I ■■..., -I. II. I
(1) Dés le i8 au soir, c&corps étant en faite, avait
Napoléon se relira à minuit, afin de réparer ses forces par quelques heures de sommeil , pour se préparer à une journée qui devait être sanglante*
Les événemens du 20 mai furent, en quelque façon, le prélude de la bataille de Wurschen ou de Baulzen , puisque le passage de la Sprée , dont
voulu faire sa jonction avec le maréchal Nej, qui s'avançait de Hoyerswerda sur Weissemberg, par Kœnîgs* ^variha. Le 19 , cette jonction devait être opérée par une division d'Italiens , qu'on disait être forte de sept mille hommes , et qui devait favoriser le mouvement du maréchal Ney. Les Italiens arrivèrent à midi , sans cavalerie, à Kœnigswarth^i : il 7 a apparence qu'ils négligèrent leurs avant-posles , et que, selon leur habitude, ils songèrent plus à se reposer et à se restaurer qu'à se garder. Ils fur&iit surpris par un corps considérable de Barclay -de* Tolly (qui s'avançait du c6té de Radibor), et entièrement détruits. Une bonne partie de ceux qui ne furent pas pris ou tués, se sauvèrent en Bohême, à travers les forêts. L'artillerie et lés munitions tombèrent entre les mains de l'ennemi. Quelques heures plus tard , Ney déboucha un peu plus bas, venant de Sœrigen , et s'avança sur Steinitz et Weissig , ou le général York le reçut vigoureusement. Les Prussiens combattirent comme des Spartiates, et firent reculer trois fois les Français; ipais enfin £(près avoir tué plusieurs centaines d^hommes aux Français , ils se replièrent sur leur grande armée. Si Ney fut arrivé quelques heures plus tôt, les Italiens étaient peut-être sauvés.
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le rivage est fort escarpé, et le mouvemeilt coDcentrique du maréchal Ney , préparèrent Fatlaque du lendemain. Après neuf heures, Nâpûléon monta à cheval, et se rendit de nouveau sur la hauteur de Schmochtilz^ site d'où , comme général, il pouvait jouir du spectacle imposant qu'offraient les colonnes en se portant en avant ^ et en se formant sur le terrain.
' A onze heures passa la division de cavalerie Latour-Mau bourg, avec un train d'artillerie imposant y pour renforcer à Dubrau l'aile droite qui était obligée de passer la Sprée à Malschwits. Une seconde colonne se forma, près Malsitz etOehna. Le ^laréchal Oudinot fit près de Grubschitz une fausse attaque sur l'extrémité de l'aile droite; puis il passa la Sprée. Les troupes soutinrent un com-» bat très vif près de Sonnenberg; mais l'aprèsdiné elIesavancèrentparWillhen sur Postwitz parSinkwitz vers Mehlslheuer et Traumberg. Un village en feu du côté de Lomske,indiquait la marche des corps du maréchalNey et du général Lauriston,qui avançaient du côté de Kœnigswarlha , en suivant les généraux Barclay de Tolly et York. Ces dernierS; ne pouvant pas empêcher les Français d'avancer, se réunirent à lagrande armée des alliés. Napoléon parut lrès-.conlenl^ lorsque la jonction du maréchal Ney fut effectuée , et il vil avec plaisir que vers trois heures après midi l'armée passait le ^euve. Mais io^but n^était pas encore atteint; car
go CAMPAGNE
les alliés étaient encore en possession de lian* teors sur la rive droite, et ik occupaient entre Baotzen et Hockirck des positions munies de plosieors retranchemens sor lesquelles ils étaient des deux côtés très avantageusement ap« payés. Us avaient d'abord para vouloir défendre Bautzen ^ car ils en avaient barricadé les portes et les avenues; mais comme cette ville qui peut être tournée de tons côtés n'était pas susceptible d'une longue résistance , ils rabandonnèrent, et les Français l'occupèrent vers le soir. L'armée Cran* çaise du reste n'avançait que très lentement ; les Russes se retiraient dans le plus grand ordre , et tenaient leur aile gauche exactement appuyée contre les montagnes près de Kunewalde, et les hauteurs de Mehitheoer et de Dœlen. Le combat dura jusqu'à la nuit tombante. Napoléon^ pour ga« rantir son infanterie contre les attaques de la cavalerie alliée, fit former des carrés, et l'armée bivouaqua au-delà de Bautzen^ derrière Auritz , Nadevniz et Bnrk. Nieder-Kaina etNieder-Guriç etlesvilbgessitnésplusbas sur la Sprée , n'étaient point encore occupés par les Français ; mais sur leur aile droite, ils étaient maîtres des hauteurs près Mehitheuer et Ebendœrfel (selon quelques cartes Beikowitz). Le quartier général fut établi à Baotzen même.
Ije 31 mai, au lever du soleil, on vit larmée jrancaise en présence des alliés sur une ligne de
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plusieurs lieues y et qui passait par Ebendœrfel et Strebla versBasankwitz ou Nieder-Gurik daus la même direclion que la ligne qu'ils occupaient la veille au soir. Ces derniers couvraient la grande route de Zittau et celle de Gœrlilz; leur aîle droite formée deProssicns, était garantie parles hautenr« de Klein ^ Klein-Bautzen , et dépassait Burschewitz etPreilitz. Leur aîle gauche , formée de Russes, était appojée contre les montagnes. L'attaque du centre de cette position eût été trop meurtrière pour les Français ; Napoléon fut donc obligé d'attendre, que le maréchal Ney eût achevé de tourner Taîle gauche. Il fit continuer sur le centre une canonnade peu vive jusqu'à midi, et l'on se contenta de se disputer quelques villages dont la position ne décidait rien , parce que les alliés étaient encore appuyés par les montagnes couvertes de forètè. Ceux-ci sentirent la nécessité de garanlir leur extrême gauche contre des troupes qui eussent pu déboucher par la vaUéequi conduit de Poslwilz à Hochkirch par Pililz , Dœlen et RacbJau. Le maréchal Oudinôt les entretint dans celte appréhension. Il profita des broussailles pour faii*e attaquer plusieurs fois par son infanterie légère les hauteursprës Mehltheoer.Maisun corps considérable de Russes , détaché de grand matin comme renfort , avait occupé la vaHéé près Pililz et les hauleurs de Dœlen et de Mehllbeuer , après avoir repoussé à la bayonnelle les carrés français
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jusque près Traumberg, de manière que depuis huit heures du malin, jusqu'à la nuit, les Russes restèrent maîtres de ce défiié, et des hauteurs de Kœniiz, de Mehhheuer,Pililz et Dœlen. Si les alliés avaient connu l'inlentioii de Napoléon^ils n'eussent peut-être pas concentré des forces si considérables sur ce point; il est vrai que l'armée 'française fut débordée par celte opération ; mais aussi plusieurs régimens de cavalerie alliés restèrent inactifs sur ce terrein montueux.
Quelques régimens de cavalerie russe qui se trouvaient dansia plaine de Jenkwitz devant lèche* min creux 9 près duquel Napoléon avait visité les avant - postes le matin , se retirèrent sous leurs batteries , dès que l'artillerie française eut occupé les hauteurs de Nadelwitz, et là il n'y eut aucune attaque décisive. Après une heure on entendit les premiers coups de canon du maréchal Nej , qui se portait en avant vers Baruth. Napoléon , en attendant l'issue du mouvement deNej, qui devait décider du sort de la journée , était resté couché par terre en prenant son déjeuner , pendant lequel une obus creva au-dessus de lui. Il était convaincu d'avance du gain de labataiile.il se porta alors (t) avec beaucoup de célérité pi ussur la gauche ; sur
(i) C :e moment , <Iit-on , qa'il dépêcha on
1 Ace à liarie*Loaise y poar loi anooDe^
EN sa:sc6 f i8i3. g5
uneliauteurenavantdeNieder-Kayna, d'où il pouvait découvrir chacune des difFérenles têles de montagnes, près de Klein-Bautzen , qui formaient la clef de la position de T^nnemi. Le maréchal Soull , qui, ce jour-là commandait le corps du général Bertrand , et qui avait déjà des instructions de Dresde , devait enlever ces hauteurs : il fallut les prendre une à une à la bayonnetle : depuis trois heures et demie , elles Turent pluwSÎeursfois prises et reprises; à ia fin les Français, après avoir éprouvé une perte très considérable, en restèrent les maîtres.
Gommela plupart de ces collines sont très-étroites à leur sommet , on ne pouvait y placer que peu d'artillerie, et leti*ansport en était extrêmement pénible. Ce combat sanglant, le plus opiniâtre dela'journée se réduisait donc presque uniquement à des charges à la baïonnette ; l'infanterie montait à l'assaut en poussant des cris forcenés ; les troupes wurtémbergeoises eurent une grande part à cette affaire. Cet avantage, et l'arrivée parBaruth db corps dé Ney > dans lequel se trouvaient les Saxons sous les ordres du général Reynier, décidèrent la journée. L'armée alliée était tournée sur son aile gauche et même en partie sur stes derrières ; ses retranchemens établis seulement dans la direction de son front, du côté de Bautzen étaient menacés et rendus inutiles : elle fit une retraite que l'on peut
appeler un chef-d œuvre de tactique, et profila
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encore tout en se retirant de tous les avantages quç lui offraient les montagnes sur sa gauche.
Maigre les chemins presque impraticables dans un terrain coupé ; quoique les lignés alliées eussent été en quelque façon roulées sur le centre , les Français ne purent parvenir ni à cerner une partie de leur armée , ni à prendre de leur artillerie. Tout lavanta^ireiles Français était d'avoir chassé l'ennemi des routes qui conduisent çq Silésie^ avantage qu'ils achetaient par une perte double peut- être de celle des alliés. On ne vojait ni transports considérables de prisonniers, ni artillerie conquise. Depuis deux heures et demi le combat était général sur toute la ligne, et Napoléon, selon sa coutume, dès que l'avantage ftit décidé , fit avancer ses troupes avec impétuosité. Assis sur une chaise, du haut d'un tertre près d^ JSfieder-Kajna, au moment où la dernière colline près Klein -Bauizen, eut élé emportée, vers lès cinq heures du soir , il dirigeait la jeune Garde et la divisiOG^ Latour - Maubourg sur Krekwifz *; d'autres colonnes d'infanterie dans la directioa deKiein-Burschwilz^ et pressait tous les mouvez* mens, afin d'obtenir un grand résultat ; mais l'ennemi conserva la contenance la plus froide : et Bonaparte avait trop peu de cavalerie pour poursuivre ses avantages. C'était un spectacle épouvantable^ mais admirable en même temps .^ que celui de ces colonnes se précipitant dans la
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vallée de Nieder-Kayana, pour préparer de nouveaux désastres à rennemi , de plusieurs villages çn flammes^ de cette nombreuse artillerie sur une étendue de près de trois lieues depuis les hautes montagnes, à Taile droite, jusqu^à l'aile gauche près Preiiitz et Baruth. A six heures du çoir; la cavalerie de réserve se porta en coi*e en avant pour couper une division ennemie près Rischen ; mais ce mouvement n'eut pas de succès : les Français ne pur'ent pas remporter de brillahs trophées de celle journée. La cavalerie légère^ qui connijaissait parfaitement un terrain qu'ella occupait ^çpuis plusieurs jours, se portait par-t6ut» , et assurait là retraite de la grande îirmée. Ën« çore bien avant dans la nuit, il j avait de^la cavalerie et de Tartillerie alliée sur les hauteurs <je;la ^iioute de Lobau , et ce ne. fut que le len- ^ernain matin qi^e les derniers cosaques filèrent sur Lobau , en suivant les hauteurs près Kœnitz , par Kunewalde , où il y avait. eu un corps d'olH servation russe. ^ ^
. §j Pïapoléon n'eût p«^s été supérieur, en forces auix alliés , le mouven^ientdn maréchal Ney n'eut pas pcr s'effectuer , et il eût fallu bien^lus de temps ^ il en eût coûté bien plus de monde pour forcer leur excellente position. Bonaparte avait peut-être cent quatre-vingt mille hommes présens à cette journée , tandis que, suivant plusieurs rapportS; l'ennemi n'en avait que cent cinquante mille
C)6 CAMPAC^B
tout au plus. La perte fut , de pari et d'aulrc; moins coDsidérable qu'à Liilzen ;car le combat ne fut très-meurtrier qu'à Tattaque et à la défense des hauteurs de Klein-Baulzen, ainsi que près MehU tfaeuer et Pilitz, où les Bavarois entr auires combattirent avec une grande bravoure.
L'on peut admettre , je crois , que les Fran-* çais eurent cinq à six mille morts dans les deux dernières journées : leurs rapports articulent quatre à cinq mille blessés; mais ces blessés , ou ne survivaient guère à leurs blessures , ou ne pouvaient plus servir au sortir de rbôpital. On dit que Ton logea plus de vingt mille blessés français , soit à Bautzen même , soit dans les environs: cette perle est plus que double de celle des alliés, qui ^ protégés par leurs belles positions , oppo* sèrent à l'attaque des Français le feu le plus meurtrier. Je nai pas entendu dire qu'aucuQ général ou aucun officier de marque eût été tué (i).
(i) C*esi à ceue époque que Ton commença à trtns-
porler les blessés français sur des brouelies : pins tard ^
en oclobre , lorsque Kapoléon abandonna la rive droite
.de TEIbe^ on tit reparaiire ces niojens de iranspori.
X'épi ent complet t contrées occupées par l'une
I ire i e ne mettait pas de se procurer le
I ] voilures pour le service; sourent
tas < vi ; à leur arritée pour les donner
I rojtit-on tous les jours
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Le maréchal Ney établit la nuit suivante son quartier à Wurschen, où avait éléJa veille le quartier général des souverains alliés, et Napoléon fit dresser sa tente contre l'auberge de Klein-Burschwitz ; sa. suite et sa Garde bivouaquèrent dans lesl environs. Le lendemain, à la pointe du jour , le brouillard n'était pas encore dissipé, qu'il se rail en route pour accélérer la marche de son armée. Les alliés continuaient leur retraite dans le plus grand ordre ; ils ne négligeaient aucune des ressources que leur offrait le terrain qu'ils disputaient pas à pas avec un sang froid adniirable. Lorsque les Français parvenaient à les débusquer d'un poste , ce n'était qu'aprèsavoirperdubeaucoupdemondeparlefeu de l'ennemi , et après que les alliés avaient mis en sûreté leur artillerie et leurs bagages: les hauteurs le long dé la roule de Gœrlitz leur offraient de
plus de m>lle broaeltes régulièrement rao^écs en filés , et escortées par la gendarmerie saxonne ^s^acheminer vers Dresde, changées de blessés : les soldat^ qi|i ne l'étaient que léo;èrement, ne pouvant, à cause de la foule qui y affluait journellement, séjourner a BautKcn, étaient injuriés et renvoyés par les employés des hôpitaux de Dresde, Ils étaient obligés d'aller jusqu'à Wilsdruf-Nossen , etc. pour tâcher de trouver des adininislrateurs inoins durs. Ori assure que beaucoup d'Italiens de la -division dispersée à Kœnigswarlba s'étaient tiré des coups de fusil dans les mains , afin de se rendre impropres au service. Tome /• n
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graodes ressources» A la pointe du jour , ils occapaieot encore les hauteurs deKolîtz et de Weissembei^. Les Saxons^ qor^vaient joint le mare- \i chai Nej, en passant par Baruih, se trouvaient
'■ à rfechern ; l'avant-garde française devait , avant
tout, déloger Fennemi des hauteurs près de Kotitz, et de celles qui avoisinentBblh-KretschainXe combat devint de plus en plus sérieux. Les hauteurs de Schœps , et sur-tout celles de Reichenbach , semblent. destinées par la nature à couvrir i* une retraite. La cavaleHe française tourna les
' premières , en avançant par Noslitz et Wasser- Kretscham ; mais les alliés avaient choisi trèsprudemment, comme point essentiel pour pro-< léger leur reti'aite, la hauteur qui, immédiatement derrière Reichenbach , s'élève sous un angle de huit à dix degrés. L'artillerie nombreuse dont ils l'avaient garnie vomissait la mort dans les rangs français • et battait toutes les avenues de la ville et des environs. L'infanterie légère, sous 'la protection de ces pièces, occupait Reichenbach et le terrain autour de cette ville ; elle ne se relira que lorsqu'elle se vit entièrement tournée sur son aile gauche. La nombreuse cavalerie qui se trouvait en bataille à la droite des batteries russes, empêcha , pendant quelque temps , la cavalerie française d'avancer; mais Bonaparte envoya , sur ce point , presque toute la cavalerie de la Garde, us les ordres du général Walther, qui, après
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plusîetirs charges, parvintà faire recuîërîes Russes.
depetidant le canon avait fait éprouver iine perle considérable aux Français ; le terrain était couvert de morts et de blessés : les cavalerie* française et saxonne souffrirent le plus dans cette occasion ; les nvamelucs et les lanciers de ïà Garde avaient pris part aux charges. Les disposi-^ lions, pour la défense de cette hauteur , font le plus grand honneur au coramatidantdérarrière* garde russe.
La ro Mie de Reichenbach , qui va dëboùèhe» en face de la montage , la tourne au sortir de la tilie. Le général russe tira parti de là position ; jusq«r'au dernier instant, ef'ses iroupesf-hc disparurent que lorsqiïe les Français arrivèrent en masses si fortes , que toute résistance devint impossible. Immédiatement après, on le vit défendre une autre hauteur entre Reichenl^ch et Markersdorf, pu il arrêta la marche d^ Français. A quatre teurej^ "etdeanie. Napoléon se trouvait à Tavant-^gardé'^ au moment où cette momagne derrière Reichenbaçh fut emportée malgré le feu qui la défendait. Si le glaive de la vengeaû<ïe ne l'atteignit pas dans ce moment, tA d'Ut en rendre grâce à sa bonne étoile ; plusieurs boulets vifarent s'enterrer tout près de lui: l'un de ces boulets coucha par terre , à dix pas en avsint , plusieurs hommes de l'infanterie l^è.re saxonne.
lOO CAMPAGSB
Cependant les Russes évacoèrent leshanteurs et les bois en avani de MarkersdorC. Bonaparle pressait la marche de ses troupes, et fit avancer , à la Ineur du soleil couchant , une colonne de cavalerie et denx d'infanterie, en tout à pea près cinquante mille hommes , sur une surface d'une demi-lieue de diamètre. Tous ces crrands efibrts^ dirigés par le génie guerrier de Kapoléoa lui- même , et continués pendant la duré ed'one longue et belle journée de printemps, n'aTaient produit qu'un résultat peu remarquable. Chaque progrès était pajé très- cher; et le soir de ce jour lui préparait la perte la plus douleureuse, pour peu qu'il lût capable de la sentir. Après que les Russes eurent éracué Markersdorf , ils prirenC encore une seconde fois position sur une hau* leur située derrière ce rillage , et non loin de Raosche ; c'est le point le plus élevé de la con* tree en avant de Cœrlilz. 11 v eut une pause ^ et depuis trois quarts d'heure on n'entendait pas un coup de canon. Bonaparte, accompagné de sa su , se rendit par la grande route dans le vil-
e de Markersdorf j pendant que les troupes le
oaient des deux côtés. Dès l'entrée de ce
T i 9 qui forme un boyau , coupant oblique
▼aUéepea profonde, la roule se dirige
, i Ton it QQ angle très-obtus.
' . eut-il tourné ce coude , que
t h e depuis locg-temps le rasa
EN sâ:xb^ i8i3. loi
de près , et alla tomber à cinquante pas derrière lui. Quelques minutes plus tard , un des iaiidesde camp apporta la nouvelle que le même boulet avait frappé le grand maréchal Duroc et le général Kirchner, commandant du génie. Ces deux officiers généraux se trouvaient à cheval presqu'à côté, l'un de rautre.Le dernier avait été tué sur la place; mais Duroc , mortellement blessé dans le basventre , vécut encore quatorze heures. On le transporta sur-le-champ dans la maison la pkis voisine; ime autre, qui s'en trouvait tout près, fut consumée par les flammes ^ le soir même. Bonaparte, qui ne pouvait cacher combien la perte de l'un de ses plus fidèles serviteurs l'aflFec-^ tait profondément, prit sur la gauche; et, concentré en lui-même, il traversa une petite mé* tairie, mit pied à terre dans les grains, et observa encore , pendant quelque temps , le point d'où était parti le boulet quiTavait privé de son favori. Il retourna en arrière, en suivant à rexlérieur les jardins du village , et se rendit sur une hauteur en-deçà de^Markersdorf, où toute l'infanterie de sa Garde avait formé un carré alongé, au milieu duquel étaient dressées, selon l'usage, les cinq lentes de sa maison, et où les feux de bivouac ne tardèrent pas à s'allumer. Cette soirée offrait une ample matière à la réflexion. Qu'on se représente Napoléon, le soir d'une bataille ga-p giiée, à la vérité, mais dans laquelle ii avait pro-
109 CAMPAGITE
digue, sans résultat décisif, les forces immenses qui lui étaient confiées. Qu'on l'imagine à Tenlrée d'une carrière incertaine , *t qui devait être si fertile en résultats importans. Qu'on le contemple privé du Confident le plus cbéri que cet homme d'ailleurssipeà sensible eut au monde, et qui lui parlait peut-être avec la franchise d'un camarade de collège. Qu'on l'imagine couvert de sa capote grise, assis sur un pliant, au milieu de ses braves , les bras pendans , la tête penchée , isolé de sa suite brillante, qui, à une dislance respectueuse, se formait en groupes , dans lesquels on osait à peine articuler que l'ami de Napoléon était sur le poiht de rendre le dernier soupir. Ce lugubre silence qui régnait tout près du chef suprême ^ contrastait avec le mouvement des soldats pré-* parant leur repas et leur coucher ; deux troupes de musiciens des grenadiers et des chasseurs de la Garde, aux exlrémilés du carré, tantôt re-traçaient en accords élégiaques les évéoemens de la journée , tantôt s'efforçaient encore par un choix de leurs meilleures pièces, de faire diversion à la douleur de leur chef. Des milliers de feux de bivouac semblaient errer dans la plaine ; la lune montait lenlement sur l'horizon, et les flammes de deux villages en feu s'élevaient vers lé ciel (i). Ce tableau, combiné avec le
(i) Depais le 20 au 22 luai , on compta danTla contrée^
EN 5 AXE, l8l^. Xo5
sooveDÎr d'uqç j.^ai;néç saoglapto» IçqdeiK^ia d'uoe bataille laeurtrièi^e , dans NJiçsqu^U^ h^ vie de chacun des indiindu^ de c^tte grai^diç masse d'hommes n'avsiit tçau qu'à un cbe\reM ; J^'idée que des oiilliers de victimes soupii;d;ieat «près la mort;, qui sçul^ dçv^it les délivrer de leurs lourmeos, et que tous cçs maux ne, su^Ssaient poifit encore pour désarmer l'implacable desUa , saisissaient Tame du spectateur. Ce graud tableau lui offrait la vivante image de la puissance et de la faibteçse de Thoncime, de ses gigantesques entreprises et de la nullité de se$ efforts. Il pouvait observer alorsi les mopvemcms de celtc^ grande roue de la destinée > qu'on peut contempler avec étqnnement , mais que Fou ne peut ni diriger, ni arrêter.
Deuxmomens, dans cette mémorable journée» eussent été sur-tout d'un grand intérêt pour le peintre d'histoire. Le premier est celui dont je
fentrç f^oenig^wartha ctGœrlilz, vingl incçndie^ pju» ou tmins considérabjes , causés par la méchanceté t P^ occasionnés soit par l'artillerie^ soit par Timprudlelice. Le 19 on vît brulèr Kamina ; le 20 ^ Kamina près Kœnigswartha, Lomske^ Fœrstgen^ Burk, RimsAitz ; Gœsni'u près BaïUzen , Malsckitz ; le si ^ A^ritz, Ra* bilz , Darentz» Basankwitz , Krein-Baatzen, Kreckwilz; le 22, Markersdorf^ Fiaffendorf; le 23 , troi^ à «juaire villages dans les environs de Gcçrlitz.