CHAPITRE XVI
Notice Bor les Zoulas. -^ Leur eoDtrée. -^Origioe el caractères. — Nombre. — >lf oBort.» Usages. — MaKkâens. — Lois. — Religkni«—GonstitudoD de TEtat. — Milice des Zoulas. — DéUUs sur les régiments. — Caractère et histoire de deux de ses rois. — Les louaoges de Dingan.
De la Noka-Tloou tirant vers Test et vers le sad j jusqu'à Tocéan Indien , gtt, à ce qu'assu^ rent les naturels , une contrée riche en pâturages et en bois, saine, bien arrosée, couverte de gibier de toute espèce, tel que Féléphant, le rhinocéros unicorne, l'hippopotame, le buffle, la girafe, Télan , le gnou, le couagga , et une prodigieuse variété de gazelles, ainsi que des
lions, des hyènes, des léopards, des chacals, des chiens et des chats sauvages. Le climat paraît y être généralement tempéré ; mais dans le bas pays régnent plusieurs espèces de fièvres, et la paarde-sickte y est très-sévère après la saison des pluies, qui durent à peu près depuis le mois de novembre jusqu'à celui d'avril. Enfin, cette belle et vaste contrée est hérissée de petites chaînes de montagnes, et presque uniquement peuplée de Zoulas.
J'ai rassemblé sur ce peuple un bon nombre de notes que je désirerais pouvoir utiliser ici plutôt que de les rejeter à la fin du voyage. A cet effet, une incursion sur ses terres serait indispensable. Peut être le lecteur me permettrat-il de la faire , bien que la digression menace d'être longue.
Ces Zoulas sont une race de noirs fort belle, supérieure pour la taille, l'élégance des formes et la force musculaire, à celle des Béchuanas.
Ceux-ci, doux et bienveillants autant que les autres sont féroces, mais, en revanche, moins vaillants guerriers, ont beaucoup souffert
(le leurs agressions, toutes les fois qu'ils sont venus en contact avec eux. Un Mossouto médisait à ce sujet : «En voyant ces hommes si forts et si bien faits , entièrement nus , au regard farouche et cruel, armés d'une courte et large sagaie , la mokondo^ et d'un bouclier de cuir de buflSe ou de bœuf deux fois plus grand que les nôtres, nous fûmes tous saisis de frayeur, et les surnommâmes Hatébéles (1) , tandis qu'entre eux-mêmes ils s'appelent Amazoulous (2). » Les Matébéles ont chassé de leur voisinage immédiat toutes les fortes tribus béchuanas
(1) MatébéU, ceux qui dUparaitsent ou sont à peine visibles derrière leurs immenses boucliers.
(3) ÀmazulUf les Zoulas, c'est-à-dire Us eéUêtes, Cet orgueilleux nom rappelle ceux de céleste empireet de céleste cour des Chinois. Pour Tordioaire, les tribus africoines s'appellent simplement du nom de leurs petits rob; mais il n'est pas d^exemple, je crois, de rois qui aient eux-mêmes porté les noms du ciel, de la terre, on d'autres semblables ; de sorte qvi'ÂMaxoulou Teul fort bien dire les Célestes. VA dans ce nom est une lettre ajoutée, un article qui sert à déterminer le mot auquel il est joint, à la manière de l'article des Grecs, ou plutôt des lettres appelées préûxes dans les langues sémitiques. La préfixe ma, assimilée à Zoulou, qui signifie ne/, eéUête^ marque que ce nom est au pluriel. -- Les Zoulas s'appellent encore Amazaze^ ceux d'en bas, parce qu'ils habitent le long des côtes de la mer. Les Béchuanas leur donnent le plus généralement le nom deBoibofit, et quelquefois le surnom de Ufakani, qui vent dire ceux qui hachent ou taillent l'eunemi en pièces arec le chaké^ leur redoutable bâche d'armes.
qui s'y trouvaient. Us se battent comme des lions , suivant l'énergique expression des naturels* La terreur qu'ils inspirent est étonnante. On ne connaît point encore de nation caffre plus puissante qu'elle. Nous pensons qu'ils doivent être une centaine de milliers d*âmes ; mais d'autres croient qu'il n'y a pas moins de cinquante mille hommes capables de porter les armes ; de sorte que, d'après ce calcul, le nombre total de la tribu serait beaucoup plus grand que nous ne supposons. En tout cas, le problème n'est pas facile à résoudre. Les chefs Matébéles sont très-rusés; lorsqu'un étranger intelligent veut examiner leurs forcés, ils font passer sous ses yeux quelques milliers de troupes , ensuite ils le conduisent une ou deux lieues plus loin, pour lui en faire voir d'autres , et c'est souvent les mêmes faces qu'il rencontre. Un mot d'ordre a été donné , et les individus déjà couchés sur le carnet de l'estimateur se trouvent , à point nommé , au milieu de quelques centaines de nouveaux soldats, sans qu'il soit possible de faire aucune recon-
Daîssance exacte. Quel singulier genre de politique n'est-ce pas que celui-là !
Il fascine jusqu'aux yeux des peuples ennemis j et leur fait regarder les Zoulas à la fois comme innombrables et invincibles. En plus d'une rencontre ils ont simplement fui devant eux sans même oser les combattre. Or ce n'est pas mauvaise fortune pour un peuple que de se rendre ainsi formidable aux faibles par sa renommée, comme faisaient autrefois lesMadianites et les Philistins envers les Israélites.
Parmi les Matébéles, les jeunes garçons mènent paître les troupeaux ; les hommes faits font la guerre; au sortir du service, vers l'âge de quarante ans , ils se mettent à fabriquer des armes , des pioches , des vêtements , et constituent une espèce de corps de vétérans qui ne va au combat que dans des cas d'extrême urgence. Les femmes font la poterie, outre que les soins du ménage et de la culture reposent presque exclusivement sur elles.
Les troupes sont toutes divisées en régiments distincts, répartis sur le territoire et séparés du
reste du peuple , même de leurs femmes et de leurs enfants.
Ces régiments se composent, à ce qu'il parait, de six à huit cents hommes chacun. Un certain nombre de bétail leur est alloué par le chef de la nation , mais ils n'ont pas droit d*y toucher sans ses ordres. Celui-ci envoya , il y a quelques années, massacrer un régiment tout entier, parce que quelques membres du corps avaient tué un bœuf sans permission préalable.
Quand le despote l'ordonne, les régiments qu'il désigne vont attaquer , l'un cette tribu , celui-là telle autre. Les chefs de horde, si on peut les prendre, sont amenés et mis à mort devant lui. 11 les remplace par des chefs de son choix ; quelquefois encore il rend aux vaincus leurs troupeaux , mais toujours à la dure condition qu'ils lui resteront soumis et fidèles. Les Matébéles ne se sont pas agrandis d'une autre manière que celle-là.
Leur cri de guerre, c'est : vaincre ou mourir ! Le souverain fait d'eux tout ce qu'il veut. En leur absence, et même lorsqu'ils sont présents,
il sacrifie à son ambition qui il lui platt. Ses soldats, an retour d'une expédition prospère, sont récompensés comme Tétaient ceux de Mahomet : je yeux dire que le chef leur distribue les captives et une partie de tout le butin; si l'attaque n'a pas réussi ; que, par exemple, on ait fui dans la bataille, il faut s'attendre à une mort à peu près certaine une fois rentré; ce qui fait que plusieurs ne retournent pas chez eux et préfèrent se réfugier dans les pays voisins, pour sauver leur vie.
J*ai connu une foule de ces malheureux fugitifs. Ils ont, comme en général tous les Matébéles , une échancrure dans l'oreille , ce qui est commun aux deux sexes. Les riches portent des pendants d'oreille en cuivre de dix-huit lignes de long, des colliers et des bracelets du même métal, ou bien d'ivoire, de verroteries diverses, et quelques-uns, de fer. La basse classe introduit dans les larges trous faits au lobe de Toreille des bouts de roseau , ou y suspend des plaques de fer , de enivre et de cuir, en guise d'ornements.
Les enfants, tant garçons que filles, vont nus; mais celles-ci prennent, en grandissant , un tablier de cordes ou de peau , et jettent autour de leurs épaules un cuir de bœuf ou d'antilope assoupli. Leur prince lève sur elles un tribut horrible : tous les ans il se fait amener les vierges qui peuvent le plus lui convenir , et il ne les renvoie chez leurs parents que pour le temps que dure l'allaitement d'un enfant, c'est-à-dire pour trois ans ; après quoi elles doivent reparaître chez lui , comme tout autant de concubines, jusqu'à ce qu'il s'en dégoûte et les éloigne de lui.
Comme tous les Caffres, les Zoulas sont fort superstitieux ; ils ont des magiciens et des magiciennes très*réputés pour le pouvoir qu'ils ont à la fois de maudire et de bénir. Ce sont le plus ordinairement des espèces de soi-disant médecins, malins dénonciateurs de fautes supposées ou purement imaginaires. L'on a recours à eux dans beaucoup de cas où l'on veut perdre un parent ou un ami. Très-souvent ils servent ainsi à l'ambition des chefs. Ce frère qui porte
ombrage à son aine, et que celui-ci ne veut pas sacrifier sans une apparence quelconque de cause plausible, est déclaré conspirateur, ou bien envieux du pouvoir ; aussitôt, un fer tranchant est enfoncé dans son cœur. Plus com* munément encore des pierres sont rougies au feu, et^ par un raffinement de cruauté, Taccusé est forcé de s'asseoir dessus. On les renouvelle jusqu'à ce que la malheureuse victime ait été ainsi calcinée. Quelquefois, pourtant , on abrège ses tourments en lui donnant le coup de grâce... Ne faut-il pas louer la sainte Ecriture d'avoir fait aux Hébreux une loi d'exterminer les gens malintentionnés qui se faisaient passer pour sorciers !
Les autres crimes punis de mort chez les Zoulas, outre le maléfice, sont l'adultère, le meurtre, la médisance, lorsqu'elle a pour but le prince régnant ; ce dernier cas est très^rure , du reste , vu que le chef a partout des espions qui lui rapportent jusqu'aux plus insignitianls discours de ses troupes et de ses sujets , en général , ce qui donne à tout le peuple une grande
circonspection de paroles. Les souverains juges du pays sont Omtbléla et Tapouza. Les exécutions se font presque toutes à Mokokoutloufé, la capitale; et quoiqu'elles y soient presque journalières , et qu'on y égorge les gçns comme des bestiaux à la tuerie, suivant la remarque des indigènes, elles n*ont jamais lieu après le coucher du soleil (1). Les condamnés ont le cou tordu, ou sont étranglés, ou empalés, ou bien percés avec la sagaie , ce qui est surtout le cas lorsque les gardes royaux reçoivent ordre d'aller massacrer un chef, avec ses enfants^ ses femmes, ses sujets et de livrer sa ville
(1) Parmi les lois mosaïques » il en est une qui a du rapport avec cdi^ ci, et peut en montrer, ce semble, le but caché. ■ Quand un homme aura commis quelque péché digne de mort (est-il dit au livre du Deutéronoinc, chap. XXI, t. 22 et 25)> et qu^on le fera mourir, et que tu le pendras à un bois , son corps mort ne demeurera point la nuit sur le bois ; car celui qui est pendu est malédiction de Dieu ; c*est pourquoi tu ne souilleras point la terre que rElernel ton Dieu te donne en héritage. »
Sans doute qu^un tel supplicié est maudit de Dieu» parce qu'il a compromis sa vie aux yeux de la loi; car il est écrit : Maudit $oit quiconque ne persévère point dani toutes les choses écrites au livre de la Loi^ pour les faire; mais supposé que les Zoulas aient conserré quelque chose de cette tradition , qu^il est douloureux d*ailleurs de saToir que la grande majorité de leurs condamnés à mort sont d'innocentes f ictimes de la méfiance ombrageuse ou de Tenyie, et souTent encore du simple caprice de leurs luges, ce qui n*est certes que trop prouvé.
ou ses villes aux flammes; car rien ne survit aux suppliciés de tout ce qu'ils possédaient , excepté leurs troupeaux.
Les Matébéles ensevelissent soigneusement leurs morts , se purifient pour eux , leur font des sacrifices, ce qui prouve, ipso facto, qu'ils ont une idée à la fois de l'excellence de Tàme et de son immortalité, ainsi que de la doctrine erronnée de la métempsycose. Tout Gaffoe respecte extrêmement un serpent lorsqu'il le rencontre, parce qu'il croit voir en lui un de ses ancêtres , qui lui apparaît sous la forme de ce reptile. Si c'est dans la hutte qu'il le trouve , il l'en chasse doucement, ou, mieux encore, il lui offre une oblation, ferme la porte sur lui, et se retire , jusqu'à ce que le dieu (sétounta) ait mangé , ce qui dure la nuit entière.
Quelques Zoulas brûlent les- cadavres au milieu des plantations de millet. Ceux de la Mossiniaté , au delà d'Intsouana-Tsatsi , exposent le corps mort de leurs chefs sur les branches des arbres, l'y laissent pendant un temps, y mettent ensuite le feu , et jettent les cendres à
la rivière. Autrement la commune pratique consiste à enterrer les morts dans une fosse ronde et étroite, enveloppés dans leurs manféaux de peau et sans leurs ornements, les mains sur la poitrine, la face tournée vers l'orient, dans Tattitude d*un bomme accroupi , qui est celle des suppliants dans ces contrées.
La veuve passe au pouvoir du frère du mari décédé. Les orphelins sont élevés par des tuteurs ou maloumés aussi respectés des mineurs que le père ou la mère eux-mêmes. Il n'est peutêtre pas de cas où un enfant reste absolument délaissé, sans qu'il se trouve quelque parent, proche ou éloigné, qui prenne soin de lui. Sous ce rapport les lois du pays sont admirables. Et pourtant j'ai dernièrement vu un cupide planteur du Cap qui montrait avec ostentation deux jeunes Matébéles qu'il venait de capturer. Comme je lui reprochais sa conduite , il répliqua que c'était humanité de sa part, vu que ces deux petits esclaves étaient des orphelins. Ils ne lafssaient pas voir leurs jolies faces , tant ils se trouvaient humiliés.
La circoncision était autrefois commune à tous les jeunes gens parvenus à Tàge de Tado* lescenc^e, parmi les Zoulas; mais le prédécesseur du roi actuel, dans des vues militaires, restreignit cetfe cérémonie à ses soldats lorsqu'ils sortentdu service. Elle estfaitesur eux en février, par la main d'un énianka^ ou magicien, et a lieu près des eaux courantes, au lever du so* leil. Les prépuces sont jetés à Teau. Aucune parole n'est proférée, aucune personne admise à la cérémonie, excepté les pères et les intimes amis des circoncis. On garde sur tout cela un religieux secret. Des danses pyrriques et des li. bâtions de bière ont lieu à la ville. Les prêtres et le peuple s'enivrent , à ce qu'il parait, d'une manière choquante. Les néophytes sont les seuls qui n'assistent point à ces orgies.
C'est encore au précédent roi des Zoulas qu'est due l'abolition du mariage parmi eux ; car ni lui ni son successeur n'ont suivi , à cet égard, en prenant des femmes, les coutumes de la nation ; tous deux ont déprécié les liens de famille , comme nuisibles , sous tous les rapports»
à la profession des armes. Aussi n'y a-t-il que les troupes bien aguerries qui osent se marier ; les autres soldats sont punis de mort toutes les fois qu'ils violent la loi du célibat.
Lorsque les soldats partent pour la guerre , de jeunes filles nues passent devant eux en courant , et ils reçoivent la promesse qu'une d'elles leur sera donnée en mariage, au retour de l'expédition, s'ils se sont comportés vaillamment.
Tous les intérêts sont sacrifiés, parmi ce peuple, au démon de la guerre : repos, agriculture, commerce, bonheur domestique. C'est que le chef de la nation veut en être le dieu, et faire de ses sujets des esclaves.
Il prend le titre à'inkhosi , mot qu'on peut expliquer peut-être par celui de mokhosi^ l'un des deux dérivant de l'autre. Mokhosi , en sétébéle, a un sens déterminé : il signifie alarme à \si(ois et assemblée nationale. Le droit de donner l'alarme et de rassembler les troupes, pour délibérer sur les hautes questions de l'Etat, n'appartient qu'à l'inkhosi , qui est un vrai sultan en absolutisme, en tyrannie et en morgue.
Il partage le pouvoir avec deux soldats de son choix , Omthléla et Tapouza , l'un rusé, et l'autre cruel. Ensemble ils forment une espèce de triumvirat des plus commodes. Leur triple voix délibérative ne peut manquer d'avoir force de loi, ni d'obtenir l'approbation générale, même lorsqu'ils font mal ; mais lorsqu'il s'agit du bien, il manque toujours l'un ou l'autre des trois suffrages pour l'effectuer... Cependant on comprend encore, en pareil cas , que le bien ne se fasse point. D'ailleurs la cour des Zoulas sacrifie quelques petits intérêts personnels à l'opinion (1).
Arrêtons-nous aux deux ministres mentionnés. Ils sont reconnus, suivant le langage du pays, pour être les deux yeux, les deux oreilles, les deux bras, voire les deux narines du chef de l'Etat. On les qualifie , en outre , du titre de grands indounas, mot qui veut dire mâle, dans son sens propre, et figurément noble , puissant. Omthléla et Tapouza sont les
(1) Voyei, par exemple, page 316, où il est dit de Dingan qu^Hartm^ pH àt Hcfif iu mmiM éi Ommàié.
deux premiers dignitaires de la nation sétébéle. Cette nation est forte en tout de Tingt-«ix régiments, à la tête de chacun desquels se trouve un indouna ou commandant , un lieutenant et deux sous-lieutenants. Les régiments vivent dans des villes de garnison, entourées de palissades, faute de meilleures fortifications. Ils sont peu sujets au déplacement. Par une bien sage politique , leur inkbosi passe alternativement un mois au sein de chacun de ces corps. En qualité de généralissime de ses troupes, il les mène quelquefois lui-même à la guerre. Un porte-bouclier marche devant lui. Celui du présent empereur s'appelle Mokofané. Cet officier si honoré se tient toujours à deux pas de son maître, pour l'ombrager et le protéger d'une égide de cuir de bœuf, autour de laquelle on peut figurément dire que sont la Terreur, la Dissension, la Force et la Guerre. Soit respect, soit frayeur, Mokofané détourne toujours les yeux de son Jupiter, dont personne n'approche que par son intermédiaire, sans en excepter même les deux grands visirs Omolhléla et Ta-
pouza. « Quand on voit, pourrions-nous répéter après un judicieux écrivain, le chef de quelques peuplades nègres écraser ainsi de sa morgue ridicule ses sujets aussi misérables que lui, ceux qui, chez les nations policées, sont élevés par leur rang au-dessus des autres hommes, doivent sentir aisément que l'orgueil n*est pas la mesure de la vraie grandeur. » Les Bakonis trouvent leur prince d'un accès si difficile et si redoutable qu'ils ont adopté pour leur serment national cette courte sentence : 'Nkene 'nkhosenej qui revient à dire : Je ne puis mieux attester la vérité de telle ou telle affirmation qu'en promettant, si la chose est trouvée ou arrive autrement, que feutrerai chez tink/iosi. Le chef des Zoulas a un porte-lance , deux grands chambellans, assez bien dénommés pour le pays les deux loups du roi. Ces deux messieurs ne circulent jamais dans le sérail que sur leurs genoux, et les yeux baissés, chose difficile à croire , mais pourtant certaine. Enfin , il conviendrait peut-être dénommer les deux premiers cuisiniers du prince, Omolété et Moko-
boalané. Leur service n'est certainement pas inutile, puisque leur mai tre est réputé si grand mangeur que ses sujets disent de lui quV/ engloutit les fontaines. Ainsi Job parlantdu Béhémoth dit de même : Ecce absorbebit fluvium^ et non mirabitur I
Sa gaeule du Joardaio engloutirait les flots.
Le rapprochement est un peu libre^ mais il prouve bien jusqu'à quel point l'hyperbole a été de tout temps à la fois forte et commune parmi les hommes.
Voici maintenant le tableau synoptique des régiments actuels des Zoulas (1) :
(i) Je tiens ce dtoil » ainsi qu'une lionne partie des autres, de Rasèkualy habitant de Morija, qai a passé quatre ans au service de Dingaa dans le sérail de ce prince.
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— Outre toutes ces forces, très-considérables pour des contrées telles que celles-ci, les Zoulas comptent encore cinq nations tributaires, dont je donnerai ici les noms.
Nation.
Capitale.
Chef principal.