‹ Relation circonstanciée de la campagne de 1813, en Saxe;Chapitre 15 sur 23 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

{PLANCHER, Kditear des OEuvre* complètes de Yuitaire^entrente-rioq tomes i/i-ia ;RUE SERPENTE, DELAUKAT, LIBRAIRE, AU PALAIS-kotaIh

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très-peu disposées à >se baltre avec ardeur pour les intérêts de Napoléon. Leur mauvaise volonté avait déjà commencé à éclater de la manière la plus prononcée; les prérogatives que les Français s'arrogeaient tous les jours et à chaque marche , fournissaient de nouveaux alimens à llndignation gé« nérale. La plus stricte discipline avait jusqu'alors tenu ce corps réuni aux Français; mais tant de causes qui révoltaient son amour-propre, et la perspective séduisante de contribuer à délivrer TÂiiemagne du joug français , le détermina , neuf jours phis tard 9 à quitter les rangs de Farmée française, pendant la bataille de Leipsick^ et à se réunir aux puissances alliées.

On harangua aussi solennellement les troupes françaises du septième corps; on y fit des avancemens; on distribua des décorations. De tels appâts pouvaient encore faire impression sur les Fi ançais , trop sensibles à la vanité ; il leur était d'ailleurs indifférent de périr aux bords du Niémen ou du Rhin ; mais ni promesses , ni louanges ne pQuvaient effacer dans le cœur des Allemands, sensibles à la pitié, l'image des souffrances qu'ils avaient partout sous les yeux , depuis deux ans , et qui «l'étaient étendues à ceux que les liens de la naturd leur rendaient les plus chers.

Le mécontentement était peint sur le visage de beaucoup d'entre eux; la triste position des affaires élail connue à |l'armée pluç qu'au quartier-général ,

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irrposs:lJe de tenir plus loDg-temps leie à Blûchcr. pfapcIjoQ laclia de rallumer le ccurage Je ses troupes par une harangue. Il leur dit « qu'il sa- » \aît combien de revers le septième corps d'ari> mëe avait essuyés; qull ëtait venu pour remé^ > dîer à ces malheurs en se mettant à leur tétc 5> pour repousser Fennemi au-delà de Mlbe ; que » le projet de» Prussiens était de s'emparer de 3) la Saxe , mais qull voulait la prot^er, d'accord » avec le roi, son fidèle allié; que chacun était j> libre de quitter le service , s'il ne voulait pas » servir plus long-temps sa cause , et que les 7) chefs feraient cocnaitre ses sentimens à tous » ceux qui étaient trop éloignés de hiî pour pon- 3) voir l'entendre , etc. , etc.

Ce discours ne produisit aucun effet. Il était plot long que ceux qu'on avait coutume d'entendre de lui en de pareilles occasions ; il le prononça d'una manière traînante et en se répétant. A ce ton j on né le reconnaissait plus ; on y sentait la gène d'une position malheureuse à laquelle il était étranger ^ e( qui le forçait à prodiguer de vaines paroles. Pour surcroît de malheur , cette harangue fut traduite en allemand plus mal qu'à l'ordinaire^ par le grand écuyer Caulincourt , à tous les généraux et officiers de cette nation , rassemblés devant le front de leurs régimens. Les troupes saxonnes y qui connaissaient !a triste position de leurf corps et les malheur» md pesaient sur leur patrie ; étalent maintenant

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très-peu disposées à .se battre avec ardeur pour les intérêts de Napoléon. Leur mauvaise volonté avait déjà commencé à éclater de la manière la plus prononcée ; les prérogatives que les Français s'arrogeaient tous les jours et à chaque marche , fournissaient de nouveaux alimens à llndignation gé« nérale. La plus stricte discipline avait jusqu'alors tenu ce corps réuni aux Français; mais tant de causes qui révoltaient son amour-propre , et la perspective séduisante de contribuer à délivrer rx\ilemagne du joug français, le détermina , neuf jours plus tard 9 à quitter les rangs de Farmée française, pendant la bataille de Leipsick, et à se réunir aux puissances alliées.

On harangua aussi solennellement les troupes françaises du septième corps; on y fit des avancemens; on distribua des décorations. De tels appâts pouvaient wcore faire impression sur les Fi ançais , trop sensible» à la vanité; il leur était d'ailleurs indifférent de périr aux bords du Niémen ou du Rhin ; mais ni promesses , ni louanges ne pouvaient effacer dans le cœur des Allemands, sensibles à la pitié, l'image des souffrances qu'ils avaient partout sous les yeux , depuis deux ans , et qui si'étaient étendues à ceux que les liens de la naturd leur rendaient les plus chers.

Le mécontentement était peint sur le visage de beaucoup d'entre eux; la triste position des affaires était connue à |l'armée plus qu'au quartier-général ^

lé campa6n:ë ^

méc française. Napoléon s^'éiaît trop éloigné de Farmée du roi de Kaples , laquelle se relirait loujoiirs en se dirigeant sur Leipsîck , et la livrait h la discrétion de l'armée principale des alliés. 11 y avait autant de difficulié pour arriver de Berlin à Hambourg, à moins qu'il n'eût retiré les garnisons considérables des places bordant l'Elbe , lesquelles étaient toujours cernées par une nuée d'ennemis* Mais Napoléon ne pouvait , comme nous l'avons dit , supporter l'idée d'abandonner l'ËIbe j c'était là son point d'appui lorsqu'il aurait gagné tine bataille. Il ne lui restait plus d'autre res-* source que de tenir ses forces toujours concentrées sous les ordres du roi de Naples et sous le^ siens y et de hasarder quelques coups décisifs. Pen^ dant ces tf ois jours , Napoléon avait chassé l'ennemi du terrain situé entre laMulde et TElbe, depuis Torgau jusqu'au-delà de Dessaii, et avait poussé sur la rive droite de l'Elbe quelques troupes légères , qui devaient probablement donner de l'inquiétude à l'égard de Berlin. A la suite de ces opérations toutes les troupes nxirchaient sans cesse en traversant la petite ville de Duben, qui avait déjà beaucoup souffert des combats précédens , dont elle avait été témoin. Celte masse d'hommes épuisait ce pauvre pays jusqu'à la dernière extrémité. Tout paraissait se diriger vers Leipsick ; mais On " ne pouvait lirer aucune conséquence certaine d^ ces marches et contre- marches perpétuelles.

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Le grand jour approchait où la nouvelle existence poliiique de l'Europe devait être décidée dans les plaines de Leipsick. Napoléon croyait être à peu près en sûreté du coté du nord et de Fouest. L'armée du roi Joachim s'était retirée par Bochlitz en approchant de Leipsick, et fut vivement harcelée le i4 octobre, jour anniversaire de la bataille de Jéna. Napoléon partit de grand matin de Duben ; il avait envoyé en avant le reste de sa cavalerie, et il arriva vers midi k Leipsick, où il avait résolu d'établir son quartier-général , soit dans un faubourg, soit à Ffaffendorff, qui est tout près de la ville , sur la route de Duben. Cependant ^ aux environs de Leipsick, il y avait des troupes légères ennemies qui faisaient des incursions, et les rapports que Bonaparte reçut , contribuèrent vraisemblablement à lui faire changer son plan. Il fit le tour de la ville sans y entrer , et se porta sur la route qui conduit du faubourg de Grima à Wurtzen et à Dresde, au moment où l'on voyait de Liebertvrolkwitz la fumée de la canonnade, qui annonçait la triste position du roi Joachim; ce dernier avait été attaqué vigoureusement près de Magdeborn , au-delà de Liebertv^rolkwitz. Le roi de Naples, ainsi que beaucoup de Français, convaincus de la faiblesse toujours plus sensible de la cavalerie, se reposait sur six régimens de vieille troupe de cette arme, dont on connaissait la valeur, et qui venaient d'arriver d'Espagne, sous les ordresh

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da marécbal Angereao. Le roi f avec son zvSsbo^ ordinaire 9 se mit à leur tête , et voulut culbuter la brave cavalerie nisso-prossienne. Enfin ^ accompagné d'une petite escorte, il exposa sa propre per^>nne, an point qu'un escadron ennemi, qui le reconnut à son habit éclatant , et à Tescorte, Ini donna la chasse. Un officier, à la tête de cet es* cadron, poursuivait avec acharnement le roi, qui, au moment ou son escorte tourna face tout d'un coup, se trouva le dernier en arrière, accom* pagné d'un seul cavalier. Dans le séduisant espoir de le faire prisonnier, FoflScier qui le poursuivait avec la plus grande célérité, lui cria plnaeurs fois : Arrête^ arrête ^ Soi! Thos ce moment sa couronne était en péril. L'oflScîer avait déjà reçu un coup de taille du ca\alierj comme il ne démordait pas de son projet, le cavalier lui passa sou . sabre à travers le corps. Il tomba mort, et le lendemain son cheval était monté par le fidèle serviteur du roi^ de la bouche duquel je tiens tous ces détails^ qui m'ont été confirmés par d^autres personnes. Le roi le nomma snr-le-champ son écnyer, ^lui promit une pension de la part de la ville de Naples. Napoléon lui donna la ration de la L^on dlioimeur (i).

(i) lya^rèi le jappKoclicBient de phisiears circonstuKcs, d'après Féloi§piemei&t de Feudroit où Ton a traiEvé un officier de çavaleiie prussien mor !« et d'apits le

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, Le dévouement personnel du roi fui aussi inutile f|ue Texpérienee des vieux régimens d'Espagne. Dans cette terrible affaire y ils furent tellement dispersés et mis en pièces , par la supériorité de la cavalerie russo - prussienne , qu'avec eux fut détruite la nouvelle espérance de Napoléon ; leur existence ne fut pas même remarquée (i)*

Pendant que ces affaires se passaient près de Liebertwolkwitz et d^ Wachau , Napoléon s'était arrêté en pleine campagne à gauche de la grande route qui conduit à Eilenbourg et Wurtzen,

D'après le bruit du canon , et les rapports qui

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signalement qu'on m'en a donne ^ ce brave jeune homme était un lieutenant nommé de Leppe , du premier régiment de dragons de Nenmark , si toutefois les renseignemens qu'on m'a fournis sont exacts. L'anectode en elle-même est incontestable. Outre ce lieutenant , le major de Waldow , le capitaine de Waldow et le lieutenant B. Richthofen , du même régiment^ périrent dans cette me me affaire.

(i) Pour avoir un aperça général de ce qui s'est passe dans les jours mémorables qui suivirent, je recommande aux lecteurs in4ulgens de mon récit, la jolie petite carte des environs deLeipsick^ dont on est redevable au major Aster ^ jadis au service de Saxe. Le titre en est; « Le Cercle de Leipsick , avec les baillages de Skeuditz et JLuùzen ^ publiée en 181 3 par les héritiers Schreiber» » A certains petits détails près , la carjLe , basée sur des don- Bées exactes , est excellente ppur l'ensemble.

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Im arrivaient, îl combinait, autant que cela se pouyait , la caïastrophe qui devait se développer à Leipsick, centre du commerce conlinenlal. On loi apporta son déjeûner, et pendant qu'il rêvait à de nouveaux projets sur la carte, le roi de Saxe arriva avec son épouse et sa fille, suivi de quelques voitures. Le roi monta à cheval ; Napoléon alla à pied jusqu'à la voiture de la reine , et lui dit probablement quelque chose de rassurant sur le bruit du canon qu'on entendait de près. Une telle assurance ne pouvait qu'augmenter l'alarmé^ puisqu'elle sortait de la bouche de l'homme contre lequel tout le monde agissait hostilement , au milieu d'un pays aussi pacifique ! La famille royale entra dans la ville, et Napoléon resta en pleine campagne (i), jusqu'à ce que la canonnade, qui avait cessé de se faire entendre y annonça la fin du combat de ce jour, qui ne fut que le prélude de la grande bataille décisive.

Son quartier avait été préparé dans le pavillon de MM. Vetter, au village de Reudnitz, qui est sur la route que nous avons indiquée plus haut ^ et tout près de la ville. Ici tous ceux qui composaient la maison impériale étaient entassés les uns

(l) Non pas comme l'ont dit de mauvais plaisans , auprès des fourches patibulaires^ mais de l'autre côté d» la route.

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sur les autres, et plusieurs des malsons voisines étaient à moitié ravagées.

Le roi de Naples arviva le i5 octobre, de grand malîn. chez Bonaparte, et lui rendit compte de Taffaîre qui avait eu lieu le jour précédent. Vers midi, l'un et l'autre montèrent à cheval, et ils al^ èrent à L icberiw^olkwitz , sur la route de Lausigt et de Rochlitz. A la droite de ce village ( en sortant de Leipsick ) on trouve une hauteur peu considérable, mais assez remarquable pour le pays, formant un angle de quatre degrés à peu près, et qui se prolonge en un coteau médiocrement élevé et presque non interrompu, jusque près du lit d« la rivière Pléiss à Delitz. Cette hauteur domi»^ les environs à la portée de la grosse artillerie. Di^ côté gauche deLiebertwolkwitz, s'élève un tertre beaucoup plus considérable et plus escarpé, qui se trouve isolé, et que l'on désigne assez généralement sous le nom de la redoute suédoise* Na-* poléon se rendit ^ur la première de ces deux hauteurs. De ce point, il donsa les ordres néces^ saires pour la bataille du lendemain, après avoir passé plusieurs heures au feu de garde, en causant avec Berihier, le roi de Naples et d'autres marechaux. 11 paraît que les rapports que l'on avait, reçus n'étaient pas suffisans pour faire connaître si effectivement la grande armée des alliés avait battu le roi de Naples? On envoya de ce poste un parlementaire aux avant-postes ennemis^ avec l'an**

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nonce que le prince de Neufchâlel désirait parler au prince de Schivarlzenberg. Le parlementaire ne fut point reçu ; ii revint à ce qu'on dit avec une réponse loul-à-fait laconique, savoir, que le prince de Schwartzenberg n'était pas là, et qu'au reste ce n'était pas le moment de négocier.

Xes troupes étaient enpresencej les avant-postes n'étaient éloignés que d'une portée de fusil ; cependant on ne voyait pas de grandes masses de l'armée des alliés. Un général ennemi observait du lei tre qui s'étend vers Gossa , la position de l'armée française; tout était tranquille, aucune attaque n'avait lieu ni d'un côté ni de l'autre. Après midi, Napoléon monta à cheval, et se rendit chez le prince Poniatovvsky , qui, avec son corps d'armée, commandait l'aile droite, appuyée à Dœlitz et à Markieeberg. Napoléon se fit montrer tous les endroits où l'on peut jeter des ponts sur la Fleiss^ les particularités de ce terrain marécageux, et cou* vert de prés et de buissons. Ensuite il se rendit sur la ligne dans la direction de LiebertYrollt'witz. Les corps des maréchaux Victor et Augereaû étaient au centre, et sous les ordres immédiats da roi de Naples, Le corps du général Lauriston était posté près de Liebertwolkwitz , faisant le crochet| dans la direction de Zuckelhausen, et appuyé au ■village de Lieberlwolkvv^itz. Ici eut lieu une soleo* nité militaire* Trois régimens reçurent en mémd temps de nouveaux aigles , avec le cérémonial

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dont on a déjà rendu compte; Berthier, Caulîn^ court et un des maréchaux furent les parrains de cesenfans dévoués à une pluie de boulets qu'ils -devaient recevoir le lendemain : tout annonçait une bataille. Napoléon retourna par Zuckelhausen et Zweinaundorf à Reudnitz, oh s'étendait l'autre aile de son armée. Les corps des maréchaux Ney etMarraont, du général Reynier , ceux des maré»chaux Macdonald et Oudinot, savoir, le 3^. , le 6"*, , le 7®., le II*', et le 12*., n'étant pas encore arrivés. J'ignore si le 12®. corps, commandé par le maréchal Oudinot , duc de Reggio , a participé à la bataille de Leipsick. Outre ceux dont nous venons de parler, le 2% corps, commandé par le maréchal Victor ; le 4®. sous les ordres du général Bertrand, qui plus tard fut employé principalement à couvrir la retraite; le 5®. , commandé par le général Lauriston, et le 8®. , commandé par le prince Poniatovi^sky, combattirent lesjours suivans. Autant que je m'en souviens, le 9^., le lo**. et le i3% n'ont pas été renouvelés pendant toute cette campagne. Le premier , commandé d'abord par Vandamme , et ensuite par le comté Lobau, ainsi que le i4®. , commandé par le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, restèrent en arrière pour la défense de Dresde.

On s'est fort étonné de ce que Napoléon avait concentré ses principales forces dans une position aussi désavantageuse , et qu'il eût accepte une bar taille décisive dans la partie orientale des plaines de

Lcipsick y ayant sur ses derrières la ^ille ei des eaux trèvrnaréca^jeuses, se partageant en canaui mîiliiplies y et sur Icsrjuclles il y avait peu de pools. £n cas de revers y il se plongeait dans mille embarras, plusieurs routes conduisant dans la \ille ptiur y entrer, et une seule |)Our en sortir. Mais que Ton considère qu'il ne dépendait pins de lui de choisir le champ de bataille y et que c'était l'art employé par les ennemis qui Tavait forcé de prendre celle position. Si Bonaparte se plaçait au-delà dé la Partbe , de rtllstcr, de la PIcisse et de la Lup|)e^ il se trou* vail druis des plaines immenses où la cavalerie pouvait lui nuire on l'environnant. Dans cec:is,il aurait dû renoncer à Leipsick , ville à laquelle il attachait un si grand prix, surtout dans un moment où elle Clail devenue l'asile du souverain. On sait enfin, que son entêtement ne lui permettait pas de céder un pouce do terrain sans y être forcé , et dans ce cas, il aurait Ad abaudonner toute la province jusque derrièiv la Saaie.

Il est certain (]uo ?(apoléon pouvait garantir sa retraite , eu jetant dos ponis et eu prenant toutes les mesurer do pixicautiou qu'il était accoutumé à prendre dans cette guerre ; mais ou peut croire quHl s\\st fait illtisiou^ qull a |>eiisé qua h Ga tout était posMlJo n que la ncMraite lui serait plus iacile eu traversant une valit;^ arrosée far tant de micn»« et qu'il serait tnès-Ucu eu suneté dans la vUI«^ au ux^ytn de «M inlàotecie. Enfin je ne pu»

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me persuader que Napoléon eût accepté la bataille du côté oriental de Leîpsick, s'il avait eu connaissance des armées qui menaçaient les derrières de sa position. Le soir du i5 octobre, il ne savait pas si l'ennemi viendrait du côté de Mersebourg, et quelles étaient ses forces ; il ne savait pas non plus s'il y avait de ce côté-là des troupes légères, ou des masses plus considérables : il était dans la plus grand embarras* De même il ne fut instruit de^ la marche des armées commandées par le général Benningsen , que lorsqu'il n'était plus temps de former un autre plan. £n6n les détails suivans suffiront pour faire connaître que Napoléon ne se . serait pas baltu le 18 octobre^ s'il eût été maître de choisir.

Le 16 octobre, de grand matin ^ Bonaparte se rendit à la position qu'il avait visitée le jour précédent. Le roi de Naples le reçut sur la même hauteur, près de Liebertwolkwitz. Napoléon ayant mis pied à terre, ol>serva, pendant quelques instans, avec la petite lor^ette de spectacle qu'il avait toujours sur lui, la manière dont étaient formées les colonnes ennemies disposées pour l'attaque, et sur lesquelles le roi de Naples avait excité son attention. On fît venir les chevaux j Napoléon quitta lentement le tertre , avec sa suite, et dans ce moment (neuf heures , d'après ma mon* tre), trois coups de canon, tirés par intervallei réguliers, annoncèrent le commencement du con^-*

as CAMPAGNi;

de Lieberti/rolkwiiz , où commandait le roi d©^ Naples, cinquante canons de rartillerie de réserve de la jeune garde; cette ârtill.erie, qui, d'après^ le témoignage des Français^ avait porté le coup décisif dans toutes les batailles précédentes , fit de nouveau trembler la terre : l'ennemi paraissait répondre toujours plus faiblement à ce feu. Alors Bonaparte se rendit sur ce point dominant , d'où il aperçut les lignes ennemies dans le meilleur ordre et dans un calme imperturbable : l'aile droite de l'ennemi était appuyée au bois de l'université , et la gauche à la cbaus&ée de Borna , derrière Wachau. Les lignes françaises s'étendaient de t^e côté , depuis Lîebertwolkv^ritz jusqu'à Markkleeberg. Tout d'un coup commença Une furieuse attaque contre ce dernier village , sur le flanc droit. Elle fut si chaude, et s'opéra au mi* lieu de cris si terribles^ que P^apoléon en fut frappé, et se retira de nouveau à quelques centaines de pas , jusqu'à l'endroit où était la vieille garde , qui fut obligée de faire un mouvement pour former de grands carrés, le front tourné vers Markkleeberg. Le prince Poniatovfsky soutint l'attaque avec fermeté. Napoléon reprit soà calme ; on lui annonça beaucoup de prisonniers autrichiens d'un régiment de chevau-légers (Sommariva), qui fut enveloppé dans cette occasion. Cependant la lutte autour du village de Markkleeberg continuait toujours ^ les attaques de ce côté se re*

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des points principaux de la position. Napoléon dirigea, par l'entremise de ses adjudans^le feu de l'artillerie placée sur les hauteurs do Liehert- "Wolk-witz, et ces vilbges furent repris. L'artillerie tonnait au centre, et la fusillade continuait toujours sur les deux ailes. Deux colonnes françaises s'a vancèrent de Wachau vers Gossa el Crœhern; mai* elles trouvèrent une telle résistance, qu'elles furent obligées de plier. Sur les trois heures, Macdonald s'avança de l'extrémité de l'aile gauche dans l'endroit où , d'après l'ordre de bataille du jour précédent, près de Zuchelhausen , on avait observé la position de l'ennemi en crochet. Ce général fit emporter la redoute suédoise à la bayonnette. Ce fut sans doute un avantage décisif. Napoléon se montra serein et satisfait ; il avait déjà fait dire au roi de Saxe, (C que la bataille avait commencé au moment où l'ennemi avait voulu déboucher ; que nous avions fait 2,000 prisonniers ; que la canonnade continuait parce que les apparences étaient bonnes. » Quand la redoute fut en son pouvoir, il envoya encore au roi pour lui faîre savoir ce que tout allait bien; que nous avions pris des villages, des hauteurs. » Peu de temps après il ajouta : ce qu'on fasse sonner les cloches dans la ville et aux environs, pour faire savoir à l'armée nos succès. » Napoléon était encore derrière le centre, près Meusdorf, Dans ce moment, il fit avancer, vers k première ligne, à la droite 2 . 2

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de Lieberti/rolkwiiz , où commandait le roi de^ Naples, cinquante canons de rartillerie de rëserve de la jeune garde; cette ârtill.erîe, qui, d'après^ le témoignage des Français^ avait porté le coup décisif dans toutes les batailles précédentes , fit de nouveau trembler la terre : l'ennemi paraissait répondre toujours plus faiblement à ce feu. Alors Bonaparte se rendit sur ce point dominant , d'où il aperçut les lignes ennemies dans le meilleur ordre et dans un calme imperturbable : l'aile droite de l'ennemi était appuyée au bois de l'u- * niversité , et la gauche à la chaussée de Borna y derrière Wachau. Les lignes françaises s'étendaient de f^e côté , depuis Liebertwolkv^ritz jusqu'à Markkleeberg. Tout d'un coup commença une furieuse attaque contre ce dernier village , sur le flanc droit. Elle fut si chaude, et s'opéra au mi* lieu de cris si terribles, que Pfapoléon en fut frappé, et se retira de nouveau à quelques centaines de pas , jusqu'à l'endroit où était la vieille garde , qui fut obligée de faire un mouvement pour former de grands carrés, le front tourné vers Markkleeberg. Le prince Poniatovfsky soutint l'attaque avec fermeté. Napoléon reprit soa calme ; on lui annonça beaucoup de prisonniers autrichiens d'un régiment de chevau-légers (Sommariva ), qui fut enveloppé dans cette occasion. Cependant la lutte autour du village de Markkleeberg continuait toujours^ les attaques de ce côté se re^

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nouvelalent sans cesse. On fut obligé d'y envoyer des renforts considérables pour se maintenir dans le villagfe. Au comniencement de la nuit , après neuf heures du feu le plus terrible , Textrémité .de l'aile gauche de l'armée française était, comme quelques heures auparava^it y appuyée à la redoute &uédoisey le centre sur la hauteur près de Wachau, et Taile droite à Markkieeberg. La position des alliés était presque parallèle à celle des Français, si ce n'est que le centre des premiers, placé devant Galdengossa , semblait former un angle un peu saillant. Le roi de Naples passa la nuit à Wachau, et Napoléon établit son bivouac dans un étang desséché, près de la vieille tuilerie, à peu de distance delà route qui conduit à Rochlitz; on y dressa les cinq tentes comme à l'ordinaire, et la garde campa autour de lui. Avant qu'il eût choisi ' cet emplacement , on y amena le général Meerfeld^ qui venaitd'être fait prisonnier. Napoléon s'entretint avec lui très-long- temps de la manière la plus affable. Le «oir ce même général fut appelé par Bonaparte^ qui l'envoya chargé d'une mission au quartier-général autric^hien, d'où il revint le lendemain. Napoléon passa une nuit très-inquiète. Nansouty et d'autres généraux furent appelés pendant qu'il était au lit. Le canon continua de tirer de temps en temps sur l'aile droite, fort avant dans la nuit , et l'on ignorait si d'autres attaques n'auraient pas lieu dans les environs de Markkieeberg.

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On allendalt avec la plus grande anxiété , qu'augmentait encore le défaut de nouvelles du côté de Leipsick. Eutritzsch et Schœnféld, où* était le corps du maréchal Marmont , avaient déjà été attaqués, et on s'attendait quelWaque y serait renouvelée le lendemain. On avait eu quelques nouvelles sur l'armée du prince royal de Suède ; cependant, malgré tant de perspectives défavorables, Napojéon ne put se résoudre à quitter le champ de l)ataîlle dans la journée du 17 octobre. Il regardait la bataille du 16 comme gagnée j et effectivement on pouvait se dire victorieux du côté du maréchal Macdonald, si , pour l'être, il suffit d'avoir fait avancer d'une demi-lieue une aile de l'armée, et d'avoir acheté, par une perte en artillerie et en hommes, .égale à celle de l'ennemi, et probablement même plus forte, Favantage de se maintenir dans l'ancienne position. Mais il avait fait célébrer son prétendu triomphe par le son des cloches, et par toutes les démonstrations possibles ; on semblait donc en droit de s'attendre aux plus grands résultats, malgré les obstacles invincibles qu'il rencontrait dans sa situation et dans les localités; car même en avançant de quelques lieues, il aurait attiré, sur ses derrières, des nuées d'ennemis. Si, le lendemain de la bataile, Bonaparte eût abandonné le théâtre de sa victoire imaginaire, tout le monde aurait dit qu'il avait été battu. Se porter en avant n'était pas moins

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difficile. Les munitions connmençàient à manquer, el ks troupes, à l'exceplîon de quelques pommes de terre , éprouvaient une disette de vivres de plus en plus rares, dans le pays occupé par l'enneoii. En avançant, Napoléon eut aussi exposé Leipsick, qui pouvait être pris et dévasté. Ainsi y il ne s'opiniâtra sans doute à ne point changer de position ,1e dimanche 17 octobre , que par crainte de paraître vaincu. Il suffisait de rester maître du chao^p de bataille pendant tout un jour, pour justifier une retraite aux yeux de sa nation et de soa armée; cette rétraite eût été attribuée par la suite a quelque motif plausible. Toutes les dispositions et tous les préparatifs du quartier-général annon^ çaient, de la part de Bonaparte, le projet de se retirer (1). Le roi de Naples vint degrànd matin auprès

(1). Si Napoléon n'avait d'autre dessein que de réunir ses forces pour parer le coup dont il était menacé par l'augmentation des armées ennemies , je ne crois pas que les localités favorisassent assez ses vues et ses efforts pour ft-'assurer ^ avant tout^du chemin par Weissenfels , indi-' quaient du moins qu'il craignait d'être forcé à la retraite. On pourrait croire qu'en concentrant ses forces , Napoléon aurait pu y par l'effet des dispositions émanées directement de lui , manœuvrer plus facilement , rompre le centre de l'ennemi , etc. , etc.

Mais il ne devait pas perdre de vue que dans une bataille de plusieurs jours , le manque de munitions pour vait devenir funeste.

de lui, y resta long-temps, et l'assura, probabl^^ ment pour le consoler, peut être aussi avec raison y que Teanemi avait essuyé des pertes immenses. Ils étaient tous les deux très-sérieux et pensifs; ils se promenèrent pendant une demi-heure sur les^ digues. Napoléon était toujours très-préoccupé ; il s'enferma de nouveau dans sa tente : le roi se montra à cheval devant les troupes j vers le soir, on voyait la tristesse peinte sur tous les visages au quartier-général. La retraite de l'armée, disait -on, ne pouvait être dial interprétée , le mauvais temps^ et beaucoup d'antres circonstances fâcheuses opposant des obstacles évidens aux opérations. La pluie tombait à verse sur les malheureux qui étaient campés ,• un morne silence* régnait autour du bivouac de Bonaparte. Le grand écuyer s'informa du moment où la lune se lèverait, afin d'aviser aux dispositions pour le reste de la nuit. Les autres personnes qui approchaient Bonaparte étaient visiblement consternées. Un écuyer du roi de Naples fut envoyé pour reconduire le quartier-général de ce prince à Zuckelhauseu, où il était deux jours auparavant».

Toute» ces circonstances indiquaient un départ, et ce départ eut eflfectivement lieu le 1 8 octobre , à 2 heures du matin. On appela le chasseur du portefeuille , qui partit dix minutes après. Ce qu'on appelle le petit service était déjà parti pour Stœtterita depuis onze heures» Fïapoléon monta en voiture

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et quitta tranquillement, et d'un air triste , son bivouac. Il lui importait de reconnaître le point de réunion des deux routes de Rochlitz et de Grimma; il fit arrêter un moment sa voiture ; mais Fobscu-* rite de la nuit l'empêchait de voir autour de lui.* Jusqu'à cet endroit, la route fourmillait de troupes et d'artillerie en retraite : à peine Napoléon, pouvait-il avancer. On brûla à côté de la route envi^ ron a 00 chariots vides qu'on ne pouvait pas emmener ; le peu de munitions qui était resté dans quelques-uns sauta en l'air; dans l'éloignement^ oa ne savait ce que signifiait ce qui arrivait. Napoléon se rendit à Reudnitz ^ où il descendit chez le maréchal Ney , dans la maison que Bonaparte lui-même avait occupée auparavant. Le maréchal et sa suite dormaient profondément; Bonaparte resta à Reudnitz ju^u'à cinq heures environ , fit: le tour de la ville, et alla à Lindenau, où était le général Bertrand. Il examina le pont et les environs , où deux jours auparavant le corps de ce général avait été attaqué. Napoléon ordonna à Bertrand de se rendre à Weissenfels , et retourna en traversant les faubourgs , par le même chemin , tantôt à cheval , tantôt en voiture, à Stœtteritz; il était à peu près huit heures^, la garde était arrivée dans les environs. Napoléon déjeuna dans une ferme , mais le bruit du canon y qu'on entendait de tous côtés, et qui devenait toujours plus fort , mit en mouvement tout le quar»tiei'-général : la grosse artillerie retentissait san?

tlH CAMPAGNE

Cfwic An co\6 rie Maïkklceberg, Dœlîlz et lie- Ixîri wolkwiiz. La redoute suédoise avait été ahaudonriéc par les Français la nuit précédente, et le roi d() l\îi[)I(\ss'('!ail posté au-devanldeProbsthevde avïîc les corps de Yiclor et d'Augereau. Au comfnrjiceuirnt de la bataille, il fit dire à r^apoléon deJiii envoyer un renfoildont ilavait besoin^ pour résisfer aux forces supérieures qui s'avançaient conin^ lui; les alliés chercbaient en même temps à forcer It; passage de la Pleisse, prèsDœIitz,Lœsnigel Conne wltz. Napoléon s'y rendit à clieVal,el s'y arrêta près d(^ la fabricpie de tabac ; ce fut là qu'il commença et termina la grande journée décisive qui devait lui arracher la couronne de laurier dont la fortiuie avait ceint le front de ce conquérant: il se trouvait a côté d'un moulin à vent , à moitié ruiné , voisinage d'assez triste augure.

AKu'slo combat devint général. Les alliés avançaient avec un courage toujours croissant ; de tons 'OS cotés pénétraient do grandes masses de troupes, et do toutes les routes de Loîpsîck, celle qui conduit à \\ oissonfols était la seule qvii fut libre; on se bat tait depuis onze heures près deSellerhausen, $ur la tHUtlo de Dro^^vlo, Los attaques les plus >îoiojitx^ étaionl dirigées do Zwei-Nauudorf , Zl'Ckt>lhiiusou ol Liobov^^volk^vltZJOoulro Stœiteriizet ihr\>Wtlu>do;lo^ Autrîclùous*ot ensuite le* Russes, l" ii^^oront do \Yachau ol de Divlitz^ toujoui^ d^ uouwMcs force^^ et de nouvelles p?:'co&

EN SAXE , i8i5. ag

d'à rlUlerie j la roule de Pegau et les bosquets de Rosenthal étaient couverts de troupes légères ennemies, et l'armée di^ prince royal de Suède s'avançait de Radefeld et de Breilenfeld vers la route d'Eilenburg ^ où étaient Ney et Reynier. Du côté de l'armée où était Bonaparte^ Macdonald etLauristoa commandaient l'aile gauche près de Probstheyde; Victor et Augereau étaient au centre; te prince Poniatow^sky (i) commandait l'aile droite près de Dœlitz ; la vieille garde et une partie de la jeune furent enfiployées comme renfort; ces bravesiiirerit choisis pour manœuvrer. Un des faubourgs de Leipsick était en flammes ; les grenades volaient dans la ville jusque sur la place et dans la maison occupée par le roi : le feu consumait les villages de Schœnfeld , Stœtterilz , Dœliiz et Liebertwolkvvitz. Le brouillard et la fumée permettaient à peine d'apercevoir les alentours ; mais le brouillard se dissipa, et le jour devint clair et beau. Quoique les marches et les privations eussent affamé et accablé de fatigue les Français ; quoiqu'ils eussent leurs habits déchirés, ils combattirent néanmoins avec persévérance, et particulièrement sur la partie du champ de bataille où Napoléon se trouvait. Cernés de tous côtés ^ ils avaient principalement

(i) Ce général, aussi Labile que vaillant, avait ét^ nommé maréchal do France^ par Napoléon , le i6 octobre.

Sa CAMPAGNE

les attaques contre Probstheyde continuaient tou- .jours. Alors Napoléon se dirigea sur la gauche, à travers champs , pour se rendre à Reudnitz et dans les environs de Strassenhaus, sur la route de Wurtzen. Là il trouva Ney et Reynier, dont la pantomime y les gesticulations et les signes lui indiquaient les lignes ennemies sur la plaine entre Paunsdorf et Schœnfeld , et lui faisaient comprendre que la fortune trahissait tous leurs efforts.

Napoléon ne s'y arrêta pas long-temps, mais il retourna au point central, dont la conservation lui était si nécessaire. Un détachement de la vieille garde vint à marche forcée à sa rencontre pour remplir le vide qu'avait causé la défection des Saxons. Le général Nansouty défendit en attendant^ avec une partie de la cavalerie de la garde, le côté faible, vers Mœlkau et Stunz,sur lequel s'était portée une forte ligne de cavalerie ennemie.

Jusqu^à ce moment , Napoléon s'était montré dans le plus grand calme, toujours égal à lui-même» Pendant la bataille, il était presque toujours, comme à son ordinaire, froid, réfléchi, concentré. Ce revers même ne produisit aucun changement dans son maintien , quoiqu'on eût observé des symptômes de découragement sur son visage» Use dirigea vers le roi de Naples, que les attaques les plus violentes n'avaient pu faire reculer ; ils causèrent quelques temps à l'écart, et après avoir , sur l'avis de ce prince , envoyé un renfort d'artillerie du côté

EN SAXE, i8r5. 33

deDœsen^ il fit allumer un feu de bivouac près le moulin à vent. Le jour finissait , mais la canonade se prolongea fort avant dans la nuit. L'aile droite près Connevvitz et Dœlitz avait à peu près conservé toutes ses positions depuis le matin; mais on avait perdu beaucoup de terrain depuis Stetteritz jurqu'à Schœnfeld. Je ne m'arrête pas au combat livré par le feld-maréchal Bliicher à Marmont, aux environs de Mœckern,ce combat pouvant être regardé comme indépendant de la grande bataille. .' Le nombre des combattans français peut être évalué de 160 à 170 mille hommes; celui de leurs adversaires était sans doute plus que double; ainsi un demi million d'hommes, et même plus, concourait à ce carnage. Quelle bataille! La grande étendue de terrain sur lequel on se battit ne permet pas d'évaluer avec précision les pertes de cette journée. Au moins faudrail-il être à même de puiser aux sources les plus exactes pour en éiablir le calcul. Mai^ la perte des Français doit avoir été . Inimense, ne fût-ce qu'à cause des désavantages du ■ terrain et de la violence des attaques. Parmi les officiers distingués qui furent tués ou qui moururent peu après des suites de leurs blessures , on ma nommé les généraux Delmas, Daubry, Frédéric et Rochambeau. Il y en a eu un grand nombre de blessés.

Tous les bagages , que Napoléon , en se disposant à la retraite j avait fait partir pour la ville dès

54 CAMFAGNK

le matiu, y avaient produit une confusion horrible; presque toutes les portes en étaient obstruées, car tout entrait de quatre côtés à ]a fois ^ et il n'y avait qu'une seule sortie , où tout afiQuait. Latéralement à la ville il n'y avait pas de ponts y et l'Ëlster ne pouvait être passé ni plus haut ni plus bas; aussi la confusion était-elle augmentée par l'affluence continuelle des voitures, des blessés, des fuyards çt des troupes.

Il était nuit^ le canon ne grondait plus; on n'en-' tendait que quelques coups de fusil. La terre et le ciel étaient peu h peu éclairés par des feux innombrables qui paraissaient sortir des entrailles de la terr.e. Napoléon avait déjà communiqué le projet* de sa retraite au prince Berthier^ qui , à un feu de garde , en dicta l'ordre a quelques adjudans avec sa brièveté ordinaire. Autour de lui régnait un profond silence. Les généraux d'artillerie, Sorbier et Dulauloi, assuraient que l'on aurait pu renouveler le combat , si l'on eût eu 5o ou 4o mille hommes de troupes fraîches et encore quelques centaines de chariots de munitions; mais (i) on n'avait ni l'an ni l'autre. On avait apporté à Bonaparte une escabelle , sur laquelle il tomba , accablé par le sommeil

(i) On rappoi^te que , pendant celte bataille^ plus de' aoo mille coups de canon furent tirés du côté des françaii. Nouvelle preuve que tous les coups ne portaient pas.

£N SAXE, l8l5. 55

et épnîsé par les efforts^e la dernière journée. Ses mains reposaient^ négligemment ployées^ sur sa poitrine. Dans ce moment, on ne voyait en lui qu'un homme affaissé , comme tout autre , sous le poids de la mauvaise fortune. Les généraux gardaient un morue silence, et l'on entendait, à quelque distance, le bruit du canon et des troupes en retraite. Au bout d'un quart d'heure ^Bonaparte s'éveilla, et jeta un regard étonné sur le cercle qnl l'entourait, comm'es'ileût voulu leur dire : ce Veil- » lé- je, ou est-ce un songe? » Cependant il revint aussitôt à lui-même , et chargea au même instant un officier de se rendre auprès du roi de 6axe, pour l'cclairer sur ce qui se passait, «et le prévenir qu'il ne pouvait l'aller voir ce jour-là. De tout le jour. Napoléon n'avait rien eu de satisfaisant à lui apprendre ; il s'était donc contenté de lui envoyer une seule fois , vers midi , un message. Au reste y la bataille était tellement rapprochée autour de la ville, qu'il était facile au roi d'en suivre, du haut d'une tour, les progrès et les di- ^ vers événemens« Depuis, Napoléon laissa le roi Kbre de le suivrt> ou de rester ; mais comme ce souverain malheureux se décida à suivre le conseil de rester , qu'on lui donnait dans la position rigoureuse à laquelle il était réduit , il ne restait à Bonaparte qu'à lui faire dire , par une tierce personne ^ et c*est ce qu'il fit , qu'il était le maître de conclure avec les ennemis la paix aux meilleures conditions

qu'il pourrait en obtenir, mais qu'il le priait d'avoir soin de ses blessés. Napoléon permit ensuite au peu qui lui restait de troupes saxonnes, en y comprenant le bataillon de gardes-du-corps qui faisaient le service avec la garde impériale^ de retourner auprès du roi. Tout ceci se passait le 19 octobre.

Les âmes douces et modérées peuvent à peine concevoir l'idée des mouvemens furieux qui agi* tent celle d'un homme tel que Bonaparte, au moment où il voit tomber en ruines l'édifice de sa fortune et de sa gloire. Napoléon s'était d^jà trouvé souvent dans des positions critiques en EgypJte ; il avait éprouvé des* revers en Russie ; mais sa confiance inébranlable dans son génie et dans sa fortune l'avaient élevé au-dessus de tous ces accidens. Les ressources qui lui restaient pour réparer ses malheurs se présentaient alors toujours à son esprit , dans le moment même où les coups du sort le frappaient. L'espoir d'étonner le monde par de nouveaux succès ne faisait que hâter l'essor de ses conceptions pour de nouvelles entreprises. Jusque-là il avait pu rejeter tous les revers sur des causes qui lui étaient étrangères , sur une fatalité inévitable.

Mais à cette époque , le chef des Français était^ pour la première fois dans sa vie, battu sous les yeux et au centre *de l'Europe civilisée : il lui était donc plus difficile que jamais d'excuser sa défaite

EN SAXE, l8l3. 57

et d'imposer silence à une nation qui voyait ses foyers menacés par des armées victorieuses. En un mot, il venait de perdre une bataille décisive; il attirait l'ennemi sur le territoire de la France, territoire sacré et demeuré intact sous son gouvernement, dans un moment où à peine pouvaiton espérer d'un peuple épuisé des renforts et des secours d'aucune espèce. Eût-il même trouvé des excuses et des tournures pour colorer ce grand revers, ce n'était pas après une pareille journée qu'il pouvait goûter des consolations ; et le sentiment dç honte qui dominait sur toutes ses premières impressions, rendait visible son trouble intérieur.

Bonaparte demeura jusqu'à huit heures à son bivouac. Son quartier-général fut d'abord établi dans un bâtiment, au Thunberge; mais comme toutes les maisons du voisinage devenaient trèsincommodes par l'affluence des blessés, il ne put s'y arrêter, et se rendit sur le marché aux chevaux, à l'hôtel de Prusse. Quel jeu de la fortune! que ce fût l'hôtel de Prusse qui le reçut désarmé , et qu'il fût obligé d'en sortir pour se sauver par la fuite! Napoléon travailla fort avant dans la nuit avec le duc de Bassano, le grand écuyer et Bêrthier. Il donna ordre que l'on se tînt prêt à partir à toute heure ^ et les chevaux étaient déjà préparés avant deux het^res. Les voitures, et tout c«

qiiî était relatif au service, Fêtaient également i Lîndenau.

Le 1 g octobre , la retraite de Napoléon , au sortir de Leipsick , s'efiectua depuis le matin jusqu'à onze heures. On le voyait tantôt occupé^ tantôt en habit du matin à la fenêtre. Le pasisage des troupes françaises à travers les faubourgs continuait sans relâche. Vers les huit heures et demie, ou entendit le canon du côté du faubourg de Grimnia. Vers neuf heures. Napoléon monta à cheval, et se fit conduire, par la porte de ce nom, à la demeure du roi. Il descendit. L^ roi le recul avec l'étiquette accoutumée, et le conduisit dans sa chambre , où la reine était aussi. La suite resta dans l'antichambre. Quelques troupes saxonnes et badoises étaient rangées sur ht placé du marché. Après un entretien d'un bon quart d'heure , pendant lequel Bonaparte exprima sûrement au roi le plus vif intérêt et le désir d'être en état de le mieux secourir, il le quitta, et le roi l'accompagna, suivant l'usage de la cour, jusqu'à l'escalier. Du moment où Napoléon monta à cheval , jusqu'à celui où il quitta tout-à-fait Leipsick, on le vit toujours très-pensif, préoccupé , presque consterné, ou, peut-être ne pensait-il à rien. Il se dirigea vers le milieu de la porte de Rannstadt, tourna du côié du marché, et tout s'y trouvant encombré par la multitude extraordinaire des troupes et des

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vpîlnres, il tourna bride vers le milieu de la ville, passa devant deux portes déjà barricadées et devant l'église St.-Thomas, pour arriver à la porte St.-Pierre. Là il s'orienta un moment, et courut encore une fois vers son quartier-général, au marché aux chevaux, ou plutôt sur l'allée, jusque dans le quartier de l'école bourgeoise. L'attaque était déjà devenue très-vive de ce côté , et l'on voyait voler les boulets. Les corps de Poniatowski et de Lauriston formaient l'arrière -garde , et avaient ordre de défendre les faubourgs de maison eu maison. Napoléon voulait d'abord les faire brûler; mais il revint de cette idée , et c'eut été d'ailleurs faire le mal inutilement. Il retourna donc , passa par la porte Saint -Pierre, et se dirigea autour de la ville sur Rannstadt. A peine pouvait- il per-* cer à travers la foule incroyable de troupes de toute espèce. Lui et toute sa suite furent obligés de se sauver par des détours, de tout ce tun^ulte. Chariots de munitions . vivandiers , gendarmes , artillerie, vaches et moutons, femmes, grenadiers, chaises de poste, hommes sains, blessés qu mourans, tout s'entassait, se pressait dans une telle confusion, qu'à peine pouvait on espérer de continuer sa marche , encore moins de se défendre.

Si l'ennemi eût percé alors dans cet endroit, pas un seul homme n'aurait pu s'échapper , car le passage par la porte de Rannstadt sur la roule de Liqdenau, où tout le monde devait défiler,

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est si étroit, que deux piétons auraient à peine trouvé assez de place pour marcher à côté d'une voiture. On avait fait élever un pont sur l'Elster, près du jardin dit des Juges, mais construit trop faiblement. Après avoir servi très- peu de temps , il s'était écroulé. Cet accident augmenta l'embarras et la triste position de ceux qui étaient restés en arrière, et peut-être a-t-il causé la mort du prince Poniatowski , qui se jeta dans l'Elster pour ne pas tomber entre les mains de l'ennemi. Napoléon suivait très-tranquillement le torrent de son armée fugitive sur la grande route, jusque derrière Lindenau. Là il fit halte, et employa plusieurs officiers pour indiquer aux fuyards, qui arrivaient dans le plus grand désordre , les divers points où leurs corps devaient se réunir. Ces corps élaient de l'un et l'autre côté des routes qui conduisent à Weissenfels et à Merseburg^ et qui se croisent sur ce point. Bonaparte étant parvenu' à rétablir quelque ordre , retourna dans le moulin vers Lindenau, et resta au premier étage. Le feu contre la ville était toujours plus vif; on entendait le sifflement des grenades^ et le bruit de toute sortes d'armes à feu. Enfin, la grosse artillerie cessa de se faire entendre. Il était environ onze heures passées. Quelques instans après, le quartier-général poussa jusqu'à Markranstadt.

Probablement ce départ eut lieu au même ipoment où, le pont de Lindenau , que NapoI^À

EN SAXE, l8l3. 4l

avait inspecté le jour précédent , sauta en l'air. On a tourné en ridicule les circonstances de cet événement qui furent publiées dans les bulletins français ; mais je puis assurer, avec la plus grande impartialité, qu'un des compagnons les plus intimes de Napoléon, dix-huit heures après l'événement, toujours saisi du sentiment d'horreur que lui inspirait la perte qui en fut la suite, dit : (c Qu'un sergent du corps du génie avait l'cçu l'ordre de faire sauter le pont de Lindenau après la retraite tolale des troupes. Mais lorsque l'ennemi pénétra avec tant d'impétuosité dans la ville, et qu'on entendait de tous les côtés le bruit et îes hourrahs des Suédois, il se crut entouré et mit le feu à la mine.» On a remarqué qu'une commission aussi importante ne se confiait point à un seul sous-officier ; mais on a répondu à cette objection , que l'officier supérieur chargé de l'opération n'était pas présent. Cette communication confidentielle, venue de première source, quelques heures après l'événement, semblerait prouver que le fait en lui-même est vrai. Du reste, ceux qui furent coupés seraient de même tombés entre les mains de l'ennemi sans cet accident ; l'impossibilité de sortir autrement que par I étroit passage d'une seule porte les eut également livrés aux alliés , qui avalent toute facilité de passer l'Etster sur d'autres points. La perte fut immense , et je ne crois point exagérer, si j'évalue à 35 ou 3o,ooo hommes le nombre de ceux qui, dans

4o CAMPAGNJC

est si étroit, que deux piétons auraient à peine trouvé assez de place pour marcher à côté d'une voiture. On avait fait élever un pont sur l'Elster, près du jardin dit des Juges, mais construit trop faiblement. Après avoir servi très- peu de temps , il s'était écroulé. Cet accident augmenta l'embarras et la triste position de ceux qui étaient restés en arrière, et peut-être a-t-il causé la mort du prince Poniatowski, qui se jeta dans l'EIster pour ne pas tomber entre les mains de l'ennemi. Napoléon suivait très-tranquillement le torrent de son armée fugitive sur la grande route, jusque derrière Lindenau. Là il fit halte, et employa plusieurs officiers pour indiquer aux fuyards, qui arrivaient dans le plus grand désordre , les divers points où leurs corps devaient se réunir. Ces corps étaient de l'un et l'autre côté des routes qui conduisent à Weissenfels et à Merseburg, et qui se croisent sur ce point. Bonaparte étant parvenue à rétablir quelque ordre , retourna dans le moulin vers Lindenau , et resta au premier étage. Le feu contre la ville était toujours plus vif; on entendait le sifflement des grenades^ et le bruit de toute sortes d'armes à feu. Enfin , la grosse artillerie cessa de se faire entendre. Il était environ onze heures passées. Quelques instans après, le quartier-général poussa jusqu'à Markranstadt.

Probablement ce départ eut lieu au même ipoment ou le pont de Lindenau , que Napol^fi

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avait inspecté le jour précédent , sauta en l'air. On a tourné en ridicule les circonstances de cet événement qui furent publiées dans les bulletins français ; mais je puis assurer, avec la plus grande impartialité, qu'un des compagnons les plus intimes de Napoléon, dix-huit heures après l'événement, toujours saisi du sentiment d'horreur que lui inspirait la perte qui en fut la suite, dit : (C Qu'un sergent du corps du génie avait reçu l'ordre de faire sauter le pont de Lindenau après la retraite tolale des troupes. Mais lorsque l'ennemi pénétra avec tant d'impétuosité dans la ville , et qu'on entendait de tous les côtés le bruit et ïes hourrahs des Suédois, il se crut entouré et mit le feu à la mine.» On a remarqué qu'une commission aussi importante ne se confiait point à un seul sous-officier ; mais on a répondu à cette objection , que l'officier supérieur chargé de l'opération n'était pas présent. Cette communication confidentielle, venue de première source , quelques heures après l'événement , semblerait proiiver que le fait en lui-même est vrai. Du reste, ceux qui furent coupés seraient de même tombés entre les mains de l'ennemi sans cet accident ; l'impossibilité de sortir autrement que par l'étroit passage d'une seule porte les eut également livrés aux alliés , qui avaient toute facilité de passer l'Elster sur d'autres points. La perte fut immense , et je ne crois point exagérer, si j'évalue à 35 ou 3o,ooo hommes le nombre de ceux qui, dans

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coutume. L'insubordination était à son comble; cbacun était pressé et pressait à son tour, de manière que la marche, qui eut lieu pendant la nuit, produisit la plus grande confusion. Lorsqu'on avance, on peut courir tout seul et devancer les autres; mais dans une retraite, où tout le monde est oblige de suivre le même chemin , on se presse de tous côtés; les corps et les régimens n'ont plus d'ensemble, tout est pêle-mêle, et le désordre est général.

Napoléon , accompagné de sa vleiHe garde, quitta Markranstadt le 20 octobre , sur les trois heures du matin; il était en voilure , entouré des troupes qui marchaient ; leurs rangs redoublés ne lui permettaient pas d'aller vite, et l'obligeaient de s'arrêter de temps en temps. La nuit était obscure j l'armée fugitive était défendue à peu de distance par les postes d'infanterie; la cavalerie avait été envoyée en avant. Les plaines entre Markranstadt et Rippach étaient très- dangereuses pour lui , puisqu'elles offraient à la cavalerie ennemie la plus belle occasion de le charger. Par ce motif, lorsque Napoléon arriva au bivouac , tout près de Lutzen, où les troupes françaises étaient postées à droite et à gauche de la grande roule , il ordonna de battre la marche et de sonner la charge pendant tout le temps qu'il dut s'arrêter dans cet endroit , pour laisser le temps aux diffcrcns détachcmens de continuer leur marche. Les feux de garde furent

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entretenus ; on entendait les tambours et les trompettes , tantôt sur une aile , tanlôt sur l'autre, probablement pour/en imposer à la cavalerie ennemie ; mais aucun mouvement important n'eut lieu. Enfin après avoir long-temps attendu en vain , et après que le roi de Naples lui-même fut monté à cheval pour rétablir l'ordre à l'entrée de la ville , où il y avait une foule épouvantable , Napoléon fut en état de continuer sa route et de traversct* la ville de Lutzen : cette ville reçut dans son sein j après sa retraite, l'homme qui ^ quelques mois auparavant, croyait en avoir illustré le nom par une brillante victoire. Les environs ensanglantés de Starsiedel et de Kaja le virent passer avec une armée presque anéantie , affamée et prête à se dissoudre; avec cette même armée dont les hauts faits devaient le reconduire au moins au-delà de la Vistule, Le jour commençait à poindre ; Napoléon mit pied à terre , examina avec sa petite lorgnette les hauteurs voisines , et continua son chemin , pensif et sans dire un mot ^ couvert de sa simple redingotte grise , et suivi de tout son état- , major. La vue de cette contrée rappelait combien sa chute était terrible; ses plus. chauds partisans même le sentaient vivement , et ne pouvaient s'em-

pêcher de dire en soupirant : Voyez cet honuiie.:* le voilà tel qu^il est sorti de la Russie. On aurait cru voir passer un convoi funèbre j chalcun

avançait, conduisant son cheval à la main. On fit halle près du ravin de Rippach y où Bessières avait été tué le premier mai. Ici Napoléon se procura une jouissance 7 en faisant défiler une colonne de 4 à ByOOO Autrichiens, fails prisonniers dans les derniers combats , et avec lesquels il projetait de remplir ses buUelins (]). La vieille garde portait aussi toujours les drapeaux Autrichiens pris h la bataille de Dresde , qui devaient paraître avec éclat à son retour en France. Cependant, excepté la courte jouissance que lui procura la vue de ces trophées^ cette retraiie n'eut rien d'agréable pour lui. A la pointe du jour, l'ordre était presque rétabli parmi les Français ^ mais le mélange des différens corps y dont on ne voyait que les débris , devait l'affecter péniblement. Il montra , à dire vrai, beaucoup de calme et de fermeté; mais il n'était pas moins réellement très-abattu, et il éprouva, pour la première fois , le malheur irréparable qu'il avait lui-même tant de fois causé aux autres. L'esprit de l'armée se détériorait ; les soldats lui jetaient , en passant , des regards farouches quand ils Je rencontraient à quelque distance de la grande route avec Ney , Augereau, et quelques autres. Les Polonais pleuraient la mort de leur vaillant chef; leur corps était réduit , par les pertes qu'ils essuyèrent et par

(i) Cette colonne fut, Je crois , délivrée quelques jour» après par le corps d'Yorck, près de TUnstrutt.

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là défeclioD, à 600 fantassins et à i5oo cavaliers (1). Ceux-ci auraient même voulu se détacher des Français ; mais Napoléon les avait engagés à rester encore huit jours auprès de lui. Toutes les troupes allemandes l'avaient quitté, et il est probable que ce fut à Leipsick qu'il eut avis de la défection à» la Bavière. Il parlait en termes méprisans de la conduite du gouvernement , et blâma beaucoup le Mar. de Wrede de marcher contre lui avec l'armée combinée austro-bavaroise, sans qu'il y eût une déclaration de guerre préalable. Ce n^estpas pour le présent que je craî/z5, dit Napoléon, mais à Vapenir^ cela me peut faire tort II qualifia de trahison la défection des Saxons ; mais sa position ayatat rabaissé son orgueil , il souffrit qu'on lui dit que la mauvaise conduite de ses soldats, dévastateurs de la Saxe , avaient excité la haine de la nation et de l'armée.

Napoléon s'arrêta à Weissenfels; le général Bertrand avait marché, deux jours auparavant, sur ce point et vers Naumburg , pour s'emparer du défilé de Kosen , sur la Saaie. Au-delà du pont , près de Kosen , commence la roule, qui s'élevant insen^ siblement , conduit à des hauteurs presque inaccessibles qui longent le chemin et fournissent à im ennemi , même d'une force inférieure , le

— ■> ■ I ■ ■ I r f "II.

(1). Plusieurs divisions d'infanterie polonaise étaient même passées du côté des alliés.

moyen de foudroyer tout ce qui s'approche da point d'Hassenhausen. Bertrand, qui, pendant la bataille de Leipsick^ avait eu à combattre le général autrichien Giulay , et qui s'était retiré en descendant vers Pegau , ayant trouvé. Naumburg occupé par l'infanterie, supposa sans doute que le défilé de Kosen l'était par des forces encore plus considérables. Soit que Napoléon eût regardé comme trop difficile de se rendre maître de celte position, bu qu'il eût voulu tromper l'ennemi, l'armée passa la Saalé près de Weissenfels, et l'Unstrutt près de Freybourg. Ce mouvement fut sans doute décidé par le premier de ces motifs ; car Bertrand fit faire volte face à toute l'artillerie et aux équipages pour les diriger sur la route que nous venons d'indiquer. Pour faciliter le trajet, on construisit, outre le vieux pont de bois de Weissenfels , un autre pont de radeaux plus bas, près de la ville , derrière laquelle il y a des collines plantées de vignes. Napoléon, après son arrivée, se rendit au bord de la rivière, et passa l'après-midi près da feu de bivouac, sur une hauteur, à côté d'une vigne. Les détachemens de ses troupes fatiguées passaient pêle-mêle, en défilant à la hâte et offrant le tableau hideux d'une armée dissoute* Les coups d^ canons, qu'on entendaient <le loin , semblaient indiquer quelque affaire dans les environs de Mucbeln et de Kosen , où l'on croyait Bertrand aux prises avec l'ennemi.

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Ce jour-là , Napoléon se montrait tout-à-fait humble et presque doux, et semblait écouter avec condescendance ceux qui parlaient des derniers événemens, si malheureux pour lui , ainsi que des motifs qui les avaient amenés. Il faisait souvent le tour du feu de garde; il prêtait une oreille attentive à la canonnade, regardait les passans avec attention, et excitait par son sang froid l'intérêt de ceux qui Tentouraient. Un misérable pavillon d'une seule pièce, près delà vigne, lui servait d^habitâtion , ainsi qu'à Berthier ; tous les autres bivouaquaient entre les vignes. On manquait d'espace | de fourrages , de tout. La nuit était froide.

Le 21 octobre , à trois heures du matin, on continua la marche le long de la Saale , sur la route qqi conduit à Freybourg. Celui qui ne connaît que superficiellement les environs escarpés et montucux de la Saale et de l'Unstrutt, où commence le terrain argiileux et lourd de la Thuringe , qu'un seul jour de pluie change en marais, ne peut voir , dans -une retraite , par des chemins de traverse , sur un * pareil terrain , qu'une mesure très-hasardée et .commandée par la nécessité. Freybourg est bâti au fonds de la vallée de l'Unstrutt, entourée de hautes montagnes escarpées , sur l'une desquelles s'élève l'ancien château. De mauvais chemins, rétrécis par des montagnes couvertes de vijgnes, des jardins et des maisons , conduisent , de l'un et de l'autre coté , à la petite ville de Freybourg. On n©

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peut ni les éviter , ni marcher par peloton ou par section. La plus grande partie de l'armée française entra dans cette espèce de golfe. On fut forcé de gravir une montagne escarpée sur l'autre bord, vers Eckartsberg, et d'y traîner tous les chariots. Un bon quart d'heure avant d'arriver à la ville , Bonaparte ne put avancer , à cause de l'encombrement des troupes et des chariots; il fut obligé de descendre de sa voiture, et eut beaucoup de peine à percer la foule pour arriver à la ville» Le pont avait été brûlé par les Autrichiens deux jours auparavant ; on avait construit dans la ville un autre pont de radeaux plus léger, qui était agité çà et là par l'accroissement de l'Unstrutt. L'autre pont était d'un quart de lieue plus éloigné, près d'un moulin, et l'on savait qu'il y en avait ixg troisième encore plus bas, près de Laucha. Lorsque Napoléockarriva, hommes et chevaux, poussés par le zèle et par la crainte , se pressaient pour passer. 11 n'y avait plus de discipline ; chacun voulait mettre sa propre vie en sûreté, et cependant l'insubordination et le désordre de ce pas*sage faisaient craindre le plus grand danger; c'était en petit le passage malheureux de la Bérésina. Le matin, le soleil, couvert de nuages, semblait un* boulet ensanglanté. Le bruit des troupes, et la ca* nonnade de Kosen et d'Hassenhausen , produisaient le plus terrible e£Pet. La seule présence de Napoléon put rétablir un peu d'ordre. II se rendit

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près du pont, sous lequel un certain nombre de fuyards avalent ^é]k trouvé leur tombeau , tandis que des traînards afiFaraés erraient dans les vignes voisines pour chercher du raisin , ou pour piller. Par des mesures sévères, on parvint, autant que possible, à se tirer d'embarras, et l'on assigna ua pont à chaque détachement de troupes, artillerie : infanterie et cavalerie. Napoléon s'é;ant arrêté sur plusieurs points, tantôt volontairement , tantôt retenu par la foule , resta peu de temps dans la maison du surintendant ou ministre protestant ^ et retourna près des passages très-étroits dont nous avons parlé, et près d'un des ponts où l'on avait eu la plus grande peine à retenir les soldats , qui &'y pressaient avec brutalité. Pour y réussir, il fallut que quelques généraux et quelques gendarmes distribuassent des coups de sabres. Le pont, qui n'était pas assez large, et dont la construction était trop faible, obligea la cavalerie à ne le traverser que deux à deux, et cependant on s'y fourra pêle-mêle à droite et à gauche. Enfin , entre deux et trois heures après-midi, lorsque tout le ravin de Freybourg fourmillait de chariots, et que la canonnade du côté de Hassenhauseu , où Bertrand avait été engagé, commença à diminuer , Napoléon lui-même se rendit, avec son état -major, ^ur la rive droite de l'Unstrutt. 11 n'avait plus de temps à perdre; car à peine eait-il passé le pont, en se dirigeant sur la petite route vers Burg-Schcidungen,

qu'une troupe de tirailleurs ennemis parut sur mic hauteur derrière le moulin, près du second poni, hauteur que les Français n'avaient point occupée- Ces tirailleurs s'étendirent sur le penchant de la montagne, et tirèrent sur les troupes qui passaient. Parmi les grandes fautes qui furent commises dan* cette guerre, on doit compter que les Français négligèrent tout-à-fait les petits moyens de sûreté, qui consistent à mettre des patrouilles en observation, Us se fiaient en général , pour les grandes opérations, au génie de Napoléon; mais ils ne cherchaient jamais, par la connaissance du terrain , et par l'exactitude dans le service ordinaire, à remédier aux inadvertances qu'on pouvait. mettre sur son compte. Aussi , dans cet endroit , des transports et des corps d'armée tout entiers passaient le ravin et la rivière, sans avoir occupé les montagnes voisines. Quelques minutes après le compliment de l'infanterie légère ennemie , les boulets de canons volaient déjà autour de Bonaparte, et des grenades tombèrent tout près de lui. La suite bigarrée et le costume particulier du roi de Naples étaient en butte au feu des tirailleurs et des artilleurs ennemis , et le piquet de la garde , ainsi que tous les suivans de Napoléon , furent , par cette raison, obligés à se disperser. On tire sur la suite, dit Caullncourt à Napoléon, qui, dans ce moment,, regardait avec une lorgnette. Croyez-vous ? répondit celui-ci , et il tourna Tort tranquillement

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son fidèle ch^vlat b^i.' li'àûé<}tre^> fatofbéô par là position, fut ttiBÀ-vîvéi^iaèiqdëreimettdrfeiît qu'à peu prés quatre bataillons > deux encadrons et une batterie à cheyak Heureusetnent pour les Français^ l'ennemi n'avait point remarqué tju'il y avait eôcorè tm petit teftrô tout prés du moulin (atec une petite maisonnette de vigneron)) que ce tertre dominait toute là vàllëé, -et qu'il n'aVait pas non pltis été occupé par leS'Fl^nçàift. Napoléon envoya promp"- Jtement <|uelques pièces d'artillerie ^ tandis qUe «Quelques bataillons de la troupe, qui s'étaient for-* mes sur la rive droite, marchaient de l'autre côté de la rivière et attaquèrent la montagne où étaient •les Russes {ou les Prussiens). Ces bataillons, pro- ' tégés et aidés de l'artillerie , parvinrent à déloger l'ennemi , et la garde marcha en attendant sur la rive opposée. Le mal'échal Oudinot était encore en arrière sur la route de Weissenfels pour^ protéger les derrières de l'armée; mais ce même corps d'alliés était venu du côté de Mucheln, et avait passé la rivière. Les alliés avaient toujours gagné ' quelques marches sur les Français par les chemina de traverse, en y envoyant quelques corps en avant ; car leur cavalerie avait, dans la même jour* née, occupé Weimar^ les environs d'Artem et Buttelstadt. Le corps de Czernitscheff était à Sangerhausen. Napoléon quitta ce poste dangereux , après s'être convaincu que la hauteur était' ocicu* pée , et que sa retraite était protégée. Sept ans et a 4

la journée du ig, tombèrent entre les mains de Fenueini à Leipsick : comme lous les chariots et la garde étaient déjà passés , des corps entiers restèrent en arrière. Ces corps étaient très-faibles, mais ils furent infiniment augmentés par les soldats qui

s'étaient mis à la débandade, et qui se joignirent à eux. Toutes ces masses d'hommes périrent ou tombèrent eiitre les mains de l'ennemi. Parmi ces der mers se trou va, avec plusieurs autres généraux, l'estimable général de division Rey nier, qui, quoique enfant de la révolution , avait toujours suivi , malgré toutes les difficultés, le sentier de l'honneur. La mort de Poniatowski, dont la nouvelle arriva le lendemain au quartier- général, excita le plus vif intérêt. En général, les revers du 19 produisirent un embarras et un abattement extraordinaire parmi les adorateurs les plus zélés de Napoléon. Sans prédire la fin de sa brillante carrière, et sans éclater en invectives, on regarda comme possible qu'au retour de l'armée, la nation elle-même se sentît indisposée contre son chef. Napoléon luimême ne croyait pas ' avoir fait une aussi grande perle à Leipsick. Peut être lui a-t-on caché la vérité, comme à l'ordinaire; car comme on savait qu'il répugnait à entendre parler d'une grande perte, c'était lui être agréable que de lui faire.de faux rapports. H dit lui-même, quelques jours après : (( J'aurais pu sauver six mille hommes, si j'avais brûlé les fauboui^s de la ville j c'était le

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droit ,de la guerre} mais je n'ai pas voulu le faire, y> On perdit une quantité énorme d'artillerie, tant à la bataille qu'à l'assaut de Leipsick. La plus grande parlie^ après celte époque, consistait dans les 120 pièces appartenant à la vieille garde, qui étaient complètement pourvues de munitions. Mais la jeune garde avait perdu une grande partie de la sienne à Leipsickj et si l'on considère les pertes faites postérieurement, on trouvera que l'armée française n'avait plus que 200 canons à la bataille d'Hanau, bataille qu'elle a livrée comme pour prendre congé de l'Allemagne. Combien l'artillerie française n'a-t-elle pas perdu de ces i3oo canons si vantés après l'armistice ? Les seules batailles de la Katzbach et de Culm lui en coûtèrent h peu près 200 , sans compter ce qui fut laissé aux garnisons des places fortes.

L'hôtellerie de Markransladt accueillit toute la maison impériale et celle du prince de Neufchâtel. Ceux qui n'avaient pas le droit d'occuper une place dans le petit nombre de chambres 'disponibles, se retiraient au grenier. La troupe^ aigrie par le malheur , marchait avec un aspect farouche et menaçant ; la garde se permettait toute sorte d'excès ; la plupart des soldats étaient tourmentés par la faim et par le besoin. Les villages qui étaient près de la roule furent presque tous ravagés. Les .supérieurs ne pouvaient ni ne voulaient rétablir l'ordre j ils s'en souciaient encore moins que de

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route de Gotha. Lagrand&drinéeidesatliëB traversa Arastadt, où les monarques avaient ■, 1®^7> l^ur quartier gjéuérei* Erftin aeiîit que bloqué, d'abord aoms^Ies ordres da prinoeGortschakèrw^ et eitsuite 80i:|sle ^néral comte Witgeqsteiii; Pendant que Napoléon était dans ta ville ^ tout était tranquille dauis .les': etiviron&; à ^ peiofe . sIoocupaitH^q^ d^ la gMrre> oa nèicràîgnah que la peste el Ja fiimine* Tontxsfi qui pouvait se mettre en* mouvement fut oiUigé de partirai . ' ■!• ."••.■ . r;.. ,:;<:. i.i :■.

' JLe^ ioi delVipSes aUa enia!Ttfit> aoiii /prétexte dî^âiseuer de Mayeeeedes troupeftlrâichea; oaai^ deJa.-rirvegaudbeiduRbin il se rendît^ te JtaKe;:^ Enfiif lé fi6/octikbFé^ à trob • bpùres du matin, l?hofnnierx|ui ;àvail m» eh mouvemeet di9s forcer Msfii moâibrensea et arasfiiimposaatesvitgMfttljt «^ ussi la viile au miKeti;de )a pluie ^ dii liientc^ètedet^é-* ipèbre^y pour aller à la rencqntiTfide^fca future de^ t!dë<i^:^iine lui prësag^eait que desnaaagcd^s. II asmt^lkiir sérieux erbalme. Berihierrjptait avec hÀ dans sa vcdturè; Câdlincoùrt ^ Maret.^et«tous^6U!k: qui •appartenaient à slajiiaia(Hiy'le»5umieôt79riap9a'<nière accoulumëe, -mj}'!:;. . ! .-

i Bèpuia qwtlK^ jtiM|u!è- «b beiresi^ irecri^re^airde iravérsa Erfurt u^anqiulkmènt^.qt.^ajovdi^è; IIj6^ ^restft daps la viUe quîdnie gs^iapn de quelques ^ents hommes et quelque artilleries^ Après, plusleure^ r0eqntwssanoes , le «orps ooiubiné delPrussiem h% de 'Russes occupa bientôt toutes Jea routes qui coq-' duisaient à la ville.

RÉCIT

Dés êpènemena qui 'se sont payées à Dresd0 dans Vannée i8i3 ,par un témoin oculaire^

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