‹ Relation circonstanciée de la campagne de 1813, en Saxe;Chapitre 8 sur 23 · Tome /. i · texte numérisé non relu

Tome /. i

M. Lorgne dldeville, secrétaire interprète

de Napoléon ; Le baron Gourgaull, chef d'escadron , premier

officier d'ordonnance ; Les officiers d'ordonnance; M, Vasowilz, officier polonais , interprète ; Deux officiers saxons.

Le colonel Mecqnenem , commandant des

gendarmes d'élite; Les pages. Devienne, Saint-Pern, Mortarieu^i

Féréri ;

Deux fourriers du palais;

Quatre médecins de la cour ;

Le payeur de la couronne.

Un commissaire allait presque toujours en avant pour acheter tous les vivres nécessaires pour la maison de Bonaparte: viande, légumes , volailles , œufs , vin , etc. La table lui était donnée à ferme ; et par-tout où Napoléon s'arrêta, même en Silésie, tous les objets de consom^ mation étaient payés comptant ; plusieurs des maréchaux, au contraire, quoique fort en état de payer, se faisaient tout fournir par réquisition : ce qui excitait des plaintes, même de la part des officiers français. On n'avait besoin que de quatorze voitures pour transporter toutes les provisions de la maison de Bonaparte; et, comme les moyens de transport élaient trèsrares, et que dans certains endroits on n'en

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trouvait point dijL lout, la lable des maréchaux, qui était pour les officiers, n était servie qu'avec de mauvais vin du pays^ acheté dans l'endroit même, et souvent avec de la bière ou de l'eau. Quant aux plats, on tâchait d'en avoir toujours le même nombre ; mais si les pommes de terre Ou la vinaigrette venaient à manquer, la suite même de Napoléon éprouvait les angoisses de la faim ; car souvent le pain était la denrée la plus rare, et on n'en pouvait pas trouver pour les domestiques. Dans les endroits où l'on pouviûl avoir quelque chose , on tâchait donc de faire quelques provisions, et de rempUr les paniers dont les mulets étaient chargés , afin d'être en mesure pour un séjour de la cour dans un village, ou pour un bivouac.

Dans ce dernier cas, on dressait cinq tentes, dans l'endroit que Napoléon avait désigné luimême tout près , ou au milieu de sa Garde. Ces tentes étaient de toile avec des raies bleues et blanches y ou d'une espèce de coutil. Deux étaient attachées l'une à l'autre^ dont une était la demeure et l'autre le cabinet de travail de Bonaparte. Les grands officiers mangeaient et dormaient dans la troisième, d'après l'ordre qui a été indiqué en parlant de la distribution des tables ; la quatrième était destinée aux officiers de grade inférieur; ceux qui n'avaient point de place restaieat . auprès du feu de bivouac. Enfin , la cin-

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quième était destinée au prince de Wagram ; comme logement y et comme cabinet de travail* C'était lui, qui après Napoléon jouissait des plus grandes prérogatives et de tous les honneurs. Tout le monde en parlait avec estime : malgré son âge déjà avancé^ son activité et sa vivacité étaient extraordinaires ; mais il parait que dans celte campagne , les officiers qui composaient son état-major n'étaient plus aussi habiles et aussi expérimentés que ceux dont on l'avait vu entouré autrefois , quoique le général Monlbion , qui en était le chef, jouît d'une grande réputation. Au total ^ l'armée, dans cette campagne > était une machine trop compliquée et trop imparfaite, pour qu'on eût pu établir de l'ensemble. Les créations de places, les réformes, le renouvellement des approvisionnemens ; en un mot , la multitude des jnbuvemens qui survinrent plus tard ^ firent naître des difficultés que toute l'autorité de Na« poléon ne pouvait pas toujours surmonter. Bertbier faisait tout ce qui dépendait de lui pour maintenir l'ordre; mais il parait qu'il n'était pas assez soutenu. Le nombre de ses ofBciers> parmi lesquels se trouvaient beaucoup de polonais , était plus considérable que celui des adjudans de Napoléon ; mais ils étaient presque tous continuellement en mission. Bonaparte lui avait accordé comme une distinction spéciale, une garde particulière de soldais indigènes 4eila,pirincipduié.

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de Neiichâtel i ils se distinguaient par le mauvais goût de leur uniforme , car on ne verra sans doute jamais reparaître une infanterie légère en habit court , couleur d'écrevisse, avec des paremens rouges. Le vieux général paraissait souvent se plaire à des singularités que tout lé monde remarquait; ses officiers portaient toujours pôu> signe distinclif ^ des vestes et pantalons écai?late : le prince même paraissait vouloir imiter ison maître, par le choix d'un chapeau petit et simple ,' qu'il portait à la façon de Napoléon ; et par la suite on le prenait assez souvent pour Bonaparte^ à qui il ressemblait par la tournure , sur-tout lorsqu'il était en voiture. Toujours vif, il allait grand train à cheval , et était toujours bien monté ; ce qui s'accordait parfaitement avec ses fonctions de grand vjeneur. Il aimait passionnément la chasse , au point que, quand une vieille corneille lui passait au-dessus de la tête^ il laissait tomber les rênes même *en galoppant , et faisait mine de lui lâcher un coup de fusil. Malgré tout son ièle pour le service, et le ton sérieux avec lequel Berlhier parlait à ses subalternes, je ne l'ai jamais vu impoli , ni grossier comme d'autres grands seigneurs français, et comme Bonaparte lui-même. Son ton envers celui-ci approchait d'une cierlaine familiarité; mais lorsque Napoléon le faisait appeler," il prenait un air très-respectueux ; et quand Napoléon lui

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ilonnail des ordres , il marchait quelque temps le chapeau à la main. Au reste, il était son compagnon inséparable en voiture, à table, dans les proinenades à cheval , et dans les batailles.

On peut juger combien Napoléon imposait à ceux qui Tentouraient , par sa manière d'être avec ses plus proches parens. Il les avait rendus grands et puissans ; mais il n'en était pas moins en quelque sorte redoutable pour eux, à moins que, comme son frère Lucien, ils ne lui opposassent de la fermeté et de l'indépendance!. Bonaparte ne faisait pas le moindre cas du cidevant roi de Westphalie, Jérôme; celui-ci ne figurait que comme un courtisan, pendant soa court séjour à Dresde, lorsqu'à l'époque de l'armistice, il y vint saluer le chef tout-puissant de sa famille.

Napoléon témoignait plus d'estime au roi de Naples,dont il appréciait la valeur comme commandant d'un corps, sur-tout de cavalerie: Je prince Murât, malgré son costume théâtral, emprunté de tous les siècles, et qui ne s'accordait guère avec la dignité d'un souverain, n'en était pas moins, peut-être comme général de cavalerie, le premier de toute l'armée française (i). Son

(i) Lorsqu'eu 1796 Napoléon commandait l'armée 8'llalie, le cilojen Mural était son adjudant: il contribua beaucoup au succès des batailles de Millesimo et de Monicnoliei ce qui fut avoué par Bonaparte lui-même.

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Coup iî œil perçant, son habileté à juger des positions et des forces de renneini;son intrépidité calme dans les plus grands dangers et sur les points les plus exposés, ainsi que sa contenance guerrière , sa taille forte et régulière , et son allure noble et ferme sur de beaux et vigoureux coursiers, tout contribuait à lui donner Taspect d'un héros. A la tête de sa cavalerie il ne craignait aucun danger, et se jetait au milieu des ennemis dans toute la force du terme. Je citerai ailleurs un exemple de sa bravoure héroïque, à la journée mémorable de Leipsic. Napoléon: connaissait, comme nous l'avons dit, les talens distingués de Murât: c'était lui qu'il employait , conjointement avec Nej^, dans les circonstances^ les plus critiques. Appelé pour la seconde fois du plus beau pays de l'Europe civilisée. Murât devait aider à finir une guerre dont les intérêts, lui étaient tout-à-fait étrangers; celte guerre, même avec l'issue la plus favorable , ne pouvait lui procurer aucun agrandissement, et pouvait au contraire épuiser les forces de son royaume , en aliénant dé lui ses sujets, qui avaient toujours eu à se louer de son humanité, et au milieu desquels il avait vécu jusqu'alors satisfait. Napoléon paraissait faire un grand cas de son opinion , lorsqu'il se rendait sur un terrain qui avait déjà été inspecté par le roi de Na pies. Je l'ai remarqué moi-même 7 ayant eu souvent l'occasion d'être

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témoin de leurs conservations confidentielles. La franchise el le ion résolu du roi, son air toujours serein , dégénéraienl quelquefois en une espèce d'insouciance; le zèle et la précision avec laquelle il s'acquitlail de toutes ses missions, convenait beaucoup à Bonaparte , qui semblait goûter beaucoup de plaisir dans sa conversation. La bonne Jiumeur de Mnrat ne se démentait jamais; même au milieu des affaires les plus sérieuses , il avait toujours le mot pour rire; mais il ne semblait être considéré de Bonaparte , que sous le rapport militaire. Aussitôt qu'il était question de politique , et que Napoléon s'en occupait avec ses diplomates, le duc de Bassano ou Caulincourt^ Murât se relirait, et on voyait clairement qu'il ne voulait pas s'en mêler, soit par modestie, soit par dégoût. Cependant il semblait s'accorder avec Gâulincourt pour blâmer plusieurs démarches de Napoléon. Dans les combats et pendant les marches , Napoléon se tenait vis-à-vis d^ lui et formait avec lui ^quanta l'extérieur, un conslraste si frappant , qu'on avait de la peine à s'empécber de rire. S'occuper de circonstances aussi peu importantes dans la vie humaine, que les détails de rhabillement , parait un soin peu digne d'un lecteur et d'un écrivain éclairés;cependant,comme j'écris plutôt pour amuser que pour instruire , et qu'on connaît le costume de tous les capitaines célèbres ou celui des souverains/ d^pui^ SauI

BN SAXE» l8l3. loi

jusqu'à Charles XII > etc., par les portraits el les

descriptions qu'on en a faits, on fera ici quelque

mention de Napoléon avec son petit chapeau à

trois cornes, sa redingote grise, sa petite taille,

son gros ventre, ses chevaux sans apparence,

sa mauvaise tenue à cheval , en le connparant

avec son beau-frère ,'qui , marchant à sa gauche,

attirait el fixait les regards des curieux ^ par sA

taille^ par son costume brillant ^ et par lesriche$

harnoisdeson cheval; sa figure, ses beau:^ yeux

bleus , ses gros favoris , ses cheveux noirs bouclés,

qui tombaient sur le collet d'une kurtkâ{ habit

à la polonaise ) , dont les manches étroites avaient

une ouverture au-dessous de Fépaule, excitaient

l'attention. Le collet de son habit était richement

bçodé en or. L'habit était* serré par une ceinture

dorée, à laquelle pendait un sabre léger, droit

et à lameétroite, à la manière des anoi^fïs Rottiains

(sans branche ni garde). Le manche était d'utl

très-beau travail et garni en brillans ^ et, à ce que

j*ai entendu dire,^des portraits de sa famillf.^Ce

prince portait ordinairement, un pantalon lât*ge

couleur de pourpre ou de saqg, dont les coutures

étaient garnies en or, et des bottines de peau

jaune ou de nankin. L'éclat de cette parure était

encore rehaussé par un grand chapeto à' trois

cornes garni de plumes blanches d'autruche, avec

une large bordure d'or, un grand plumet égalc'*

. ment composé de quatre grandes, plumes d'au*

truche qui divergeaient vers les quatre points cardinaux, et au milieu desquelles s'élevait une magnifiqueplume de héron. Les harnois, avec de beaux élriers dorés ^ étaient fails à la hongroise ou à la turque ; le cheval était couvert d'une housse traînante 9 bleu de ciel, ou couleur de pourpre, richement brodée en or; la bride était magnifique. II faut avouer que ce mélange de polonais, de suédois, d'espagnol, de romain^ de turque et de napolitain , malgré tout son éclat, n'annonçait aucun goûl. Cet amalgame d'ancien et de moderne ne trouvera sûrement point d'imi-r tateur , même sur le théâtre. Par-dessus les habits dont nous venons de parler, le roi de Naptes portait , lorsqu'il faisait froid , une superbe pelisse de velours , couleur vert foncé , garnie de fourrure dezibeline^ La livrée de ses .domestiques, écuyers et pages V était aussi rouge foncé , ou bleu de cieL 11 avait l'air de préférer à toute autre couleur celle de son beau ciel dltalie. Aussi , lorsqu'il se trouvait à portée de l'ennemi , les batteriesi étaient - elles toujours dirigées contre lui. Du moins , on en a vu un exemple frappant dans une affaire près des bords de FUnstrut, lorsque les batteries des alliés, placées sur une hauteur assez escarpée, dirigèrent le feu le mieux nourri sur le point où était le roi de INaples, à côté de Napoléon.

On disait que Bonaparte^ malgré son goût

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personnel pour lâ simplicité , aimait assez que s) ^uite parût avec un éclat qui frappait tons les yeux dans les parades, et lorsque tout était tranquille. Son état-major et ses adjudans étaient bien payés; les officiers d'ordonnance recevaient des gratifications, pour se défrayer, à la fin de chaque campagne et de chaque voyage; cependant on vit au quartier général , durant la guerre , beaucoup d'uniformes usés , sans que cette négligence eût été remarquée ou réprimandée

Maret, duc de Bassano, était, en sa qualité de ministre des affaires étrangères, le premier et presque le seul employé civil qui accompagnât Napoléon pendant toute la campagne. Lorsquon était en marche , ou lorsqu'il venait à la jenconlre de Napoléon , on le voyait à cheval. Quoique les Français n'aient point égard à la différence des conditions , il n'assistait jamais à aucune bataille. Sa tournure annonçait un homme de cour et delat, qui joignait aux détours les plus lins de la politique la souplesse et Tamabilité des anciens Français. Son extérieur agréable et plein de dignité lui était très -favorable. La figure et les manières de Fouché, duc d'Otranle, annonçaient la ruse et la finesse. Il s'est arrêté peu de temps à Dresde pendant l'armistice; il eu partit pour les provinces lUyriennes.

Outre ces deux derniers , le comte Daru était, parmi les employés qu'on peut assimiler aux em-

ÎO^. CAMPAGNE

ployést^ivils, celui qui, en sa qnalîtéd'inlendanldu royaume de Saxe, travaillait le plus souvent aveu Bonaparte, (i)

Le grand porîe- feuille qui le suivait , conlenait plus d'un fléau pour le malheureux pays (?)•

(i) M. Daru étant fort maltraité par Tauteur, nous avons cru devoir supprimer le portrait satirique d'ua homme vivant qui n'est plus en place.

(i ) Si l'on voulait mettre à profil les ressources d'un pays aussi riclic , ressources que l'industrie particulière de $es Iiabitans rendaient encore plus considérables, on aurait dû introduire une économie plus sage. Il aurait fallu* même pendant l'armistice , employer les soldats à la raois^ son , et en distribuer le produit ^avec le plus grand soin* Mais on gaspilla honteusement les produits de la Saxe. Les soldats regardaient le paysan laborieux comme un esclave , que ceux qui ravageaient sa propriété ne pouvaient assez pressurer. Ce que la Saxe a produit et perdu dans cette campagne destructive , est incalculable : pour s'en former une idée, il faut d'abord établir que la Saxe (chose étonnante) a nourri environ un demiwnillion de soldats pendant :six mois ; qu'une quantité immense de comestibles a été détruite ; et qu'après la dénonciation de l'armistice y toutes les parties du pays qui ont été traversées par les armées , ou qui sont devenues le théâtre de la guerre, furent tellement épuisées, que les habilans ise virent contraints d'acheter dans les pays voisins, en lSilésie,en Franconie,en Bohême, non^seulement les grains nécessaires pour leur nourriture , mais aussi les semences pour leurs champs. D'un autre côté, il faut

EN SAXB, l8i5. doS

L'armée de Napoléon était presque enlièrement répartie dans les différentes provinces de

avouer que la récolte , sar-toat dans certains endroits ^ malgré l'humidité de la saison , surpassa l'alienle générale. Dans les environs de Dresde, et dans plusieurs autres localilés , la récolte du bled fut très-abondante ; celle des fourrages ne le fut pas lâoins ; celle des pommes de terre donna un excédent tel^ que les provinces qui avaient souffert moins que les autres pendant la guerre , se trouvaient à même de fournir les semences aux autres contrées plus malheureuses. Les arbres fruitiers fournirent une nourriture journalière à des milliers de Français qui ai-maient beaucoup les fruits. A la fin de Tanlomne ^ lorsque le commerce commença a se ranimer, et que les grandes roules étaient couvertes de voitures, on vit une quantité p'Todigieuse de fruits au marché de Freyberg , et d'autres qui furent dirigés vers les pays de montagnes. On remarqua dans cette occasion , comme dansloute autre , que la Providence n'envoie jamais un [fléau qui ne soit accompagné ou suivi de quelques consolations , et de quelque soulagement , tant pour les individus que pour les peuples. Cette vérité a été démontrée , et a beaucoup contribué à soulager les malheureuses victimes d'une injuste guerre. Tandis que des milliers de propriétaires qui , en d'autres circonstances^ sacrifiaient les intérêts de l'humanité à la soif de l'or, perdirent en peu de jours leurs provisions et même une partie de leurs biens. On en vit plusieurs, réduits à la mendicité , qui depuis long-temps était devenue le partage de leurs infortunés voisins. Mais ni le soulagement des uns, ni la juste punition des autres, ne sont des excuses pour les ambitieux qui ntr craigrient pas d'attirer

So6 « CAMPàGVE

k Saxe ; la vieille et la )euae Garde à Dresde; dans les environs et sur la rive droite de l'Ëibe ^ depuis la Lusace jusqu'aux environs de Miilhberg et de Torgau. Une grande partie de Farmée était en Silésie et sur la frontière de ce pays et de la Saxe, dans des cantonnemens très-resserrés (i). Les Polonais étaient près de Zittau , le septième corps d'armée . à Gocriitz et dans les eovirons; le corps de Marmont et la cavalerie du général Latour-Maubôurg ^ autour de Sagen et de Frejstadt. Quoique cette distributioa ait subi peu de changemens , je n'en ai jamais connu les détails. Il était très-dilHcile pour

SQT les peuples tons les fléaux que produit la gaewrr^ L'obserrateur , qui aime à réfléchir , trouTe dans ce» taslrof^ies la prevte de cette trbte vérîté , démon ti rhistoire, que cliaqoe génération a btsoin de qnelqt. jecMsse, pour apprendre, a fécole de Tadversîté^ a précier les temps de bonlienr. Depais Tingi^cinq presqne tontes ks natioBS ont pastïé par ce pnr^gaHiîte; la Saxe , dont on Tantaît la prospérité , a été L 'ermilvn contrée qni ait avalé le calice d*amertnme. Elle a sonjEcrt plat» qne les pars vocscns, san^ donte, parce qn^itlle sn IronTaifc «Uns nn degré pins élevé de ridasse et de cnlmie.

(i) Le corps dn prince Panimnn sll avait travcraé; la Galkiœ» etifcU mbré en B«fc?me , avec rag:remest de fat c«i«r dTAmrk&e, et état.t anivc dna^ la Lbuos ^ariài^nie ArtùdbdL

£N ^/^xzj 181 3. S07

étranger de recueillir a» quartier-générdl les plus simples renseignenien^ sur la répartition et le cantonjieaient des troupes, à moins qu'il ne pût ea juger par lui-même. Les officiers de Tétat-major général, à peu d'exceptions près , n'avaient, à cet égard , que des connaissances partielles ; l'ensemble leur était inconnu.

Pendant larmislice^ Napoléon vivait à Dresde de manière à pouvoir vaquer librement à ses affaires , et jouir en même temps de l'agrément que lui offrait son palais , qui donnait sur un grand jardin. En général , son genre de vie était plutôt simple que fastueux : car*, excepté les revues journalières des troupes nouvellement arrivées, celles d'une partie de sa Garde, et le plaisir du spectacle^ il n'y avait aucune autre distrac* tion. Les jours exclusivement consacrés au travail de cabinet, la plus grande tranquillité régnait dans le palais : aussi sans la Garde impériale^ qui annonçait le séjour d'un monarque, à peine aurait'On supposé que ce fut la demeure d'ua riche particulier. Les personnes qui lui étaient indispensables.pour le travail , étaient celles. qui l'approchaient de plus près. Berthier , Caulincourt , deu^ Secrétaires et le colonel d'Albe , avec ses cartes , avaient leurs appartemens dan^ le palais; et Napoléon n'avait, en quelque sorte , qu'à taire un signe pour les faire venir près de lui. }1 était logé et travaillait dans l'aile droite ; l'ail^

310 CAMPAGlfK

Ce régiment n'avait élé formé et réuni que depuis le 27 mai. Le commandant fut nommé colonel sur-le-champ ; Bonaparte y ajouta encore des promotionsdegradespourneufoudixsujets.Dans ces occasions, les individus lui étaient présentés par le commandant y il leur demandait le nombre de leurs années de service , les campagnes qu'ils avaient faites , et leur accordait aussitôt de l'avancement , choisissant souvent lui-même les sujets qu*il élevait en grade. Ensuite le comman* dant haranguait son régiment^ lui présentait» par ordre de S. M. l^ empereur et roi ^ les officiers avec leur nouveau grade, et terminait en leur donnant laccolade , après quoi chacun se rendait à son poste , et on entendait encore une fois les cris de vivat! La vieille Garde > avec sa musique turque, bien complète, offrait chaque fois le plus beau coup d'œiL Elle élait de huit mille hommes environ , formant deux régimens de grenadiers et deux de chasseurs. On se plaint de ce que celte troupe d'éhte se permettait , à titre de Garde de lempereur , des prétentions arbitraires et oppressives , sur-tout pour les logemens. Rieit n'était assez bon pour eux , et on les accuse même de s'être livrés au pillage quand ils n'avaient à craindre aucune recherche.

Cependant il serait presque impossible de trouver ailleurs des soldats qui aient bravé la mort avec autant d intrépidité et de courage^

luépotiréëpakse-tëtnps militaire , el son étendue ëlait telle, ^*a là grande parade du ib août , on y vit environ i5 à 18,000 hbràmes. Napoléon n'avait que cénl pas à faire pouf s*y rendre à theval; ii pouvait même traverser une allée ef un passaj^e du jardin du comté Wallwilz, vîs-à-' vis son palais, et où demeurait le maréchal Souit. Quand Bonaparte arrivait, il mettait pied à terre; et les troupes qui défilaient devant lui' le saluaient trois fois par les cris accoutumés. Presque tous les jours , il arrivait de Tintérieup de la France, pour compléter Tarmée, de nouvelles troupesî d'immenses colonnes du train, de charriots d'une forme nouvelle , avec de nouveaux attelages ; de nouveaux harnois , des effets d'hai^iilemens neufe, de nouveaux détachemens de grosse cavalerie et de cavalerie légère , mais le tout dans un état incomplet^ quoiqu'on n'eût rien épargné pour ce qui concerne l'armement. Les nouvelles pièces d'artillerie et les nouveaux régimens d'infanterie arrivèrent successivement depuis le 16 juin^ pendant un mois tout entier.' On voyait clairement qu'on n'avait négligé ni dépenses , ni efforts pour se procurer ces ren forts , et la seule infanterie prouvait combien peu de temps il fallait pour prendre une certaine tournure militaire. On vit enlr'aotres un réffi-

ment de nouvelle cré.ition passer la revue avec une assurance et une prestesse extraordinaires^!" Tome /• 14

212 GAMPAGITB

d'honneur française arriva un peu tard , et fut réparlie dans les autres réginiens de la Garde. Chaque parade était terminée par la revue de plusieurs corps de la cavalerie de la Garde, qui défilaient au trot ou au galop, sous les ordres du général Gujot, commandant des escortes impériales. Bonaparte montrait son impatience même dans ces occasions ; au lieu d'attendre l'approche de quelques divisions , il se hâtait d'aller à leur rencontre. Le comte de Lobau recevait de lui les ordres pour les évolutions qu'il commandait à cheval.

Dès que la cavalerie avait commencé à défiler. Napoléon rentrait pour travailler, ou faisait le tour de la ville à cheval : ces promenades avaient pour objet la fortification deDresde, et lerectioa de plusieurs nourelles redoutes dans les environs. U visita plusieurs fois le camp de la jeune Garde, qui s'étendait en demi-cercle à un quart de lieue de la nouvelle ville , depuis Kœnigsbruck jusqu'à la route de Bautzen. On y avait bâti des baraques solides et r^ulières , ce qui avait causé de grands dégâts dans le bois. En avant du camp OQ avait dressé on petit obélisque, sur lequel éuil placé le buste de Napoléon. Lorsque Bo« naparte surprenait ainsi les soldats, ceux-ci CûQlinoaieDt leurs occopalions , en gardant leur costame de camp, sans (aire attention à sa prè-* iciice^ Lorsqu'il traTeisait FEIbe, il passait ordî^

EN SÀXE> l8l3. 2l3

Bâirement l'un des deux ponts de barques, conslruils au-dessus et an«dessousdu grand pont.^ Peut-êlre les préférait- il parce qu'ils étaient pluslarges que celui de pierre , sur-tout comparativeipent à la partie qu'on y avait rétablie provisôi* rement pour remplacer ce qui avait été ruiné par l'explosion. Lorsque Napoléon était rentré, au palais, tout était tranquille jusqu'au soir ;. alors il sortait plus ou moins tard, suivant qu& ses occupations le lui permettaient, et il revenail pour le spectacle ou pour le dîner. On sait que le dinfer n'avait Jieu que très-lard, à sept ou huit heures. Il dînait Irès^souvent, ainsi que pendant L'v campagne, avçc ^erthier seul, à moins qu'il n'y eût quelques convives de la famille royale de Saxe^ Après dix heures, la tranquillité était rétablie , et tout le monde paraissait libre alors et affranchi d^i toute gêne. Peut-être Bonaparte travaillait alqrs tout seul avec nn de ses Secrétaires. : On s était pron^is >d'âbord qu'il n'y aurait plus 4^ iÇ^l^s £^u . qii^rjtier général français; mais il j ^ut|Spectacle f^eit, à'c^ efiet, Fleury et mesdempiçellçs Alai^s etBourgoin, etc., furent mandé& de JPa^ris. On ..jouait la comédie française sur un petit théâtre: qu'on av^it fait à la hâte dans l^'orapgerie. du. jardin Marçoiini, contiguë aa palaiç. Les représentations produisaient peu^ d'ef-. JJet, à cause de ia petitesse du local. De peur que;

iaçhiUeur ne fut trop f^rlei» on p'y invitait qii'uoit

3l4 CAMPACHB

centaine de personnes de la ville ^ qui, avec la maison de Bonaparte et la famille royale, composaient tout l'auditoire. Quelque temps après , Napoléon désira de voir des tragédies. Mademoiselle Georges revint de la Russie ; Talma arriva aussi, et l'on ^oua quelques pièces de Racine et de Voltaire dans la salle de TOpéra de la viHe, où les comédiens français firent briller leur grand talent, que défigure d'ordinaire l'exagération. Mais cette manière outrée , que l'on croit convenable pour un théâtre très-vaste et devant un nombreux auditoire , manqua son effet sur une scène aussi rétrécie. Du reste , on remarquait une grande inégalité dans le jeu de ces acteurs; le trop petit nombre de sujets obli* géant les comiques et les tragiques à paraître dans la même pièce. Quelques petits opéra italiens qu'on donna sur le petit théâtre de l'orangerie , quelques jours après l'arrivée de Napoléon , n'étaient pas de son goût , et furent

discontinués. La petitesse dii loCat , un c4ioix' tel que des morceaux dans des opéra tronqués^ enfin l'accompagnement , étaient peu favorables an succès de ce genre de spectacle. Napoléon n'avait pas voulu de grand orchestre ; il avait demandé un petit nombre d'instrumens , comme' s'il eût été question d'exécuter quelques qua^, luo/v. Cependant ; madame Sandrini et d'autres tirlaûses distingués reçurent des applaudirez

EN SAXB , l8l5. 21^

mens mérités. Les artistes français une fois arrîvés, ils jouèrent exclusivement tanlôt sur le petit théâtre , tantôt sur l'autre. Lorsqu'on jouait sittp ce dernier, les billets d'ehtrée en étaient dislri-

bues de la part du comte deTiirenne, directeur provisoire d^ plaisirs. Les spectateurs du- petit théâtre étaient souverft choisis par Napoléon lui-même, su^ une liMè qu'on était obligé de lui présenter. Pendatit îeS entractes, on distribuait dès fafraîchisseméns* venant de roflScé impérial. En général, Tadministration delamiaisôn de Bonaparte n'était point confondue avec la ïiiaisoii royale. Napoléon n'avait àccepilé que les individus les pilus nécessaires pour l'éclat de sa cour , parmi les chambellans et gentilshoriitoes de la chambre saxons , qui alternaient leur serviiee.

Le spectacle était donc le seul acHusement qui. eût ' lieu pendabt lèf séjour de Napoléon. On lui attribuait d'abord du goût poàr les grandes' promenades * pied ; peut- être à* cdùsè de sa sa'rtté. Peut-être aussi son en^ti^oint et l'éfabarras deis affaires s*oppk)saierit-iis à^fcélfé dîstWictîoh. Gri ne le véyaît que dans cfetté p&rtie du j'atldin qui était cotitigiiïë S ses ap^aHëhiens. Quetc(tiéfôis il ée prbmi^ait éii voitii W j^m^îs , comnîe tout en lui était ^^sfféiïiatît^e, ef t^'il rie

sortait' jamais éansbut, ses ^xcursionsavaiehtpbur objet des reconnàissariiië^ typographiques et mi-i ïitaires; ce qui ne pouvait échapper à"* fceux qui

Slf6 CAMPAGNE '

.l'accompagnaient. Pour connaître plus exacte* ment les environs de Dresde , il en parcourait tous les rayons, sur toutes les grandes roules, et da«s toutes les directions, avec cette .célérité et cette activité infatigable qqi le caractérisent. Il commença par la grande route qui conduit ea Bohême , et visita le^ environs du camp jde Pirna, fameux dans l'hisloire ; ce camp, mis en com* municalion avec le fort de Lilienstein, allait servir de boulevard contre les armées de Bphéme, ej le centre des : mouvenaens des troupes qui couvraient la pointe orientale de la Saxe. A cet effet, on établit des paats de bateaux aur.dessus et au-dessous de la petite ville de Kceni^steia, .et l'ofl! construisit de. nouvelles roules p^ur. maintenir les communications entre les deu:):. bords -de l'Elbe, et particulièrement celles des deux routes c|e Silésie et de Bohême pqrStoIpeo, ^ilieostein et Kœnigstein. Cette dernière place était .déjà si forte par sa. position natqrelle et par les derniers travaux faits à ses fortifieatioQS, f]^'4 n'y reslfiit rien à faire ^ .^i^on un abattis d'arbres du peljtj.bois, qui é^aiv.^. portée dj^l^a^tillerie; Lorsque Napoléon s'^approçha de. celte /^çrl^resse pourja piî>eDDiière fois , étapt ivrrivé!:iiu ;pqpt^-;leviç inférieur , il fut étonné de voir ce ro^'l^pr.iffiposant , qui ^'élevait perpçndiculairement^ucsa tête La garnison^ qui ét4^|;surjes créneaux , regardait en 1>9S> d'où on^l'aAij^ait prise pour une troupe

de marionnettes, jih! s'écria- i-il. en souriant et levant les yeux vers cette hauteur immense. Il avait Tair de craindre la peine de monter , et voulait revenir sur ses pas(i), A|ais lorsqu'ooi lui dit que la forteresse lui oiFrira[it.un point de vue très -intéressant, et qti!il n'avait- que deux cents pas à faire pour j parvenir ^ il prit courage f et observa 9 d après, le plan des environs, qu'il tenait en ses mains^et avec le plus grand intérêt, toute la contrée d alentour > sur -tout cette malheureuse position où, au commenqement de la giue^re de sept Ims^ l'armée saj^ouiie succomba à la famine. '

'Lorsque Bonaparte eut examiné les points les plus intéressans de la fortereisse , et le puits, qui en est la rareté la plâs curieuse /on lui proposa ;le descendre >digms une chaise à porteur. Il s'en d<éfendit en souriant, prit corigë d'une manière très-affable dd^'comniandant et des officiers, et aicGOrda sur-le-champ trente jottrs de gage à touie la garnison à; titre de gratification. Je ne me souviens pas de l'avoir vu -aussi gaiJ •

'• ■■•-•il;. . ■ . -'"/: L : ' . • ' m: ■..h?'.*': -

(i) En effet , il n'aimait pas à monter; et )é fie ]!»tiîs ad^ illettré ce que dit l'àutéifr de la hroc\ixx^ê\u{^xi\it Dresde et scèret^^rs^ en iâi3'; qae 6onapai*të duil^ «'monté stii» régliàê de Sainte-Sophie pour j exàmijn^ ^i >l0 teipjps do* venait pi ^s beau. Il courut ^ comme on,v^ Ie,Ure|, de^ran4. matin, par un très-beau temps, sur ^ech^f de ^Uiille»

àiS CAMPAGIfB

Les travaux: et les fortifîcalîons que Napoléon fit faire au-dessous de Liliensteiti (c'est un ro-* éhei* escarpé vis-à-vis de Kœnigstein ) , ainsi que jj^è^jie la peiîle fôMeresse d^ Siolpen , placée àtit lé sodclttiel d'une montagne, avaient plutôt Fàîf 'd'une 'p-ùre' démonstration, calculée suif l'impression jqoe devait feiré le bruit de ce caiïip, que de devenir une véritable ligne de défense. Dépareilles mesures pouvaient tout au plus être regardées comme des moyens d'entre* tenir , comme Doùs l'avotis dit , la communi* <:fation entré lés deux bords de l'Elbe dans cette partie de la Saxe qui était exposée aux eirtreprîsesde l'ehneini. Des rettanchemens au pied de LîMeostsiii >,. entre des niasses de rochers :êt an milieu jde bois de piusyine pouvaient coat tenir que* Quelques milliers d'bbmmes , qui^ n'ayant point de ; magasins ^ auraient bientôt manqué dé viweSi et se seraient vus forcéS:^ faule de piiil3 ^ d'aller, chercher l'eau, ce pre» mier befioiiu dé la vie , jusqu'à ia rivière, dont le lit, dans cet endroit ^ ^st très-enfoncé; l'ar* tillerie naême ne peut que repousser l'attaque de l'ennçmi.. saqs être à même de balayer les çaviron${ et, }es.bords dé.i'Ëlbe, à cause dç L'esCïtrpemeDt des pentes«> 3oi l'on songe enfiq qiie le» tikynpes de Lilienstéin étaient obligées àë faire ôëhl' dabi toutes lés directions , et que sur tin tefWîû coupé , él privé de communia

cations suffisantes , rien n'était plus facile que de les bloquer et de les contraindre à se rendrej on n'aura aucune peine i se .convaincre que le fameux camp de Lilîenjlein «e pouvait servir qu'à une corné lie faite pour briller dans le Moni-^ leur, et donner le change auSi alliéis. Dans le fait , sur un terrain coupé, déjà occupé par de l'infanterie > on ne peut .a^vancer qu'avec précaution > faute dj& pouvoir connaître les dis-* positions de l'eiinemi; niaia les généraux alliés étaient trop habiles et trop clairvoyans pour ne pas jugerque tous les environs de Lilienstein, étant un point isolé , seraient perdus .pour les Français, lorsque Dresde , attaquée de l'autre côté, aurait été/orcéie de se rendre. Dans une telle position , «une ma^^e peu nQml^reuse n'aurait pu porter au^Ujiçi coup décisif ; uri corps nombreux y aurait.'ipainqqé de livres»: J.e n'y ai jamais éval^é à plVis de deuiç n^ilie hoimi^es les troupes que j'y ai Vrves. Le. terrain près : du château près de StolpejQ<^ q^i peut conlqpir quelques ceMtaines d'homij^es ^. offrait £^us$i d^^.^ifBcpltés. L'anciea puûs c^usé ^^an$ un rochi^r.de basalte avait été comblé depuis long-tempçf la ville elle-n^i^e ne peut reeeyjoir l'eau aécess^ire que par un^ longue suite de;t«yaui^,? qu'o«^ Çe^Jt détruire faqilçiment. Il y avait autrefois t»p a^^due^ qui n'existe plus mainiânarrivGe $ont.4irr^;)10!Uté ce^ inconvéniensi qui .QQt:dét^çrnij)éle9 fi!lfa^i9::à abandonner ce

336 CAMPAGITF

fort , qu'on a tant vanté , avant même qu'ils cassent élé menacés séi^ieusemenL Les Prussiens firent une tentative contre Lilienstein, niais sûrement dans l'intention d'j détruire le pont de banques.

' Les dispositions de défense faites par Napo- }éod, sur les points situés vers la Bohême , se ressentaient de l'embarras dans lequel il se trouvait. S'il ne se fut pas entêté à vouloir se main« tenir , à tout prix , sur la ligne de l'Elbe, on au- Wit épargné des travaux immenses, et l'on aurait conservé un grand nombre d'hommes ; ce qui lui importait encore plus qu'à l'Allemagne. Mais ^ se bêrcànt de l'espérance illusoire de haltre se^ ennemis en détait, il voyait dans la Saxe le pivoi de ses opérations , et 'considérait TElbé comme s* première ligne de défense. Cependant àtec eeite ligne il n'atteignait* pas son but; la H^critable base des opéra lioHi^ye trouvait coupéé^'è ja^gle droit par ce même fleuve , qui pi^Aait %t\e direction diamélralement> • opposée an^' plàn$ de^

• lit I

Bonaparte. Si l'Elbe a^it la directioh-de k Saaie du du Weser, elc;, même après la déclàtatiba' de ^erre de l' Autriche on aui^it:pu -penser à y établir des points de défense; itoais qtrel gé-; néral^oué de bon séns^' et qui ne se fût pas fié aveuglément à la fdrtttifre , eût , conime Napo-' léon , entrepris de <féféttdre l'Elbe , en livriaml^ sei> derrières à la paitôante monarchie ' autri*?

EN SA.XB , i8i5. ait

chienne ! La Saale , tout au plus ^ aurait pu lui servir de ligne principale , jusqu'à ce ^u'il eût été possible de tenter une invasion dans la Bohême ou dans le Brandebourg. Cependant' Napoléon ne négligea aucun point dont il pût tirer parli pour sa défense ou pour son passage. Des lé tes de pont qu'on se bornait à munir de palissades et de simples parapets , furent établies le long de l'Elbe. Le ci-devant fort de Sonnenslein ( le château de Pirna ) , qui venait d'être préparé à grands frais pour servir d'hospice à des insensés, fut mis en état de défense. On abattit les édifices^ les murailles et les toits qui nuisaient à e^ pian. On se débarrassa avec précipitation de tous les malades , et Ton s'empara des meubles et des provisions. Cependant on perdit de vue le but essentiel : car le fort de Sonnenslein est dominé ^ à une distance moyenne , de l'un et de l'autre côté de l'Elbe , de manière à pouvoir être détruit par un bombardement ^ sans que l'on puisse s'y opposer de Kœnigstein ou de quelque autre point (i).

(i) Il paraît en général, qu'on exécutait de temps en temps des travaux même inutiles sur les points que Napoléon avait indiqués d'après la carte : ces travaux étaient mal conçus et mai exécutés par un empressement inquiet ou par une soumission aveugle. Je me souviens d'un pont de bateaux avec sa tête de pont^ qu'on avait établi audessus de Pilnitz^ et qui pouvait étrç dominé par l'artil-

S32 CAMPAGNH

Les autres excursions de Napoléon , dirigées avec une certaine régularité, s'étendirienl sur la rive droite de l'Ëlbe, en remonlant ce fleuve dans le pays montueux entre la route de Baut. zen et TËIbe, ensuite versStoIpeo et Hobensleia, Radebert]^, Kœnigsbruck, Meissea et Tbarand. Elles se faisaient ordinairement après midi, et sans que personne sût où elles étaient dirigées, si ce n'était le grand écujer, qui avait soin des relais. Ceux-ci mérne ne partaient que quelques momens avant, ou au moment du départ de Bonaparte, en s'arrêtent à la moitié du chemin: car personne ne pouvait connaître d'avance les projets de Napoléon , le moment de son départ , etc. Lorsqu'il était occupé , le départ était différé d'une heure à l'aulre. Il parût ainsi ua jour , à cinq heures et demie , de son jardin , pour Kœnigsbruok ; il descendit de sa voiture au-delà de cette petile ville, à trois lieues de Dresde : il s'orienta d'après la carte, s'informa de quelques routes, fit tourner sa voiture, et à dix heures il était de retour dans son palais. Pour sie former une idée de sa promptitude , il suffît de savoir

lerie des montagnes voisines; inconvénient taqnel on aurait cependant pu parer. Je me souviens aussi d'une redouto devant la barrière deDippodiswald, que Napoléon, aprit ravoir examinée, lit démolir , ei rétablir sur un point plw convenable » à quelques centaines de pa^ de distance*

ESC SXXEf l8i3. 223

qu'en quatre heures de temps il allait à Meissen , et il en revenait après avoir employé uoe partie de ce temps à faire ses observations* Le but de ses voyages était, comme nous lavons dit, de connaître, autant que possible, toutes les loc^« lilés. Mais souvent il prenait des informations sur d'autres objeis , qui avaiei^t q^^elque rappof't avec ses desseins. Il demandait, par exemple, combien de bateauxon construisait annuellement à Scbandau, à Pirna , etc. ? Qu(?l en était le prix ? Si l'Elbe gelait , et à quelle époque? etc. Bertbier l'accompaguait toujours. Une fois seulement Ber^ thier , Soult et Caulincourt étaient avec lui dans la même voiture. L'empressenxent de connaîtra le pays, et son opiniâtreté à courir de tous côtés, sur-tout lorsqu'il était à cbeval, ne pouvaient pas manquer de lui faire dépasser les relais, ou bien d'arriver dans des lieux impraticables, ou 1^ voiture ne pouvait pas touruer sur-le-champ. Il était obligé de descendre, et lorsque les che^ vaux de selle n'étaient pas sous sa main , il prçraait celui d'un écuyer. Les autres faisaient comme ils pouvaient. Caulincourt était ordinairement à cheval avec l'adjudant de service ; dans ses grandes tourtjées, il ét^it en voiture. Dans unç de ces courses, on fît une fois, dans un seul aprèsmidi, environ dix rseipt lieues de chemin, en passant par Stolpen ^ Hohenstein , Lilienstein et Kœnigsteiu , et cela à une époque où les chemins

234 CAMI^AGNJS

étaient très-mauvais, et sans manqiier d'examiner tout ce qu'il y avait de remarquable sur la roule. Bonaparte élait tantôt à pied , tantôt à cheval , tantôt en voiture. Une autre fois, les relais étaient déjà prêts, et on les contremandait , parcequ'un maréchal ou un ambassadeur avait une audience ^ et lui donnait une occupation nouvelle. Quand il s'agissait de grands voyages, la célérité de Napoléon était la même, et ses résolutions aussi inopinées. Au commencement de juillet, il alla à la hâte de Dresde à Luckau, ou il coucha; le lendemain il passa en revue le corps d'Oudinot, se rendit à Liibben^ où il passa une autre revue; et immédiatement après, en voyageant le reste du jour et une partie de la nuit, il revint à Hoierswerda. Une autre fois, il alla par Torgau a Wittemberg , à quatorze lieues de Dresde ; examina , dans Tune et l'autre de ces places, les fortifications, ainsi que les travaux nouvellement commencés, et y passa les troupes en revue. Le lendemain il alla par Dessau à Magdebourg^ d'où il revint à Dresde, quelques jours après, par la route de Leipsic.

Cest ainsi que Napoléon prenait connaissance

!ui*méme de la situation , de toutes les particuia-

! : h de la Saxe , et de tous les points de défense

ue ce pays lui offrait. Il ordonnait tous les

û^ <;hangeœens, ainsi que Favancement des officiers

de chaque corps : aiosi arrivé à Wittemberg, où

EN SAXE, l8l3. 225

ït y avait une grande quantilé d'ofBciers polonais ^ui, depuis la dissolution de Tarmée , à la fin de là campagne précédeni^^ étaient restés sans emploi, Napoléoh lés réparlil enlre les réglméns français dans lesquels il y ^vait des places vatîanles. Cependant cette n<luvelle destination ne s'accordait guère ni avec leur goul ni avec leurs désirs.

Je remarque ici, en passant, que Napoléon^ pendant toute la durée de son séjour à Dresde , faisait venir tous les dimanches dans le palais du jardin, un prêtre qui lui disait la messe; apparemment afin de passer pour bon chrétien aux yeux de ceux qui l'observaient, ou dont l'opinion était de quelque poids pour lui. Il avait parcouru la plupart des environs de Dresde-, et les personnes de sa suite ignoraient encore ses intentions. L'incertitude dans laquelle il se trouvait à l'égard de l'Autriche , l'avait déterminé à des mesures de défense dans les environs de Kœnigstein, et à fortifier Dresde, ainsi que les passages dfe l'Elbe.

Les jours où Napoléon ne sortait qu'à cheval, il examinait tes fortifications intérieures et extérieures de la capitale. On sait que les ancieno^^ fortifications en furent , en grande partie , ^^-> molies après la paix de Vienne de 1809; par conséquent il était impossible d'en faire unib forteresse régulière en peu de temps. On ré- Tome /. i5

226 CAHIPAGKE

para donc à ïa hâte les parliez les plus défeçîtuenses; l'eau fui réintroduite dans les fossés qui avaient été en partie comblés, et la ville, les faubourgs et les ravelins autour de ces derniers, furent garjiiîs de palissades» Dresde n'est point fait pour être une forteresse : cette villp est d'abord trop enfoncée sur les deux bords de l'Elbe; ensuite le bois sur la rive droite et d'autres circonstances locales nuisent à sa défense; cependant elle pouvait être mise en état de tenir pendant quelque temps contre un corps dépourvu d'artillerie de siège, sur-tout par les fortifications de campagne qui se liaient les unes aux autres. Sur chacune des, routes principales qui aboutissent à la ville , ou sur les points élevés^ on établit des redoutes auxquelles on\ayait donné des noms, suivant Vusage français:, par. exemple^

du côté de Neustajdt. redoute- de. Bejwi <. /*e-

doute de Kœnigshrftck ^ vedoMte des Déhoiichqs de la Priesnitz p de Baiitzen Oiv^arcolini^ à cause de la vacherie et des plantations ^ppartçjnant au comte de ce nom : tout, près d^ la portç Noire, la grande, foj'tificalioft s' t^pjpfila^ii Redoute impériale. Comme il y avait;, de oe côté hiiiçt fortifications défendues en partie p^r. des aba|tis on des palissades., il y en av^it, aussi aux issqq; principales de la vieille ville ; Nappléon lui-même les avait indiquées toutes ,. ainsi que chaque 44tail de la fortification > soit à pied , ^it à che>ya]|>

txiWÛ ftf<iHiMl^-iV partout , même ^aiis îes ^e'rfdrôîls* jirésqne înaccëssiblesl Ces di^ppsiiions cfoTinciféi^î j^è' justes alarmes aux pauvres nâfeua us 0^e't)t'ésiîëi'trependân\ on éspërâit que les riégotîintiohà avec TÀutriche parviendraient 4 dissiper lôrage. Un assurait , au quartier gene^^at fraa- Çais, qu on travaillait lortement a la paix. " t)es' fâ'ïîn'âé juin , orî avait expédié iin 'courrier à Londres : lie prince de Metl'ernieh âviaiièu^ le 20 el le 00 juin, des audiences de Bonaparte,

plus fayôraDlès'pour cet énipire./n'aurait éà en reurer autant d avantages, quon Jui en oiiraiç alors. Maisles ^liïe§ senfàïenf trop bien lou.i; le poids que Tàclhësion de l*AûIrîcnè , mèllâi t dai^ la balancç; en leur laveur, pour ne pas elevçr de granrcfes prétentions. On était dépmion (d après und expression de Berltièr) que 'si l'Autriche rerifôrçâîtle parti opposé d'une arrhëé de deux cfent mille noifn nies, la France pouvait éii mettre autant sur pied. Les hommes lès plus éclairés se prévenaient à ce point sur iès ressources inépuisables dfe la France; ils comptaient laVec certitude , qu'à lexpiratiôn de Tariiiîslîièé *, le théâtre de la guerre , sur la rive droite âû ^jfthin \ présenterait, du côté des français , cinqcehi mille soldats el' treize cents eài/oh^; un cbâtimëhltèt

2dB CAMPAGKB

que celui qu'ils reçurent dans la suite , pouvait seul dompter tant d'orgueil et de présomption.

Pendant que l'on était persuadé que les négocîalions prendraient une tournure sérieuse, Napoléon nomma le grand écuyer Gaulincourt son plénipotentiaire au congrès de Prague. Le départ de ce dernier fut différé d'un jour à l'autre; enfin , il eut lieu vers la fin de juillet Napoléon , qui employait tous les moyens pour se maintenir en paix avec l'Autriche, avait résolu. d avoir une entrevue à Mayence avec so.n épouse^, non par une affection personnelle, mais par des motifs ^liliques. Son départ resta enveloppé dans le plus profond mystère; aucun prépa^atif n'en indiquait le jour; ce ne fut que la nuit, du 24 au 2,5 juillet que parlireot deux

relais et quelques courriers pour ordonner des

cbevaux sur la route de Leipsick. Napoléon arriva le 25 à cinq heures du matin au bac^ près de Meissen. Le, pont ayant élé détruit, il fallait se servif de ce bac pour passer la rivière. Il fut forcé d'attendre , à-peu-près une demi-heure , le retour du bac.

Jusqu'à ce moment personne ne connaissait son intention , et aucun de ceux qui étaient restés en arrière ne savaient où il était ailé. Il n'avait qu'une seule :voiture , avec deux adjudans auprès de lui : un écuyer , un secrétaire, quelques officiers d'ordounaiice et quelques pages. Berlhier était assis

EN SAXB, l8l3. 239

à côlé dé lui, RustaB sur le siège. Pendant qu'it traversait l'Elbe sur le bac , on remit à leur place les malelas sur lesquels Napoléon avait dbrrni , la têle enveloppéedans son mouchoir, comme àTordinaire, et Ton continua levoj'age sans s'arrêter. Son absence fut de huit jours ; c'était autant de relâche pour ceux qui étaient restés h Dresde, Il revint. par Bamberg et Plauen ; chemin faisant il avait passé en revue quelques détachemens.

On parlait beaucoup de la prolongation de Farmislice; en attendant, on ignorait le résultat des négociations de Caulincourt et du comte de Narbonne à Prague ; fes démarches failes pour rétablir la paix , à laquelle Napoléon attachait sans doute un grand prix, dans un moment aussi critique, paraissaient incertaines. Les prétendus sacrifices auxquels il semblait disposé étaient bien différens de ceux qu'on était autorisé à exiger de lui; aussi n'en vint-on à aucune ouverture positive , et le temps que Caulincourt resta à Prague se consuma en vaines formalités. Bonaparte pressentait peut êtr^ que le iSaout, jour jusqu'alors destiné à la célébration de sa fété^ rappellerait à des occupations plus importantes. .11 .anticipa la solennité du jour de Stl k iMis^nce (i) 60 Ja fixant au lo.Toutesles troupes

J**''^i)tc Jottr de la naissance de Napoléon , lél qu'il élaît %6bbii gà &>*«teiiient , était le i5 tout 1 769. Mais^ d'après^

2ÙO CAMPAGNE

<jui étaient postées dans les eavironsixleDres4e, et sur FElbe , presque toutes de la Garde impériale furent concentrées , et se présentèren)^ en grande tenue sur le grand enclos de TOslra, pour passer la revue. Tous les militaires , lant étrangers qu'indigènes, se rassemblèrent dans cet endroit, et tous les bourgeois, àlexception de ceux qui étaient retenus chez eux par les soucis que leur donnaient les désagrémens des logemens militaires, cherchèrent, dans cette occasion , sinon du plaisir^ du moins quelque dis^ traction.

Si les troupes françaises ne paraissaient paa avec le même éclat dont elles étaient environaée^ en ]8i2,au moment de partir pour la Russie » il faut du moins avouer que la Garjde impériale , avec ses différens détachemens d^ cavalerie « lanciers polonais , tartares , mamelucs, chas* seurs , dragons et grenadiers , offrait un specr tacle magnifique. On voyait à peu près quatorze mille hommes d'infanterie , composée de gre*

l'Histoire Ae M. Saignes , citée par les Mélanges de i8i4y

ce jour n'a été déclaré tel que comme un moyen employé

r Napoléoin poux 'avoir le droit de se dire né Français,

irs de BL Saignes dil'qn'il était né le 5 février 1 768-.

t-DJL croire: qn'un homme tel que Napoléon ,

p|^ 1^ <ji^sUn , ait pu ilai^er de leU

EN SAXE, ï8i3. 23l

nàdièrs , cLàsseors , voltigeurs , flanquëurs , etc. y formant deux îîgnes très- étendues; Napoléon allait au galop, Suivi du roi de Saxe, de tous les princes de la famille royale, et d'une suite immense. Après avoir parcouru les rangs il fit défiler toutes ses troupes t divisées en colonnes assez forles. A midi, la Garde fut servie dans la nouvelle ville, à des tables qu'on y avait pré* parées exprès. Le reste du jour se passa dans ce tumulte; mais Napoléon travailla chez lui, et ne fut visible que le soir. Il dîna avec la famille royale à une table de cérémonie. Après le dîner il assista à un feu d'artifice qui fut donné dans le goât français, et qui ne fut pas d'un grand effet. Ce spectacle paraissait fait pour amuser les soldats et le public, plutôt que pour célébrer la fêle d'un grand monarque.

Pendant toute la journée Napoléon était extrêmement sérieux el pensif ; tout semblait plutôt lui causer de l'ennui que le salisfiiire. La suspension d'armes approchait peu à peu de son terme. Ce ne fut que dans les derniers jours , et peu de temps avant la reprise des hostilités qu'on entendit au quartier général français quelques bruits sourds dte la dénonciation de l'armistice parlesalliés. Point âe prédiction glorieuse , point de mesures pour exalter les troupes comme à l'ordinaire. * Presque tout le monde se doutait que TAutriche avait accédé à la coalition ; mais à la fia

on avait l'air d'espérer qu'il en serait autrement. Ce n'était point Teffet de la crainte \ le soldat français, accoutumé à la guerre, regardait lavenir avec une certaine indifférence, et ne pouvait renoncer à cette vie belliqueuse, si convenable à son caractère inquiet et remuant. C'était plutôt l'effet de l'ennui qu'on éprouvait après plusieurs campagnes très -pénibles , qui devenaient toujours plus pauvres en victoires et en jouissances physiques. On sentait que ce jeu hasardeux devait un jour finir , et l'on craignait que le grand colosse delà gloire nationale ne s'écroulât, si l'Autriche entrait en lice avec ses niasses imposantes.. Quelques-uns avaient une confiance inébranlable dans le génie de Napo-, léon; ils se flattaient de le voir, comme il avait lait plusieurs fois, triompher de toutes les. difficultés , et profiter des fautes de ses ennemis. ' Mais l'observateur calme ne pouvait manquer de; s'apercevoir que Napoléon était déjà vaincu stralégiquement, quoiqu'il avançât à sa manière avec le centre ; puisqu'il livrait ses deux ailes aux attaques les pins terribles de ses adversaires. Sans la réunion de l'Autriche aux alliés, l'aile droite

des Français eût été du moins couverte ou appuyée , et toute l'opération aurait changé de ficice, quoique, pour reprendre l'offensive, et aller en avant, on rencontrât, dans les forces réunies A^'Si Russes et des Prussiens, dans l'esprit qui-

EN SAXEy l8l)3. 25li-

le$ animait , de pbessans obstacles , et qu'il 'fôt impossible 1 de s'assarer des moyens de sobsis^' tances. On avait 'terminé de lows côtés toutes? les dispositions qu'on avait pu faire. La Fparfce afvait épuisé loutes ses ressourceis , et Napoléon avait ménie renonce à ses conquêtes d'Espagne pour se procurer, avec les troupes qu'il en relirait , un nojau plus solide pour sa grande armée , tandis que Soult devait , avec les jeunes soldats , garder la frontière de la France.

. Les alliés avaient, de leur côté, fait aussi le» plus grands efforts pour atteindre leur but. Des guerriers appelés presque de tous les pays de l'Europe; des milliers débouches à feu, les capitaines les plus célèbres des nations réconciliées ; les dispositions combinées avec la plus grande prudence et la plus grande maturité pour la conservation et pour la direction d'une masse immense ; tout était prêt. »

Il paraît que Napoléon avait conçu jusqu'au dernier moment l'espoir de gagner l'Autriche, ou du moins d'obtenir qu'elle n'agirait pas offensivement contre lui. Quoiqu'il eût préparé tout ce qui pouvait concourir à sa défense, en cas de rupture , il n'attendait pas moins avec une grande impatience des nouvelles décisives de ses ministres à Prague.

Le i5 août , le prétendu anniversaire de sa naissance , son départ était arrélé ; quelques

jpurs auparavant) ime foole de chevaux et de relaie était partie sur la route de la Silésie;soa carrosse était aiteté de^is deux hetires aprë^ i»idl, et tout était prêt pour le départ; les heure» découlaient;, et Ion ne savait à <fâoî en altribiie^ la retard. Napoléon se promenait à grands pas dans l'iiilée du jardin MaroeUni, accompagné du roii de Naples, qui était arrivé depuis huit à dix fours- 0«l lui anooAça que le général Narbonne venai» d'arriver de Prague, et qu'il se rendrait de suite auprès de S. M. Qitil vienne , dit Bonaparte , d'un Ion sec et froid, qui lui était ordinaire. Narbonne arriva quelques minutes après. Le roî de Naples se relira. Le duc de B...... fut mandé ;

Gt alors s'engagea entre Napoléon et ces deux? hommes d'état une conversation qui dura près d'une heure.

' Quels intérêts auront été balancés et pesés dans ces momens impOrtans! Si Napoléon avait dit dqns ce moment ce qu'aurait dit tout homme aimant s«es semblables : Je veux que mon jour de naissance soit une solennité perpétuelle j fe^ donne la paix au monde ^ et en mente temps unexemple de grandeur d^ame. Je me retire au-^'» delà du Rhin ^ et je me tiens tranquille. Quelle* .'UJilç d'événemens dépendaient d'une telle pen-

sée !.

Le duc de B reçut des ordres de vive voix,

(il î,e retira vile avec son porle-feuille. Napoléon^

EN SAXE, ;9l3. • 2^5

parla encore peDdant quelques minutes avec

l'aimable N , dont la physionomie respirait

la douceur et la bienveillance. Alors le roi de Naples revînt. Napoléon monta en voilure avec lui y et partit pour commancer une nouvelle ficëne sanglante.

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