‹ Relation complète de la campagne de Russie, en 1812Chapitre 3 sur 12 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

Chez JANET ET COTELLE, LIBKAIRES, i8ao.

lo LIVRE I.

qui connaissaient le caractère de Napoléon. En comparant la force toujours croissante des deux grands empires , chacun déduisait de leur splendeur commune, que Fun oii l'autre renverserait l'édifice colossal que tous deux semblaient vouloir élever. Jadis Péloignement qui les séparait devait aussi séparer leurs intérêts; mais les conquêtes de la France Tayant rendue voisine de la Russie , tout fit présager leur prochaine rupture.

Depuis plus de deux ans, elles se tenaient respectivement dans une attitude guerrière : enfin Napoléon, ayant renforcé la garnison de Dantzig, formé plusieurs corps d'armée, complété la cavalerie, le train d'artillerie et les équipages militaires, se crut en mesuré pour se plaindre de la Russie; et oubliant qu'il avait envahi, depuis ses dernières stipulations, l'Espagne, la Hollande, les villes anséatiques, et sur-tout le duché d'Oldenburg, sur lequel le beaufrère d'Alexandre avait des droits légitimes, il se plaignit, comme d'un grave délit, que cinq divisions de l'armée de Moldavie se fussent avancées vers la Pologne, et sur-tout qu'on eût osé renouer des relations commerciales avec l'Angleterre.

Cependant rien d'hostile n'avait transpiré , à l'ex^ ception du fameux sénatus-consulte (i) qui organisa l'Empire en cohortes^ bans et arrière-bans. Ainsi la patrie allait se trouver engagée dans la contestation

(i) Séance du sénat, lo mars 1812.

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