Tome I
du terrain offrait de grands avantages à la cava^lerie ennemie , qui s'était fornaée en nombre considérable. Le maréchal Morlier ne s'attacha donc toujours à avancer sur la roule de Pirna , qu'en profitant de l'abri que lui procuraient ces villages , et dans ce moment il se trouvait à. Sellnilz.
Quiconque connaît l'art de la guerre , comprendra combien il était difficile de déployer successivement, en forme d'éventail , une masse aussi grande, mais dont les forces n'étaient pas excessives , proportionnellement à l'ennemi , et de se porter sur ses flancs. Cependant,d'aprës un cal« cul superficiel ^ et qui nç peut être plus exact que le temps et les circonstances ne l'ont permis , je ne crois pas que Napoléon ait été plus. fort que les alliés. Il avait environ cent mil^Ie hommes dans ce combat. Je ne connaissais pas les. forces, de l'ennemi. Mais si celles-ci surpassaient Jarmée française , quant à la masse , il ne faut pas. ou-., l^lier i^ que tout le plan des alliés fut détruit par l'arrivée de la grande.armée de Nappléon , et quC; la hardiesse avec laquelle Bonaparte avaity^xécuté sa sortie, les avait réduits de l'ofiç/isive à la, défensive; il était donc devenu nécessaire de former un autre plan, afin dVgir avec des forces concentrées sur' un terrain Irès-élendu et
très-coupé. Ce pVan cntVaîhait une foule de difficultés,' quand même on eût pu envoyer,»
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dans toules les directions , des renforts pris du cenlre. . ; ^
2^ Lorsqu'on attaque d'après un plan fixe , et lorsque les mouvemensi qui y sont relatifs sont excentriques , le temps orageux et pluvieux est un avantage important; le temps est au con« traire très-défavorable à celui qui est attaqué, en lui ôtanl les moyens de faire des observations exactes. Les colonnes ou les batteries^ peuvent cacher plus aisément les mouvémens et les marches. Le corps qui est attaqué est surpris; ce qui arriva d^ns cette action.
. 3» Lesi^lli|é& nejpo)jv,aiejit, dans le. moment » ni. coninaitre retendue de3;foirces dont.Napoléon pouvait, dispoîser. y oi iSavoir s'il avait renoncé tout'à-fait ^ la Silésie, et si: toute son armée était en maqOh.e, S'ils le repoussaient, en éprouvant 4ps perles coasidérableSi, ialors Dresde lui restait cono^me: point d'appui , comme une source à laquejlç. il .pouvait puiser des. munitions et des. yivi:^'^ iandi^. que les mauvais chemins lesmet* trient daii^rimpQs^bilit^^dç faire transporter les lei4rs;; ain<^i i'approy^iopnement d'une si grande armée leur serait devenu tout*à-fait impossible*
4^, ^e'ii^<^,enç,p^ <em.cQr6 compte de la mort
d,ç .Aîor^jjVi ; ni; de l'arrivée tardive de Klenau;
(on assure que Cflfcederi^ière circonstance fit
pencher la balance ). Si un capitaine tel que.
MQreaiik avait uqe ipflueqçe aussi grande qu'on
aGo CAMPAGNE
le croit sur les entreprises projetées , on ne doit pas s'étonner de ce que sa pwvt , dans ce n>onient, anoena un c^iangement dans le plan priluitif qui venait de lui.
D'après toutes ces circonstances importantes , la bravoure seule ne pouvait pas décider le sort de la journée; et il ne faut pas être surpris si le clairvoyant prince de Schwarzeniberg conseilla aux monarques alli-és de se retirer , puisque l'entreprise contre Dresde avait échoué.
La division du lieutenant fetd-naarécbal MetzKo, qui avait formé Tavant-garde du corps de Klenaa, l'ut attaquée enlre deux et trois heures après midi, prèS'de Rosstbal ypar la cavalerie du roi • de Naples , et particulièrement par les cuirassiers saxons et la cavalerie légère française , qui parvinrent à éparpiller les carrés ennemis. L'infanterie française prit aussi quelques balaillbi^s c oiiattribue 1^ succès de cetle action princfpaleoïeM an régiment saxon des cuirassiers de Za^troW<Le$ Autrichiens étaient épuisés j- ils a-vaienl petdtr leurs communications avec le reste de l'armée-, Wla pluie avait tois leurs i1!lslf)stou^3•^ait hors d^élat' de servir. . ."
Ge fut là «n d»es ré«rf*a<B prijicipau^ delà ï>atafiHe: earraririée Française fit seize à vingt' milite' ptisenniers, presque toiTS' Autrichiens; s'erâ paradé diî canons et de quelques drapeaux. Un se^^ e<mdiTé9filtai.fui te rtftraiïetle Wuie l'ai-oiéc »t*
E\ $kXEy l8l3, 261
liée , qui rentra en Bohêmç. Napoléon s'en aperçut et fut inforirié de l'un et de Fauire de ces avantages sur les trois heures après midi , lorsque la canonnade du centre cessa y et que le roi de Naples l'eut fait instruire du succès que son corps avait eu. Napoléon montrait dans ce moment un calme aussi parfait que s*il eût joué une partie d'échecs près de son feu de bivouac; mais il envoya sans délai un ordre au p^énérat Vandamme d'avancer des environs de Kœnigstein vers la roule de Bohême. Au fait , on ne peut se figurer rien de plus commodé^ que la manière dont Napoléon gagna cette bataille , puisque le succès ne dépendit que de la combinaisoti dç$ marches , de leiFet du canon et de quelques accidens fôcbeux : car ^ excepté la pluie qui Tinonda ainsi que tout son monde , et lé voyage vers la route de Pirna, en passant par Strehlà, il ne quitta pas la place où il était fort à son aise près du feu de bivouac. Il déjeunait avecBerthier, et il avait Tair de tout faire négligemment, lorsque le feld - marécluil lieutenant Metzko ; qui était blessé, lui fut amené, il ordonna surle-champ de le faire asseoir et panser. Regardant les opérations de la journée comme terminées, il demanda son cheval; l'eau dégouttait des manches de sa capolle grise, et le retroussis de son chapeau pendait en arrière vers la nuque du cou. Ainsi marchait le héros de la bataille^ celui
qui répandait Tépouvante^ accompagné de letafmajor , au milieu des cris de joie et des applaudissemens des troupes qui se pressaient de tous côtés. En trottant, ainsi que de coutume, comme un boucher, il entra au château vers les six heures : il y trouva , pour satisfaire ses besoins , plusieurs objets dont ses trQupes et celles de l'armée ennemie qui avaient tant souffert , étaient obligées de se passer. Que dire de la situation des prisonniers et des blessés. La perte des Français peut être évaluée à huit ou dix mille hommes tant tués que blessés (i).
Le lendemain matin Napoléon se rendit de bonne heure au même endroit où il avait passé la plus grande partie du jour précédent. L'armée alliée continua sa retraite, pendant la nuit, par le chemin des montagnes en se dirigeant vers
(i) C'est à dessein que je ne suis pas Mitré dans les détails concernanl la disposition des troupes dans cette bataille, dont on a lu des descriptions très-ëtendnes , jnais à peu de chose près, très-exactes. Ces pages n^étant que des matériaux dont on peut répondre , je ne me sois arrêté qu'aux faits et aux circonstances principales oa même accessoires que les autres ne pouvaient connaître avec la même précision ;sans revenir sur des récils déjà reconnus fidèles ; la nécessité seule et les rapports des I eotr'eox m^ont obligé quelquefois de m'éloigner de 1 ] ^ qui est de ne raconter que ce que j'ai vu de
!i I I pen ttant des excursions qui
i )ire complète.
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la Bohême , par Dippoldiswalde et Allenberg ; on ne voyait plus que la cavalerie de l'arrièregarde sur les hauteurs entre Recknitz et Plauen. Napoléon la suivit dans la inême direcûon , s*arrêta pendant quelque temps , en observant trèsattentivement d*nne petite hauteur tout près de Recknitz , et chargea un de ses officiers d'ordonnance, qui était ingénieur^ de calculer d'un coup d œil la distance qu'il j avait de ce point au jardin de Mocsinsky. Elle était de deux mille coudées; et c'était ici l'endroit qu'on lui aura probablement indiqué comme la place où Moreau fut atteint par le boulet lancé de la redoute près du jardin. Un paysan qui avait conduit à Dresde le chien sur le collier duquel était écrit le nom de Moreau , reçut quelques pièces d'or.De là Bonaparte suivit son avant-garde jusque sur la hauteur vers Kaiditz ; et comme on lui amena plusieurs prisonniers , qui se plaignaient des privations qu'ils avaient endurées pendant les derniers jours , Napoléon dit à ses généraux , d'un ton moqueur , qu'après tant de préparatifs faits contre lui , on n'avait pensé qu'en dernier lieu à l'établissement des magasins, et à d'autres dispositions semblables; que cependant les troupes n'avaient pas trouvé de quoi se nourrir. Il laissa à sa cavalerie le soin de continuer à poursuivre l'ennemi ; il monta à cheval et revint sur ses pas en traversant la plaine couverte
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de cheT.iux lues . déjf iina frugalement près dit feu du hivuuao, et se dirigea sur Leubnilz. Ayant conceniré l» cavalerie de la Garde , il menaça l'arrière-garde de rarmée enaeraie près de Nic- !|(ern, ainsi que pi es de Prohliset de Nicder-Sediitz; mais les allies suivireni avec beaucoup de c^Ime et de pcudence leur arrnée principale par différens chemins^ le long de la roule de Maxen. Les cosaques couvraienl encpre les hauteurs de Luga et de Gross-Sediilz , lorsque Napotéoo arriva à peu près enlre une et deux heures sur la grande route près de Sporwitz et de Mugeln. Il alla jusques aux environs de la ville de Ptrna ; il s'assit sur un pliant, qu'on lui ap> porta , et se fit raconter par quelques habitans de la ville et des environs , tout ce qu'il avait appris sur les événemens. Le prince de Wirtemberg s'était battu le malin contre le général Vandamme , el avait fait habilement sa retraite en prenant probablement le chemin de Toeplitz, par la petite route en traversant le Gajerïberg. Napoléon crojatt alors tout fmi. Vandamme pénétra en Bohême du côté de Péterswalde ; le roi de Naples en fit autant par Fre^berg' et Frauenstein ; d'autres corps suivirent les alliés sur ta route de Pippuldiswalde. Comme toutes f^allij^s s'étaient retirées vers les petites ~~ f. Vftrs Maxen , etc. , tandis que '^'^i.les routes princi'*
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pales , Napoléon tout -à- fait tranquille, après s'être arrêté une heure , et avoir reçu divers rapports, dit au comte de LohaniEh bien! je
ne vois plus rien Faites retourner la vieille
Garde à Dresde j /<z jeune Garde restera ici au biifouac Il\ fit venir son carrosse, y monta et; se rendit à Dresde avec la plus grande tranquillité et fort gaîment , sans songer que celte confiance fournirait à ses adversaires les moyens d'anéantir une des principales armées françaises. Si Napoléon eût continué sa marche ce Jour-là , il serait arrivé, sans doute, le lendemain au défilé principal près de Péterswalde et NoUendorf, et se serait trouvé sur les derrières du corps de Kleitst. Mais ce général se détourna de la petite route qui tra* verse le Geyersberg, en débouchant par Breilenau elFurstenwalde , en descendant sur la grande roule de Péterswalde, et sépara tout- à -fait le corps de Vandamme , de la Saxe. Ce corps fut presque entièrement détruit dans les journées des 29 et 5o août , aux environs de Culm , par la vaillance et le concours de toutes les armées ciliées , qui s'étaient réunies en Bohême. On perdit plus de soixante-dix canons; et d'une armée^ qui comptait plus de trente mille hommes , à peine la troi3ième partie parvint-elle, après quatre ou cinq jours, à se réunir aux troupes qui étaient sur la frontière de la Bohême. Ce fut le corps de Kleist qui leur coupa presque entièrement
la retraîle , de manière qu'ils furent obligés de se sauver l'un après l'autre dans les bois et dan* les monlacrnes.
Larésolulion momentanée prise par Napoléon de retourner àDresde, eut des suiles Incalculables^ du moins sur les événemensqui suivirent immédia' lement. Celte perle que l'armée venait d'essuyer, fut lenue^ comme à l'ordinaire , aussi secrète que possible au quartier général. Mais lorsque Jes premières nouvelles de la destruction du corps du général Vandamme furent connues, ceux qui enlouraient Napoléon ne purent cacher leur ejnbarras, et la profonde impression que faisaient ces mauvaises nouvelles arrivées en même temps de la Silésie. Le cabinet de Napoléon rejeta immédiatement la faute sur le général Vandamme, qui , par une trop grande ambition, s'était avancé trop imprudemment dans la Bohème. On prétendit qu'il n'aurait dû qu'occuper les défilés» sans se hasarder trop loin. On comprit dans celle occasion , que l'intention de Napoléon (aussitôt que Vandamme aurait couvert la Saxe de ce côté là, tandis que le duc de Tarenle observait la Silésie) était de rassembler l'élite de ses troupes, et de marcher conlre Berlin. Ce plan, conçu pour la destruction de la monarchie prussienne , n'était pas si mal calculé ; car, de cette manière , la ligne très- resserrée des opérations aurait pu s*éteDdre en largeur ; et Davoust , qui était i
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Hambourg, se serait avancé pour se réunir aux autres corps de l'armée française.
Ces projets furent déjoués par les déroute» des deux généraux. Le feld-rtiaréchal Bliicher cueillit , le 26 août , son plus glorieux laurier à Wahlstadl, près de laKalzbach. et défit si completlement le maréchal Macdonald,que celui-ci, pressé par Tennemi et par le mauvais temps, fut obligé de se retirer vers la Lusace, après avoir perdu plus de cent canons. De tous les côtés , de prompts secours étaient nécessaires. Au lieu de marcher sur BerHn, Napoléon chargea Ney, un de ses généraux les plus déterminés et les plus vaillans, du commandement de Tarmée qui marchait contre le prince royal de Suède. Ney se porta à la hâte sur Wiltenberg; mais il échoua , comme, on sait , le 6 septembre près de Dennewitz , contre la bravoure de Bulow et du prince royal. Napoléon lui même fut obligé d'employer toutes ses forces pour empêcher l'armée de Silésie d'avancer ; mais avant de commencer celte entreprise, il s'occupa, depuis le 29 août jusqu'au 2 septembre, de la réorganisation d'un nouveau corps d'armée, en y employant le reste des corps de Yandamme et de Sainl-Cyr.Ce nouveau corps fut destiné à pénétrer encore du côté de Pélerswalde/sou& les ordres du comte de Lobau, pour $'as3urer de l'entrée de la Bohême*. Il passa pluftlenrs fois en revue les debrisdescorpsbattus.il
26S ciivïWGirB
s'appliqua à lem» donner de l'ensemble. Il fournit ]e corps de Lobau d'une «ôuvelle artillerie, tirée des autres corps . et fit même forrner de nouveaux régimens de Polonais , qui se trouvaient parmi les prisonniers ûulricbiens. Les travaux autour de Dresde furent poursuivis avec la plus grande activité.
En attendant, l'armée de Bliicher avançait toujours avec assurance. Les soldats du corps de Macdonald, éparpillés de tous côtés, se traînaient découragés, aifamés, désarmés, blessés et le$ habits déchirés, dans les environs de Dresde, où ils arrivèrent par des roules écartées. Il était temps que Napoléon formât quelque entreprise qui mîk fin au désordre. Il quitta Dresde le 3 septenibre au soir; mais il n'arriva qu'à Hartha et Bischoffswerda^ et le lendemain matin il se trans* porta à Bautzen. Une quantité de fantassins, ap^ partenant à divers corps et régimens désarmés vinrent à sa rencontre , la pâleur sur le visage. Il cacha son dépit ; les troupes furent rangées sur-lechamp , près de la route ': on vit arriver des chaiv riots chargés de caissons; on les croyait remplis de biscuit ; mais au lieu de donner de la nourriture à ces hommes affamés , on leur distribua de nou*veaux fusils. Plus loin , Napoléon vit les débris du grand transport de munitions que les cosaques avaient fait sàuler en l'air le jour précédent. H tomba dans une profonde rêverie, et quittaBautzen
une dettii heure aprës^Usereadh à eheval sur la routede Loban> accompagné du!aiaréchal Macclonald, avança jusqu'à Hochkircb, près de Slein- (kerfel, où ii^irréû soil plan. Ce fut en cet endroitt et sur uneides hauteurs environnantes que Sébastian! fut si mal reçu ainsi que sa division de cava« Valérie- J'ai déjà: fait mention de cette circonstance. Les deux montagnes appelées Stromberg et Vohlaerberg situées* au-delà* de Hochkirch , connues par la bataille- de^ce nom dans la guerre de sept ans 9 élaiient occupés pov les âlUés. Une Sovle <x>lonne de leurs troupes feignait de vouk)ir* pénétrer à Bautzen , sur la route de Gœrlitz. Là roi de Naples alta à sa rencoirtrie et l'obligea à ise;rèlir€r. Les Prussiens dèreut s'apercevoir que fes forces des Ef ancais sr'éfeaient augmentées ; Qussi ne purent - ils ign(H*er que Napoléon lui- Blême était revenu ài'anhée. Us se contentèrent de qiuiilier la moniagae dé Voblaeilxrg à l'ap-. prache dé la ilu^i.* après june: foite résistance,. Qt après que kiir artillefiev 'poitée* otanlageur .sèment y eût causé quelque perte aux Français ^^ qui'péiiiëtrdîeiitiy 'a^fea idorst cotton^es, sarcla pootO' de' L4^a»^.'jbes Prussiens ^xuoM- leur 4*^tr»ite sur les demi routes vers Gcar^rtzv^fet pcrntfifKabmeat vqrsr.:Lo4;^au^ et Hetvïihfai. Le^»m<Kitjgiiie» cotiv>eptes de bois^- situées le: long -^de la ffonliètfé ai Bahème:^ procuraientacrx trdupes légères'des alliés tes^ moyqas d^empâcher les:
6'appliqua à lem» donner de rensemble. Il fournit ]e corps de Lobau d'une nouvelle artillerie, tirée des autres corps . et fit même former de nouveaux régimens de Polonais , qui se trouvaient parmi les prisonniers autrichiens* Les travaux autour de Dresde furent poursuivis avec la plus grande activité.
En attendant, l'armée de Blucher avançait tou« jours avec assurance. Les soldats du cor[)s de Macdonald^ éparpillés de tous côtés, se traînaient découragés , aifamés , désarmés , blessés et les habits déchirés, dans les environs de Dresde, où ils arrivèrent par des roules écartées. Il était temps que Napoléon format quelque entreprise qui mîk fin au désordre. Il quitta Dresde le 3 septenibre au soir; mais il n'arriva qu'à Hartha et Bischoffswerda^ et le lendemain matin il se transporta à Bautzen. Une quantité de fantassins, ap<» partenant à divers corps et régimens désarmés vinrent à sa rencontre , la pâleur sur le visage. Il cacha son dépit ;les troupes furent rangées sur-lechamp, près delà route : on vil arriver des charriots chargés de caissons; on les croyait remplis de biscuit ; mais au lieu de donner de la nourriture à ces hommes affamés , on leur distribua de nouveaux fusils. Plus loin , Napoléon vit les débris du grand transport de munitions que les cosaques avaient fait sauter en l'air le jour précédent. H tomba dans une profonde rêverie, et qaittaBautzett
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que leur conduite , à son égard , n'çtait qu'un système adopté pour le fatiguer , en sorte qu'il dépendait d'eux de le conduire où ils voulaient.
Lorsque Napoléon partit le malin du 5 septembre de Hochkirch , il monta sur le Vohlaerberg , et observa d'abord la position que les Prussiens et les Russes avaient occupée le jour précédent Il Cl avancer ses troupes par Glossen , vers Reichenbach , tandis qu'une autre colonne se mit en marche pour se rendre à Lobau. Cet endroit fut occupé par l'ennemi jusqu'à Taprèsmidi ; il ne se passa rien de sérieux qu'une charge de cavalerie, près dÇfJP.eichenbach , dans laquelle on fil quelques prisonniers. D'après la déposition de ces derniers, l'armée de Bliicher, forte d'environ soixante mille hommes , était commandée par les généraux Sacken , Yorck et Langeron.
Quoique l'armée de Napoléon pût être supérieure plutôt qu'inférieure en forces, c'était un trop grand risque que de s'éloigner davantage de Dresde. Le feld-maréchal Bliicher paraissait l'éviter à dessein , tandis que la grande armée, sous les ordres de Schwartzemberg, menaçait de nouveau la capitale de la Saxe. Du reste, chaque. jour enfantait de nouvelles difficultés dans la Haute-Lusace ; cette province , déjà tout-à-fait épuisée , ayant été plus hostilement traitée que jamais, par la dernière retraite des alliés, qui avaient consommé presque tout^
27^ CAM^AGÏfË
Cl emporlé on gaspillé le reste. La catâlè'rîe sùt^ tout n'y Ironva pas la moindre ressource. Bonaparte n'eut rien de mieux à faire que de se retirée à la liâie , après avoir poussé quelque Irotipes jusqu'à Gœrlilz. Celte retraite eut lieu , comme à l'ordinaire, inopinément, etau commencenient de la nuit.
En se retirant vers Dresde , Napoléon reçut, le matin dn 7, étantà Slolpen , quelques nouvelles sur la tentative infructueuse de Ne^poirrs'a?vaneei? sur Berlin ; c'était ravant-coùreur delà mauvaise nouvelle qui lui apprit que le triumvirat dé Seé' maréchaux venait d'être battu. Combien de malheurs en si peu de temps! toutes les partie^' de son boulevard stratégique étaient battues éii brèche! Dans une position aussi criti'qtre/jtr^qu^ci' plus petit point d'appui était d'une grande valeur î. il observa encore avec beaucoup d'atfention le château et les environs de Stolpen, dont la défense se combinant avec Lilienstèin et les roules* qui conduisent en Bohême , lui semblait alors de quelque imporiance. - Ceflendattt d'autres ciiî'-.'^ constances em|l>êchaient les Français de s'j nlaintenir , et il revint le ménve \oM èf Dresde:
L'armée* aHiée qui était eu Buh'ême, et qu4 avait poussé le corp«J du général Witgerrsteitf sur la routé dé Dresidc , aVail , depuis- les dernier* jours, repris possession des défilés- dt Gi^esàhu»-* bel, et avançait pâ^Zchislî et Dbbnâ; "-''"'
EN SAXB, i8i5. iy5
On voyait, des clochers de Dresde, là fumée de IVlillerie de ce côté; cependant, on était assez tranquille dans la ville. Les uns flottaient dans riucerlitude , les autres étaient devenus en quelque sorte insensibles, depuis la crainle que les derniers événemens avaient inspirée. Le 8 à midi Napoléon parut à cheval sur la route de Pirna , vers lauberge dite de Luga , et marchait à petit pas comme à une reconnaissance. L'ennemi avait occupé les hauteurs de Gross-Sedlitz, et la petite ville de Dohna. Le combat était déjà engagé; Napoléon s'arrêta près de l'allée de peupliers de Gamig; il fit prendre Dohna, fit avancer quelques colonnes pour attaquer les sommets des hauteurs voisines , et la pente de la montagne près de Klein-Sedlitz. Au moment où le point le plus élevé eut été emporté par les Français, l'artillerie et la cavalerie russe battirent en retraite : le village de Miigeln et une partie de la ville de Dohna étaient en flammes , et on se battit encore avec acharnement dans les dernières maisons de cette ville. Les Russes furent chassés de Grossr Sédlttz; mais ils se rangèrent de nouveau près de Zehist, de Pirna, et sur la petite route qui conduit en Bohême, près de Borna ^ ou aboutit la' route <lc Pirna. L'obscurité de la nuit ne permit point de continuer le combat. Napoléon fit bivouaquer ses troupes, et tran^ortason quartier général à Dohna. î