‹ Relation concernant les évènemens qui sont arrivés à sieur Thomas Martin, laboureur à Gallardon, en Beauce, dans les premiers mois de 1816Chapitre 11 sur 17 · RÉFLEXIONS · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS

Sur la mission extraordinaire du sieur MARTIN . considérée selon les vues de la Foi et de la Religion .

Parmi cette multitude d’evènemens prodigieux qui distinguent notre siècle entre tous les autres , Fun des plus surprenans , des plus propres a faire naître de très sérieuses réflexions, est celui que présente la mission d un bon villageois envoyé au Roi

par un personnage qui est demeuré inconnu durant près de deux, mois , qui ensuite s’est annoncé pour être un Ange du premier ordre ; enfin qui , d’apparition en apparition , a conduit ce simple paysan comme par la main, jusqu’auprès de Sa Majesté , pour l’avertir des maux près de fondre sur la France , si Fon ne rend à Dieu l’honneur qui lui est dû , si le peuple n’entre point dans les voies de la pénitence.

Il est vrai qu’aux yeux des sages de ce monde, un fait de cette nature ne paraît seulement pas mériter que l’on s’y arrête 3 le plus grand nombre, loin d’y songer, se doute à peine s’il a eu lieu ; et parmi ceux qui en ont ouï parler, beaucoup d’esprits légers, froids ou indifférons, sans daigner rien approfondir, trouvent plus court et plus commode de rejeter ce fait ^ comme tant d’autres , parmi les fables bonnes pour amuser les simples, les têtes faibles , les aines pusillanimes,.

Cependant qu’y a-t-il au monde de plus capable de réveiller la foi aux yeux du fidèle attentif? Qu’on admette la vérité d’un fait si extraordinaire; quelles conséquences n’en résulte-t-il pas , et quel intérêt plus clier pouvons-nous avoir que celui de nous garantir des maux suspendus sur nos têtes , puisqu’ils menacent à la fois le Royaume , le Gouvernement , notre repos , nos biens , notre propre existence ? Faudra- t-ï 1 s’endormir sur le bord du précipice? Et nous laisserons-nous entraîner à notre perte irrémédiable,, sans songer aux moyens de la prévenir? Tel est aux yeux de Fhomme sage et religieux , le

sujet qui mérite ses informations , ses recherches , toute l’application de son esprit.

Et d’abord, pour ne point se livrer en aveugle à de vaines conjectures , dans une matière si importante , il commence par soumettre à un examen juste et raisonnable, le fait qui lui est exposé. Est-il croyable , est-il bien vrai , se demande-t-il à lui-même , qu’un campagnard delà Beauceait été introduit dans le cabinet de Sa Majesté? Lui a-t-elle accordé , durant trois-quarts d’heure ou environ, la faveur d’une audience particulière et sans témoins, faveur quepouvaient envier les hommes les plus distingués par leur mérite ou leur naissance? Voilà le premier point que l’on a révoqué en doute, et cVst à ce degré que la méfiance a été portée. Il n’est rien néanmoins déplus indubitable , d’après la déposition qu’en a faite à Chartres le bon villageois, déposition qu’il a renouvelée dans une relation signée et approuvée de lui le 16 mai dernier , laquelle a été visée successivement et par son Curé et par le Préfet de son département. Voyez page 4g-

Combien de lettres et d’autres témoignages attestent encore la vérité du fait , ou le supposent nécessairement. Martin a été mandé chez le Roi ; et , le 2 avril 1816 , il a eu audience vers les trois heures après midi. C’est le Ministre même de la police qui l’a fait conduire aux Tuileries par un homme de confiance , porteur d’une lettre écrite de sa main , au moyen de laquelle Martin s’est vu admis à par¬

ler à Sa Majesté. On défie qui que ce soit d’oser contredire un lait aussi clair, aussi positif, d’après

les attestations qu'on aurait à lui opposer. Eh ! n’est-? il pas visible qu’un évènement si digne d’attention eût été bientôt démenti officiellement , sûl n’avait été incontestable; d’autant plus qu’il^s’est répandu presque par toute la France, et même en Angleterre, au point que deux journaux anglais lui ont consacré chacun un article , notamment le The Courrier du 3 août 1816? et enfin , le Journal général de France en a rendu témoignage le 20 janvier 1817. Qu’on admette que le fait ait été supposé , Martin n’auraitil pas été repris sévèrement , et même puni avec jus-* tice, comme ayant tenté d’abuser, en matière aussi grave , la crédulité publique ? Ainsi , la meilleure preuve qu’il a eu audience du Foi , est la parfaite tranquillité où il est encore dans son pays, après qu’il a rendu témoignage de ce fait devant les premières autorités.

Ce point éclairci et accordé, l’homme qui ne cherche que la vérité, qu’il lui importe tant de découvrir, s'informe et interroge pour savoir com-r ment un simple paysan a pu parvenir jusqu’au Foi , et quelles causes, quels moyens ont procuré et amené une entrevue si rare, si surprenante. Pour le satis*^ faire , on lui offre différentes relations , où les faits se trouvent conformes sur les points capitaux et sur ün grand nombre de détails. Ces relations ont été dressées par des personnes mêmes qui ont conversé avec Martin , qui l’ont suivi et étudié dans divers lieux, diverses circonstances, sous tous les rapports imaginables.

C’est en effet cet homme intéressant qu'il s’agit

d’abord d’approfondir, puisque de ia trempe de son esprit , de son caractère , de ses habitudes , dépendent essentiellement sa véridicité et toute la force de son témoignage. Or , sur ce point, on ne craint pas de dire qu’aucun homme se disant chargé d’une mission extraordinaire , n’a subi d’examens plus rigoureux, plus longs, plus répétés que n’en a essuyés l’homme de Gallardon. Les informations les plus exactes ont été prises sur son sujet; elles Jfont été auprès du Curé et du Maire de sa commune. Que nous apprennent leurs réponses ? Elles s’accordent des deux côtés en faveur de Martin, pour le représenter comme un homme droit, irréprochable, incapable de tromper , encore moins d’inventer et de soutenir un mensonge. Son caractère , comme son tempérament , m'offre que douceur et tranquillité : il accomplit ses devoirs de chrétien , mais simplement, sans ostentation; en un mot, il n’est susceptible d’aucun sentiment exagéré , et jamais il n’en a donné le moindre indice. Telle est la qualité du témoin sur lequel repose principalement la certitude des faits qu’on présente au lecteur. On en conclura aisément qu’il n’y a nulle raison à prétendre que Martin ait été le jouet de l’illusion des sens ou de son imagination. ( Troycz les premières Observations. )

Mais ce n’est point assez , car l’incrédulité ne manquera pas d’opposer qu’un unique témoin , par cela seul qu’il est unique, ne mérite point de créance. Comme cette objection est la même pour le fond , que celle qui fut faite par les Juifs incrédules au

Sauveur du monde, sans prétendre ici établir aucune ombre de comparaison, on répondra à son exemple : Si vous refusez d’en croire un homme , quelle que soit sa réputation de probité et de sincérité , croyez au moins aux œuvres et aux faits constatés qui viennent à son appui : Operihus crédité. Ce sont là les témoins qu’il a droit d’invoquer , et qu’on ne saurait récuser.

Martin a-t-il prévu ce qui devait lui arriver en i différentes occasions? a-t-il révélé des choses se- ; crêtes? a-t-il annoncé qu’il verrait le Roi, malgré tous les obstacles qu’on cherchait à lui opposer? On I ne peut le nier, d’après tous les rapports qui en ont été faits aux différentes autorités, soit avant que Martin ait été à Paris , soit depuis son départ de Gallar- ; non : il est donc évident qu’il ira pas parlé de lui- | même ; et ainsi, il est juste d’admettre comme un second témoin celui qui Fa guidé , qui lui a, révélé i tout ce qu’on trouve dans les écrits ou relations concernant cette affaire.

Comment dire en effet que la simplicité de ce bon villageois ait été capable , non-seulement de concevoir un plan visiblement au - dessus de sa portée et de ses lumières4, mais encore de prévoir et d’annoncer d’avance ce que l’homme le plus habile n’aurait pas osé entreprendre , ce qu’il eût regardé comme une vraie folie et une témérité? Bien plus, l’annonce même que faisait Martin de ce qui devait lui arriver, était seule capable de le faire arguer comme un faux prophète, s’il eût été au pouvoir de l’homme de contrarier une œuvre comme la sienne.

Qu’on s’arrête seulement à quelques faits qui dépendaient entièrement de la libre volonté d’autrui : ne pouvait-on pas, par exemple, pour convaincre Martin de mensonge, détourner la visite du Docteur Pinel , dont il avait prévenu le premier , celui qui le gardait à vue? Ne pouvait-on pas une autre fois le mettre en défaut manifestement , lorsque , sans en être averti par aucun homme quelconque , il assurait qu’on allait le conduire dans une maison où il serait détenu , questionné , interrogé , et que , malgré tout ce qu’on pourrait faire , il parviendrait à parler au Roi ? Il suffisait , à cet effet , de le renvoyer à Gallardon , en lui défendant que jamais on entendît parier de lui : au lieu que, selon les desseins de l’impénétrable Providence, cette espèce d’humiliation qu’on lui a fait porter à l’hospice de Charenton , en le traitant comme atteint de folie , n’a servi qu’à mieux constater le bon sens de cet homme sim-? pie et sans artifice, et l’harmonie parfaite qui existait dans toutes ses facultés , au physique comme au moral, (ffest ainsi que le traitement qu’on aurait cru devoir taire mépriser son œuvre comme une folie et une chimère, s’est tourné en moyen pour en assurer le succès , et l’a rendu digne de toute attention , par une suite de traits plus frappans les uns que les autres.

A cet enchaînement de faits si bien liés , à cet ensemble de circonstances coordonnées avec tant de sagesse , pour arriver au ternie d’une mission sans exemple , qui ne reconnaîtrait que Foeuvre de Martin est d’un ordre vraiment surnaturel ? Pmrr

mieux en convaincre les plus incrédules , insistons encore sur ces examens de toute espèce , et sur ces interrogatoires qu’a subis le bon villageois pardevant les autorités ecclésiastiques et civiles. Quel homme , s’il n’avait eu pour lui toute la force de la vérité , aurait constamment soutenu un rôle aussi difficile que le sien , en marchant toujours sur la même ligne , en ne variant jamais ni dans ses discours , ni dans son plan ; et cela isolé , sans conseils , sans amis > loin de sa famille , de ses habitudes-, en présence de personnes propres à l'intimider, et qui pouvaient encore si aisément le dérouter et l’induire dans diverses contradictions $ sans parler des risées dont il était l’objet ; plusieurs le regardant comme un visionnaire? Ceux qui sont à portée d’étudier les hommes dans les causes où les juges interrogent les prévenus , sentiront toute la force d’une déposition soumise à de telles épreuves.

Que l’on songe que Martin a rendu témoignage ,

3 et un témoignage constant, uniforme, devant son ) Curé, devant son évêque, devant le Préfet du déj parlement ^ devant le Ministre de la Police, devant les médecins et tout Phospice de Charenton^ enfin ,, devant le Roi lui-même. Que l’on songe qu’il a confirmé ce même témoignage à la Préfecture de Char- 3 très., de vive voix et par sa signature : tout cela n’estil point du plus grand poids delà part d’un homme irréprochable, pour peu qu’on croie encore à laproj bité sur la terre ?

Ajoutez qu’à la suite d’un long et rigide interro-

gatoire où Martin a été successivement tourné de tous les sens, parles Secrétaires du Ministre , et pai le Ministre lui-même, il s’est trouvé des jours entiers sous la conduite d’un gendarme chargé d’épier ses démarches, et jusqu’à ses moindres discours. Ajoutez que Martin , loin de rechercher une pareille mission ^ avait essayé de s’y soustraire ; qu’il n’était mû et même ne pouvait l’être par aucun motif d’intérêt; qu’il ne désirait naturellement que de vivre sans inquiétude au sein de sa famille; que , malgré ce désir, il ne put en croire le Ministre, lorsqu’il tenta de lui persuader qu’il avait fait arrêter l’inconnu qui le tourmentait, l’invitant à rester tranquille et à s’en retourner chez lui.

Enfin, Martin n’avait à annoncer à tous ceux qui l’interrogeaient, que des vérités peu agréables, des menaces, des malheurs publics; et dune autre part, il courrait risque évidemment , pour peu qu’il eut dévié de la ligne delà vérité, d’être confondu et châtié comme un mepi’isabie fanatique, ou comme un fourbe dangereux. Qu’on rassemble donc toutes ces circonstances, et qu’on voie s’il est possible de ne pas reconnaître un agent vraiment surnaturel dans cette œuvre inouie jusqu’à nos jours.

Dira-t-on que Martin n’était que l’instrument de ceux qui le mettaient en jeu? Quelle absurde pensée! Qui peut s’imaginer d’aller chercher , dans le cœur delaBeauce, un campagnard si neuf dans les affaires, si peu propre a l’ intrigue, et si facile a deroutei dans la voie du mensonge , qui ne lui est rien moins que familière? Comment croire d’ailleurs qu’un jeu aussi

grossier eût échappé à toutes les administrations? et quel risque n’auraient pas couru les auteurs d’un tel artifice? Auraient -ils meme été assez imprudens pour faire ou pour laisser passer ce bon et simple villageois par tant d’examens et d’épreuves? Au surplus, est-ce répondre que d’alléguer de simples possibilités? Il faudrait nommer sans détour les fauteurs et instigateurs de l’œuvre de Martin, et surtout faire voir qu’avant et durant sa détention, il n’a cessé d’entretenir avec eux un commerce de lettres ou de vive voix ; mais c’est trop s'arrêter à des conjectures si peu vraisemblables,

La mission de Martin, étant reconnue pour surnaturelle, il ne reste plus qu’à examiner si c’est l’œuvre d’un Ange de lumière, ou au contraire celle d’un Ange de ténèbres.

Ici l’on ne peut long-temps hésiter, et en vain élèverait-on quelques misérables difficultés.

L’œuvre de Martin ne présente aucun signe défavorable ou sérieusement repréhensible, qui puisse la faire attribuera un Ange de ténèbres. On n’y prêche que des vérités ; on n’y prescrit que des devoirs absolument inconciliables avec les suggestions de Satan. C’est l’obligation où nous sommes de sanctifier le nom de Dieu , principalement dans les jours qui lui sont consacrés d’une manière spéciale; c’est la nécessité d’entrer dans les voiesde la pénitence, pour prévenir la justice divine toute prête à éclater sur notre malheureuse nation. Jamais un Ange de ténèbres peut-il être supposé avoir donné à des Chrétiens un avertissement de cette nature , dont tout le fruit

serait ia destruction de son propre règne? Cepen* dant celui qui dirige Martin , ne cesse d’y insister dans plusieurs apparitions, et lui fait encore répéter chez le Roi , que c’est là l’essentiel et le principal.

De plus, il est absolument contraire à toutes les notions que nous donnent de l’Ange des ténèbres , l’Ecriture, les Saints Pères et toute la tradition , de dire que le diable se soit élevé hautement, surtout dans un même oeuvre et à plusieurs reprises , nonseulement contre l’irréligion , l’incrédulité , l’impureté ^ etc. , mais singulièrement contre l’orgueil qui fait son propre caractère. Or, l’Ange qui dirige Martin a parlé très-expressément contre l’orgueil, et en différentes ïoisy cest pour abattre V orgueil , a-t-il assuré, en deux circonstances, qu’il a fait choix d’un simple paysan pour porter la parole au Roi. Pour vous, a-t-il dit à Martin, il ne faut pas prendre dy orgueil de ce que vous avez vu et entendu. Il s’est plaint aussi en une occasion de ceux qui, étant énivrés cP orgueil , ne s’occupaient nullement de l’affaire de Martin qu’ils avaient alors entre les mains; dans une autre circonstance, il a reproché à la France d’ètre toute dans V orgueil , l’impiété, etc.

On ne saurait donc dire avec quelque raison, que le bon villageois ait été sous la direction d’un Ange de ténèbres; on ne peut le penser si l’on considère que Martin n’a jamais démenti en aucune occasion son caractère doux et pacifique, son égalité d’âme, sa parfaite sincérité, non plus que sa résignation à la sainte volonté de Dieu; on ne peut seulement le supposer, quand oupensequeie Diable choisit ses a gens

rie préférence parmi ceux qui sont tout à lui ; que , d’une autre part, il n’a pour but que de perdre entièrement ceux qui sont dans sa dépendance ; qu’il n’apporte point la paix avec lui; qu’il porte les hommes à se glorifier et à s’enfler du meme orgueil dont il est plein j qu’il les entraîne dans le vice, dans les mauvaises compagnies , loin d’en inspirer de l’horreur, de recommander la vertu ainsi que l’assistance au Service divin, assistance dont l’Ange qui dirigeait Martin a donné le premier l’exemple avec un grand recueillement.

Enfin , comment imaginer que l’esprit de ténèbres ne se soit pas trahi par quelque trait particulier durant le cours de l’œuvre de Martin? Comment croire aussi qu’il s’en soit tenu à le faire parler au Roi , en une seule occasion , et qu’ensuite tout-à-coup il hait abandonné , au moment même ou un premier succès le mettait à portée de tirer parti de ses artifices ? Cette dernière observation s’adresse également à ceux qui voudraient supposer que Martin a été l’instrument mis en jeu par quelques intri gans.

L’on ne pense pas que personne s’avise jamais de rétorquer un argument de cette nature , en demandant pourquoi Dieu qui est le maître de ses dons , n’a -t- il donné au Roi qu’un seul avertissement par l’organe du bon villageois? Eh ! n’a-t-on pas plutôt à lui rendre mille actions de grâces d’une faveur aussi étonnante, aussi peu méritée, aussi digne d’attention et de la plus vive reconnaissance ?

C’est ici, en effet, qu’il faut reconnaître et louer la bonté de Dieu incompréhensible, soit dans le

choix de l’instrument que son Ange a jugé le plus propre pour nous avertir, soit dans Tunique objet de la mission dont il l’a chargé. Que Ton fasse un moment abstraction de ses propres vues, de ses sentimens particuliers. Qui n’admirerait cette sage conduite par laquelle Dieu semble se prêter et s’accommoder à notre faiblesse, en ménageant d’abord les divers partis qui divisent l’église et l’Etat, pour ne point faire obstacle au but principal de cette mission , qui doit être singulièrement le salut du Roi et celui du peuple français, si Ton embrasse les moyens que F Ange a precrits pour fléchir la justice divine?

Etudions encore sous ce point de vue , cette mission si intéressante , et demandons-nous en premier lieu , si , du côté de l’instrument que l’Ange met en œuvre, on pouvait faire un choix plus propre, plus convenable, moins suspect à tous les partis. C’est un simple villageois qui n’a pris aucune part à la révolution , par conséquent sans préjugés comme sans engagemens pour ce qui concerne nos querelles civiles. Shl est attaché à son Roi , c’est sans la moindre prétention, il est dans la ligne du devoir; mais il n’est pas homme à s’occuper des affaires du Gouvernement, étant même incapable par son emploi et son éducation de raisonner sur cette matière. Du côté delà religion, il est chrétien et catholique; mais il en remplit les devoirs sans affectation , sans nulle dévotion particulière ; il n’a pris et n’a pu même prendre aucune part aux tristes divisions de l’église; il est neuf, absolument neuf sur toutes les questions agitées de nos jours, politiques et religieuses.

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Un tel sujet se rapproche beaucoup de la classe de ceux que Notre-Seigneur a pris pour ses Apôtres., et c’est déjà un préjugé des plus favorables pour sonoeuvre. Ne valait-il pas mieux, pour être l’instrument d’une mission surnaturelle , qu’aucun de nos savans qu’on eût pu rejeter comme un homme de parti suspect ou bien préoccupé? Nous avons déjà rappelé les témoignages excellens que l’on a recueillis sur sa moralité comme sur son physique, disposés le plus heureusement du monde pour n’être point susceptibles d’exaltation, ni d’aucun écart d’imagination ; de plus,, il est père de famille, et par état exercé au labour; par conséquent assez occupé desoins temporels , pour que la malignité n’ait pas le prétexte de dire que c’est un être oisif, absorbé dans des contemplations propres à échauffer sa tête.

Que l’on passe maintenant du personnel de Martin à ce qui fait l’objet de sa mission : y en a-t-il de moins propre à fournir matière à contestation? Qui pourrait ne pas reconnaître le pur langage de l’Ecriture, dans les annonces de l’envoyé céleste dont

Martin n’est que l’instrument , soit par rapport aux grands devoirs dont il recommande l’observation ^ soit dans les menaces qu’il fait retentir contre les violateurs de la loi divine? U exige d’abord que l’on sanctifie le jour du Seigneur , c’est-à-dire que l’on soit fidèle à lui consacrer ce saint jour , à F y louer plus particulièrement, à y sanctifier son saint nom. Or, n’est-ce pas là le sujet de notre première demande dans l’Oraison dominicale : Que votre nom soit sanctifié? N’est-ce pas là encore !a partie essentielle

du premier des commandemens : Un seul Dieu tu adoreras ? Et comment sanctifier son nom^ comment accomplir le premier précepte , si l’on ne s’occupe pas du cuite de Dieu et de sa loi sainte, le jour même qu’il s’est spécialement réservé , et qu’il a désigné pour qu’on le serve sans partage? Souvenez-vous du jour du repos pour le sanctifier , dit le Seigneur. ( Exod. 20, 8.) Observez mon sabbat, parce qu'il vous doit être saint : celui qui le violera sera puni de mort $ si quelqu’un travaille au jour du Sabbat , il sera retranché du milieu de son peuple, ( Ibid. 3i, i4). Les prophètes sont pleins de menaces et de reproches contre les violateurs du Sabbat (ou jour du repos ). N'est-ce pas ainsi , disait Esdras aux Juifs de son temps , qui n’observaient pas ce saint jour , n’est-ce pas ainsi qu’ont agi nos pères , ensuite de quoi notre Dieu a fait tomber sur nos têtes tous les maux que vous voyez , et après cela vous attirez encore sa colère en violantle Sabbat. (Esdras, ] 3, 18.)

Dans la mission de Martin, l’Ange s’élève encore hautement contre l’orgueil , l’impureté, l’irréligion , l’incrédulité, l'impiété,, et il annonce ( page 44 ) fi116 la France livrée à tous ses vices, est menacée du plus terrible des fléaux , si le peuple ne se prépare à la pénitence. Ecoutons là-dessus la voix de Dieu même dans les Ecritures.

Le commencement de V orgueil de l'homme , dit l’Ecclésiastique (Chap . 1 o, v . 1 5 ), est de commettre une apostasie à l' égard de Dieu ; celui qui y sera attaché sera rempli de malédiction , et y trouvera

sa ruine.

Quant au 'vice fie l’impureté , saint Paul , en nous renouvelant le précepte de le fuir, nous rappelle aussi les chatimens qu’il attire de la part de Dieu : Faites mourir , dit l’Apôtre, la fornication , l'impureté y les abominations y les mauvais désirs : c est à cause de ces crimes que la colère de Fieu tombe sur les en fans d’ incrédulité. ( Chap. 3 , v. 5 et 6. )

Mais l’impiété, le mépris de Dieu et de ses préceptes y sont surtout menacés des plus terribles punitions dans Moïse et tous les prophètes. Ouvrons seulement Ezéchiel , s’adressant a Jérusalem , par de sanglans reproches , où l’on voit encore la plus vive image de nos prévarications et des grands châtimens qu’elles peuvent nous attirer. (Ezech. ch. V, v. 7 , 8 9 , i3 et i5.)

cc Parce que vous avez ( dit le Seigneur dans ce (( Prophète) surpassé en impiété les nations qui sont cc autour de vous ; que vous n’avez pas marché & dans la voie de mes préceptes j que vous n’avez « pas observé mes ordonnances ; je viens à vous , et « je ferai parmi vous des choses que je n?ai jamais cc faites, pour punir vos abominations. V ous deviencc drez , à l’égard des nations qui vous environnent , cc un sujet de mépris , de malédiction , et un exercice pie terrible et étonnant, lorsque j’aurai exercé cc mes jugëmens au milieu de vous , dans ma fureur, cc dans mon indignation ^ et dans toute l’effusion de cc ma colère. » Quel rapport frappant entre ces menaces et celles de l’Ange dans la mission de Martin ! ( Y oy. p. i5 et 16).

Afin que l’on arrête ce qui est prédit , l’Ange nous

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ouvre la voie de la pénitence, et il nous menace des derniers malheurs,, si Ton ne tient compte de ses avertissemens, Or, qui ne sait que les Psaumes, les Prophètes , Jean-Baptiste et Jésus-Christ même, auquel ils se rapportent tous, n’ont, qu’une voix sur ce point capital. Faites de dignes fruits de pénitence , car déjà la cognée est à la racine de l’arbre. — Faites pénitence y car le règne de Dieu est proche . — Si vous ne faites pénitence y vous périrez tous. C’est ainsi que l’Ange nous parle par son instrument , de Pobligation d’une pénitence publique , de la conversion du peuple. Hé ! qui en niera la nécessité, après les attentats de la Révolution et au milieu de tant d’impies qui nous environnent encore? Au moins , qu’on ne rejette pas un avertissement si sage , si mesuré ; et la fidélité à cette première grâce en attirera de plus grandes de la part du F ère des lumières.

Pour ce qui regarde les moyens d’exécution Martin est averti d’aller trouver le Roi; pouvait- il s’adresser à un homme plus capable dans tout le Royaume de faire impression sur le peuple? Le Roi lui -même n’est-il pas , comme disent les Conciles , l’Evêque du dehors et le protecteur des saints Canons qu’il ale pouvoir de maintenir? N’a-t-on pas vu dans une espèce semblable , le Roi desNinitives exciter son peuple à la pénitence? Ne i’a-t-il pas luimême proclamée le premier par une loi publique et solennelle? Ne l’a-t-il pas prêchée par son exemple? Tout cela exclut-il l’intervention nécessaire des Ministres de l’Eglise? Que l’Archange directement se fût adi •essé à Ym prêtre quelconque , tous les partis

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n’eussent-ils pas aussitôt été divisés sur ce prêtre * quelle qu’eût été sa façon de penser / D’aüleurs, l’Ange lui-même n’avait point décliné la juridiction ecclésiastique. Votre commission est bien commencée, disait-il à Martin qui s’était d’abord adressé à son Curé et par lui à son Evêque ; et , dans une autre occasion , il voulait qu’on assemblât le Conseil ecclésiastique et qu’il fût nommé une députation qui se rendrait auprès du supérieur. C’était la marche régulière qu’il avait indiquée dans cette circonstance, où le succès et le sort même du temporel semblent dépendre de la fidélité à des devoirs de l’ordre spirituel. C’est parce que M. l’Evêque s’est déchargé de cette affaire où il n’a cru voir principalement qu’un fait concernant la police , que Martin a passé par tous les examens de M. le Préfet à Chartres, du Ministre lui-même à Paris , des médecins les plus experts à Charenton.

Ce qu’il y a de plus admirable, c’est que Martin, dans tout le cours de cette mission surnaturelle se trouve guidé par son Ange , pas à pas et comme par la main ; il le suit en tous lieux , dans ses différentes visites , dans ses ehangemens d’habitation ; il le raffermit contre l’impression que doivent lui causer des autorités supérieures qu'il n’a jamais abordées, contre l’embarras où le peuvent jeter toutes les questions insidieuses des plus habiles chefs de la police; contre les visites inquiétantes et les subtiles interrogations des médecins les plus experts qui l’observent et l’étudient; contre les railleries des moqueurs; contre la mauvaise volonté de ceux qui, méprisant sa mission,

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ne s’attachent à rien moins qu’à la seconder. Il l’avertit à chaque pas de ce qui va lui arriver et de la conduite qu’il doit tenir : sur le point de parler au Roi , il le prémunit et le fortifie contre la timidité si naturelle à un simple campagnard qui se trouve , pour la première fois, tête à tête avec son Souverain, et qui a la charge de l’entretenir sur les points les plus importans. Enfin , il dirige sa langue avec une telle facilité, que Martin , laissé à lui-même , ne pourrait s’exprimer ni plus librement ni plus aisément vis-àvis toute autre personne : sa mission accomplie, tout est fini pour le bon villageois , c’est Martin comme ci-devant, 11e s’étant jamais occupé, jusqu’à cette mission unique dans son genre , de vision ou d’apparition , et rendu à ses travaux rustiques sans qu’on s’aperçoive d’aucun changement dans ses manières et dans ses habitudes.

Si la mission de Martin doit être reconnue pour surnaturelle et divine, si l’on ne peut trop admirer la bonté de Dieu et sa sagesse dans le choix d’un tel instrument, dans l’objet de sa commission et dans la conduite qu’ii lui fait tenir, quelles conséquences devons-nous en tirer, et quel profond sujet de réflexions qu’un évènement de cette nature? Qui a pu le déterminer , tandis que depuis tant de siècles , on ne voit pas qu’aucun Ange quelconque se soit manifesté par des apparitions aussi suivies , aussi multipliées? (On en a compté vingt- quatre à vingt-cinq j.

Deux moyens bien contraires entre eux , mais chacun violens dans leur espèce, peuvent attirer sur la terre ces sortes d’apparitions.

Le premier , quand l’ardeur d’une foi extraordinaire fait monter au Ciel la prière des Fidèles avec une force si puissante, qu’elle arrache de la main de Dieu des signes sensibles et indubitables qu’il les a exaucées. Ainsi les prières si ferventes de l’Eglise de Jérusalem forcèrent Dieu, en quelque sorte , d’envoyer son Ange dans la prison, pour en faire sortir St. Pierre ; cette espèce de violence n’a rien qui ne soit agréable à Dieu. Hœc vis Deo grata est.

Le second moyen d’attirer sur la terre les Anges exécuteurs des ordres divins , mais moyen révoltant et digne d’horreur, est lorsque les crimes des particuliers, et encore plus ceux des peuples, deviennent si crians, si multipliés, que la clameur s’en élève jusqu’au trône du Très-Haut, comme autrefois l’iniquité des cinq villes abominables. Dans cette circonstance , nous voyons que des Anges ont été envoyés pour avertir Abraham et Loth du sort qu’ils allaient faire subir aux plus corrompus de tous les hommes.

On pourrait encore citer quelques traits relatifs aux punitions exercées par des Anges , soit sur la multitude , soit sur quelques hommes en particulier.

Ces points étant bien reconnus , il faut confesser que les crimes dont s’est couverte notre déplorable Nation , ne nous ont rendus que trop dignes des plus terribles châtimens. Eh ! quels crimes comparables à ceux qu’a enfantés la révolution française? Quel tableau nous présente, durant vingt-cinq années , les scènes effroyables qu’elle a données au inonde ; la révolte, l’insurrection proclamées hautement et régularisées au point d’être mises au nombre des devoirs,

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et comprises parmi les premiers droits de l’homme? Par une juste conséquence d’un droit désorganisateur , le pillage , les meurtres exercés de tous les côtés 5 dee massacres atroces commis impunément, soit par un excès de fureur contre la royauté et ses défenseurs , soit par une haine infernale contre la religion et ses ministres ; ces massacres dans la capitale , continués sans obstacle nuit et jour , sous les yeux d’un peuple avide de sang, et devant la face immobile des autorités constituées qui étaient alors en permanence ; après ces premiers actes de férocité , le plus exécrable régicide suivi, durant plus d’une année, dfinn ombrab les assassinats commis au nom de la loi ; la mort sous toutes sortes de formes, portée dans nos plus belles villes par les bourreaux qui couraient toute la France. Dans ces jours de deuil et d’horreur , les plus grands scélérats couverts d^applaudissemens , et les honneurs divins rendus à leur mémoire. Les outrages , les attentats contre les Saints, contre Dieu même , l’abolition solennelle de son culte, les parjures, les blasphèmes , mille profanations qui ont souillé nos autels et nos temples ; l’apostasie la plus formelle publiquement consommée, souvent renouvelée dans la capitale et dans les provinces , avec l’assentiment de ceux qui se disaient représenter le peuple. Enfin , l’horrible culte de la déesse Raison, auquel a succédé ce qu’ils ont appelé T lie o philantropie. .

Sans doute que la plus saine partie de la nation opprimée n’a pu voir sans douleur toutes ces scènes effroyables ; mais faut -il que des crimes si

grands et si multipliés se soient commis publiquement avec la dernière impudence et sans qu’il se soit élevé un cri d’horreur universel pour faire entendre de toutes parts une trop juste réclamation ?

Que l’on joigne à ces traits , si l’on veut connaître ce qu’on peut attendre d’un peuple de rebelles et d’ennemis de Dieu , une guerre dans l’intérieur , désolant les provinces de l’Ouest , guerre d’extermination digne de cannibales et d’antropophages ; au dehors , le ravage , la destruction , le brigandage portés successivement dans tous les royaumes de l’Europe , par des hordes de soldats sans frein et sans pudeur ; des torrens de sang répandus par les troupes françaises , trop long -temps commandées par un chef impie et sans foi, connu pour tel depuis ses guerres d’Egypte , où ce malheureux apostat , à la tête de son armée , proclama Mahomet comme le prophète du Très-Haut , se disant lui-même chargé par le destin S abattre les croix y etc. (*)

En dernier lieu , les blasphèmes nouveaux vomis contre Dieu nommément, au retour de l’usurpateur , blasphèmes les plus affreux qui soient jamais sortis de la bouche des hommes.

Tel est en abrégé le tableau de nos crimes (**) • et

(*) V°yez les Moniteurs des 24 messidor, 4 thermidor an 6 et 3o germinal an y.

(**) Quand on s’exprime ainsi, l’on ne prétend pas que tous les Français aient pris chacun également une part active aux crimes de la révolution, mais il faut entendre ce langage dans le sens de celui des Saints et des Prophètes, qui ne séparèrent

ces crimes accumulés forment un monceau épouvantable qui s’élève jusqu’au Ciel. Délie ta nos tra creve runt usque ad Cœlum ( Esdras, lib. i,cap. IX, v. 6). Ces crimes sont toujours subsistans et crient vengeance devant Dieu ; ils demeurent écrits dans les trésors de sa colère , parce que, quoique publics, aucune pénitence du peuple ne les a effacés; et parce qu’on ne peut désarmer cette colère que par un sincère repentir.

Comment donc s’étonner que le souverain Juge s’apprête enfin à éclater sur nous ? Qui n’admirerait, au contraire, son silence profond au milieu des provocations directes, insultantes, que des hommes abominables lui ont faites très impudemment jusque dans la chaire de vérité? Aurait -on jamais cru à sa patience inépuisable, malgré tant d'indignes outrages contre sa suprême Majesté? Enfin, pouvaitil nous traiter avec plus de ménagement, puisque jusqu’ici nos malheurs ne semblent avoir eu pour cause prochaine, immédiate, que notre propre malice, et qu’il a suffi de nous seuls pour faire notre première punition ?

point leur cause de celle de leur peuple, qui les premiers se mettaient humblement au rang des coupables , en se dévouant pour la multitude aux peines qu’avaient méritées des péchés publics. Ce point a été fort bien établi dans un nouvel écrit qui a pour titre : Remède unique aux maux de lJ Eglise et de lJ Etat , page 44 et suivantes ( quatrième édition). Du reste, comme l’observe l’auteur de ce petit écrit : Qui oserait se croire pleinemèiït innocent? Tous ne sont-ils pas plus ou moins coupables ? tous doivent donc prendre part à V expiation du pèche commun .

Après tant de forfaits , tant d’impiétés , tant d’horreurs , inconnues aux siècles les plus barbares , ce Dieu riche en miséricorde , nous attend à la pénitence , et , tout prêt à frapper , il nous avertit par un Ange qui témoigne même ne devoir punir qu’avec un sensible regret , et dans le cas seulement où l’on se refuserait aux moyens de salut qu’il vient nous proposer. Ne semble-t-il pas que Dieu nous dit encore cette fois comme à son ancien peuple : cc Je me suis tu, j’ai gardé (( le silence, j’ai été patient ; j’éclaterai comme cc celle qui enfante, je perdrai, j’abîmerai tout. Tacui a semper, silui, -pci tiens fui; sicut parturiens loquar, cc dissipabo et absorbebo simul.D (Isaïas,cap. XL1I, v. 14. )

Faudra-t-il endurcir nos cœurs , quand il nous donne à tous ce dernier avertissement dans la personne du Roi , notre souverain et notre père ? Ah ! plutôt que d’attendre et de provoquer même jusqu’à l’extrémité notre perte et notre ruine, souvenons - nous des Ninivites ; et , la tête dans la poussière, faisons retentir les prières du Roi pénitent et des saints Prophètes ; répétons -les sans cesse , et dans le même esprit qui gémissait en eux ; déchirons nos cœurs , non nos vêtemens ; abhorrons les plaisirs, les fêtes, les festins, toutes les joies du monde , les vains spectacles, les pompes de Satan. Revenons au Dieu de nos pères; et, après nous être égarés si loin , tournons-nous enfin vers le Seigneur ; cherchons-le de nouveau et avec dix fois plus d’ardeur. Doutons-nous qu’alors* ce Di du

de bonté « ne se retourne vers nous, pour nous ce pardonner, et qu’il n’apaise sa fureur et sa cote 1ère, afin que nous ne périssions pas. Et Dieu, » dit l’Ecriture , en parlant du peuple de Ninive , ce considéra leurs œuvres ; il vit qu’ils s’étaient (( convertis en quittant leurs mauvaises voies , et (( il eut pitié d^eux,et il ne leur fit point le mal (c dont il les avait menacés. » (Jonas , ch. III , v. 9. ) L’on s’arrête à ces premières vues , qu’il convient aux pasteurs de développer et de faire sentir avec toute la force et l’autorité attachées à leur ministère (*) , tandis que de saintes aines doivent prévenir et accompagner par la pénitence leurs salutaires exhortations.

« C’est assez pour la fin que l’on se propose dans cet écrit, d’avoir fait connaître et prouver la mission toute surnaturelle du bon laboureur de Gallardon. Les Fidèles de tous les états en tireront des conséquences, et sauront se les appliquer.

(*) Nous pouvons dire que nos souhaits ont commencé à avoir leur accomplissement, par le petit écrit déjà cité, et qui a pour titre : Remède unique aux maux de V Eglise et de V Etat par un curé de campagne (Paris, A. Egron, 1817). Le bon accueil que les Pasteurs de la Capitale, et beaucoup de Fidèles, ont daigné faire à cet opuscule, qui ne contient que le langage de l’Ecriture et des Saints Pères, lui a mérité, successivement, l’honneur de quatre éditions. Nous ne saurions trop le recommander à la piété des Fidèles de France , qui gémissent sur les maux comme sur les scandales de la révolution, et encore sur les pertes que la religion ne cesse parmi nous de faire de jour en jour, qui en connaissent la cause et l’origine première, qui en redoutent les suites, et enfin qui

cherchent à les prévenii , selon la mesure de leurs forces , parla pénitence et la prière.

OBSERV A PION. — On a cru devoir conserver dans celte relation et l’avis qui la pre'cède , le titre d’ Archevêque de Reims à feu Mgr Talleyrand Périgord , parce qu’il l’a porté jusqu’à sa noiniuation à l’archevêché de Paris.

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