‹ Relation complète du sacre de Charles X, avec toutes les modifications introduites dans lesChapitre 8 sur 28 · KLATION COMPLÈTE · texte numérisé non relu

KLATION COMPLÈTE

toutefois oa a cherché à la reproduire. Cest en qudque sorte la vieille cathédrale remise gotfai* q^ement k neuf. C'est dans ses formes et daiks sa cOBStruction on monument du douzième siède, qui }>rû\e oepebdant de tout l'éclat de la jeunesse et de la nouveauté'.

y Xiorsc][u'en sortant de cette basilique toute rés* plendissante^ on porte les regards sur ses tours extérieures , qu'on croirait prêtes k tomber de vieillesse , l'esprit est singulièrement frappé d'un pareil contraste, image anticipée de la grande circon* «tance , pour laquelle ces • constructious ont été faites; car les cérémonies du sacre of&ent ellesmêmes nécessairement un assemblage extraordinaire de choses antiques et de choses modernes , qui caractérise l'époque actuelle.

, Mais ce contraste devient plus saillant encore lorsqu'on jette les yeux sur le palais archiépiscopal, qui attient à la cathédrale, et qui a été en quelque sorte improvisé. Ce bâtiment ^ presque ruiné , qui renfermait des tribunaux , des greffes et des. pri» spns^ a «été-, en moins de quatre mois, transformé en un bi^illant palais avec des apfutrtemens séparés pour le Roi , pour monseigneur le Dauphin , ma*' dameia Dauphine, tt Madame ^ duchesse de B^rrt £n avant de ce palais on a construit un porche d'ordre corintl^ien jusqu'à la hauteur de la toiture, qui se prolonge sur une. large surface. Oi\ monte à ce porche par un escalier de vingt<leux marche^

DU SACliE D£ CaUlLKS X. 9

qui s'avance dans la seconde cour du palais. La Êiçade, de cent trente pieds environ détendue , sur ciiiquante de profondeur, est divisée en cinqiàroar des; elle présente une espèce de plate-forme cou*verte, coupée de deux rangs d'arcades, avec les ornemens les plus riches. Les fenêtres de la salle du festin royal V de forme gothique, dont les vitraux sont coloriés, donnent sur cette plate-forme. . Les appartemens du Roi se composent d'un salon d'attente , un grand salon , u^petit salon , un grand cabinet de travail , ime chambre à coucher et vn petit cabinet de toilette. Ils sont peints en or et en blanc , et leur décoration , faite dans le style mo*deme , est à la fois riche et élégante. Les fenêtres donnent sur un jardin élégant qui naguère sèirvait de préau à des prisonniers. Le Roi ^ en entrant dans ces appartemens, a paru agréablement surpris : Je juis ici comme aux Tuileries^ a dit Sa Majesté. . ; Au-dessus des appartemens du Roi se troyyent ceux de S. A. R. Madame, duchesse de Berri. Un aile latérale du palais renferme les appartemens de LL. AA. RR. monseigneur le Dauphin et madame la Dauphine.^ Tous les ameublemens ont été fournis par le Garde-Meuble de l^couronne.

La salle du festin royal occupe toute là longueur de la façade du palais : c'est un carré long. La voûte, très-élevée, en forme d'ogive, est d'un bleu tendre parsemé d'étoiles ; elle est traversée par neuf clives à baguettes d'or, à chacune d^quelles sont

lO HKLATION GOMPLtoR

suspendus deux lustres. Sept lustres, (dus élevés, sont attachés à la voûte, de sorte que la salle est éclairée par vingt^cinq grands lustres. Dans le fond de la salle , à gauche en entrant , s'élève une haute cheminée gothique ornée des armes du cardinal Briconnet, au-dessus de laquelle est placée la statue de saint Rémi. Plus bas, à droite et à gauche de saint Rémi, on voit les portraits en pied de Clo^ vis et de Hugues Capet Les autres portraits de tous les rois de France qfî ont été sacrés à Reims occu* pent toute la longueur de la salle dans l'ordre suivant :» Philippe- Auguste, saint Louis, Philippe V^ Philippe VI , Charles VIII, Louis XII, François 1", Louis XIII, Louis XIV, Louis XV. Les portraits de Louis XVI et de Charles X sont placés sur le côté qui fait face à la cheminée. Au-dessus de ces portraits sont peints , en buste, les archevêques qui ont occupé le siège de Reims. Le fond est blanc , parsemé de fleurs de lis d'or. Dans cette seule salie du festin royal, on a employé cent vingt-cinq milliers de plâtre , et quarante ouvriers y ont été occupés pendant un mois.

On a construit , en outre , une galerie vitrée où a été dressée une table d^ cent trente couverts, et qui s'est formée comme par enchantement. Tous les ornemens, d'un goût simple, qui ressortent sur un fond blanc et des draperies bleues, ont été posées en deux jours.

En sortant de la salle du festin royal , on entre.

à droite, par la plate-forme , dans la galerie cou- Verte qui , par une pente douce, conduit à la cathédrale. Cette galerie est formée de vingt-quatre arcades de quinze pieds environ chaôme , soutenues par des trophées d'armes chevaleresques avec Técu au chiffre de Charles X , surmonté d'une couronne. Le ciel est d'une étoffe bleue parsemée d'étoiles d'argent ; elle est couverte, dans toute sa longueur, d'un tapis fleurdelisé. Cette galerie se joint , en anjgle droit , avec le porche élevé en avant du portail. Au moyen de cette galerie couverte, le Roi a pu se Tendre, avec son cortège, de plain-pied, de son appartement à la cathédrale.

Les cachots, dans lesquels les prisonniers se trouvaient encore le io mars dernier, ont été métamorphosés en offices , en glacières et en cuisines.

Ce palais, après le départ du Roi, doit être occupé par monseigneur l'archevêque de Reims.

Ce sont MM. HittorflF et Lecomté , architectes du Roi pour les fêtes et cérémonies , qui ont été chargés de faire les dessins sur lesquels ont été exécutés les travaux de la cathédrale. C'est au talent de M. Mazois que Ton doit le nouveau palais archiépiscopal.

la BILATIÔN COUPLiTR

Page 1