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viensdé parler; l'autre est rinstant ou, le 2 1 au soir, lorsque la bataille ayant été décidée par l'occupation des hauteurs de Klein-Bautzen ^ toutes les masses de troupes se précipitaient dans la plaine vers Burschwitz: Napoléon, assis sur une caisse, observait , la lunette à la main , les mouvemens de larmée, et attendait avec le calme de la satisfaction l'effet des évolutions qu'il venait d'ordonner.
Ce soir même , Napoléon alla voir son favori en proie aux plus cruelles souffrances. Il était blessé dans le bas -ventre, et tous ses intestins mortellement lésés. Duroc lui-même implorait la mort. La conversation entre Napoléon et lui^ telle qu'elle est rapportée dans le Moniteur , est trop sentimentale pour qu'on ne soit pas tenté de la regarder comme apocryphe. On peut douter cependant si les souffrances d'un ami dont la mort certaine lui prépare une perle irréparable , ne peut pas faire, même sur le cœur d'un despote peu accessible a la sensibilité , une impression assez profonde ; et si le favori ne peut pas être , ainsi que d'autres, assez aveuglément fanatique de son protecteur , pour que l'on puisse croire à la vérité de la conversation qu'on a publiée ( i ).
(i) Ce qui dans ce dialogue frappe le plus, ce sont ces paroles de Napoléon: Duroc ^ il est une autre pîe^
Elf.SAXE, l8l5. loS
Les hauteurs au-delà de Markersdorf avaient été occupées le soir même ; et le quatrième corps , commandé la veille par Soult, et alors sous les ordres de Bertrand, était rejelé tout-àfait sur l'aile droite vers le cercle de la Queis. L'armée principale suivait la roule de Gœrlilz, et s'empara , le lendemain , de celte ville et des passages de la Neisse. Dès les huit heures ^ du matin, on vit, du bivouac de Napoléon établi près Markersdorf, les flammes qui s'élevaient du pont de bois de Gœrlilz ; toute la rive gauchq de la Neisse était maintenant abandonnée par les alliés. Ils défendaient cependant ^core les passages de cette petite rivière, autant que le terrain le permettait; mais les Français établirent cinq ponts près de la ville même (sans parler des autres ) , au moyen desquels on fît passer un «ombre de troupes suffisant pour donner promptement la chasse à l'arrière - garde russe. Les Saxons, sous les ordres de Reynier, se trouvaient en tête de l'armée française. Les troupes •bivouaquèrent le long de la route de Buntzlau et de cfelle de Breslau , et vers lûidi Napoléon ^arriva ^ Gœrlilz, où il resta. Après avoir examiné •toules les roules et tous les passages , il $e ren-
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é*est là que nous nous recerrons ! et celles de Daroc : Je n'ai rien à me reprocher! Ces phrases furent sans ^oute insérées pour faire effet sar le peuple et sur Tarmée
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ferma dans sod cabinet , et y passa le resie de la )Ournée, ainsi que le lendemain^ constammenl occupé. L'avant -garde se portait toujours en avant; et le 2^ mai, elle se trouvait déjà à Buntzlau. Quoique la retraite des alliés fût générale , les cosaques inquiétaient toujours les flaucs et les derrières de l'armée française dans les environs de Rolhembourg, deKœnigshain, et même de Reîehenbach. Il est reconnu que ces troupes agiles du nord ne furent jamais ou presque jamais atteintes par la cavalerie française que l'on détachait contre dies. Cette dernière était ou trop lourde ou trop fatiguée. La cavalerie française , du reste ^ n'était pas assez nombreuse , et ne trouvait nulle part des fourrages suffisans. La plus grande disette régnait déjà dans la Haute -Lusace. Quoique la Silésie eût aussi infiniment soufTert , les troupes y trouvaient cependant encore plus de ressources pour vivre , que dans la Saxe entièrement épuisée y et sur-tout dans la Haute-Lusace. Bonaparte partit de Gœrlitz le 25 mai à midi , et établit son quartier général à Buntziau y où ses troufies étaient entrées auparavant ; il 7 resta le 26. Le maréchal Nej avança ce jour- là jusqu'à Hainau , 4>ù il perdit quelques bataillons le soir même. ï \ boukis ennemis avaient complètement rompu i Iques carrés de conscrits, l'un desquels fut SI par la cavalerie prussienne. Le lendemain >a monta à cheval de grand matin , et
BIT SÀICE, l8i5. 107
joignit le maréchal Nej à Haioau , en poussant son cheval d'une yitesse dont on n'avait |)ds vu d'exemple depuis la journée de Naumbourg : dès qu'il futarriv^^ il visita le champ de bataille de la veille.' Lorsqu'il avait de Y humeur, à la suite d'un échec , ses généraux s'efForeaienl d'ordinaire de le dérider, en faisant valoir la perte de l'ennemi. Aussi, lorsqu'il arriva aHainau, tous les morts français étaient-ils déjà enterrés ; et Ton ne voyait plus sur le champ de bataille ^ue des Prussiens : on lui désigna Tua d^s eadavFCS comme celui du lieutenant colonel de Buchollz, qui avait commandé l'attaque de la veille.
Les Français perdirent dans cette affaire six pièces de canon, et à peu près huit cents hommes, tant tués que' blessés. Il est prouvé que jusqu'à cette journée inclusivement, la dernière avant l'armistice où il y eût un combat un peu remar^ quable , les alliés avaient constamment perdu moins d'artillerie et moins d'hommes que les Français: l'ennemi avait en outre obleau l'avan-»tage dans de petits combats, en tournant les Français , à l'aide de sa cavalerie , et il avait ioterceplé leurs courriers et leurs opdoooances. A Rippach , à Liitzea , à Kcenigswar iha , à Bautzen , à Reicbenbach , par-tout enfin , Napoléon perdit plus de monde que les alliés; il ne put se glorifier ni d'aRliHerie enlevée , ni d'autres trophées , ni de la mort de généraux ennemis. Au contraire , le
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maréchal Bessière, le grand maréchal Duroc, les généraux DelzoDS, Gruner, Bruyère et Kirchner avaient été tués (i) ; je suis d'ailleurs persuadé qu'on a passé sous silence la mort de plus d'ua officier de marque.
A cette époque, Tarmée était composée de douze corps, commandés ainsi qu'il suit :
Le i*^ corps (à Textréme gauche de l'armée , sur le Bas-ËIbe ) , sous les ordres du maréchal Davoust , prince d'Eckmiihl.
Le 2« corps (près de Sprottau vers Glogau)^ sous les ordres du maréchal Victor^ duc de Bellune.
Le 3« corps ( près de Hainau ) , sous les ordres du maréchal Ney, prince de la Moskowa.
Le 4* corps ( vers Goldberg ) , sous les ordres du général Bertrand.
Le 5« corps (auprès du maréchal Ney), sous les ordres du général comte Lauriston.
Le 6« corps (près Goldberg ), sous les ordres du maréchal Marmont, duc de Raguse.
Le 7« corps ( près du maréchal Ney ) , sous les ordres du général comte Rejnier.
Le dernier corps ( qui n'avait point encore joint Tarmée ) , sous les ordres du prince Ponia-
towsky.
(i) Delzons et Gruner & Lutzen j Bruyère et Kirckner àReîshenbacb.
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Les 9« et io« corps a'existaîent point encore; on devait les former.
Le ii« corps, sous les ordres du maréchal Macdonald, duc de Tarenle.
Le 1 2® corps , sous les ordres du maréchal Oudinot,.duc de Reggio.
La vieille Garde, sous les ordres du maréchal Soult^ duc de Dalmatie, se trouvait toujours auprès de Bonaparte.
La jeune Garde , sous les ordres du maréchal Mortier , duc de Trévise , marchait aussi d'ordinaire près de Napoléon.
- La cavalerie de la Garde , sous les ordres du général corale Walther.
. L'arlillerie de la Garde, sous les ordres du général Dulauloy».
XiC 1^'' corps de cavalerie , sous les ordres du général Latour-Maubourg.
Le 2^ corps de cavalerie, sous les ordres du général Sébastiani.
Le corps d'artillerie de l'armée , ^ous le général Sorbier.
Le corps du génie, souslesordf^esdu général Rogniat.
Tous ces corpâ étaient généralement plus faibles que pendant les campagnes précédentes, où chacun devait communément être fort de trente mille hommes. Le maréchal Ney commandait en Silésie trois do ces corps ( les 5« ,
5« et 7«) , fondus en tio seul. La jeûné Garde, sur laquelle Napoléon comptait beaucoup, étak taiitôt sur un point, tantôt sur un autre, pour renforcer un corps , ou pour^ckier une bataille ; la "vieille Garde restait toujours auprès de Bonaparte. Les corps de cavalerie étaient composés eô majeuM paftîe de cuiriatssiers et de carabiniers; ih n^étaieht ^ômmandé^ qo'eti masse. Le reste dé la cavalerie était réparti entre les corps des diflërens mat^chaus: ; cette cavalerie était pen nombreuse.
Les deux régimens des cuirassiers saxons firent constaminent partie de la division Laf ton r- Maubourg. Les carabiniers français , qui por*taient des cuirasse^ jaune» et des cimiers rouges , étaient sous les ordres du général Sébastiani; les hmeiers^polonais se 'trouvaient toujours ave4 la cavalerie de la Garde, composée de toute espèce de cavalerie , excepté de ciiti^assiers et de carabiniers (i).
Napoléon ^vait montré beaucotip de sérénité tous les jours précédens : son amour-propre était llailé du spertacie de i'artnée des alliés fuyant devant la sienne, et de l'idée de se voir bientôt; maître d'otte grande partie de la Silésie, ^ù la facilité des sui^istaoces devait favoriser ses en-
(i) Je ne fais raention de ceci ^ que pour désigner jusqu'à un certain point les divisions ^ sans donner une iisl^ méros de régimens j de noms de brigades^ etc.
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plicalidn. Si la rëorganisaition toute ressente de l'armée n'eût pas nécessité pbs de détails , on eût toujours pratique, dans IWaiée française; cette méthode expéditive dont on y faisait tout l'usage qu'on peut^en^ faire^ avec des masses immenses^ avant sa destruction en Russie.
Napoléon 9 après avoir fait avec la plus' grande attention la reconnaissance de tous lés environs de Liegnifz ; après avoir examiné avec soin toutes les issues de la ville ^ descendit de cheval V vers neuf heures, sur le marché. Si près fde ' l'ennemi, dans un pays où il ne connaissait ni les hommes ni le terrain, dont il savait la population très-attachée à son souverain et à sa patrie, il croyait probablement devoir ne rien négliger des précautions que la prudence commandait. Les alliés, disait-on, s'étaient portés sur Schweidnitz et Breslau.
Le maréchal Marmont avait l'ordre d'avancer de Goldberg sur Jauer. Le 28, dans Taprès-dîner; Napoléon se porta en avant sur la roule de Jauer, poiir juger, par la canonnade et piar la poussière, du résultat qu'avait eu l'exécution de cet ordre. Les corps / à la vérité, étaient maintenant concentrés sur un espace étroit ; mais la retraite des alliés sur Schweidnitz, où ils pouvaient s'approvisionner par la Haute -Silésie, rendait plus difficiles, pour les Français, des entreprises dans
le cœur du pays ; car il fallait, ou compromettre Tome /, 8
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l'aile gauche, ou aller chercher rennemi dans des contrées moolueuses qui lui doonaîeut beaucoup d'avaotage. Il paraissait d'ailleurs impraticable de maiotenir longtemps sur le même point des masses aussi considérables ; toules les pro* vinces sur les derrières de larmée étaient tellement épuisées , qu'on ne pouvait espérer de s'y approvisionner.
Le lendemain, 29 mai , on remarqua un grand mouvement dans le quartier général impérial. Depuis huit heures tout était prêt pour le départ; la Garde était sous les armes, et cependant les heures se passaient sans que Ton partît. Enfin ^ après une heure après midi, M. de Gaulincourt prit, a cheval et accompagné de son aide de camp, la route de Jauer. Suivant les bruits qui couraient, il était arrivé le malin un parlementaire aux avant -postes du corps de Reynier, et Gaulincourt était envoyé pour entamer les négociations. Je ne déciderai point si ce furent les Russes ou les Français qui firent les avances; je ne me fie pas assez, à cet égard, à ce qui se débitait au quartier général. Je me bornerai à rapporter ce que disaient les personnes qui entouraient Bonaparte : elles assuraient que les négociations furent ouvertes par un parlementaire russe, qui se présenta aux avant - postes français. Sans doute , les parties belligérantes devaient, Tune et Taulre, désirer un intertalle
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de repos , afin de rassembler des forces pour pouvoir continuer la lutte. Si les Russes oqt fait les première3 propositions ^ elles devaient être doublement agréables à Napoléon , qui attçcujiait de France des renfort^ trè^ - considérables. Ses opérations étaient de nature à demander beaucoup de (ronpes ; et, les renforts arrivés^ il pouvait dg'ir avec de gpi^andes masses qui, malheureusement pour lui , manqtjuiient encore de rinstruclioQ nécessaire. Ce qui prouve le besoift qu'il avait de repos , c'est Tespace étroit sur lequel il consentit à se laisser resserrer avec toute ;H>n armée, comme nous, verrons plus bas. Si les alliée j quoique renforcés déjà par le général Sacken^ témoignèrent les premiers le .désir i^js cpi^clqre un armistice ^ ils étaient déterminéç p^r dçs motifs de même nature : ils pouvaient (aire, fçjoindre les troupes nouvellement organisées, et espérep de voir l'Autriche^ qui était déjà jspus )es arp^s, prendre une part active ^ à cette guerre, qui, par Ifh seule position géogrf^phique du. t|^éâlre des opjérations , ne pouvait manquer de devenir ^ à la .fin, funeste aux FraiMpais.;
Après une indécision trè? - visible , Napoléon quitta :f;afin Liegnitz à trois heures après midi, et mît^ied à terre près d'qn bureau de receveur des bamères, du côté de Jauer; il paraissait
très* agité* Il attendait des nouvelles de Gaulin-
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court ; enfin il se fit conduire par Bîas à Wah!stadt^ à ce même Wahistadt qui ^ trois mois plus tard y illustra le nom du prince de Bliicher. Je crois que Bonaparte ne comptait pas encore sur la réussite des négociations de son envoyé ; il avait quitté Liegnitz, tant pour être prêt à tout événement, que pour ne pas laisser sou p- ' conner à l'ennemi combien il désirait l'armistice. Ne sachant pas encore jusqu'à quel point la prudence lui permettait de s'avancer sur la route de Breslau , il s'établit à Rosnig, très- petite ferme qu'on avait déjà pillée : il n'y avait pour son usage qu'une pièce et un cabinet ; et Berlhier fut obligé de se contenter, dans un bâtiment en face, d'une espèce de chambre de domestique. Lorsqu'on fit observer à Napoléon qu'il serait trèsmal, il répondit : Eh bien ! nous serons a la Pologne, Les aides de camp et là suite étaient logés dans des chaumières, dans des granges, ou même bivouaquaient dans les jardins attenans. M. de Caulincourt revint la nuit Vivante, mais il se remit de suite en route avet; un porte feuille : il paraissait donc que les négociations avaient pris une tournure sérieuse. On apprit que le grand ecuyer avait eu , à Wahistadt, une cdnfé^ renée avec le comte Schuwaloff, général russe , et avéô M. dé Kteist ( actuellement comte' Kleist Noltenddrf ) , général prussien. Ces conféeat renouvelées depuis à Gâ&bersdoif »
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à trois milles de Liegnilz, ainsi qu'à Pleiswig pendant que le due de Bassano avait, de son côté, à Liegnilz, des entrevues avec le général* autrichien comte de Bubna. Des aides de camp et des officiers d'ordonnance étaient à tout insitant expédiés sur ces différens points , et il n'y avait personne au quartier général qui ne témoignât le désir de voir conclure la paix.
La condition proposée par Napoléon , de faire de rOder la ligne de démarcation , condition à laquelle les Prussiens ne pouvaient pas adhérer, * semblait un grand obstacle : aussi crut-on , pendant un moment , les négociations presque rompues; cependant Bonaparte céda , sans doute d'après des considérations importantes. Avant que Napoléon quittât le 5o cette misérable ferme de Rosnig , il arriva un accident très-fâcheux. Le feu prit à une métairie dans la cour de laquelle se trouvaient quatorze à quinze fourgons chargés des provisions les plus indispensables et des objets les plus précieux. Malgré la plus grande activité , tout ce que l'on put faire , fut de sauver des do î mestiques et les attelages, composés de mulets; la cour formait un carré fermé par des chaumières, à laquelle , par un vent très-fort, le feu tétait vraiseiçblablement communiqué des^ bivouacs. Les fourgons contenaient , outre les objets destinés aux besoins de Napoléon, comme habits, inge, provisions, vins, huiles,, tabac ^ etc*^ un
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grand nombre de bijoux d'un prix considérable , tels que bagues , tabatières, et beaucoup d'argent comptant; quelques uns des aides de camp de Napoléon peiî'dirent dans cet incendie leur garderobe et leur cassette , et les jours suivans on vit rouler beaucoup de pièces d'or enrumées ou à moitié fondues. Dès que la fureur des jQammes Tavait .permis y on avait placé des postes de la Gatde et de la gendarmerie; on avait chargé deSr pei^soones sûres de faire des perquisitions dans les décombres , et l'on assumait que les objets les plus précieux avaient été sauvés ; mais je ne doute nullement que plus d'un brillai^t n'ait échappé à la vigilance des préposés, et que le propriétaire , s'il a fait passer au tamis le monceau de cendres , rt'y ait trouvé un ample dédommagement de ses pertes.
Napoléon resta à Neumârck pendant la négociation : toute la journée il travaillait dans son cabinet, et , ce qui n'était pas son habitude, le soir il se récréait par une promenade à cheval. On le voyait datis les bivouacs établis près de la ville ; il •se familiarisait avec les environs , et s'entretenait avec lés personnes de la plus basse classe, qu'il interrogeait sur leur état , et sur tous les détails de leurs occupations. Son humeur devenait plus agréable de jour en JQur, et ri paraissait sans aucune appréhension. Un jour, en attendant nn officier qui devait lui apporter des dépêches de
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M, de Caulmcourty il chanta : j4h! page y mon beau page ! et puis , se déterminant à mort ter yà cheval : Andiam ! à cavallo ! Tool cela dénotsirt combien il était satisfait de l'espoir de voir bientôt conclure Varmistice. En attendant, les Français avaient eu le bonheur d'enlrer sans résistance à Breslau, sous^^ les ordres du général Lauriston, le i**" juin à six heures du malin. Le général Hôgendorp , aide de camp du général Ënchef , fut nommé commandant de la place. La bourr geoisie envoya à Bonaparte une députation , à la tête de laquelle se trouvait M. de Kospolh^ premier bourgmestre. La députation fut reçue avec une affabilité extrême , car Napoléon avait grand intérêt à gagner les habitans de la Silésie ; aussi leur dit-il :Je sais bien que le roi a été égaré. Un prince qui montre de la fermeté dans le malheur, et qui est résolu de vaincre ou de mourii^ en combattant pour l'honneur de sa nation , ne peut être représenté comme égaré , lorsqu'il fait des démarchesqui tendent à son d£Pranchissement. Cette phrase avait pour but d'aliéner les Silésiens du roi de Prusse.
Le soir du i«^ juin les hostilités cessèrent sur la ligne des avant-postes , et tout le monde $e flattait de l'espoir de voir la paix tant désirée succéder à Tarmistièe. Napoléon mena pendant huit jours la vie la plus uniforme dansNeumarck; il travaillait beaucoup dans son cabinet^ et le soir, accablé
la jeune Garde fut renvoyée à Glogau , et lea troupes réparties dans des canlonnemens.
Bonaparte avait résolu de resler à Dresde jusqu'à l'expiration de Tarmislice. Mais afin d'être plus libre, et pour n'imposer aucune gêne à la famille royale, il voulut habiter un jardin dans un faubourg. Dès qu'il eut fait toutes les dispositions relatives à l'armée, il se hâta de quitter Neumarck, dont le séjour probablement lui était devenu désagréable. Il en partit le 5 juin au soir , et se rendit la nuit mêmeà Liegnilz, ou Gaulincourt le rejoignit le lendemain matin. Il prit ses autres logemens à Hainau, Buntziau, Gœrlitz et Bautzen. Pendant ce voyage, il visita tous les points qui avaient joué un rôle imporlant dan$ la bataille de Wurschen ; il n'oublia aucune fortification, aucune hauteur; il donna une attention particulière aux montagnes qui ont leur pente de Kunewald vers Bautzen : il examinait probablement jusqu'à quel point l'attaque eût été plus facile de ce côté.
Le 10 juin Napoléon arriva a Dresde; il descendit dans le jardin du comte Marcolioi , jardin retiré dans Friederichsladt , qu'on avait pré{ é pour lui. Ge jardin , quoique moins
•s et moins beau que l'Elysée -Napoléon
I nt Elysée -Bourbon ), qu'il habitait
» en été^ lui ressemble en quelque
ce dernier , il est solitaire , ci
semble disposé pour des travaux exempls de trouble*
On avait préparé dans ce faubourg des maisons pour la plus grande partie de la suile de Bonaparle. Mais Berthier avait un pied à terre dans le palais de Briihl ^ quant à Caulincourt, on lui avait nienagé un cabinet dans une aile de la maison -qu'occupait Napoléon,
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