ET PIÈCES
A Tappuî du récit des événemens qui se ' sont passés à Dresde en i8i3.
Publication de la Commision immédiate.
«^ A Majesté, en quittant Dresde , a exhorté ses fidèles sujets à conserver l'honneur saxon par une conduite décente et en maintenant le repos et là tranquillité. Cependant des habitans de cette ville se sont portés à des excès qui nous forcent . à rappeler les dispositions dé la loi , et notamment les §§. lo, il, 12 et i3 de l'ordonnance contre les émeutes pour maintenir le repos public et le bon ordre , qui doivent être sacrés pour tout bon citoyen attaché à son roi. La commission Immédiate fait souvenir les habitans que les dispositions relatives au pont et autres, qui ont pour but de garantir la ville d'une surprise de la part de l'ennemi, ne seront exécutées que dans le cas d'une extrême urgence, et que tout tu-
EN âAXE , i8i5. 247
multe à ce sujet , non seulement attirera un châtiment à ses auteurs, mais peut encore avoir les suites les plus fâcheuses pour le repos public.
La Commission royale immédiate saxonne.
Extrait de V ordonnance du iS janvier 1791 >
contre les émeutes.
$. 10. En cas d'émeute, personne ne quittera sa maison pour aller joindre le rassemblement, ni ne permettra aux siens de le faire. Ceux qui se trouveraient dans les rassemblemens, conduits par le hasard ou par la curiosité , devront s'en éloigner de suite et se retirer chez eux , faute de quoi ils seront punis comme perturbateurs du repos public.
§. II. Seront considérés et traités comme auteurs du tumulte, ceux qui entraînent d'autres personnes à des rassemblemens , qui les induisent à s'opposer à Fautorilé, à lui résister, ou à exiger quelque chose par la force; ceux qui, dans de pareils cas, donnent des conseils aux rassemblemens, les convoquent ou marchent à leur tête; ceux qui publient des écrits séditieux , qui , dans \in rassemblenient déjà formé, provoquent à des voies de fait, ou forcent par leurs violeacesou
fi48 CAMPAi^NE
leurs menaces, des citoyens paisibles à. prendre part au désordre.
§. 12. Les auteurs ou les chefs d'ane émeute y lorsque l'émeuie a réellement éclaté , seront condamnés à être décapités; s^ y à des circonstances aggravantes, ils ont encouru la peine de la roue.
5. i3. Lorsque l'émeute n'éclate pas, ou qu'il y a des circonstances atténuantes, les che& seront condamnés, selon les circonstances, aux travaux forcés pour la vie ou pour dix ans.
Publication du Conseil municipaL
Nous avons appris, avec le plus vif chagrin, que dans Taprès-dîner et dans la soirée^d'hier , une troupe d'habitans de cette ville ^ se livrant aux inquiétudes que leur inspirçu^t les mesures militaires ' que Ton prend relativement au pont , se sont per- : mis des propos et même des violences contraires . au bon ordre , et qui peuvent devenir fimestrà à *^ la masse des habitans de Dresde. Nous sommM ^' persuadés que la partie sensée du public improuve une semblable conduite tout autant quQ nous*^ . mêmes; cependant nous exhortons tous les habitans • à ne pas augmenter, dans ces momens désQstreu?[^ nos mau^ communs, en se livrant à leurs inquié*
£N SAXE^ l8l5. 249
tudes y mais à attendre avec courage et avec ce calme qui honore le bon citoyen^ ce qu'il aura plu à la Providence de décider , la volonté des hommes ne pouvant rien y changer. Que tout homme éclairé 9 que tout père de famille se fasse uq devoir d'inspirer ces sentimens à ses enfans et à ses concitoyens : ceux qui, ne comptant pour rieii les dangers qu'ils nous préparent, continueraient de troubler lé repos public par des discours ou par des violences, encourront toute la rigueur des lois. Citoyens^ soyez assurés que nous avons mis en usage tout ce que peut dicter li prudence, et que nous continuons de faire tous nos efforts pour éloigner de cette capitale les maux qui peuvent la «qenacer, ou 4u moins pour en diminuer l'amertume ! "^
Dresde, le ii m^rsuSiS,
Le Conseil municipal de Bréêélé. •
Rapport à* un témoin oculaire sur tes événe-mens qui ont eU lieu à Meissen^
Le 5 mars, le général de Réchberg arriva va de Kœnlgsbrûçkc avec à'^peu près i,4oo Bavarois*
25o CAMPAGNE
Les soldais furent logés dans la ville et dans le% environs.
Le g, le ge'néral reçut du commandant français de Dresde, l'ordre de brûler le pont à l'approche des Russes.
Le lo et le 11 on garnit le pont d'à peu près 4o cordes de bois, de paille , de goudron et d'autres combustibles. Le conseil municipal ayant fait' dès représentations , le général promit de ne faire brûler que la petite arche en bois. En conséquence , on démolit le toit et les parois latérales en planches , et l'on prit toutes les mesures nécessaires pour que le feu ne pût pas gagner les maisons voisines (i).
Le 12, à midi, le prince d'EckmûIh arriva dans cette ville, et après iqu'ii eût inspecté le pont, il donna l'ordre de le brûler en entier j on y porta sur-le-champ une nouvelle: quantité de conibustibltîs. On présumait que le moment décisif n'était p9S k)îti., quoique l'on n'eût rien publié à cet égard. A neuf heures du soir on retira les postes avancés de la rive droite. Un détachement de 28 Bavarois , sous les ordres d'un sergentmajor,, fut commandé. pour mcUre îpfeu au ponl. A dix heures et demie, la crandc arche était eu flammes; un peu plus tard, on mît aussi le feu à la petite. C'était un specyiacle a la fois effrayant et magnifique î Les habitans, muets de douteiir,
EN tS-A^XE ,! â8l5. 25l
le contemplaient les larme^^ux yeux ; leur morne silence n'était troublé que par le pétillement des flfimmes^ bu le*l:(i^it^aV€X&>Jeqiie];*À«ie^iJpoià,re bnilante^iiOÛ>unè:;ài]cretii7oûgt6^( irf^mbe^i^i dé temps-» en temps danti le fleuve i^^jin^^amâè: arche) dont, les flammes éclaimîe0til?aniiîqiie!fcaiiKÂiirale y h rivière et les modt&gbes:dÀ^iiTdigé,%rùlà ppn« dant à peu près trois quart» idJfaèiîire^^uiKifUè'Sti^ bima avec fracaa^ (dans :rË(be^f*<éi3iimai|t ^oiis^'sar chute. 'Feu aptè6 le petite .arche s^enfon^ j é^jatéi ment )'f et. les deux masses furent ^/entraioéeliente» ment panle^euve. ■ ; * : -^ M<lsr>I.« •. >
Le 1 3 au matin ^ Je pqrinceidlEokmuUj^ déndii à: Dresde aveÇ' soi| obr^et avec, une diyiâion ■ de Bavarois. Yers midi, tous Ses Bav«Esoisosre fmrant en marche pour ^lUesd-et Strehia (au^dessmiB^Kie Meissea), àffin de garder: TEIbeilb ne^it à:!peti près '20e î^rançafe avec î4'î pièces,* sous les ordres; du chef de bataillon de LôUiamêiï.^(^â pCfisa-mi factionnaire sur les débris! d^ ]^ont , et l'on, plaça 2^ pièces à cfaaôun dé ses votés.' Vers le; soir ^oû vit quelques Cosaques en face delà ville. i --*
Le lendemein pafiçii^lapubJ^ad^n^^JYf^Q^^qui^ comme on le voit par le style, a été dictée à la municipafilé,*ou' peut-être tout simplement publiée en son nom ).
35a CAM^AanK
publication.
L'iiicaQtdiQ''du poota répandu Talarme parmi les I)!»buan$ qui paraissent t!ratndre d'autres maui ^emblablèftë.^où^evr.ilè colonel qui commande aciudtexaeyit daùsicètie .viHë, et avec Fassentiment duqqej uou^ f^iisons U précepte publication^ a* dér cbi'4>que le^ habàtana pouvaient bannir toute crainte ; que jamais on pe songera a bru}er les ibin^.et les pailles qui se* trouvent d^nso^te vitte^ d'autant moins que. les provisions en ^nt peu considérables ; que lui-même ne 9e trouve dans la ville qtKi.pQur notre suretôi Citoyens! reprene? courage ^ ne criûgiie;«i point de plus grands maux 9 ouvr^ vos coeurs à r^péranoej, coniinuee de mainiiràrtau milieu de vous, l'ordre et I^t tran-? quilliié^ Des excès 9iUreraient de sévères cfaâtin^ns &utr celui qui s'^n^ rendrait coupable. Mon-t ircaj-rvous dociWs d^m VovX ce que Von est obligé d'exigep de vous dans les circonstances, aotuellesc Vos magistrats pe cessent de veiller, k vos. ior térêts.
Mei$$eD^ le i4 m^rs i8i3.
fl
La Municipalité et le CJp^seil;
ZjC Commandant supérieur de la ville de Meissen ,
De Lohhausen.
EN 8AXB, l8l3« 955
Le 16, le 17 iBt le 18, on fit passer swr la rive gauobe tous les moulins à bateaux, et l'on détruisit tonte» les embarcations, même celles qui avaient été icoidëc» à fond.
ho IQ) le prince d'Ëckinûlh revint de Dresde avec son corps, et occupa la rive gauche de l'Elbe. Il fit retrancher l'entrée du pont. Le lendemain il se remit en marche, et desceodit le long de l'Ëlbe^
Le 21 , les Français <p'on avait laissés dans la ^Ue, la quittèrent aussi et furent remplacés par des Bavarois. Tant du pont que des hauteurs adjacentes, on tira quelques coups de canon sui* les Cosaques qui parais^ai^irt »ur la rive opposée, mais sans effet,
' IjO !î5, les Saxons, sons les ordres du général Le<îoq , qui avaient quitté les Françaiis , passèrent par la ville pour se rendre à Torgau. ï^os Bavarois quittèrent alors Méissen poilr se Vendre à Dresde^ et forent remplacés [rtir un bataillon du régiment d'infenterie du prince Clément. Deux jours après, ce bataillon quitta Meissen^ et il y vint 60 hussards saxons.
Le 96 , à six heures da matin , aprèa que les Cosaques eurent passé l'Elbe à I^ieschietz ( à une lieue au-dessous de Meissen ) , on mit le feu aux drapeaux d'alarme , que l'on avait dressés sur
a54 CAMPAGNE
les hanteurs près de la ville ^ et les hussards se mirent en marche sur la route de Nossen. A huit heures du matin , il arriva des troupes bavaroises de Dresde ; ou en détlK)ha un fort piquet , qui se rendit à Zehren ( à une lieue et demie audessous de Meissen ) , avec deux pièces*; on les braqua sur le pont d'une petite fivière qui coupe la route près de Zehren , • et l'infanterie fit feu sur les Cosaques qui caracolaient dans les environs. Â huit heures du soir , le général de Rech« bei^ arriva , de Dresde à Meissen , avec de l'infanterie bavaroise, des. hussards et des dragoiri saxons. Le piquet de Zehren fut retiré, et le 27 au matin, toutes les troupesse mirent en marche sur la route de Nossen. Dans l'après-midi , les premiers Russes se montrèrent sur la /ive . gauche y sur la hauteur dite Plossen ( :k ) ; c'étaient à peu près 8q Uhlans, dont quelques-uns s'avancèrent jusque dans 1q feubourgi Deux heures plus Urd , quelques centaines de Cosaques passèrent l'£lbd à la nage , et s'établirent dans la ville et dans le faubourg. . - : ■ .
Le 28 , il arriva un plus grand nombre de Cosaques, sous les ordres du prince Madatoff j ils
(i) Le chemin de Wilsdrnf et de Nossen passe sur cette hauteur y qui domine la ville.
jEN SAXE, i8i3. ; 255
avaient passé FElbe à Werschwiiz : le lodemain ils continuèrent leur route.
Le 3o et le 3i , il arriva beaucoup decavalerie russe , et deux batteries légères , qui se remirent en marche le 2 avril : déjà auparavant, 4o pionijiers prussiens étaient arrivés de Brejde pour construire un pont de radeaux ; mai comme on manquait' de bois, 6n établit un pont de bateaux, qui fut achevé le 6 ; alors les ouvrier se rendirent àMûhIberg, pour y construire un poit semblable.
Publication. . ' •
Toute communication avec la rive droite est interrompue jusqu'à nouvel ordre. 1 est expressément défendu aux habitahs de 'avancer jusqu'^aux avant-postes ; ceux qui le feraient seront traités comme ennemis. Il n'est lermis de se rendre dans le faubourg qu^à ceux qui y ont des afiaires. Au premier coup de c:non qui sera tiré sur la rive droite , tous les hai)itans se retireront dans leurs maisons.
Presde, le 1 5 mars i8i3. j
Par ordre du prince d'EctmùlI: , les habilans
sont avQTtis que ce matin , du moment où Ton tirera trds coups de canon ^ ils se retireront dans leurs mâsoRS , d'où ils ne sortiront que trois heures a)rès.
Dresde, k 19 mars i8i3.
Li Conseil municipal de Dresde^
Par ordre après do M. le général de division Durutte, comnandant en chef, par intérim y de cette ville et de ses faubourgs , les habitans , tant de la vile que des faubourgs, sont avertis qu'en cas que l'ennemi s'approche et tente d'io-« quiéter les fostes en deçà de l'Elbe, tous les citoyens ont à se tenir tranquilles et à se retirer paisiblement iaos leurs maisons.
Ceux qui sd permettraient de rôder autour desi troupes placées sur quelque point que ce soit, seront regardas comme espions ; s'il se formait des groupes qii ne se disperseraient pas au premier avertissenent , les troupes tireront dessus, conformément à l'ordre qu'elles en ont reçu.
Tout homme raisonnable sentira de luimême combiei ces mesures sont rendues indispensables par les circonstances où nous nous
EN SAXB, i8i3. a57
troutons. La sollicitude paterneliei que noiuavons pour nos administrés , se trouvant au^entée encore par l'expérience des derniers temps nous ne tardons pas une minute à les instruire le ces mesures , et nous les exhortons sérieusetent à s'y soumettre.
Les propriétaires communiqueront , sanidélaii la présente à leurs locataires.
Dresde^ le 25 mars i8i3.
Le Conseil municipal de Drsde.
Les habitans de Dresde sont prévenu qu'aujourd'hui y à midi , les troupes russes ocaperont la Ville neuve ; que y pour ménager l'une c l'autre ville, il ne sera commis d'hostilités, r sur la rive droite ni sur la rive gauche , dans 3 rayon d'une lieue , tant au-dessus qu'au-dessus de la capitale.
Cependant ^ d'après cette convation , à partir d'aujourd'hui à midi^ toute comnunicatbn entre la Ville vieille et la Ville neuve est igoureusement interdite ; ceux qui tentenient le passer l'Ëlbe, au mépris de cet ordre ^seron arrêtés
sur-leîhamp par les troupes^ et traités comme^ espion
Drede, le 22 mars i8i3.
Le Conseil murdcipal de Dresde.
Comie dès ce soir les hostilités , pourraient recomtencer entre les troupes qui se trouvent en préjnce , nous exhortons les habitans, tant de la lie que des faubourgs , à se relirer dans leurs raisons dès qu'ils entendront l'alarme, afin de ne ps gêner les troupes dans leurs mouvemens, et de npas s'exposer eux-mêmes aux plus grands désagréiens , ou même à la mort. Nous rappelons ax maîtres des difiPérens métiers l'ordre que noB leur avons donné de vive voix , de retenir das leurs maisons les compagnons et apprentifsjui travaillent chez eux. Les maîtres , en cas de ontra^ention , seront rendus responsables, et punis de tnis jours de prison. Nous rappelons aussi à «et égird la teneur de plusieurs articles des précdente publications : les propriétaires fermeront 1« potes de leurs maisons à 9 heures et demie di soii; les personnes que l'on rencontrerait dans les :ues plus tard , et qui ne justifieraient pis que des affaires indispensables les ap-
EK SAXE, l8l3. 259
pellent hors ^e chez elles , seront arrêtées par les patrouilles , et , s'il y a lieu , conduites en prison.
Dresde, le 26 mars i8i5.
'. Le Conseil municipal de Dresde,
yiux habitans de la Saxe.
Saxons !
A la tête des Prussiens je mets le pied sur voire territoire 5 nous venons vous tendre la main comme à des frères. Dans l'est de l'Europe, le Dieu des armées a porté un jugement terrible i l'ange de la mort a exterminé, par le fer , par la faim et par les frimats , 3oo,ooo étrangers qu'il a fait disparaître de cette terre, que, dans leur arrogahce, ils voulaient subjuguer. Nous portons nos pas dans les lieux que nous montre le doigt de la Providence , afin de combattre pour le maintien des antiques trônes , et pour notre indépendance nationale. Nous avons pour compagnons d'armes un peuple valeureux , qui , par sa fermeté, a fait échouer les projets que méditait contre lui l'oppresseur de l'Europe : forts de leurs victoires, les Russes promettent la liberté
l6o bÀMpAGiiM
aux peuples gémissans sotis le jodg. Notre préseiict^ est pour vous t'aurore d'un jour nouveau» Le moment est venu de briser le joug sous lequel vous gémisses depuis six longues années»
Une guerre commencée sous des auspices funestes , terminée sous des auspices plus funestes tocore^ nous imposa les dures conditions dti traité de Tilsit. L'ennemi n'a lui-même exécuté auc^in des articles de ce traité } chaque convention subséquente n'a fait qu'ara ver le poids de celles qui la précédaient : secouant ce jotig de fer, nous marchons au glorieux combat qui doit nous rendre à la liberté*
Yaillans Saxons ! peuple éclairé ! est-ce à vous que je dirai que tous les biens de la vie n'ont plus de prix pour un cœur généreux y sans l'indépen-^ dance; que vivre sous le joug est le plus avilissant de tons les opprobres 1 Non , vous ne courberez pas le front plus long^-temps; l'heure de votre délivrance est venue! Assez et trop longtemps une politique astucieuse et perfide , pour exécuter ses plans odieux^ a fait couler le sang de vos fils , a tari les sources de voire commerce^ a détruit la Kberté de vos presses, a fait de votre pays , jadis fortuné , un champ de carnage. Déjà le vandalisme des étrangers qui vous oppriment a dciruît , pour le seul plaisir de dévaster , le che'-
EN SAXE, i8i5. sS;i
âVBUvi'c de Fatchitectare, ce poat, Ie< plus Idëatit monument de votre capitale. Saxonsyaux armesj accourez dans nos rangs , levez l'étendard çoatre Vos oppresseurs , soyez libres*
Voire souverain est au pouvoir de l'étranger; il n'a point la liberté de se déterminer ; il gémit des démarches auxquelles le forcent une politique perfide; nous sommes aussî loin de les lui imputer que de vous en faire porter la peine. CW pour le compte de votre roi que noua administrerons les provinces de votre pays que la fortune , la supériorité de nos armes, la bravoure de nos troupes soumettront à notre puissance. Satisfaites aux besoins modérés de fios soldats, et attendezvous de nôtre part à là plus sévère discipline. Mbi^mème j'entendriaî les plaintes de tous les opprimés, j'écouterai tous les sujets de mécontentement qu'on pourra m'exposer, j'examinerai tous les griefs que Ton portera à ma connaissance, je punirai sévèrement tout manque de discipline.
Lé tïioindrè d'entre vous peut s'approcher de tààiÀWt confiance, je le recevrai en ami.
Nôiis traiterons comme frère tout partisan dô nndépendatice de l'Allemagne; nous ferons rentrer avec douceur dans le chemiû du devoir, tout esprit faible, égaré par les cîrconstanses; maïs Uous poursuivrons sans pitié, comme traîtres à la
sSa CAMPAGNE
|Mitrîe commune, les instramens iJ^jects d'une ty* rannie étrangère.
Bunziau, le 223 mars l8i5.
Signé Bluciier^
Aux troupes sous mes ordres.
Prussiens!
Nous passons les frontières de notre pays pour mettre le pied sur un teriitoire étranger; mais ce n'est point en ennemi que nous y entrons, c'est en libérateurs. Allant combattre pour cotre indépendance, nous n'opprimerons pas des voisins qui parlent la même langue , qui professent la même foi que nous , dont les guer-riers se couvrirent souvent de gloire à nos côtés, qui sentent comme nous une haine invincible contre l'oppresseur ; la politique de son souverain, égaré par l'astuce des Français, est le seul obstacle qui les empêche de tourner leurs armes contre les satellites d'un despote étranger. Soldats , soyez humains envers ce peuple ; regarde! les Saxons comme les amis de la cause sacrée
lES SAX£, i8i5* â63
pour laquelle nous allons combattre ; considérezles comme des alliés futurs. Les babitans de la Saxe^ de leur côté, satisferont à vos besoins en suivant uHe marche régulièl-e d'administration. Imitez Teiemple de vos compagnons d'armes du corps d'Yorck, qui) ayant vécu long-temps sur un territoire étranger, ont fait honneur au nom prussien par leur exacte discipline.
Je ne regarderai plus comme Prussien, le soldat indigne qUi déshonorerait le nom de son pays par des violences j je saurai punir son ciiaie pair des peines infaniaptes^
Soldats I vous ftavez que j'ai toujours eu p)6iur vous la tendresse d'up pèrii; mais vous n'ignorez pas que je ne souflfre point d'excès; que ceux qui s'en rendent coupables, trouvent en moi un juge inflexible.
Bunjcku^le 25 mars i8i5.
Signé Blucheb..
s64 CAMIPÀ&NE
Lettre de Monsieur de Blûcher^ général de cavalerie, commandant en chef les troupes prussiennes , d la direction générale de Tad^ ministration de la Saxe.
Extrait du ]OXiTi[ï^al inXilnlé Dresdner Anzeigen , ( llndicatetir de Dresde ) , i*' avril , n*. 74.
Les devoirs de général m'imposent l'obligation d'exiger des pays qui ne sont point nos alliés, et dans lesquels nous conduisent les événemens de là guerre, de subvenir aux besoins de mes soN dats.
£es sacrifices que je demande, aux Saxons sont bien au-dessous de ceux que s'imposent avec joie nos compatriotes les Prussiens, malgré toutes les perles qu'ik ont éprouvécjs pendant sept années de malheurs. Je n'ai d'ailleurs articulé nulle part que c'est gratuitement que j'exige des fourniture» et des prestations; il faut espérer, au contraire, que dans un traité d'alliance qui ne tardera pas à être conclu avec les Saxons nos voisins, on fixera le mode d'indemnisation.
J'accorderai de grand cœur le sursis que vous me demandez pour tous les objets qui ne sont pas pour l'instant même d'une nécessité absolue ^
EN SAXE, iZlD. a65
et j'attendrai à cet ëgaj^d la décision de mon souverçiîn ; mais accorder le moindre délai pour le3 articles dont les. soldats ont ua besoîa urgent, ce serait manquer essentiellement aux devoirs sacrés qnç j'ai à remplir envers l'armée^ composée de troupes des augustes alliés.
Je vous fais observer, du reste, Messieurs, que le ton d'aigreur qui règne dans votre mémoire d'hier, serait capable d'irriter tout homme qui aqraît mpius à cœur que^moi le bonheur de l'Allemagne, notre commune patrie. Je finis, en vous.. assurant que je ferai tous mes efiForts afin d'alléger pour votre pays les fardjeaux de la guerre, et que je ne souffrirai jamais que les autorités, qui ressortissent de moi prennent le ton d'ai-^. greur que la Commission immédiate a commencé à se permettre dans sa correspondance» *
Dresde, Ville r^euve , le Si mars 18 1 5.
Aux habitans du cercle de Cùttbus.
Habitans du cercle de Cottbus, une paix conclue dans des jours de malheurs vous a détachés, de nous. Vous êtes au nombre des plus anciens
s66 CAMPAGNE
enfans de la monarchie prussienne. Vos pères ont combattu en braves sous les drapeaux de Frédéricle-Grand; leur sapg » CQulé pour l'indëpendaDce de la Prusse. Votre att^ïche^lent à la famille de nos rots vous donne le droit irrécusable d'être nos concitoyens; par le cœur, nous n'avons jamais cessé d'être les vôtres.
Au nom du roi notre souverain , je déclare que vors ê|es de nouveau ses sujets; l'aigle prusr siepne, soi:ts les ailes protectrices de laquelle vous avez vécu long-temps heureux et libres, dès aujourd'hui sera encore érigée sur votre territoire.
Que ce^x qui jadis ont porté les armes sous les bannières prussiennes , se rassemblent de nouveau sOus nos étendards ; que ceux qui veulent les prendre pour reconquérir potre indépendance ^^ saisissent le (usil et joignent nos rangs. Que l'homme distingué donne un noL|e exemple à celui qui ne jouît d'aucun titre : jetez les yeux sur vos compatriotes que sept années de malheurs avaient séparés de vous ; voyez le sublimie enthousiasme qni échatifife tous Içs cceurs; les fils dé nos citoyens les plus distingués et les plus riches , renonçant à toutes les prérogatives de la naissance , à toutea les jouissances, rompant les liens lés plus» doux ^ se pressent sous les drapeaux sans demander quel . sera let^r grade , jaloux du seul titre de défenseurs de la patrie. Vous n'êtes pas moins gêné-
reux que tôs frères, dont la violei»;e, secotidécf pat la fortune, a pu vous séparer un kistapt; VoUtf ferez ce que l'honneur et le devoir tous ordonnent.
Ne manquez pas d'égards aux autoi'ités étabtiê^ au milieu de vous : le gouvernement saxon eut des intentions paternelles pour aes nouveaux su-* Jeisj obéissez-leur tant qu'ils ne ôomprôûiettroni? pas la cause sacrée de notre indépendance ; moti^ trez-vous dociles à tout ce que le coinmissaire royal que je vous envoie demandera de vous au pom de notre souverain,
Bunzlau. le 22 mars 181 5.
Signé BwcHEit.
Jjes amis de k^ Saxe aux Saxons^
Frères, auxquels nous sommes unis par les liens . du sang , de la même langue et d'une conunune oppression, nous nous rapprochons de vous^ ouvrez-nous vos cœurs comme vous nous ave;K ouvert vos portes; la longue nuit de l'opprobre a fait, de nous des amis intimes; l'aurore d'un jour pkiSf heureux nous trouvera réunis., Nous sommes Ç0|^^ ^
s68 CAMPAGNE
patriotes, nous sommes frères; dans la persuasion intime que vous ne trahirez point la sainte cause d^ la patrie, plusieurs d'entre nous se font une gloire de vous appartenir, d'être nés au milieu de vous, d'avoir été élevés dans vos usages.
Nous prendrons notre route à travers vos vallées comme il convient à des frères. A qui la terre de la pairie, cette grande maison paternelle commune à tous les cœurs allemands^ serait- elle plus sacrée qu'à nous, qui avons juré de verser tout notre sang pour la rendre à la liberté !
C'est pour la liberté de l'Allemagne que nous saurons vaincre ou mourir, si tel$ sopt les décrets de l'ÉterneLLe despotisme d'uq étranger insultera^ t-il encore à vos lois sacrées , aux vénérables traditions de vos pères? Des juges étrangers usurperontils encore vos tribunaux? Un idiome étranger remplacera*t-il plus lông-temps dans vos cours la langue de vos aïeux? Vos caves, vos greniers engraisseront-ils encore vos bourreaux? Vosépouses, vos filles, vos fiancées seroqt-ellès encore la proie de leur luxure? Vos fils continueront-ils d'être égorgés pour la cause d'une tyrannîque et impudente ambition? Qu'il vous souvienne des exploits de vos aïeux , des guerres que soutinrent les Saxons contre Çharlemagne, du bonheur dont ils joui vent sous le sceptre des Othons ! qu'il vous souvienne- des héros de votre nation^ de vos
£N SAXE, l8l5. 269
Henri , de vos Maurice , de vos Luther ! Les siècles ont contracté l'habitude de transmettre à la postérité les noms d'hommes nés dans la Saxe; vos pères ont acquitté leur dette sacrée envers la gloire. Que le siècle mémorable où nous vivons ne trouve pas des hommes indignes de lui h
Jetez un regard sur vous-miémes î - — Vous êtes des victimes vendues aux caprices insensés d'un seul forcené. Votre aisance a disparu , votre' commerce est détruit, vos fabriques sont ruinées! vos enfans seront égorgés par milliers; ils périront dans les flammes et au milieu des frimats;^ la faim dévorera leurs entrailles ; la soif brûlante desséchera leur palais; ils rendront le dernier soupir dans la rage du désespoir ! — De tous vos fils que le barbare arrache au cœur de leurs pères, quelques centaines seulement ne revoient le toit paternel que pour apporter dans vos campagnes le germe de la mort; les tourmens et le désespoir que la contagion répandent dans les fertiles contréeii de votre patrie, est le claire unique dont le farouche tyran paie le sang de votre jeunesse !
Pouvez-vous vous attendre à des ménagemens, à de la bonne foi de la part de ceux qu'enfanta qne terre étrangère; qui furent conduits sur le sol de votre patrie, non par l'amour, mais par la soif du pillage et de la débauche? Quelque chose hw fut-il jamais sacré? n'ont-ils pas profané les
églises et lès auitels? ne se sont-ils pas souiilës.de parjures et d'assassinats ? Naguère encore n^oniils pas, pour le seul plaisir de déi^aster, détruit ce monument qui faisait Vorgueil de votre capitale ? Et vous resteriea^ dans un lâche repos \ le crime resterait impum | Topprobre sans Yengeance ! Non , braves Saxons , votre opprobre ne restera point sans vengeance ! Avez-vous vu le Moscovite laoeer la torche dans ses palais? Voyezvous, les Prussiens, vos frères j, vos alliés naturels ? tous courent aux armes; tout; homme dont le bras peut porter un fuml ou une pique, cherche son rang dans la landvi^ehr ou dans le landsturm ; tous ont juré de vivres libres ou de mourir ! Et vous balanceriez? Non, je vous vois vous élancer et seeonier vos chaînes !
Voyez nos levions valeureuses; nous avons juré dans le temple du seigneur de combattre, de mourir pour notre libérée , pour votre liberté ; les bénédictions de l'église sont avec nous; les vœux et les prières de tous les cœurs droits qous accon^ pagnent.
A nous^ jeunes guerriers delà Saxe subjuguée / à nous^ hommes valeureux d^une nation belliqueuse! Que celui qui ne peut pas combattra dans nos rangs serpe la cause de F Allemagne y en contribuant aux arrnemens de ses moyens^ en vivifiant te patriotisme par ses paroles. Voe.
EN SAXE, l8l3. 371
frères en ff^esphalie vous attendent , les aigles russes et prussiennes combattent wee vous, et Dieu est à nos côtés*
Toute distinction denais3ance^ de rang ^ de pays est bannie de nos lé^ns. Nons sommes tous des hommes libres; nous afirontous Fenfer et ses alliés^ nous les vaincrons^ dussions^nous les Qoyer dans potre sang.
Nous ne sommes poînl^ des mercenaires; la vengeance a formé nos rangs ; la paix , le bonheur dissoudront nos cohortes. Lorsque l'eiiinemi aura expiré dans la poussière ; lorsque, dès montagnes du Rhin , le$ flammes éclaireront la plaine,; lorsque la bannière germanique flottera sur les frontières de la France , nous suspendrons nos épées aux chênes antiques de notre patrie rendue à la liberté , et nous rentrerons dans nos paisibles demeures.
Notre œuvre j, s'il plaît au ciel , sera bientôt accomplie ! Nous avons pour nous Dieu et la justice de notre cause ! Notre Dieu est un fort inexpugnable! Amen!
En avril i8i3.
Appel aux Allemands.
Pendant que les guerriers victorieux de la Russie, et ceux de la Prusse , son alliée, paraissent en
armes dans rAttemagney sa majesté fempereur de Russie et sa majesté le rai de Prusse annoncent aux princes et aux peuples allemands le retour de IHndépeadanoe et de la liberté. Ces souverains n'ont quitté leurs États que pour aider les nations à reconquérir ces biens héréditaires et inaliénables dont on les a dépouillés; que pour donner leur puissante protection , et assurer une garantie durable à la régénération dhxn empire respectable. Ces moti& seuls, bien élevés au*dessus de tout ^oïsme^ et par cela même uniquement dignes de leurs majestés , leur ont imposé la loi de faire avancer leurs, armées, et en dirigent la marche.
Ces armées, commandées par Tes généraux des^ deux souverains , sous les yeux mêmes des mo-». narques, se confiant à là providence d'un Dieu juste, espèrent de pouvoir achever pour toute l'Europe ce qu'elles ont si heureusement conimencé, en brisant le joug honteux sous lequel elles-mêmes gémissaient. Elles espèrent surtout rendre, pour jamais à la liberté l'Allemagne. Elles s'avancent, pleines de l'enthousiasme que leur iiospirent ces grandes idées ; leur mot de ralliement est honneur et liberté» Que tout Allemand qui veut porter dé^ sormais ce nom avec honneur se joigne à nous j que tout Allemand, qu'il soit prince, noble, ou lié dons la classe qui forme la grande majorité dans.
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les nations, concoure aux plans. libérateurs des armées russe et prussienne de tout son cœur; qu'il sacrifie pour la cause de la liberté son bien, son rang, sa vie.
Leurs majestés, parfaitement instruites quelle est maintenant l'opinion publique sur cette monarchie universelle, ébranlée par les armes russes, croient pouvoir compter sur ces sentimen3 et sur cet esprit de la part de tous les Allemands.
Elles demandent le concours de tous les princes, de l'Allemagne, et elles aiment à croire qu'il ne s'en trouvera pas un seul qui, en continuant de trahir la cause de la patrie , veuille encourir l'anéan* tîssement que décréterait contre lui l'opinion publique, et que ne tarderait pas à exécuter la force des armes.
La confédération du Rhin , cette entrave perfide dont l'astucieux conquérant , qui sut toujours diviser pour régner , a enlacé naguère les débris de l'Allemagne , ne peut plus subsister ; cette chaîne, rivée par des mains étrangères, doit être rpippue. LL. MM. croient prévenir les vœux contenus dpr puis long-temps dans le cœur opprressé de tous l^s Allemands . en leur annonçant que la dissolution de la confédération du Rhin entre nécessairemep^ dans leur plan.
à la douleur , iocertains sur le parti que vous SiVêt à prendre, puisque votre roi vous a quitté en vous recommandant le repos* Mais lorsqu'une mai-* son est en flammes, ou ne va pas prendre l'avis du propriétaire pour savoir s'il faut éteindre l'incen* die. La maison de votre roi est en flammes depuis long-temps; lui-même gémit sous le joug, et n'ose point articuler ce que lui inspire un cœur allemand. Lui, roi allemand; lui, qui depuis des années est forcé de prodiguer aux Français vos sueurs et votre sang, vous ordonnerait le repos dans un instant où le repos est un crime ! L'heure est sonnée, et elle ne sonnera pas une seconde fois l'heure de la délivrance; et votre roi vous ordonnerait de boucher vos oreilles! Depuis 4ii5 ans il a voulu votre bonheur et votre gloire; et maintenant il' voudrait votre malheur et votre opprobre! Le pourriez-vous croire J N'est-ce pas lui qui vous a exhorté à conserver intact l'anlîque honneur Saxon? En quoi consiste-t-il cet antique honneur? Ouvrez vos chroniques; vous y lirez qu'il fut ua ambitieux, un empereur des Francs, Charlemagnc est son nom , qui vous fît la guerre pendant trente ans pour vous subjuguer. A cette époque Willikind était votre roi; Wittikind ne vous abandonna point au moment du danger , et ne vous cria point restez tranquille ; mais lui-même vous conduisit aa combat pour reconquérir votre liberté. Voilà l'an-
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tîquo honneur Saxoii ijue vous devez conserver ! Mille ans se sont écbulés depuis, et dépuis mille and Dieu n'avait pas affligé 1 Europe par un fléau ûeva-r blable à Charléihagn'e. Ce fleàu existe de nouveau , et vous Që combattriez point connue ont fait vos pérès pôUr vous en délivrer ! vous courberiei votre" tête sous le joug! Combien la victoire vous sera plus facile qu'elle ne le fut à vos aïeux il y a dix siècles ! Ils étaient seuls. Seuls ils se défendirent tontre le puissant Cbarlemagne»
Vous n'êtes point seuls ^ l'empereur mon maître^ avec toute sou armée 5 le roi de Prusse , avec toute son armée, accourent à votre secoure, viennent Consommer votre délivrance s sous de tels aus-*pices, la lutte ne durera pas trente ans. Veuillez secouer vos chaînes, ot elles tomberont. Avec le secours de Dieu^ dans uu au vous serez libres ^ et alors chacun pourra avec honneur se livrer au re-^ posj alors vos fabriques détruites renaîtroht^ votre commerce verra se rouvrit* ses anciens canaux « mainteuant fermés; votre agriculture refleurira, vos fils ne seront plus conduits à la boucherie; albi*s sera venu le moment du repos ^ et votre roi lui-même vous témoignera sa reconnaissaucei Mais celui qui avant ce moment voudra se livrer au repos , n'est point un vrai Saxon; il n'est point Allemand. Celui qui n'est point pour la liberté, est Contre elle. Choi^^ msez donc entre mon baiser, fraternel et la pointe
de mon épëe ! Réunissez-vous avec moi pçur reconquérir votre roi et son indépendance ; et qu'alors, â telle est la volonté de Dieu , votre roi vous gouverne encore pendant quarante-cinq ans au srâi de la paix et de la prospérité, ne craignez pas que je veuille aliéner vos cœurs de votre prince; moi-même je resserrerai entre vous et lui ces liens qu'un tyran étranger avait rompus : je veux que votre roi soit un souverain indépendant ^ et vous un peuple libre. Aux armes 9 Saxons! si les fusils \ous manquent y armez vos bras de faux et de massues; détruisez les étrangers ! qu'ils disparaissent du sol de votre patrie! moi y mes Russes et les braves Prussiens, nous serons partout où sera lé danger. Déjà les jugemensdeDieu se sont manifestés sur l'insolent oppresseur : croyezen ma parole , nous serons vainqueurs ; la longanimité de Dieu est épuisée ; la victoire est à nous. Ce n'est point un vain orgueil qui me dicte ce langage ; je parle ainsi , parce que j'aâ confiance en Dieu, en vous, et dan» la justice de notre cause.
En mon quartier-général, le 23 mars 181 3.
Le comte de WittgéNstSèut.
Saxons !
J'ai mis le pied sur votre territoire, afin de vous faire la 'guerre ,.^u= afin de combattre conjointe-
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ment avec vous pour votre liberté et votre honneur outragé* Choisissez ; mais souvenez-vous que si votre choix peut .bien compromettre la couronne de Saie, et faire' rougir un jour vos enfans au nom de leurs pères, il ne saurait retarder la liberté de rAllemagne. . . ,. , O
Jetez les yeux sur ce qui se passe autour de vous. Voyez ces bra*v^ Frusssl^iii^^rtV^tVoisÎDS; la nation toute entière se lève en masse*; dans- leurs ' rangs vous trouvez le fils du laboureur piacé àcôté' de celui du prince; toute dlstinct^ion de raing est eSâcée par^ ces grandes idées : le Roi , la liberté , l'honneur , ^ patrie; il n^y a plus d'autre distinction que celle du talent et de Tardeur avee laquelle on vole au combat pour la cause sacrée. La liberté ou la mort , tels, sont les mots de ralliement des soldats deFrédéric*Xïuillaume.Tousles Prussiens ont juré de vaincre ou de mourir dignes d'un tel roi.
Saxons, Allemands; à partir de l'an 1812, nos arbres généalogiques ne comptent plus pour rien. Les exploits de nos aïeux sont obsèurcis par l'avilissement de leurs descendans. La régénération seu|e dé l^Alletfaa^he peut' prdàmrdàé riouvellè's fàmiflès nobles, et rendre leui' éclat à ceff^ qui te furent Jadis. ' [
An quartier général de Beizjg , le 3o mans \Si5f,
Le comte Jm\Vj3XKE;siaimm':
aSo CAMPAGNS
Le public est bstruit de l'ordre du jour qui suit :
Ordre du jour du a avril i8i5.
Si les troupes 468 deux puissances alliées rençontrèm des troupes saxonnes, on ne fera pas feu sur elles, et on les traitera en alliées } l'on aura pour eUes toutes sortes de prévenances. '
Dresde, le 5 avril i8i3.
' Ide colonel russe , commandant de place de cette résidence j
De Heydecken.
Apis au Public.
Les habitans des contrées occupées par les troupes de sa majesté l'empereur de Russie et de sa majesté le roi de Prusse, sont avertis que par ordre supérieur, toute communication avec les comrées non occupées par ces troupes leur est interdite : ceux qui coounenceraient ou continue-
raient de communiquer aVéc ces contrées ^ seront traduits devant une comiawion militaire! comme coupables de contraveiiliinis ira» ordr^idiés années alliées ^ et jugés par un conteil de guerre.
Presde^ le 5 avril i8;5.
Le colonel ruêse^ oommandànt de pbuiè de cette résidence y • - ^
DE HeYBECKEN.