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[Bulletin Autrichien proidsoire de la bataille
de Dresde*
Après que la jonction , sur la rive droite de rSIbe, de Farmée autrichienne avec les armées alliées russes et prussiennes eut été efièctuée j et que l'on eut acquis la certitude que Napoléon s'était porté vers la Silésie avec ses principales forces y toute l'armée alliée déboucha de la Bohême en Saxe j afin de menacer les lignes de communication de Napoléon , et de le forcer ainsi à diri-» ger une partie de son armée sur la rive gauche de TËlbe. Ce mouvement dérangeait ses plans ; il protégeait l'armée russo-prussienne, et celle qui, de la Manche de Brandebourg , s'avançait dans la Silésie 9 contre des forces trop supérieures en nombre.
L'entrée en Saxe fut effectuée sur quatre co* lonnes, dont celle de l'extrême gauche s'avançait sur la route de Commotau , et celle de l'extrême droite sur la route de Pima : cette dernière colonne russe se rendit , le 21 août , maîtresse du ewip retranché des Français près de Pima, coup hardi et digne de la bravoure et du génie dia giéi^érat de la cavalerie, comte de WittgensteÎB|/||liji li
âgo cAmfàônb
commandait. Les autres colonnes surmontèreDt tous les obstacles qu'elles rencontraient à chaque pas dans les montagnes escarpées qu'elles avaient à traverser dans leur marche. Le courage et la persévérance de l'armée mirent le général en chef à même dé faire sur sa droite un mouvement brusqué , au moyen duquel il put concentrer y dès le u5y ses forces prés de Dresde*
Le 26 au matin y l'armée prit position dans les environs de cette ville. Dans cette journée^ on fit une reconnaissance suivie pour s'instruire des forces que pouvait avoir l'ennemi près de Dresde, et de l'étendue de ses fortifications. Toutes les troupes donnèrent des preuve^ non équivoques de Tenthousiasme dont elles étaient animées.
Plusieurs ouvrages fiir^rit emportés d'assaut , les pièces qui s'y trouvaient enclouées , et les Français repoussés sur tous les points. On apprit des prisonniers y que peu d'heures auparavant Napoléon était arrivé y à marches forcées , avec une partie de l'armée qu'il avait Êiit avancer en Silésie.
La déposition des prisonniers se confirmaf bientôt ; car des colonnes considérables y composées en partie de troupes de la garde ^ s'avancèrent avec impétuosité ; elles s'étaient formées dans h vitfe^ret.leur intention était de la "tourner. Ces
EN SAX£) l8l5. 291
sorties trouvèrent uùe vigoureuse résistance sur tous les points, et l'ennemi fut repoussé avec perte jusques dans les retranchemens. Notre ar*^ mée reprit le soir la position qu'elle avait quittée le matin.
Le 27 au matin, Tdinemi tenta de déb'outher partiellement de Dresde ; il attaqua vivement notre centre, et soutint cette attaque par des démonstrations contre notre ^ile droite; mais ses efforts n'eurent pas de succès , et la journée se passa en tentatives infructueuses.
Lé but principal des armées alliées était atteint. Nos démonstrations offensives avaient détourné le danger de ceux de nos corps qui se trouvaient séparés de la grande armée ,^ et qui auraient pu succomber sous le nombre. C'eût été une entreprise plus qu'infructueuse que de tenter f assaut de Dresde^ où une grande partie de Farmée française vehait de se cpncéntrer. Séjourner plus long-temps dans la contrée inhospitalière de l'Erzgebirge , c'eut été exposer l'ar^ mée aux horreurs d'une disette affreuse.
Le général en chef résolut donc de faire re-
passer à ses troupes les frontières de la Bohême.
Ce mouvement commença le an au soir, sous les
^ yeux de l'ennemi , et fut continué le â8 avec \é
plus grand calme.
JBulletin autrichien circonstancié de la hatailUf
de Dresde^
,. Au quartier-général d'Âlten1)Oiirgy le 29 août i&i5«
Lorsque l'on fut sûr que Napoléon avait gobh centré la nlajeure partie de ses forces dans la Lusace et dans la Silésie, et que non seulement il menaçait , avec cette armée ^ le corps sous les ordres du général Blûcher ^ mais qu'il avait même l'intention de pénétrer en Bohême par Gabel, on sentit la nécessité de faire prompte* ment un mouvement sur TElbe, pour attaquer Tarmée française sur ses derrières.
Les troupes autrichiennes , russes et prussiennes réunies en Bohême , quittèrent donc Jeurs can^ tonnemens , et traversèrent , le 2a août , l'Erz^ gebirge en quatre colonnes.
Quoique les chemins fussent rendus presque impraticables par des pluies continuelles peu ordinaires dans cette saison , le mouvement fut effectué promptement et dans le plus grand ordre.
Dès le 526, la majeure partie de l'armée alliée put se rassembler devant Dresde. Le général comte de Wittgenstein avait rencontré l'ennemi près de Giesshûbel , et l'avait repousse avec perte
EN SAXE, i8i5. 2g5
de sa position retranchée ; il l'avait contraint d'abandonner une seconde position au - dessous de Gollenaberg, près d'Ober - Sediitz , où se trouvaient , sous les ordres du maréchal Gouvion-St.-Cyr, les divisions Dnrutte et Claparède, et uqe partie de la division Bonnet. Ces corps français furent obligés de se replier sur Dresde à la hâte et en désordre.
Le 26 fut employé à nous instruire , par des reconnaissances poussées près des retranchemensy de la force et de l'attitude de l'ennemi : dans la matinée, le général Kleist réussit à déloger les Français du le^'rain dit le Grand-Jardin , situé au-dehors des faubourgs ; en conséquence de cet avantage , on avança vers la ville sur plusieurs points.
Devant la barrière de Freyberg se trouvait une flèche défendue par quatre pièces , qui furent démontées de suite par l'artillerie autrichienne.
Le feld-maréchaUieutenant comte de CoUoredo , avec sa bravoure accoutumée , emporta d'assaut un ouvrage semblable près de la barrière de Dippoldiswalde , malgré la plus vigoureuse résistance de l'ennemi. Les pièces que l'on y trouva , ainsi que les six autres que le comte de CoUoredo prit également , furent pour la plupart enclouées. Ce général perdit trois chevaux dans l'attaque , et M. le lieutenant - colonel a, 19
22g4 CAMPAGNE
Schneider , qui se précipita en brave ^ à travers une giêle de balles, à la tête du second bataillon dechasseurs, reçut deux blessures.
L'ennemi avait fait en même-temps une sortie sur notre aile gauche^ où les divisions Weîssenv^olf et Metsko firent la résistance la plus courageuse , enlevèrent Lœbtau de vive force , et maintinrent leur conquête, malgré les attaques les plus fougueuses des Français. Le combat n'en devint que plus opiniâtre, et la canonade que plus vive ; le feu prit à quelques maisons dans les faubourgs de Dresde.
Pendant le combat , nous apprîmes que Napoléon était arrivé a Dresde avec sa garde : on voyait sur toutes les routes des masses considérables de troupes défiler sur Dresde. Nous en conclûmes que Tarmée française avait évacué la Silésie y et que le but priocipai de notre entreprise était atteint. Donner f assaut à une ville défendue par ses remparts , ses fossés et une armée toute entière, c'eût été une témérité ^ réduire en cendres, sans aucun but, cette mal* heureuse capitale , c'eût été une cruauté : nous fîmes donc retirer nos troupes sur les hauteurs, près de la ville, et elles reprirent leur positioq.
Le â7 , l'ennemi déploya des masses considé' râbles contre notre aile gauche ; . et cette aile , malgré la courageuse résistance des^ divisions Bian«
EN SAXE, l8l3. * 2g5
dû et Cf'éûeville , commençait déjà à perdre du terrain , lorsque l'afrivée de la division Aloys- Lichteostein rétablit le combat. Les régimens de Tarchiduc Raynier et Luzignan , se livrant à leur ardeur, s'avancèrent trop et éprouvèrent des pertes considérables ; & furent entourés par trois régimens de cavalerie ennemie , et comme la pluie les empêchait de faire feu , ils ne purent se défendre . qu'à la bayonnette. L'ennedai, soutenu par une artillerie formidable, essaya vainement, avec la même arme , d'enfoncer notre centre et de faire plier notre aile droite; tous ses efforts échouèrent contre la bravoure de nos troupes. Le général comte Wittgenstein chargea plusieurs fois la cavalerie des Français, et la culbuta à chaque charge.
Vers le soir , nous reçûmes la nouvelle que l'ennemi avait des colonnes considérabres ^ur Pirna. Déjà un peu auparavant , le général Osterman , chargé du blocus de Kœni^tQin y avait fait rapport que beaucoup de troupes passaient l'Elbe sur le pont prçs de cette forteresse : ce mouvement sur notre flanc , joint à l'impossibilité de subsister plus long-temps dans I'£rzgebirge, où il n'y a aucune ressource, iiotts forcèrent de faire un mouvement du côte de la Bohême. Le but de notre démonstration offen^îi^ était atteint. Les armées du général Blûdiël* et
du prince hérédilalre de Suède avaient acquis la liberté d'avancer , et d'agir avec vigueur sur les flancs et sur les derrières de l'ennemi. Nous commençâmes donc, dans la nuit du 27, notre marche pour nous porter en Bohême : les routes rendues impraticables par la pluie ^ opposaient des difficultés sans nombre aux mouvemens de. nos troupes.
Nous déplorons la perte du brave général Andrassy , et du général i*usse Milesino , qui ontété tués dans ces combats. Le feld-zeugmester comte Giulay, et les généraux d'artillerie Mariassy et Frierenberger ont été blessés j les généraux Metsko et Seezeny ont disparu.
Bulletin russe de la bataille de Dresde.
( Supplément à la Gazette de Fétersbourg ^ du i4
septembre ).
Quartier-général de Tœplitz , le 3i août i8i5.
Le but principal du mouvement qu^a fait l'armée alliée pour se porter de Bohême en Saxe , était d'attirer, de la Silésie dans la Saxe, les forces principales de l'ennemi , après que les alliés eux-mêmes eurent disposé des troupes suffisantes sur la route
r.Nr SAXE, i8i5. 397
de Chemnitz et de Leipsick ^ par là , on facifitait au 'priDce héréditaire de Suède, qui se trouvait près de Brandebourg, et au général Bliicher , que l'on avait laissé en Silésie , les moyens de battre les corps qui se trouvaient en face d'eux»
Après l'arrivée de Farmée principale devant Dresde , il fut ordonné une forte reconnaissance sûr la ville, afin que Pennemi n'ignorât pas Tinteniion où nous éliônsi de le prendre à dos. Cette reconnaissance fut efiectuée , le 26 , avec le plus grand succès; et à cette occasion, le corps du prince de Wittgenstein prit à l'ennemi quatre pièces de canon. Lé soir , l'ennemi sortît de la ville fort de 80,000 hommes , et se rangea en bataille sous la protection des batteries de la ville. Nous apprîmes des prisonniers, que le jour même Napoléon était arrivé avec toute sa garde , et aveo la réserve de cuirassiers de Latour-Maubourg , pour renfio^cer le maréchal Gouvion de Saint- Cyr.
Le lendemain, Fennemi attaqua^ nos positions sur plusieurs points, mais il fut repoussé partout. Le soir , la garde française attaqua notre flanc droit, mais elle fut forcée à la retraite par les hussards de Grodno , et par un régiment de hussards pru3siens) on lui fit environ 5oo prisonniers. AFapproche de la uuit^ l'ennemi se retira
<2g8 CAMFA6NII
SOUS les murs de Dresde. Le fdd-maréohal prince de Schwarzenberg ayant appris que le corps de Yandamme et celui de Victor (i) avaient passé l'j^be, près de Kœnigstein, et menaçaient la route de Tœplitz^ crut nécessaire de faire , avec toute l'armée 9 un mouvement par le flanc droite de prendre position derrière les gorges qui se-» parent la Saxe de la Bohême , et d^itiendre la Teunemi à soo passage dan$ les défilés^
Rapports officiels du général Steu^art^ sur les épénemen§ près de Dresde^
Pu quartier- général de S. M. le roi de Prusse ^ à Zchist , le 26 août 181 5.
Mes dernières dépêches ont instruit votre excellence que les armées alliées étaient décidées à quitter la Bohême , en passant par les gorges entre les montagnes, pour entrer en Saxe, a6n d'agir offensivement sur le flanc et sur les derrières de l'ennemi, au cas qu'il parût vouloir se maintenir dans^ sa poshion en Lusace et sur la riye droite de l'Elbe.
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(1) Ceci est faux; les deux corps en question se troavaient à la bataille.
EN SAXE, l8l5. 299
Le plan était que la grande armée russe ^ sous les ordres du général Barclay de ToUy j dont les corps de Wiitgenstein et de Miloradowitsch font partie y ainsi que le corps prussien du général Kieist, et toute l'armée autrichienne, sous le prince de Schwartzenberg , déboucheraient de la Bohême pour prendre l'offensive ; que le général Blûcher, avec les corps prussiens sous les ordres du général Yorck, et les corps russes, sous tes ordres des généraux Sacken et Langeron, se porteraient de la Silésie dans la Lusace , afin de menacer le front de l'ennemi. Le général Blûcher avait l'ordre exprès d'éviter de livrer bataille , surtout à , des forces supérieures. En conséquence de ce plan, le général se porta le 20, en trois colonnes, de Liegnitz , Goldberg et fauer sur Bunzlau et Lœwenberg ^ le corps du général Sacken à la droite de Bunzlau ; celui du général Yorck au centre , et celui du général Langeron sur la gauche. L'ennemi abandonna Bunzlau , détruisit les fortifications qu'il avait construites, et fit sauter le magasin de poudre. L'armée du général Blûcher marcha en avant sur la Bober ; mais elle fut attaquée le :$2i parJ^nnemi, qui marchait en forces sur Bunzlau et Lœvirenberg. Bonaparte commandait en personne , et opposa X 10,000 hommes au général Blûcher. Les troupes {^Uiée^ défendaient le terrain avec upe grande
3oO CAMPAGNE
bravoure ; mais comme le général BlQcher avait ordre dVvkcr une bataille générale, il se retira, avec le plus grand ordre, sur HagnaUj Pilgramsdorf, Hirschberg et derrière la Katzhach y c'est là que ses troupes se trouvaient au départ de^ dernières dépêches. La perte du général Blûcbcr est estimée à 2,000 hommes; il a fait un assez grand nombre de prisonniers, et l'enDemî a beaucoup soufTert.
La grande armée de Bohême passa la frontière le 20 et le 21 ; les colonnes du comte Wittgenstcin et du général Kleist marchèrent par les gorges de Peterswalde, et les Autrichiens par Commotau. L'ennemi rencontra les alliés sur les frontières, maïs il fut chassé de toutes ses positions et contraint de se retirer sur Dresde, quoiqu'il défendît chaque pouce de terrain.
Les différentes colonnes des alliés devaient dé-* boucher par les gorges à des époques déterminées, et calculées de manière que l'apparition des troupes ennemies eut été très-funeste auiL Français, si les mouvemens avaient pu être exécutés avec autant de précision qu'on en avait mis à les combinei*. Mais par l'impatience que les soldats montrèrent pour l'attaque, le corps de la droite s'engagea dans une affaire dès le 22. Les Français étaient commandés par le maréchal Gouvion-Saint-Cyr ; leur corps fut soutenu par les troupes de KœnigsieM
EN sA^fcE , i8i5. Soi
et du camp de Lêilienstein, sous les ordres du général Bonoet^ qui se montaient à 6,000 hommes au moins. Après un combat très, -opiniâtre y le comte de Wittgenstein chassa Tennemi de toutes ses positions, et fit 5 à 4oo prisonniers. Les pertes des alliés furent peu considérables.
L'ennemi se retira à Kœnigstein , dans le camp retranché de Lilienstein^ et dans les ouvrages de* vant Dresde. Les alliés le suivirent de tous les côtés, et Dresde est environné maintenant par leur armée principale.
Le 25, le régiment de hussards de Grodno, faisant partie du corps du comte de Wittgenstein , a eu une affaire très-chaude tout près de Dresdej il a pris à l'ennemi quatre pièces de canon et un mortier. Les troupes autrichiennes, russes et prussiennes ont campé la nuit dernière sur les hauteurs au-dessus de Dresde.
Ce matin, l'ennemi a abandonné le terrain qu'il occupait encore devant Dresde, ainsi que le Grand* Jardin ; il s'est retiré dans les faubourgs et dans les retranchemens;
Tel est l'état des choses dans ce moment ; mais chaque heure doit donner lieu à de nouveaux événemens; il y a peu d'exemples que deux grandes armées aient tenté des entreprises aussi hardies.' ^
J'annonce avec plaisir à votre excellence^ que deux régimens de hussards w^estphaliens ont -passé
502 CâMPAC^NE
du côté des alliés, et qu'Us brûlent de venger tous les maux que l'ennemi a fait souffirir à leur pays.
Jai l'honneur y etc.
Chabjles Stewart.
Du quartîer-gënëral de S. M. l'empereur de Russie , Altenberg le 78 août.
L'ennemi ayant abandonné , le 26 au matin , le Grand-Jardin, et s'élaqt retiré dans ses forti6ca« tions et dans les fauboui^, on résolut d'attaquer en force la ville dont la possession était devenue très'importante. Les trou[>e5 légères du copite de Wittgenstein et du général Kleist avaient éprouvé ,des pertes en attaquant les jardins qui se trouvent en dehors de la ville sur sa droite, et l'ennemi avait construit avec tant d'art tousses ouvrages avancés, qu'il était très -difficile de s'en rendre maître.
Les troupes se mirent en marche pour l attaque^ à quatre heures après-midi. Le corps du comte de Wittgenstein marchait en trois colonneai sur la droite du Grand-Jardin j le général Kleist traversa obliquement ce jardin avec une colonne j deux autres prirent sur la gauche : la colonne sur l'extrême gauche ét^it commandée p^r . te
EN SAXS, l8l5. 5o3
prince Auguste de Prusse. Sur la gauche de la ville, trois divisions autrichiennes, sous les ordres des comtes Colloredo et Maurice de Lichtens^ tein , s'appuient contre Taile gauche des, Prussiens qui attaquèrent le centre. Les opérations commencèrent par une canonnade terrible : les batteries étaient disposées en cercle autour de la ville ; c'était un spectacle magnifique. Les 4>eaux édifices de Dresde furent bientôt couverts de nuages de fumée; les troupes marchaient à l'assaut dans le plus grand ordre. Elles s'approchèrent de la ville de tous les cotés. Les Autrichiens emportèrent, avec une bravoure étonnante, une redoute avancée de 8 pièces; jamais je n'ai vu des troupes combattre avec plus d'intrépidité. Cet ouvrage , éloigné de trente toises du rempart principal, était très-fort et couvert de tous côtés par un feu croisé de mousquetterie , qui partait des maisons voisines avancées, que l'on avait crénelées; mais rien ne put arrêter le courage des Autrichiens. L'ennemi abandonna la redoute pour se retirer dans d'autres retfanchemens, et garnir de troupes le large mur de la ville {i) , où Faction continue du canon avait fait brèche.
(i) M. Stewart^ à ce que paraît indiquer l'ensemble de son récit , parle ici du mur qui ceint les .fjftubcwrgs ;
5o4 CAMFAGNB
L'ennemi , profilsant des ressources que lur of* frak une ville très-forte^ empêchai nos troupes^ qui avaient emporté avec tant de bravoure le» ouvrages avancés qu'elles^ occupaient toujours j d'approcher davantage de la place» La nuit n'était pas éloignée; l'ennemi tenta une sortie avec toute la garde, forte au. mcnns de 5o,ooo hommes ; soa intention était de cerner les alliés et de prendre l'une de leurs divisions en flanc et par derrière ^ son dessein fut deviné à l'instant^ et, comme il était manifestement impossible de se rendre maître de la ville pendant la nuit , on fit reprendre aux troupes leyr première position. Du côté où l'ennemi avait tenté la sortie, le prince Maurice de Licbtenstein prit de si bonnes mesures, qu'il prévînt tout désordre. Se rendre maître de Dresde^ était une entreprise toute aussi difficile qu'impartante f jamais on ne verra des- troupes se battre avec plus de courage que ne firent celles qui se trouvaient devant Dresde, et je suis convaincu qu'elles se fussent emparées de la place, si^ dans les circonstances où elles se trouvaient^ la chose n'eût pas été physiquement impossible. U n'y avait pas de brèche par où les troupes pussent pénétrer ; et quoique peu avant la chute du jour
mais ce n'est là qu'un mur de clôture poôr'les jardins^ il n'est ni large ni foit^
EN SAXE, i8i5. 5o5
rartillerie se fût avancée jusqu'à peu près cent pas des murs , il lui avait été impossible de les entamer. ,
Selon les calculs les plus exacts qu^l m'a et possible de faire , les alliés doivent avoir perdu , dans cettejoumée, près de 4,000 hommes. Les Autrichiens sont ceux qui ont perdu le plus de monde.
La soriie de l'ennemi n'était que le prélude d'une bataille générale, qui commença le 27 au matin. Bonaparte , qui avait abandonné son ar* mée en Lusace, se trouvait dans Dresde avec des forces considérables , que l'on peut évaluer à au moins i5o,ooo hommes. Il paraît qu'il avait Finteniion d'attaquer les alliés^ qui occupaient une ligne très-étendue sur les hauteurs autour de Dresde.
L'ennemi avait de grands avantages pour l'attaque. Il avait derrière lui Dresde, bien garni d'artillerie; ses communications n'étai^t point coupées; s'il remportait un avantage sur quelque point, il était à même de le poursuivre; s'il était battu , il pouvait se retirer en toute sûreté , sans que les alliés osassent tenter de le poursuivre jusque sous le canon de la place. La pluie la plus abondante que l'on ait jamais vue, augnientait les difficultés contre lesquelles les alliés avalent à lutter; ils arrivaient dans leurs positions a marches forcées , à travers des corces où les chemins
5o6 CAMJPAdtTÊ
étaient presque impraticables^ et la disette de vivres extrême. Booaparté fit avaticer un bombre prodigieux de canons ; et c'est surtout par la ter^ rible canonnade qui eut lieu de part et d'autre , que se distingue cette bataille^ Les cavaleries russe , prussienne et autrichienne firent de» charges sur plusieurs points , et se couvrirent de gloire ; mais des deux cotés, l'infanterie ne prit presque pas de part au combat. Le ciel était tellement couvert et la pluie si abondante , que les alliés avaient partout contre eux les circonstances les plus désavan-
tageuses.
Vers midi eut lieu une catastrophe qui répan* dit le deuil dans l'armée toute entière» Le général Moreau , au moment où il s'entretenait avec l'empereur de Russie des opérations ^ fut atteint d'un boulet qui traversa le ventre de son cheval et lui emporta les deux jambes. La bonne cause perd en lui l'un de ses plus feroies appuis ^ et l'état mili* taire l'un de ses plus beaux ornemens. Son sort doit exciter partout les plus vifs regrets. Dans ce moment il n'est point encore mort (i).
(i) Autant que peut le savoir Fauteur , la nouvelle qui se répandit dans le temps que Moreau avait été blessrf le 26 , provient des bulletins français^ où Ton dit que le premier coup de canon tiré des redoutes établies en avant
EN SAXE, l8l5* 807
L'ennemi continua ses opérations contre la position des allies jusqu'à ce qu'il eût reconnu l'inutilité de ses efforts.
de la ville le frappa mortellement. Ce récit passa dans les feuilles allemandes^ et Ton ajouta que Moreau avait été blessé devant la i^edonte, près le jardin de Mocsinski. Un journal autrichien > ainsi qu'une biographie de cet illustre général^ qui a paru il y a quelque tenips, c)isent également qu'il fut blessé le 26. Mais le témoignage du général Stewart est décisif; son récit se tronVe «confirmé par un habitant du village de Rœcknitz , té^ moin oculaire de l'événement. Voici ce que raconte cet homme: Moreau se trouvait^ le jour pluvieux de la bataille, à cheval à côté de l'empereur de Russie ^ sur une hauteur^ immédiatement derrière le village de Rœcknitz, non loin de la maison du témoin^ lorsqu'il fut atteint d'un boulet , parti vraisemblablement d'une batterie de campagne. Le chirurgien de Tem^perenr Alexandre^ à ce que je sais de bonne part, a indiqué aussi le 27 comme le jour où il donna des secours à l'infortuné général. On sait, par d'autres relations ^ que l'amputation fut f^ite le jour même de la blessure.
Les jambes coupées avaient été enterrées dans le jardin de la terre de Nœthnitz ; mais en 1 8 14 pn les exhuma \ on Iqs plaça dans une urne ^ et le 4 novembre on les déposa solennellement dans* le monamei^t que l'on a élevé à Moreau, sur la place même oà il fut blesse. On trouve une description de la cérémonie q^i eut lieu à cette occasion, avec un portrait historique de l'illustre gêné-
5o8 CAMPAGNE
Cette bataille peut nous avoir coûté 6 à 7,000 hommes ; la perte de TenDemi doit être plus considérable. Dans une chaîne de la cavalerie russe contre l'infanterie , on fit un grand nombre de prisonniers^ mais on ne put point emmener les pièces.
J'ai déjà exposé à votre excellence les principales difficultés contre lesquelles les armées alliées avaient à lutter. Comme elles se trouvaient en face de forces considérables , et qu'il était à présumer que Bonaparte jetterait un corps nombreux sur la rive gauche , du côté de Kœnigsteîn et de Pirna^ pour s'emparer des gorges sur nos derrières , on donna , le 27 , des ordres pour la retraite y et l'armée marcha en plusieurs colonnes.
Il est sans doute fâcheux qu'une armée si belle et si nombreuse, après s'être portée en avant^ soit contrainte à faire un mouvement rétrograde ^
rai , et des détails^ puises dans des sources authentiques, sur les dernières années de sa vie, dans une brochure intitulée : F. Thr. A, Hasae y Johann -Victor M oreau ^ und seine todtenfeier. Dresden inder Arnoldischen buchhandlungj 1816, in-8". Pour les jeunes militaires et les amateurs de l'histoire , Jean- Victor M oreau , et la cérémonie funèbre qui fut célébrée en son honneur , par F. Chr. Hasse^ à Dresde ^ dans la librairie d'Arnold^ 1816, in-S*'.
I SAXEi, i8i5. 5o9
d'autant plus que ce mouvement pourra donner lieu â de fausses interprétations j et faire croire que rennemi a remporté des avantages signalés. Mais je puis assurer Y. £xc., sur mon honneur et sur ma conscience^ que malgré ce changement momentané du plan des opérations, l'armée est toujours animée du même esprit y qu'elle est disposée à se battre avec la plus grande opiniâtreté ^ et qu'elle brûle du désir de se mesurer encore avec l'ennemi.
Charles Stewart.
Le prince héréditaire de Suède aux Saxons. Saxons !
L'armée réunie du nord de l'Allemagne a passé vos frontières. Celte armée ne fait point la gueri*e aux habitàns de vos cantons ; elle ne dirige ses armes que contre vos oppresseurs. Vous devez faire des vœux pour le succès de nos entreprises ^ car elles ont pour but de rétablir votre prospérité , et de rendre à votre gouvernement son éclat et son indépendance.
Nous avons l'intention de traiterions les Saxons comme nos amis. Vos propri^/és seront respectées ; l'armée observera la dîs<?ipli|^^,49^plu$ seivère^ et
9lS CAMPAONS
Soldats !
Pendant un règne de quarante ^ cinq ans , j'ai eu constamment à me louer de la fidélité et de la i>onne conduite de mes troupes ; mais dans les six mois qui viennent de s'écouler, j'ai été soumis à des épreuves qui ont rempli mon cœur d'amertume* Des militaires ont quitté isolément mon armée sans ma permission et contre ma volonté : derniè-^ rement encore le major de Bûnau a quitté y avec S(H) bataillon y le poste qui lui était confié ^ et a conduit sous les drapeaux ennemis les hoomies qu'il commandait. Un conseil de guerre prononcera Farrrêt des coupables , et leur propre conscience les jugera. Le souvenir de la sollicitude paternelle de leur souverain, qui fut souvent leur bienfaiteur , sera leur bourreau dans les momens de la réflexion.
Soldats ! qui servez maintenant sous mes dra<* peaux , vous qui êtes revêtus des grades auxquels vous éleva tna coufiauce^ c'est à vous que je m'adresse avec cet amour dont, depuis près d'un demisiècle, j'ai donné tant de preuves à vos pères comme à vous-mêmes , et avec ce ton d'autorité que mes devoirs, comme souverain , m'ordonnent de prendre. Je vous somme de me donner , surtout
EN SAXE, i8i5. 3i5
dans ce moment, des preuves de votre attachement. Vous avez juré fidélité à ma personne et à ma cause. Vous me devez foi y attachement et obéissance. Si vous manquez à vos devoirs, vous devenez traîtres envers moi , et vous violez un engagement qui doit être sacré pour tout 'hommed'honneur. J'attends donc de vous , fidèles soldats qui m'entourez aujourd'hui , que vous ne quitterez point votre roi ni vos drapeaui^. Le sentiment dbt devoir vous élèvera au-dessus de tous les môt% qui pourraient vous faire chanceler.
Le plus grand nombre d'entre vous n'était pas né lorsque je pris les rênes du gouvernement. Mon âge seul me donnerait sur vous les droits de pèrêv C'est au ccBur seul de ses enfans que votre père prétend parler. Je compte sur vous ; vous ne voudrez point empoisonner fas ' damiers jours de votre souverain. Jusqu'à présent , FEÎurope m'en est témoin , l'amour de mon p^ple a fait mon orgueil ; qu'il embellisse encore le peu d'instans qui me restent.
Dresde, le 26 septembre i8i5.
Frédéric Auguste*
3l4 CAMPAGNE
Nous , Frédéric-Auguste , par la grâce de Dieu 9 roi de Saxe , etc.
Plusieurs généraux ennemis , et dans le nombre U ^n. est que les circonstances ont rapproche du trodé ^ et auxquels les devoirs de sujets, devraient 4trô sacrés , plusieurs généraux ennemis ont tedté ^ dernier lieu d'égarer notre peuple par des proclamations qu'ils répandaient , et à Tengager à prendre les armes contre la cause <{ue leur souv^r^in a épousée.
Nt)us ne craignons nullement que des provocations aussi indiscrètes produisent quelque effet sui* f la tiiasse de notre peuple : le» taxons ^ de tout ttemps f ont éjl-é fid^es et dévoués à leur sou«^ veraîp.. Pendant .ti^ut le cours de , notre règne, nous n'avons eu qu'à nous louer d^e la oon&ance qui^ nos sujets, oni^ témoignée constamment dans les mesures que nous prenons pour leur bonheur. Pendant les orages des dernières années^ ib nous ont donné plus d'une preuve de leur amour. Ils ne voudront point compromettre une réputation si glorieuse et si bien acquise de fidélité envers leur prince, réputation qui lésa rendus respectables aux yeux de nos amis et de nos ennemis.
EN SAXE, l8l3. 5l5
Î^Iais quelques individus ^)euvent se laisser induire par des prestiges h des dérnarche^ criminelles qui seraient punies plus tard par un cruel repentir.
Noua rappelons à ces derniers que le devoir du sujet €^t de rester fidèle à son souverain , et de se niontrer obéissante ses décisions ^i aux mesures qu'il prescrit ;qua rien i^.peut l'affranicbir de ce devoir I commandé par la plus sainia de toutes les lois ; nous leur rappelons qu'ils nous sont irrévocablement souoiis par leur uaissanoe ^ par leur séjour dans nos provinces ^ ou. par les sermens qu'ils ont prêtés. La route du devoir est celle du véritable honneur. Le vrai patriote ne s'écarte jamais des voies du bon ordre ; il respecte toujours les lois qui marquent à chacun la place qu'il doit occuper dans la société.
Quant à ceux que ces réflexions ne prémuniraient pas contre des démarches téméraires , nous leur déclarons que nous punirons avec une inflexible sévérité quiconque favoriserait les vues et les plans de Pennemi , ou prendrait la moindre part à ses entreprises ; nous feront tomber sur ces rebelles , traîtres à la patrie , toute la rigueur des lois.
Puisse notre peuple donner , dans ces jours de calamité^ de nouvelles preuves de ^etesprii d'ordre qui l'a constamment aqimé jusqu'à ce jour; puisse-
3l6 CAMPAGNE
t-il resier inébranlable dans la confiance qn'îl a toujours eue en son roi, dont l'unique pensëe a toujours été le bopheur des sujets que Dieu lui a confiés : il connaît les maux sous lesquels ils gémissent. La Providence, qui a répdodu tant de bénédictions sur les premières années de notre règne , qui nous a déjà fait jouir une fois de la douce consolation de voir notre pays , qu'une guerre cruelle avait désolée , renaître plus florissant que jamais , saura ramener des jours tranquilles 9 où , libres de tout autre soin , nous pourrons, dans notre sollicitude paternelle, veiller uniquement au bonheur de nos sujets et travailler conjointement avec eux à guérir peu à peu les blessures profondes que nous ont faites des guerres inévitables.
Dresde j le 27 septembre 181 5.
Frédéric- Auguste.
( L. S. ) Jean Guîll. de Zesçhau.
Ch^rlçS' Auguste DE Zezschwitz.
Extrait dy, rapport officiel émané du quartiergénéral de Francfort y en date du i5 no^ vembre 181 3.
Le 6 novembre i8i3 , le maréchal Gouvion- Saint-Cyr fit une sortie de Dresde pour se faire
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jour sur la route de Torgau ; il repoussa d'abord , jusque sur les hauteurs de Reichenberg et de Wainsdorf , l'avant-garde du feld-marëchal-lieutenant de Wied-Runkel, qui commande le blocus de Dresde sur la rive droite de l'Elbe; mais là le prince l'attaqua avec tant de vigueur , qu'après un combat opiniâtre, il le força de rentrer dans la ville. Dans cette sortie , l'ennemi avait perdu plus de Soo hommes , tant tués que blessés. La landwehr russe s'est couverte de gloire dans cette journée, où elle a combattu avec le courage et la constance d'anciens soldats*
Extrait du rapport officiel émané du quartier-^ général de Francfort^ en date du l3 /lovembre 183 5.
Le 8 novembre parurent, aux avant -postes du corps assiégeant , le colonel Manon , du génie, et le colonel Perin , adjudant du général comte Lobau , afin de proposer, de la part du maréchal Gouvion-Saint-Cyr , une capitulation ; mais le feld'zeugmeister , comte de Klenau, ne l'accepta point, parce qu'on demandait que la garnison put se retirer librement en France.
Dans l'après-dîner , le feld-zeugmeister comte de Klenau reçut , des représentans de la ville , la lettre ci-après , sous A.
5l8 CAMPAGNE
Le général commandant fit parvenir aux membres de la famille royale , qui se trouvent à Dresde , l'invitation de se retirer de la place , si cela leur paraissait convenable. Il fut obligé d'abandonner à son malheureux sort la ville , dont la situation est peinte dans la lettre ci-après, avec les couleurs les plus sombres.
II n'y a pas d'Allemand qui ne déplore les malheurs d'une des premières villes de l'Allemagne , d'une capitale qui était jadis le siège paisible et florissant des arts, et qui en renferme dans son sein tant de précieux trésors.
Mais ce ne sont point des Allemands qui lui ont préparé les maux sous lesquels elle gémit depuis des années ; et, dans ce moment encore^ elle est entièrement entre les mains de l'enneoii.
Chargés par le pays, par le cercle et la ville de Dresde, de faire des représentations respectueuses, qui tendent à conserver la capitale et à adoucir les maux qu'elle souffre , nous plaçons tout notre espoir dans la confiance que nous inspire la générosité des souverains alliés et de leurs généraux.
Le but de ces magnanimes souverains n'est pas de faire des conquêtes , mais d'assurer le bonheur des peuples et des villes ; de ranimer le commerce , de faire renaître l'opulence , et
EN &AXB, l8l5. 619
de resserrer les nœuds de la conSance réciproque, coudition preiuière de touie union durable^ On aura égard à d^ motifs pris de Fintérét même de Fadministration , et puisés dans les seniimens de l'humanité.
Nous élevons notre voix en laveur de la capitale d\m pays qui a été ravagé par la guerre comme ne le fut jamais aucun autre pays ; d'une ville qui a souSert des maux inouis , et qui est à la veille d'une ruine complète, si Dieu ne touche, en sa faveur , les cœurs de ceux entre les mains desquels il a remis son sort.
Les suites funestes de la continuation du blocus ne retomberont pas sur l'armée française , qui possède encore des provisions considérables, et qui est sur le point de s'emparer du peu qui nous reste encore ; mais sur les habitans. Des fièvres nerveuses, meurtrières, se répandent dans les iamilles, et la mau^ai^ie nourriture les rendent encore plus dangereuses. On tire parti de nos dernières ressources, et Ton ik)us menace des mesures les plus rigoureuses.
Dans peu , la dépopulation de la capitale répandra le deuil dans un pays dont les hs^^itans espéraient renaître pour une vie plus heureuse.
La capitale est le cœur qui vîVlÔe tout le pays; lorsque les sotirces dé fa vie y sont desséchées, le corps tout entier succombe.
Les membres de la famille royale , qui se trouvent dans nos murs^ partagent les maux que nous souffrons; comme nous^ ils sont exposés à la contagion.
Le cercle ^ épqisé depuis long-temps par les armées , ne sera bientôt plus en état de supporter les charges que nécessite le séjour des troupes de siège , malgré tout l'ordre que l'on met dans les réquisitions.
Nous avons lieu de croire que les commandans en chef français ne seront pas éloignés de signer une capitulation honorable; mais nous sommes incapables de juger de quelle nature elle pourra être.
Nous croyons devoir nous flatter que les ménagemens qu'inspirent la présence des membres de la famille royale, et les malheurs du pays, du cercle et de la ville , pourront contribuer à Fbeu— reuse issue des négociations j que nous ne verrons pas anéantir la ville et toutes ses ressources avant sa reddition , et que l'on ne préférera pas l'éclat apparent d'un succès militaire , au salut du pays et de ses habitans. ^
Dresde, le 8 novembre i8x3.
Henri- Victor- Auguste , Baron d:e Fbrber ; Jean-Fréderic DE ZEZSCHveiTZ j Le docteur Jean-Auguste Beck.
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On nous a communiqué officiellement qu'il a été conclu une convention entre M. le maréchal, comte de Gouvion-Saint-Cyr , et son excellence le général de la cavalerie au service d'Autriche, comte de Klenau, selon la teneur de laquelle la ville sera remise aux troupes des puissances alliées , et les troupes françaises la quitteront ea différentes colonnes*
Nous ne différons pas d'en instruire les faabitans de cette ville; nous les exhortons en même-temps à la tranquillité , et nous les engageons à faire encore preuve, dans cette circonstance , de ce même esprit, par lequel ils se sont honorablement distingués dans plus d'une situation malheureuse où nous nous sommes trouvés dans le courant de ces derniers mois.
Dresde, le ii novem}>re i8i3.
Le conseil municipal de Dresde*
Capitulation de la ville de Dresde.
Art. 1^^ La garnison de Dresde sortira de la ville avec armes et bagages \ les soldats déposeront
leurs fusils devant les redoutes^ MM. les officier» conserveront leurs épées.
A Texemple de la capitulation accordée dans Mantoue à M. le feld - maréchal comte de Wrmser , un bataillon de 600 hommes conservera ses armes ; deu!K pièces avec leurs caissons attelés ; 25 gendarmes de ia garde conserveront leurs chevaux et leurs armes; sS gendarmes attachés aux divisions, conserveront également leurs chevaux et leurs armes.
Art. 2. Tous les prisonniers de guerre des puissances alliées qui se trouvent actuellement à Dr^e seront remis en liberté aussitôt après que la capitulation aura été signée. Us sont considérés comme échangés.
Art. 3. La garnison de Dresde est prisonnière de guerre , et sera conduite en France. M. le maréchal comte de Gouvion-Saint-Cyr garantît que ni les officiers ni les soldats ne combattront , avant leur échange y contre aucune des puissances alliée» en guerre avec la France.
On dressera en double eipédîtion une liste nominale de tous les généraux , officiers , sous-officiers et soldats.
Les généraux et officiers signeront de leur propre main la promesse de ne pas servir avant d'avoir été échangés dans les formes. La liste nominale des soldats contiendra les noms de eaux qui se trou*
yent présens sous les amies au moment de la ' signature.
On dressera également une liste des malades et des blessés.
Art. 4. M. le maréchal comte de Gouvion^- Saint-Cyr vs'engage à faire opérer incessamment rechange de la garnison , contre un nombre égal de prisonniers des puissances alliées , grade pour grade.
Art. 5. Dès qu'on aura fait la remise d'un certain nombre de prisonniers des puissances alliées ^ un nombre é^l de la garfûson de Dresde peut rentrer en activité de service.
Art. 6. La garnison évacuera Dresde «n sÎk colonnes, dont diacune comprendra un sixième du nombre total. Les hommes recevront ienrt» vivres aux étapes et sur le pied autrichien. Les rations , les jours de marche et de repos sont fixés par un plan (1) approuvé par M. le général comte Klenau. La première colonne partira le lâ novembre, et les autres la suivront sur la même route , dans Fin tervaHe d'un 3 marche.
Des gendarmes montés acoompagneroBt chaque colonne pour y maintenir l'ordre.
(i)La niarèhe aiîra liea Jpâr Att^nbonarg^ Géra, Ko* htitg ,K.ittïia%sny Menfort y Mergentheim ^ Brnclisal et Rafita4t ^ 9iu: Slraâbo^^ u : i
324 CAMl'AGNB
Art. 7* Les malades et les blessés seront traités comme ceux des puissances alliées. Après leurs guérison , ils seront reoToyës en France sous les mêmes couditions que la garnison. Les officiers de santé et les employés d'hôpitaux^ nécessaires pour soigner les malades et les blessés , resteront , et seront traités de même que ceux des puissances alliées.
Art. 8. Les troupes polonaises, ou autres troupes alliées renvoyées en France ^ sont considérées comme des Français.
Art. g. Les non combattans ne sont point con~ sidérés comme prisonniers : ils suivront la mardis des troupes.
Art. lo. Les Français qui se trouvent actuellement à Dresde y sans être employés à l'armée y sont libres de suivre les troupes , sans cependant avoir droit au logement ni à la nourriture.
Us peuvent à leur gré disposer de leurs propriétés reconnues comme tdles.
Art. 11. Il sera expédié des passeports, pour leur patrie , à la légation française et aux légations des puissances alliées de la France.
Art. 12. Vingt-quatre heures après la signature
de la présente capitulation, on ièra, à l'armée de
siège des puissances alliées, la remise des caisses
militaires , des munitions de guerre , des canons ,
et de tout ce qui à rapport à Farlillerie et aux for-
i3N SAXE, x8i5. 525
iîficalions , dés ponts et de leurs dépendances ^ des fourgons , caissona, eic. , et des attelages» Celte remise sera faite entre les mains du commis-*- Baire nommé par M. le général commandant l'artnée de siège , auquel on fera tenir im relevé des
objets.
Art. i3. Le lendemain de la signature, la moitié des redoutes et des barrières des faubourgs, sur les deux rives, ainsi que deux portes de la Ville vieille et un6 porte de la Ville neuve , seront occupées par les troupes alliées de l'aroiée de
siège.
Art. i4. MM. les généraux et officiers conservent leurs bagages et les chevaux qui leurs reviennent d'après les réglemens français; pendant la route il leur sera délivré des fourrages.
La forteresse de Sonnenstein sera remise six heures après la signature de la présente capitulation, et aux mêmes conditions. La garnison se .rendra à Dresde, où elle se réunira avec sa division».
Rédigé et arrêté , d';une part , par MM. le colonel baron de Rothkirelz et Murawiew , chef d'état -major du corps d'armée des Russes et Au^ trichiens réunis, nommés à cet €ffe», par son excellence le général de la cavalerie, comte Tobtôij et d'autre part , par MM. Marion , colonel- du génie, et Perin, adjudant-commapdanl de M. le 2. ai
aymie de Lobaa , nommés à cet eSfet pat* M. td pomtc de Grouvion-SaintrCyr , tt pourvus par lui des (Kmvoits oécessaires*
Herzôgswakfe, le il novembre i8i3«
Le Baron x>£ RothkirblK) colonel et chef d^éiat-major dans la i4*. division.
Le colonel MxmAWiEw*
Les anicles ci-dessus seront signés par MM^ les généraux commandant l'artnée alliée devant Dresde ^ le domte de Klenau ^ le lieutenant^ général coknte de Tolsloi ^ et enfin ^ par M. le maréchal comte de Gouvion-Saînt-Cyr. Ce n'est qu'alors qu^ls auront force et valeur*
Le Ueutenant-général ^ comte To(L8Toi.
Ijè générai de îa oamlerie , comte DsKliBNAir^
Quartier-général de Francfort ^ le i ^ novembre i8l5.
Nfi^oléon, en se retirant avec son armée dm» les environs de Leipsiçk , avait laissé à Dresde le Jxiaréohal Saint- Cyr ^ afin de sie conserver cette |)lace Ibrte j>our le moment où le gain de In bataille qm se préparait lui permettrait de se reporter sur TËlbe. La perte de cette bataille dot necessaîreiaeQt entraîner la chute de Dresde. Bour hâter cette reddition, le général en chef |)riDce de Sohtirfirâsenberg crut nécessaire de renforcer le général comte Tolstoi, que le général Ben*
ningsen avait laissé dans les ebviroos de Ikesde ; il disposa pour cet effet de U division du général comte de !|K^lenau y quî ae nût eu marche pour Dresde dès le %o octobre. CepeadaQl te msorëehdl 8aint>Cyr était sorti de Dresde axeela plu9gFwd# partie do soa corps , e^ s'étail fOt\À sur- 1» m^ gauche de t'Ëtbe y iDsqs il fiH repoussé: danât Dresde par les ©orps réaDi& dw^ gtéistéraux de» £kUr« pau et Tolstoi , et renfermé dan» c^ti» placer. Le maréchal Saiut-Cyr sentit tout oe que sa posi** lion avait de critique^ et le 6 il tenta d^aftUr quer le corps du feld-maréchratlieuitœaE^ pcinea deWied-Ruokel, qui bloquait ta ^e Boat b me^ droite. L'intention de l'enuemi était de se firajeur une route sur Torgau ^ et d'abandonné Dreode y qu'il ne pouvait plu& défeôdreit Ijatigourentse résistance des troupes sous, tes qrdres àix prime dl^ Wied-Runket déjûuii toutes les attaquea èià ma^ réchal Saint - Cyp , qui fut obligé' 4e reotret?^ dans Dresde ; sa position devint àéieffévé^i ^ tMMaa vivres et sans munitions^ il se m obligé de prcv*poser au généra) de Kleoaièi une capitulation^ sans y avoir été le moins, dû monde edgagé dp: notre côté. Dam son propre projet de'capitula*^ tion^il déclara son corps dWmée prisonnier da guerre; cependant sous h, condition qn^fite permis à ses troupes de retourner en SVanee et de servir de nouveau contre les alliés &ix moi& après la signature de la capitulation^ Le général
de Klenau lui écrivit qu'il n'avait aucun plein pouvoir pour accepter des conditions aussi défavorables, et qu'il avait à craindre -qu'on ne le rendît responsable , s'il les acceptait. Cette réponse n'empêcha pas le maréchal Saint-Cyr de réitérer des propositions qu'en général expérîxn^fité il prévoyait bien que le général en chef, prince de Schvarzenberg , n'agréerait pas. Par la capitulation , signée le ii , on permit à la garnison de se rendre en France , sous condition que pendant six mois elle ne servirait pas contre les alliés; on eônvint qu'elle sortirait de Dresde en six colonnes , du 12 au 17. Le désir d'épargner la ville et de donner une autre destination ^'ëes troupes ont déterminé probablement le gé-> néral • de Klenau à signer une capitulation si contraire, aux ordresipositife qu'il avait reçus anlé-r rieurement du feld -^ maréchal commandant en che£ Le maréchal commandait en chef s'est vu daos lÀnécpsfiJlté deblâmer la conduite du génc^ rai (le Klenau, et de refuser son approbation à la capitulation. Le Êsld-maréchal-lieutenant, marqîiis d6 CbasteJler , lot envoyé pour en instruire le maréchal SàintrCyr^et pour remettre le corps ennemi en possession de Dresde et de tous les Bioyèns de défense qu'il avait avant ^ la signature de la capitulation^ ; '
EN SAXE, l8l3. 52g'
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