‹ Relation complète du sacre de Charles X, avec toutes les modifications introduites dans lesChapitre 9 sur 28 · CHAPITRE JL · texte numérisé non relu

CHAPITRE JL

JOURiriB DU d8 MAI.

ËDlrée du Roi dans Reims et dans b Cathédnik.

Lb 26 mai , M. le maire de Reims avait feit afficher la proclamation suivante :

« Messieurs et chers concitoyens ,

» Samedi , Sa Majesté fera son entrée danç pos murs ; ce moment si désiré par vous approche , et vous allez pouvoir manifester vos sentimensd'ampur et de dévouement pour notre bien-aimé monarque-

» Dépositaire d'illustres souvenirs , la ville de Reiips souvent héroïque, toujours fidèle , s'est emr pressée dans toutes les circonstances de servir ses princes, de voler à leur défense et de leur donner des preuves éclatantes de son amour ;

» Ainsi l'on vit sa milice commandée par le brave Pierre de Retins^ soutenir seul le choc de l'ennemi et décider la victoire de Bouvines;

» £n 1248, un Baudoin de Reims, protégeant

BU SAdRS DE GHâllLy.S X. l3

par son mâle courage le débarquement de saint Loms sur les cotes d'Afrique ; •

» Ainsi Ton vit toute la population, en iSSg, supporter les fatigues d'un siège long et pénible contre une année de cent cinquante mille hommes, et assurer le salut de la France ;

» En 1 4^9 9 Jecai Cauchôn rendre les services les plus signalés à Charles YII ;

» Antoine Fremjrn , Eustache Delasalle , soutenir et défendre y au milieu des plus grands dangers , la cause d'Henri ly (

9 Colbert y se consacrer par 3es veilles et ses travaux à la gloire du. règne de-Louis XIY ;

» Tronçon dfi Coudrajr devenir le digne émule des de Sèze et çle^ Malesheii)e«

» Vous êtes , mes chers concitoyens, ^e qu'étaient vos aïeux ,; vous avez leurs sentimens.

» Vous ne leur cédez pas ,, babiita^s deila ville du sacre, en zèle e:t en déYonemei^t; pour vos princes; vous venez d'e» donner des preuves par votre empressement à recevoir les personnes invitées par le RoL Vous en <k>qnerep encore par l'accueil que vous leur ferez.

>yLe Roi ebiirïsfit vds^sietitlMens; pourra personne Mcrée; i^m-'a chàrgédë vôus'tedîre.

» Oe seta'iHl'm6<iiJÉirbiM beatétix. ^ur moi que celui' où je pourrai , en présentant à Sa Majesté les cleÉs de cette ville , être de noûtipau «uprès dWle vofjjreintei^rète; cVstdans cet instant que l'accent

t4 AELàTlOJC .00MPI«4tK ,

de voft senlimens, s'unira. aux mieçs pour lui ma^ nifester tout le bonheur que' nous éprouvons en répélaqt mille fois : Fii^ le Roi 1 {firent les liourbons I

» Le maire de la ville de Reims ^

» Ru!lf ART DE BrIMONT. D

A côté de cette proclamation » on lisait im avertissement ainsi conçu r ...

« Extrait des arrêtés de la Mairie de Reims.

n Les édifices publics seront illuminés le samedi SB, dimanche ag , lundi 5o , mardi 3 1 .

» Les' promenades le sefoilt le soir du jour où Ton espère que Sa Majesté voudra bien honorer de son auguste présence Texjtosition dés produits de findustrie du Département.

» Ces illuminatiôiis commenceront à la nuit toihbknte et dureront jusqu^àii jour.

n Lès hiabîtàns soàt ih^K^ à tém'ôî^er leur allégresse par des' iHiittiihktîbiis' aux feçades de leurs maisons. ' ''' '^-t;-;^^/^ ; .' ••■,.■;■'.

.De nonabreux pi:)éj^i^tijG^ ;ii^jaîeirt : f§€^ £iîts . 9ur la route entre fiei^p9^.ft;>ie;.^i|ilige d^^Taiiqu^ Un arq de triomphe, était ^aiQé/èflIembranchen^nt de la route. Il portai}: .ppur.îii^iptiqi^;:^ Charges Xy Iprrondi^semerUde ffeims*-.:. > (>

r . A partir de ce ,poî^ y^W{\i%h pprtft 4«î Vesle >

DU SACRE DE CHARLES X. l5

k distances égales, étaient élevés quatre arcs de triomphe en feuillage. Ces arcs représentant les quatre arrondisseniens du département , avaient pour inscriptipn :

Arrondissement dÉpernay.

Arrondissement de Châlons.

Arrondissement de Vitry-le^Français.

Arrondissement de SairUe-Ménéhould.

Tous ces arcs étaient pavoises de drapeaux et doriflamines f(ux fifres et aux armes du Roi, et à chacun d'eux le sous-préfet , les maires et un détfu:bement de la garde natîoii2|le à cheval , attendfiiçnt le .Roi à «an passage. ,, * . ,

EntriB les arc^ 4^/triomphe, à droite et à gauche delà route y étaient réunies tjes députations de 180 communes de l'arrondissement de^^^ns-, compoi sées des maires , des adjoints et d^s membres des conseils municipaux; Jeur place éts^t désignée par im écussoQ , qui indiquait le nom de chaque commune. A droite et à gauche des écussbns étaient p lantés des pinsd^Êcosse; une écharpe d'étofies, pfrodùit des mantifactures du département était :su^petidtie en foirme dé guirhinde;^^ dejennes fiUës'^'Yétue^de blanic^ sdùtëriàiènt cette édirar^ et- paraissaient of- £rit»àTiRoiiès(irodints de fdndustrie. < ^ • Depuis là porte de Vesle , à droiteei ' à gauche des rues ,' jusqu'au parvis de la cathédrale .étaient suspèhdlll^ dès guirlandes dte fleurs attachées à des

î6 WELàTlOW tiOMM^E

mâts ornés de feaiUage «t surmontée de bmiqrieft de lis et de drapeaux.

Telles étaient les dispositions ordonnées par tes autorités et exécutées sous la direction de M. Isabefl

Le 217, à quatre heures, Sa Majesté est arrivée à l'arc de triomphe élevé à l'entrée du département de la Marne. ^ où elle étail: attendue par un détachement de la garde nationale à cheval de la ville de Reims et des arrondissemens.

' Sa Majesté y a été reçue par le général coînté''£ion, commandant de la deuxième division ntrilitmine',!^ baron de Jessaint ; préfet de Ik Marne ; le n^dré^ cfaal-de^camp baron Ôekànorbi^V tonimandant fè département ; M. Leclércq , aecrétaire^géiiét^I -et M; le comte de G€»tas , sou»pîéfet de Reims.

Là , M. le préfet de ià Mâmé â àdres^àù^ftôi le discours stiivaht : . »

fc S I ICÉ -j ..'..)

. :>) L'apti<{ue cit^ où Clovis fut çojçsacré* au dbafist^

tiani^fi^ie .et à la royauté . y^u^^ ^^^^^: i{^¥if c€|tt6 époque I si féconde, taceize siècles ^ant.pasp!$ fitfvr la .i^onarchie^et à.vptr€f avènement au trôp^ vomM trottyerœ jeune çucprp de;|[lpiriç et.,4'-wt pérance. La religipn , ep.emhirassaut>.4^ns. sa.£(^

véqi: le rc^aum^j très - chrétien y semble le Êdre participer de sa j>^rpétuité. r L'amour des. peupW:^ qui se reprodpittfL'l^ >en àge^. ajoute s^ Ix^o^

DU SA.CRE BE CHARLES' X. fj

à tant de souvenirs imposans , et à ce merveilleux triomphe sur le temps.

M Oui , Sire , vous allez entendre les acclamations des fils de ceux que commandait Clovis et qu'instruisait saint Remy. Ils accourent , avides de contempler sur votre visage l'empreinte de vos royales vertus. Ils élèvent leurs voix jusqu'au ciel, à la vue du monarque qu'ils attendaient si ardeînment. Je ne peux être ici que l'organe de leur impatience^ car ces cris , cette ivresse d'un grand peuple , sont le seul langage qui ne soit point audessous du Roi de la vieille France et de l'auguste cérémonie qui l'attire au milieu de nous. »

Après avoir été complimentée à la porte de Fis* mes , à six lieues de Reims , par monsieur le maire, à la tête du conseil municipal et de la garde nationale , Sa Majesté a traversé la ville au milieu des acclamations , des guirlandes et des fleurs , et s'est rendue à l'hôtel qui lui avait été préparée. Elle y a couché ainsi que M. le Dauphin.

Le lendemain , jour fixé pour son entrée à Reims , le Roi, accompagné de M. le Dauphin et de sa suite, a quitté Fismes après son déjeuner. La pluie tombait par torrens.

Tout à coup , à la descente de Fismes , au moment de la détonation des batteries de l'artillerie de la garde , placées dans un vallon , sur la gauche de la route , les chevaux de la voiture où étaient

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