‹ Relation circonstanciée de la campagne de 1813, en Saxe;Chapitre 12 sur 23 · Tome I. i · texte numérisé non relu

Tome I. i

nerait, il prit le chemin qui conduit à Breîtenaa et au Geyérsberg , c'est-à-dire , la petite route de Tœplitz. Il avait aussi un corps assez considérable, dont je ne saurais indiquer la force. Ces troupes marGhèrenl en traversant des montagnes désertes et des villages abandonnés. On fit des reconnaissances tant à droite , vers Altenberg , qu'à gauche , vers Peterswalde. Lorsque Napoléon fut arrrivé près du Nattelberg ^ qu'il avait remarqué de Dresde comme un point de frontière bien distinct; il s'écria d'un air content : J^oilà notre montagne ! Il fit tout de suite annoncer au roi ait Saxe que l'ennemi avait été repoussé en Bobéoie. Cependant il mettait une grande circonspectioa dans toute sa conduite. Sa prévoyance se changea enétonnementjorsqu'étant arrivé au premier vil* lage de la frontière^ appelé Ebersdorf» l'immense vallée du royaume ^ si fatale pour lui, se présenta à sa vue. Du point où il était ^ rien ne l'empé-^ chait de voir la montagne et les environs do lieu où son général avait été défait. Yis-à-vis, dans le vallon entre Kulm et Tœplitz était uoe puissante armée , rangée en deux lignes , el da sommet élevé du Ofilleschauer , b plus haale de ces montagnes > s'élevait une colonne de fomée > signal de l'arrivée des Gaulois.

Entre Tannée française et celle des alliés s'é* tendait la pente du Geyersberg , escarpée et can» verte de bois > ainsi qne ks autres moalagncn

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environnantes à droite et à gauche ; l'homme le plu$ téméraire e^t trouvé son tombeau dans ce gouffre, sur ^achemia; où les Russes et les.Prus^ siens avai^ntJpfrisé plusieurs charriots et des pi;èees d'artillerie. Ce chenwn était ainsi devenu, encore plus dmg^i^W^ ' car une seule roue causée aurait arrêté la marche d'une armée entière. Napoléon ne renonç^iit à son plan qu^à gnmd regret ; il observa k>og*temp la position de l^ennemi , c|t le^ superbes environs de To^plilz. U ordonna au général Drouot de descendre et de s'avancer pour examiner la route; mais celui-ci revint plus tard avec la fâcheuse nouvelle , que le chemin élaijt tou^t-à-fait impraticable. . Si I^a^o^on voulait effectivement entrer en Bohé^ne, il fallait y aller par Peterswalde, ou biea paj^ l'Erzgebirge, à travers la Saxe, en passant à Mariensberg et à Sebastiansberg : cette dernière route était la moins convenable comme la plus longue et la plus éloignée de Dresde. Xoutes les autresi rQi^tes .intermédiaires étaient ,d(evei3Uiesiiisi|îp'alicaWe3, par h reitrs^e qu'avaient faitte les alliés pendant une plujùe continuelle^

Napjplépn revint de ce point, oii il avait fait §çs obfiCrvatipns , l'air chagrin et troublé. La plus graivde partie de ses troupes et toute sa Garde furent obligées de îaire^ vol le face , et de camper dans un pajs désert qui venait d'être pillé , et

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OÙ il n'y avait , par conséquent , aucune provision à trouver. Bonaparte éprouva mille difficultés dans toutes ses dispositions : il voulait d'abord s'arrêler à Ebersdorf, ensuite à Fiirstenwalde , et enfin il se relira jusqu'à Breitenau. A peine y avait il moyen de se lo^r dans ce pauvre] village presque entièrement ruiné; il fallut d'abord nettoyer la maison du curé y afin d'avoir un logement pour Napoléon et pour Berthier. Les troupes manquaient d'alimens ; elles étaient obligées de coucher , pendant une nuit froide d'automne 9 sur le terrain humide des montagnes. Il n'y avait point de fourrage pour les chevaux; les villages frontières étaient entièrement détruits^ et toutes les maisons qui n'étaient pas bâties en pierres avaient été bouleversées pour entretenir les feux de bivouacs; tous les environs portaient l'empreinte des horreurs de la guerre.

Tel avait été le sort de ce pauvre pays , ainsi

que de Peterswalde et de tous les alentours le

long de la frontière y qui avaient été tour à tour

dévastés par les Français et par les Russes. Le

sol , qu'on avait dix fois remué , on le fouillait de

raveau pour chercher quelques pommes de

re ; et ceux qui n'avaient pas été assez hea-

? en trouver , n'avaient y pour s'en con-

» que Fespoir d'un avenir plus heureux. La

homeur qa'excitait cet anli- paradis

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s'accput, au quartier général, par les nouvelles plus détaillées , apportées par un adjudant da maréchal Ney , qui avait été témoin oculaire de la défaite de ce général ; mais on se fiait toujours au génie de Napolçon.

Bonaparte , ayant réconnu l'impossibilité de pénétrer en Bohème par Fiirstenwalde , partit de Breitenau^ et se rendit le 1 1, dans la matinée, par un chemin de côté assez difficile, en passant par Oelse , sur la grande chaussée , vers Hollendorf. Une nombreuse cavalerie ennemie Tatten* dait entre ce village et Peterswalde. Tout en cédant à la supériorité des troupes qui avaa; çaient, elle ne put éviter un combat désavanta' geux ; ot le colonel Bliicher, fils du maréchal; s'étant exposé , avec un courage audacieux , ami attaques des Français , fut blessé et fait prisonnier par les lanciers polonais , aux environs de Peterswalde*

Napoléon profita de cette occasion pour vanter ce triomphe dans les bulletins français, avec une emphased autant plus choquante,que l'étalage des succès était moins compatible avec les infortunes qui se succédaient continuellement Bonaparte ne dit que peu de mots au colonel : car il était très * pressé , et il redoublait ses efforts pour arriver à la montagne de Nollendorf ; mais il n'^ parvint que très-tard : la forêt qui se rencontrait avait exigé quelques mesures de précaution. Les

d8o CAMPAGNE

canons faisaient'retenlir leurs coups dans le vallon f vers Kulm et Aussig ; et le corps sous les ordres du général Lobau s'arrêta sur la montagne de Noilendorf , pour garnir ce principal défilé. Il faut absolument que Bonaparte ait cru l'ennemi , qui l'arrêta sur la frontière , beaucoup plus fort qu'il ne l'était effectivement ; tandis qu'il marchait avec des masses aussi coosi* dérables, des troupes légères paraissaient scute) s opposer à sa marche. Le soir , il se logea dauM la maison du curé de Peterswalde : les habilans du village s'étaient sauvés.

Satisfait de s'être encore une fois emparé dsB défilés de la Bohême^ Napoléon employa les deux jours suivans pour retourner à Piraa , oa ii ordonna la construction d'une tête de poal palissadée, et une nouvelle distribution de fa jeune Garde dans les environs. Le cercle dans lequel il pouvait agir , s'était rétréci d^ beao^ coup. Il lui fallait attendre de quel coté il serait attaqué , et que) serait le point qui exî* gérait le plutôt sa présence. L'armée qui avait été dirigée sur Berlin était repoussée jnsqQ'à TElbe ; le maréchal Macdonald ne pouvait ptos se maintenir entre Bautzen et Gœrlitz , et Teii* nenû avait déjà fait de vives démonstrations vers la &txe y où il avait pénétré en dépassant Sébastiaosberg.

BK sAXBy iSi3. a8i.

Bonaparte lui-même ne fut plus tranquille k Dresde ; le comle Lobau fut aikiqué le i4^ ^t xepoussé jusques derrière Giesshiibet NapoléQii alla le lendemain à son secours.: il partit à ^e|^ jbeures du matia ,. et arriva à Musela , sur 1^ route de Pirna , où il reçut les différens rap^ ports. Il réprimanda iin général de la Garde àe la manière la plus dure , comme pour donnej^ tin essor au dépit dont son cœur était navré. Les blessés du jour précédent affluaient sur soq passage ; j'en vis , en peu de temps, quatre à Cinq -ceints environ , qui s'empressaient de se rendre à Dresde. Bonaparte traversant Pirna, se rendit yevs Langea- Heumersdorf^ pour y diriger la Jïiarcbe d'uj^e colonne qui , suivant les chemins 4e traverse , devait se rendre ., par Markersbach , 4tHollendorf 9 tandis qu^ le con;ite Lobau s'avan^ rçait , dans la même direction , par Giesshiib^l : sa supériorité le mit à même d'atteiodre son but ; mais l^ennemi exécuta aussi son plan de le harceler , de profiler de la faiblesse de Lobau , et d'énerver les nombreux renforts conduits par Kapoléon lui-même, en les. attirant dans un pays ruiné et épuisé. Lxibau pouvait pénétrer jus.qu'à la montagne de Nollendorf: les alliés avaient .ça^s doute aussi diminué leurs forces d^^^ce côté^ ^près avoir exécuté leur plan*

Le i6 septembJE^ , Bonaparte lui-même alla ,

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par Peterswalde , à Noilendbrf; mais le temps couvert, et le brouillard qui couvrait la vallée , ] empêchèrent de distinguer ce qui s'y passait» Il résolut donc de faire une forte reconnais* sanee , ou , s^il était possible » une attaque plus sérieuse pour le lendemain. Il se rendit, de grand matin ^ près la chapelle de Noilenberg; après avoir observe les environs pendant quelques instans , quoique le temps fût presqu'aussi peu favorable que le jour précédent, il fit des» cendre quelques bataillons le long de la route ; d'autres s'étendirent dans les bois qui sont sur lesflancs. Leschas" 'urs russes occupaient encore toui le bois qui i j'^de la grande route inclinée en pente ; il s ensuivit une fusillade très*» vive , soutenue par Tartillerie postée sur les montagnes couvertes de bois; le combat s'etH gagea ; les troupes grossissaient continuellement: la route fut disputée pendant quelque temps aux Français; enfin plusieurs brigades, suivies de rarlillerie et de la cavalerie de la Garde ^ parvinrent jusqu'à la plaine qui se prolonge jusques versKulm» Napoléon lui-même se porta jusqu'au premier village appelé Dœlnitz, situé sur la pente delà montagne. Le ciel était un peu éclairci; cependant on ne pouvait pas assez distinguer les forces de Tarmée alliée. La chapelle deKulm était entourée de brouillards : on eût dit de Tange tutélaire de la

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Bohême 9 posté d'un air meoaçant à la garde de la clef de ce royaume.

Après une courte pause , au moment que la Français voyaient diminuer Topiniâtreté de la résistance, et où Bonaparte attendait les non* velles de son avant-garde , une terrible Canonnade commença de plusieurs côtés , comme si Ton eût découvert l'ennemi pour, la première fois; les mêmes hauteurs, qui avaient Vomi là mort et la destruction sur le corps de Vandamme , lançaient une grêle de boulets et de gre* Dades sur les téméraires qui, pour la seconde fois , osaient paraître sur le sol de la Bohême. Quoiqu'une grande partie de Tarmée française fût encore hors de la portée du canon , cependant les coups perdus , qui venaient des hauteurs couvertes de buissons et masquées par le brouil^ lard , faisaient un assez grand effet ; le bruit re* ^ ternissait prodigieusement dans le vallon , et Técho, qui se répétait jusqu'à quatre fois, prolongeait le bruit de Tartillerie. Napoléon apptit •alors qu'une forte colonne ennemie s'appto^ cjiait du village de Knienitz , qui se trouvait sur ses derrières.

Le plan des alliés était semblable au premier: ils voulaient lui couper la retraite par le Nollenberg. C'était la manœuvre employée contre Van- 4amme» Napoléon remonta promptement sur la

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hauteur , tandis que ses troupes tâchaiçat de résister dans la vallée. Une division restée en réserve sur la montagne y fut appelée pour occuper j, avec une force suffisante, le village de KnienilZy sur le flanc gauche^ et par lequel passait le chemin le plus court pour arriver à Ausig. Les Françaiss'en emparèrent^ et arrivèrent devant Kulm. Leur perle eût été encore plus considérable , si le ciel ne se fût point mêlé de jce combaL Une pluie à verse, sur les cinq heures , y mit fin. Le ciel était couvert , ou ne pouvait distinguer l'ennemL Le f^u des , canons , qui tiraient au hasard » resplendissait encore au milieu de l'obscurité. La pluie , quoique moins violente , dura fort avant daiis la nuiL Napoléon avait à craindre quçlqo^ diversion contre son flanc gauche , sur un terraia qi|i lui était aussi défavorable. 3on plan était d'^ bord de passer la nuit dans la chapelle de îîjoVlendorf. IVkis comme ce séjour était triste et inhabitable , et que tout son mondese trouvait edcore dans le misérable village de Peterswaldet il résolut , quoique fort tard » d'j retourner. La nuit se passa assez tranquillement; je suppose -qHÇ les Français, épouvantés par le mauvais succès de leur entreprise , profitèrent de lobcuritë pour gagner la hauteur de la montagne ; car |e Jeodemain ils occupaient encore le petit viUa^

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de Dœloîtz , situé au pied de la montagne dà côté de la Bohême.

Il n'y a pas de doute que cette affaire leur coûta beaucoup de inionde, Tenifemi n'ayant montré la supériorité de ses forces qu'après qu'elles étaient déjà descendues dans la vallée ^ mais on n'a rien appris de certain à cet égardi Napoléon ne -regarda toute celle affaire que comme une reconnaissance. Le soir , vers la fia du combat, il fit annoncer au roi de Saxe, qu'on avait la certitude que la grandearmée alliée était postée près de Tœplitz, / * En attendant , pour se procurer des informations plus précisses, il avança eiicore une fois , le 1 8 , vers le médie point de la montagne de Nollendorf ^ et se rendit à cheval jusqu'à Knienitz. Ce village , ainsi que le bois voisin , n'étaient que faiblement occupés, ou, pour mieux dire, n'étaient remplis que de traîneurs français qui pillaient. Lorsque Napoléon iarriva à l'issue de ce bois, il rencontra , à peu de distance, une troupe de cavalerie ennemie venant de Schebritz et Zugmantel. Il toutna bride Sur-lechanïp , car Tattaque devint bientôt plus sérieuse. La légèf été des Français leur dvait fait négliger d'occuper plus tôt ce point , et à peine eut-'On le temps de faire venir les pièces nécessai^s pour en imposer aux •batteries ennemies. Aussi long-temps queNapoléon s'y arrêta > les Français se maintinrent en posses-

sion deEnieuitz^ et l'on se borna à Une assez faible canonnade. Les alliés se retirèrent de nouveau.

Napoléon se rendit sur une des hauteurs principales, tant pour faire des dispositions, que pour observer la force de lennenai. Au xxïojexk du télescope , il aperçut deux armées , et il lui échappa l'observation dont nous avons déjà parlé , que l'ennemi avait besoin de deux jours pour faire les dispositions nécessaires à une attaque combinée.

Bonaparte remit le commandement au comte Lobau y et retourna à Pirna, dans la coDvicûoa que son armée épuisée» n'était pas assez forte pour se maintenir dans un pays aussi dangereux ; dans tous les cas, il était trop tard pour entreprendre une invasion dans la Bohême. L'espoir de battre l'ennemi en détail s'évanouissait chaque jour: là où il était supérieur, on évitait l'occasion de se battre , et lorsqu'on pouvait lui opposer la force , la nature et lart se prêtaient un secours mutuel pour la ruine des Français. Quand même Napoléon eût réussi à pénétrer sur un point , il ne pouvait le faire qu'en exposant les autres. Eût-il atteint son but dans cette occasion^ il n'en iiurait pas moins été forcé de revenir sur ses pas: car, étant encore à^ Pirna ^ il apprit que le prince royal de Suède s'était porté sur Ja rive franche de l'Elbe dans les environs de Dessau. Cette nouvelle parut causer

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quelque consternalion. Bonaparte travaillait sans cesse; il donna tous les ordres pour l'inutile fortification de Sonnenstein , d'où rétablissement des fous avait été transporté dans l'église de la ville. Il fil examiner attentivement les bords de la Wesnitz , qui tombe dans l'Elbe au-dessous de Pirna. Un morne silence régnait jdans le quartier général des Fr.mçais. La plupart étaient fatigués de l'inutilité des marches et contre-marches: oa ,-. était toujours dans une attente pénible. Les rideaux du cabinet de Napoléon restaient fermes , comme dans tous les momens d'afiPaires très-pressantes. Bonaparte avait de la répugnance à retourner à Dresde ; mais il n'avait aucun autre parti à prendre. Il y arriva le 21.

Encore une excursion , et ce fut la dernière^ eut lieu le lendemain , probablement pour repousser le feld - maréchal Bliicher^ qui avait pénétré jusqu'au delà de Bantzen. Bonaparte monta en voiture vers midi , et alla jusqu'à Fischbach^ passa en revue quelques bataillons du deuxième corps d^armée^ accorda des décorations ^ et remit ^ avec la solennité d'usage^ un drapeau au 49* régiment. Il monta à cheval, et alla de suite sur le Capellenberg , près de Schmiedefeld. Les Français avaient encore une fois occupé Harta:}es Russes, postés à côté et derrière les villages sur les hauteurs , furent attaqués par les colonnes qui ava^nçaient sur la route, et

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se retirèrent en traversant Goldbacfa ^ qui était en flammes. Napoléon y fidèle a sa prédilection pour larlilleric ^ fit tirer sur la petite troupe de rarrière - garde avec ses canons de douze. Le prince Ponîalowski était dans le voisinajçe avec son corps qui s'étendait ^ers Hobenslein^ et les alliés se retirèrent à l'approché de la nuit jusqu'au delà de Bischofswerda. Napoléon s'arrêta, ►-*• jpendant celte afiiiire^ près de son feu de garde, que le froid de la saison rendait très-nécessaire^ et alla passer la nuit à Harta y un de ces misérables endroits qui^ par leur position^ invitaient à y porter le quartier général. Cette fois- ci ^ il n'avait été suivi que d'une partie de ses Gardes^ et il parait que Napoléon ne se sentit pas assez fort pour basarder une bataille.

Il passa effectivement toute la matinée du 25 à Harta, flottant entre les partis qu'il avaità prendre, et ne se décidant à aucun; enfin, sur les quatre heures après midi , il se rendit à la hâte vers Neustadt , d'où on entendait une fusillade. Le général Neuperg ayant été attaqué par Lauristoo, se retira dans la Bohême , avec ses Autrichiens et ses Russes. Quelques troupes parurent sur les hauteurs de Tœplitz ; on voyait si peu la ligne des avant -postes français, qne Napoléon luimême' étant sorti du bois, ne savait si ce n'était pas l'ennemi qui se trouvait-là. Mais ayant examiné la chose de plus près, -on fut informé que

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c etail la division du général Rochambeaii y qui^ en poursuivant les Au Iricbiens, s'était avancée jusque sur ce point. Rasséréné par chaque progrès insignifiant , il fit annoncer à Dresde :« Nous sommes à Bautzen. (Cela était faux, parce qu'on s'était battu le même jour après midi très-vivement près de Roth-Nauslitz. ) Uennemi se retire

en Bohême par Neustadt et Vautre route //

7}a au diablei »

Quelquefois on aurait dit que Napoléon , accoutumé à des victoires , se faisait illusion à lui-même , et qu'il voulait inspirer le même courage et la même confiance à ses partisans, en représentant des circonstances insignifiantes comme des résultats de la plus haute importance.

Bonaparte passa encore une nuit à Harta ; et le malin du four suivant il y eut un orage, accompagné de terribles coups de tonnerre. G^étaitun phénomène bien extraordinaire dan» une pareille saison y et avec le froid qu'on venait d'éprouver.

On ne saurait déterminer avec précision quelle était l'intention de Napoléon dans ce moment. Youlait-il se borner à des observations , faire une démonstration, ou attaquer le feld - maréchal Bliicher? Aune heure et demie, le duc de Tarente fit avertir que toute l'armée des alliés, dont la force était considérable , était rangée en ordre de bataille, près Burka ; que le général Sacken , qui s'avançait par la grande route de Kamenlz,

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