‹ Relation concernant les évènemens qui sont arrivés à un laboureur de la Beauce, dans les premiers mois de 1816Chapitre 7 sur 11 · MAISON ROYALE DE CHARENTON · texte numérisé non relu

MAISON ROYALE DE CHARENTON

Questions proposées sur le sieur Thomas-Ignace: Martin , par M. Royer- Collard , médecin en chef de la maison de Charenion , et spécialement chargé , par Son Excellence le Ministre de la Police générale , de le traiter .

QUESTIONS

jre.

A - t-on connaissance qu’il ait existé dans la famille du sieur Martin , soit parmi ses aïeux directs , soit même parmi ses ascendans latéraux, une ou plu sieurs personnes qui aient été aliénées , et qui aient eu seulement une imagination ardente ou un caractère bizarre ?

L’apoplexie , la paralysie, et en général les affec ions nerveuses ont elles été observées plus ou moins fréquemment dans cette famille î

RÉPONSES de M. le Curé.

Nota. La plupart des réponses que j’ai à faire ici ne seront que des redites des notices , indications et certificats que j’ai fournis depuis le 28 janvier à Mgr. l’évêque de Versailles, â M. le préfet d’Eureet-Loir, et à S. Exc.

Mgr. le Ministre.

La famille Martin, tant du côté paternel que maternel , est une des plus anciennes de Gallardon. On n’a jamais connu personne de cette famille attaquée des affections physiques ici demandées. On les a toujours connus pour tranquilles, sobres et honnêtes.

REPONSES de M. le Maire.

La fa mille Martin est connue de temps immémorial dans Gallardon ; et jamais on n’a entendu dire que qui que ce soit de cette famille ait été affecté des affections ci-contre. De même la famille Ridet côté maternel de Martin,

A - t - on remarqué chez lui quelque chose d’extraordinaire avant le mois de Janvier dernier ?

Avant le mois de1 Qui que ce soit janvier dernier , il ne s est aperçu de

était à l’extérieur rien d’extraordinaire

d’un caractère uni ,javant l’époque conet ses démarches yjtre-citée.

répondaient. 1

QUESTIONS

RÉPONSES de M. le Curé.

RÉPONSES de M. le Maire.

A-t-il donné à une époque quelconque des signes d’aliénation , même passagère ?

On ne s’est jamair «pperçu d’aucunes marques d’aliénation en lui , même passagère.

Jamais Martin n’a donné les plus petits sigues d’aliénation »

même passagère.

A-fc-on eu occasion d’observer chez lui ou une grande susceptibilité nerveuse ou une imagination prompte à s’exalter à la moindre impression ?

Son imagination paisible lui faisait prendre tranquillement tous les évènemens.

Martin a toujours été d’un caractère uni , paisible et tranquille.

S’est - on apperçu que le sang lui portât facilement a la tête , et que , dans cer taines circonstances, son visage devînt rouge , et ses yeux enllammés ?

Jamais il n’a paru incommodé du sang, son visage et ses yeux ne m’en ont jamais donné aucun indice ; il n’a jamais été traité pour aucune maladie par aucun médecin ni chirurgien.

Il n’a 'jamais éprou-* vé aucune incommodité causée par le sang ; son visage et ses yeux n’ont jamais changé.

A-t-on jamais remarqué chez lui quelques légères atteintes, ou même menaces d’apoplexie , telles que des vertiges , des tournoiemens , une tête lourde et embarrassée ?

11 ne s’est jamais douté d’aucune de ces impressions*

On n’a jamais vu aucune marque semblable en lui.

QUESTIONS

Quel est son caractère ? Est-il doux , «impie , tranquille , modéré , ou bmn emporté , violent , bizarre et dissimulé ?

Quelle a été sa conduite relativement aux affaires politiques? S’en est il beau* .coup occupé ? A-t-il pris parti pour ou contre la révolution et les révolutionnai—

REPONSES de M. le Curé.

Il est non - seulement doux , simple et modéré , mais il excelle en tous en-droits : on ne croit pas qu’il sache ce que c’est que Colère ou emportement : il ne connaît pas davantage la dissimulation.

Les affaires politi— ques ne l’ont jamais occupé ; il a été contre la révolution , parce qu’il croyait qu’elle faisoit beaucoup de mal ; il a été en butte à la haine

res ? A-t-il mis de la chaleur dans ces sortes de discussions if Les événemens de 1814 , et ceux de i8id en particulier , ont - ils fait sur lui une forte impression ? Comment a-t-il pris le retour de Ruonaparte au 20 mars ? et la deuxième rentrée du lloi , au mois de juillet suivant , lui at-elle causé une joie bien vive ?

des révolutionnaires :

il n’est jamais entré dans leurs discus-sions ; il n’a jamais été bien aise du retour de Buonaparte, mais sans agitation :

il s’est réjoui , mais sans émotion , du re tour du Roi , et , de puis le mois de juillet , est content de la situation présente de l’Etat j mais il ne le manifeste pas d’une manière marquée.

REPONSES de M. le Maire.

Le caractère de Martin a toujours été très - doux , tranquille , simple et droit : il n’a jamais fait voir ni colère , ni emportement , ni violence.

R ne s’est jamais mélé d’affaires poli* tiques : la révolution a toujours semblé lui déplaire , sur tout par rapport flux désordres qu’ejle a causés , auxquels il n’a jamais prit part. Il a été tranquille dans les évè— nemens contre-cités , de même qu’au 20 mars , rentrée de Buonaparte, semblait cependant fâché de la sortie du Roi ; il a.

pris aussi tranquillement la rentrée du Roi au mois de juillet , s’en est rejoui } mais sans apparat.

A*t-il été habi

Il a toujours eu un

Martin a été

tuellement religieux ?Tond de rel

religion

il connu , dans la

re-

pa-

Est-il instruit passaqen remplit les devoirsjroisse , pour s’acqui *

QUESTIONS

blement de sa religion ? En remplissait-il exactement les devoirs avant le mois de janvier dernier ?

Y mettoit-il du zèle et de la chaleur ? Ava it il une dévotion ardente et outrée ?

S’occupait — il beaucoup de matières religieuses ? Faisait -il des lectures ? Voyaitil des personnes pro près à l’exalter sous ce rapport ? En par lait - il souvent d ns les conversations , et comment ?

REPON .ES de M. le Curé.

ponctuellement, mais sans s’en prévaloir :

il ne s’en occupe qu’à l'église , aux heures d’office public , dans les livres d’office , les seuls livres qu’il ait , parce qu’il n’est pas lecteur. Il ne parle jamais contre ceux qui n’ont pas de religion : enfin , il u’a rien d’exalté en cette matière : je ne le voyais même jamais en particulier. Quanc je le rencontrais dans les champs, à son ouvrage, je lui demandais , comme c’est assez ma coutume envers tous les au tres : Comment va l’ouvrage ? Il me répondait d’une manière aisée : « M le « curé , vous êtes bien « honnête ; cela va « bien. » Martin connaissait bien ces deux commandemens de l’Eglise :

Tous tes péchés confesseras , etc.

l'on Créateur tu recevras , etc.

Il était exact à les accomplir ; mais si exact, si littéralement exact, que je ne le voyais qu’une fois par an.

REPONSES de M. le Maire.

terexactement.de ses devoirs de religion , mais sans emphase et sans préteution. Il n’est point lecteur ; il n’a que des livres d’Eglise,

QUESTIONS

Io.

A-t-on remarqué qu’il eut l’esprit faible et facile à ébranler ? Lui faisoit - on croire facilement des choses extraordinaires ? Sait-on si dans sa jeunesse on lui a fait des contes de sorciers ou de reve— nans. et s’il en avoit conservé l’impression? Sait- on aussi s’il avoit eu occasion d’entendre parler de prédictions ou d’annonces relatives aux tems actuels , et s’il en avoit été frappé ?

RÉPONSES de M. le Curé.

Io.

Tout simple qu’il est dans sa conduite et dans son intérieur , je ne crois point qu’il soit facile à ébranler.

Il est capable de soutenir sapointe , quand il est attaqué à tort.

On ne s’est jamais occupé dans sa maison de contes de sorciers ou de revenans.

Je crois que si on lui en parloit , il les mépriserait. 11 ne connaît pas les prédictions. En général , je ne crois pas que rien de semblable l’ait jamais frappé.

Enfin , a-t-on remarqué dans tout, l’ensemble de sa vie physique et morale quelque chose qui ait pu le disposer aux ac cidens qu’il a éprouvés , ou influer sur leur production ?

Je n’ai connaissance d’aucune cause qui ait produit en lui les sensations qu’il a éprouvées depuis le i5 janvier dernier.

J’ai ri [r] des premiers rapports qu’il m’en a faits. Je me suis appliqué à lui en dé tourner l’imagination.

Ce • n’est qu’après deux semaines de nouveaux retours que je me suis déterminé, d’après ses demandes réitérées , de l’envoyer à monseigneur l’Evêque de Versailles.

RÉPONSES de M. le Maire.

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