAeiffiL 269^
^^ que tro{> de soîA de moiris^me^ et si je voyais qae^ ^^ les forcés, fbssent pour me manquer, puisque votie Rêvé- ^^ re&ee me le eoB»a«nAe, je u^ manqttemi pas de pai;tir^ eta ^^ je suis toujours ptèt à to^ qifitter pour mourir daus Pobéis- *^ sance où Dieu me veut. Sans^ eela je ne descendrai jamais ^^ de la crôit^ où sa bonté m'a mis.''
Les détails, que nous avons donnés sur son intérieur, sont recueillis dans le tém<Hgnage de celui (^) qui l'a confessé et ccainu intimement, pendant plus de douze années^ It ajoute encore ( ^) ; ^^ Je puis dise avec v^té, qu^en toutes oea années, ^^ qu'il répandadt devant moi tout son cœur^^eommeil fesaitde- ^^ yant Dieu même^ je ne crois pas que, hors du sommeil, il ait ^V été une iseule heure sans ces désirs aidens et vébémenis de s'a- ^^ vancer de plus en plus dedans les voies de Dieu, et d'y avan^ ^' cer son prochain. Hors de cela, rien au monde ne le tou- ^^ chait, ni parens, ni amis^ ni repos, ni consolaticNfis^ ni peines, ^^ ni fatigues ; son tout était en Dieu et hors de lui tout ne lui « était tien."
Voici une lettre d'un de ses confrères, («) écrite sur l'invitati^ j^ressante de son Supérieur (^ ) : ^' Puisque votre Rêvé- ^^ rence désire que j|e lui écrive ce que je sais des vertus *^ du P. Charles Gamier, je coucherai ici ce que j'en ai remar* ^^ que. Je puis dire en général que je ne connaissais pas de ^^ vertu qui lui manquât, et qu'il les avait toutes dans un haut ^^ degré. Je puis aussi assurer qu'en quatre ans que j'ai été ^^ son compagnon, je ne l'ai jamais vu faire une faate qui fàt ^^ directement contrç quelque vertu. Il cherchait vraiment
<l ) Le P. Paul Bagueneao. T.
(2) Manuscrit de 1652. T.
(8) Le F. Léonard GteitMKL Ce fidisiottDSite fttt Itd môme Tictitue phn tard de la rage des Lroquois. Blessé à mort à l'entrée du lae des Deux-Montagnes, îl vînt mourir à Montréal le Septembre 1666. *£,
(4)NdaB0DpiQDaleBi*àQBcritd«l(U^9. T^
BEI^ITIOV ABBÊG&B.
^^ Dieu dans son emploi et non pas soi-même, ^t je n'ai ja- ^^ mais pa remarquer que la natnre agit en loi, particulièrement ^* dans les fonctions de nos missions. Il se portait ardemment '^ à quoi que ce fût, avec autant de z^e pour les affaires d'autrui ^* et pour l'avancement des autres églises, commode la sienne. ^' Je l'ai toujours vu dans une grande égalité, parmi l'adversité '^ et les succès. Son cœur ni son visage ne paraissaient jamais ^^ troublés de quoi que ce fût. Il jouissait d'une grande paix ^^ d'esprit, qui provenait d'une grande conformité qu'il avait ^' aux volontés de Dieu, à laquelle vertu depuis quelque tems, " il s'étudiait particulièrement. Tout le monde sait le zèle ^* qu'il avait pour la conversion des Sauvages, comme il ai- ^^ mait d'être en mission, — ^la peine qu'il avait de la quitter, ^^ — et combien il pressait lorsqu'il était .en la maison, pour re- ^' tourner en mission.
^^ Il me souvient que dans une maladie, lorsqu'on me croyait ^^ tout proche de la mort, un soir en me veillant, il me deman- '^ da, que, lorsque je serais en paradis, je priasse pour la mis- ^^ sion de St. Joseph, dont alors il avait le soin. Il me deman- ^^ da cela uniquement, et d'une façon que je ne puis expliquer, '^ et qui me fit concevoir qu'il ne songeait à rien qu'au bien ^^ de sa mission. J'admirais souvent en lui qu'il ne parlait ja- " mais en mauvaise part, d'aucun Sauvage, quelqu'impertinent 'V qu'il fût; et moi souvent lui parlant de quelque faute qui " m'eût déplu en eux,, il m'écoutait tranquillement, et l'excu- ^^ sait ou bien ne disait mot ; et jamais je n'ai pu remarquer, ^^ ni en ses paroles, ni en ses actions, si peu que ce soit de " passion, en l'endroit d'aucun Sauvage. Il n'avait point '^ d'autres pensées, que des choses de sa mission. II était ^^ ignorant de la France, coname un homme qui jamais n'y eût " été. Et les nouvelles qu'il en attendait, une fois chaque année ^^ fesaient si peu d'impression dans son esiurit, qu'illes oubliait
SEIJLTION ABRÉGÉE.
^^ incontinent. Ce n'était qu'avec •violence, qu'il se captivait " à Pentretien de quelques lettres ( * ) dont il ne se pouvait dis- " penser.
" Il semblait n'être né que pour la conversion des Sauvages. ^^ Sa ferveur en cet endroit croissait toujours. Il avait un sen- '^ sible regret, quand quelque petit enfant lui échappait, mou- ^' rant sans baptême. Cette nouvelle le surprenait et Paffli- ^^ geait, comme un autre serait affligé de la mort d'un de ses ^^ plus proches parens.
^^ Son zèle était infatigable. Il quittait souvent le manger ^^ et le repos pour ses chrétiens. Je l'ai vu partir, souvent d'un *^ très-mauvais tems, et marcher avec de grandes incommodi- ^' tés, allant d'un bourg à l'autre, tomber dans les rivières. ^' Rien n'était capable de l'arrêter, quand il était question de " travailler pour les Sauvages.
^^ Il s'accommodait bien avec son compagnon, quel qu'il fût. '^ Jamais il ne m'a dit parole qui fût le moins du monde con- ^^ tre la charité. Il prenait toujours le pire pour soi, et m'ac- ^^ commodait en tout II tâchait de couvrir sa charité du pré- ^^ texte de sa propre commodité, «onime si ce qui était le pire ^^ lui eut été le plus commode.
'^ Son obéissance était remarquable, pleine de soumission et ^^ de simplicité. Quoiqu'il fût quelque fois particulier en ses '^ pensées, dès le moment qu'il connaissait im sentiment con- ^' traire à celui du Supérieur, il agissait avec autant d'ardeur '^ dans l'esprit d'autrui qu'il eût fait dans le sien. Il était ^^ très-exact dans l'observation de nos règles, et quelqu'occu- ^^ pation qu'il eût pour la conversion des sauvages, jamais il ^^ n'eût perdu aucun tems de ses oraisons, de ses lectures spiri- ^^ tuelles, ni de son examen. Il retranchait de son sommeil,
(1 ) L'estime qa'oD amt pour ce Stfntenr de Dieu a porté à recueillir ses lettre^ oa ea ft cooflerrô 21 adrewéee à goD Pare et à aci frères; %
VELAm<m AlHUfeiS.
^' oe qui kd avait numqnê poof oet efiet, dans la l>riëTeté du ** jour.
^^ Sa chasteté était si ptue, qn^elle me paraissait aagêliqne ; ^* 4ans tme modestie aassi rase, qtie je n'en ai point vu en. ^ Franoe» Mais smtoat j'admkais «on huRïilîté. Il avait un ^ tiès4>as sentiment de «oi-même, .et quoiqu'il teAt des talens ^^ tarès-éminens pour ses missions, néanmdfis il se post^posait '^ à tous les craties. lies Jonanges des liomffieS'Bele toudiaient ^^ aucunement. Je ne Tai jamais om pa^r, ai en «on avan- ^ ^ti^, ni avec n^pris d*mxlnii<!
*< iSoA eompmioMj homme dHue haute venu, était aussi «on ^* eonfesseor. ^Qmnd ils étaient ansenffile, 9 -se confessait ^^toQsdes ijouns, selon fuat^ de nos missieimaixes dans ces ^ omtoréen.
Voici d^autres détails, qui paiatteontpeut-ëtie ^mpnnnuffeux & quelques penmmesi, ^maisiKm «éUes q«d scient ^e qm conslitue la<v$ritafb]e veftu,'«tqui la pèsenlau pcâdsda sanetuaire. flous IPivronsvAipoitar surisefl ëpatûes fendant trois à quatre milles, dee malades -qiâ inspiraient de 1%orreur, mais ^^il ^qpéfait gagner à Bleu ;--soi^eT pendant longtems, et plusieurs fois chaque jour des plaieslAs^dégoutantes et IneuraMes, qiâ fe sa S e n t fiiir les parens même du malade. Yourlui H con- 'servtfit 'totijonn un visage iSerëin, oiSi se peignsât Qa charité pourle sriift de cessâmes qtâ, l)ien qucdans uii corps en pourriture, avaient cependant ooûtê autant qu'aucune autre à son Hédemptenr.
Plus samort approchait, jflus H devenait actif à les servir, fkiinême "tems aussi augmentait leurs 'besoins. H <esdt SO et 46imflles à pied dans 'les grandes chaleurs de i*étê, et dans | des lieux ^infestés d'enneniis, courant *à là suite de son guide, sBu de tVQy;ver eopoi^ér^n vjie^ i»t,4e bi^pti^ef 4i:ie]|)ve luonbopd, ou quelque prisonnier déjà condamné aux flammes. Dans œs
SBLiiTIOW ABttfMiOfeB.
ooeasioss, il a {lassé quelque fcds la i^ait, égaie dans les bois, au milieu de la neige et de la glasoe.
Dans le tems de l'épidâtnie, on lui feosiait l'eatrée des «cabanes, cooune je l'ai isaconté ; mais poussé par son zèle, il ne craignait pas de s'exposer à mille dai^isas,pour.pé9Ciétfer là où il espérait conquérir une âme à Dieu. IL invoquait alors avec beaucoup de confiance les anges gardiens de ces contrées, et il en a reçu une assistance visible. Des moribons ont aperçu près de lui, un beau jeune homme qui l'accompagnait, et qui les exhortait à profiter de ses instructions.
Il avait un attrait particulier pour les malades les plus abandonnés. Il témoignait une tendresse plus que maternelle aux Sauvages qu'il rencontrait, et même aux plus cruels et aux plus ingrats afin de les convertir. Son zèle ne connaissait pas de bornes. Il soupirait après la découverte de nouveaux pays et d'autres nations plus éloignées. Il a même désiré tomber entre les mains des Iroquois, pour avoir occasion de leur prêcher la foi, mais le Seigneur lui a accordé la première grâce sans la seconde. Il a travaillé dans toutes les missions Huronnes, et quelques unes lui doivent leur fondation, entre autres ! celle dans laquelle il est mort
Il n'avait d'attache ni pour les lieux, ni pour les personnes, \ ni pour ses propres travaux. Toute occupation lui était égale, : quand elle lui était commandée par ses Supérieurs. Ils lui \ ont fieût quitter quelque fois une mission qu'il affectionnait, pour ! l'envoyer dans des cas de nécessité, travailler comme une bête de sommé à traîner des fardeaux sur la' neige, servir les malades, faire la cuisine, porter le bois, chercher à 20 et SO milles au loin, des grappes de raisin pour faire du vin de messe. Dans toutes ces circonstances, il était toujours le même, c'està^iiré toujours calme, content, et sachant trouver Dieu partout ^' Nous ne ferons jamsds rien pour le salut des âmes, disait-
BELATION ABB]£aÉB.
^^ il, si Dieu n'est pas avec nous, et s'il n'agit pas en nous, ^^ par Pobéissance, Entreprendre une chose par sa propre vo- ^^ lonté, s'est se chercher soi-même/'
Disons, en un mot, que tous ceux qui le connaissaient, le regardaient comme un saint.
Googk
(MOBT DD P. ChABAHSL.)