Tu as franchi Mont-Moghoma et les Quathlampénés
Tu es le pilier qui soutient la maison de Naté. Tu es l'allié de Celé, roi des Taquénés. Ce n*est pas ici Tallié des Béssoutous {A).
Devant toi les vrais hommes (5) des peuples défaillent dans Tâmc.
Les vrais hommes des peuples défaillent, Même ceux des Boko'khou'Ithous.
Tu dis aux Motéto et aux *Kouabé :
(i) Tu y taUUi deteheminSf oui^ deê chemins^ Littéralement, iu la fais (la montagne) chemin chemin. Cesl un Idiotisme.
(2) L*ezpre8sioii d'an homme vert^ pour dire an homme saio et vigoureux, n'est pasmoins oommane en caffre et en séchouana qu'en français.
(8) Ttt Ci un vmngueur choisi entre dix dizaines d'autres. Une locu- Uon semblable se lit quelque part dans la sainte Ecriture.
(4) Les Basioutoêt fort méprisés de Dingan, leur plus grand ennemi II est à remarquer que sous cette dénomination les Zoulas comprennent tous les Béchuanas, leurs voisins , tels que les sujets des Rffoshesb, les Mantaetis, les Lîghoyas, etc.
(5) Montou oa sonto, un vrai homme. Cet idiotisme caffre équivaut à notre mot de preuv*
Quel mal vous ai-je fait
£d tous retirant des flammes,
Dans ma miséricorde (1)?
Roi ! livro-Dous le sorcier,
Toi qui jettes des sorts sur leâ plus grands rois.
Ensorcelé Bossazé et Mozéougnané,
Et les Mokhatané et le Mo'khèmé ;
Car la nourriture dont tu te repais,
Ce sont les puissants rois.
Oiseau du matin ! donne secrètement tes ordres
A tes soldats aguerris et aux plus jeunes :
Ils iront, avant l'aube du jour.
Ravager partout ou tu leur commanderas
De porter le ravage.
De nuit, nous n'en connaissons point.
Autrefois nous disions do lui : C'est un homme sans importance. Nous ne te connaissions point !
Mais à présent nous te connaissons.
Car tu as jeté uo sort fotal aux Chakas.
Auteur de notre tranquillité.
Tu nous rends la chair et la moelle.
Nous ne sommes plus maigres.
Jadis les peuples ennemis troublaient notre repos,
Comme font les fnazéxé (2).
Aujourd'hui ils ne nous troublent plus,
(i) C'est parce qu^après les avoir surpris de naît , il se contenta d'enlever leurs troupeaux sans brûler leurs vîllest comme à son ordinaire.
(2) G'est-ft-dire les puceê. Ainsi sont appelés par moquerie les .ennemis de Dingan.
Car tu les as écrasés.
Tu fais taire tout le monde :
Tu as même réduit les troupes au silence ;
Oui , les troupes de Moyokuané,
D'Entaba, de Magéala (1)...
Tes troupes t^obéisseot toujours.
Tu dis, et elles vont.
Tu dis, et elles vont derechef.
Tu dis encore, et elles vont fondre sur Sékognané.
Tu es maître de grandes villes de garnison,
De Mocamoula, Moooulouyané, Nquébané,
De Kaquézoa, d*Enthaba -Enkholou . . .
Respect pour un roi qu'on n'approche point. Quand le roi mange, il n*y a avec lui que Céyélélé ; Car Céyélélé a sa confiance.
Le roi ne parle point à Panté» Ni à ses autres frères.
Tu es celui qui a rempli de biens Les mains de Coumèté, père des Qnésazés, Tu es celui qui conserve leurs têtes Aux troupes que décimait Chaka.
Ravisseur, tu es réputé chez les Béssoutous, Chez Khoba (2), chez les Balounqués (3).
(i) Trois andei» rois des Zoulas. Void une liste pins complète : Chaka, Séalsakakona, Yama, Poiinka, Makhéba, Ifayoknané, Entaba, Magéala, Magéala Kouyéioa, Magéala Kougnégnéiéla, Sékofa, Séssangaéoé. La plupart de ces rois ont leur sépoUure à Nobampa, autrement appelée Macassana.
(S) Le chef actuel des Tambouquis ou Amatémbous, leur rrai nom.
{i)La Baloun^uéit c'est-à-dire les /o(is. Ce sont les Portugais de Saiut-
Tu as ravi leur bétail aux Amakodsas, Aux Souquéntos, à Coutéoé, à Macoulogé.
Tu es Taurore vermeille du matiu.
Tu es beau comme une île daus la Mossiaiati.
Tu es le salut des villes deKaokéla, de liabéléssé...
Tu t'assieds sur le tr^^oe de Kankéla (1).
Tu donnes le trépas au Mossouto, le trépas aux vieillards (2). Tu as saccagé les troupes de Makhéta (3). Les forgerons eux-mêmes sont égorgée par toi, Sans qu'ils aient eu vent de ton approche.
Tu réduis les peuples au silence.
Comme y sont réduits tes cuisiniers (4).
Laurent Marqués. On rapporte qu*ane fois Dingan leur enleva un fourgon et quarante-deux chevaux , etc. Les chevaux furent tous jetés aux vautours, après avoir été amenés et percés d'un dard à Mokokoutloufé. « A quoi nous serviraient oiss animaux, disait dédaigneusement Dingan, pui8qu*ils n'ont pu sauver leurs premiers maîtres ? »
(1) Il paraît que Kankéla est Tancien nom de Mokokoutloufé* Quant au mot de tWVne, m6*kaupé^ c*est le nom particulier de la chaise de Dia* gan, faite d'un simple tronc d'arbre.
(S) C'est-à-dire, ta colère ne respecte ni la qualité d'étranger, ni celle de vieillard, tant elle est terrible lorsqu'elle s'embrase.
(3) MakkétOf prince mossouto, vivait naguère aux alentours de Morija, sur la croupe d'une haute vallée qui a conservé son nom.
(A) Entre mille faits très-drôles qu'on rapporte de Dingan, il parait, en particulier, qne son barbier, lorsqu'il est en office , n'ose regarder son redoutable maître qu'en profil. Il souffle sur son quécou (méchant petit eou' ieau)f pour le détremper un peu, tond quelques poils, souffle de nouveau. Si, par malheur, le despote se tourne ou fait quelque autre mouvementt le barbier court terrifié se cacher dans un coin de la butte. Ensuite il reparaît, et recommence à promener son mauvais rasoir sur la face de Sa Majesté noire.
Ici e'iii un méfier ifue je n'entende pas t^ien.
Tu fais le salut de tes sujets.
Tu D*es pas homme à rester dans ton palais ; Tu aimes les expédittons militaires :
Sors donc ; ou a vu des troupeaux Qui montaieut des rivages de la mer, Et qui tiraient vers les Mathlékas.
Poursuis ces troupeaux et t'en empare.
Le bœuf, chez les Zoulas, c'est la sagaie (1).
Le gouvernement de tes ancêtres, tu Tas surpassé,
Le laissant à Macassana.
Tu es le maître de Mayokuané,
D'Eotaba, de Magéala, de Kouyéloa,
De Kougnégnézéla, de Yama, de Nomakuéba,
De la grande et admirable cour de Kankéla.
Entre dans ta magnifique maison.
Moi je ne puis y entrer de la sorte , A moins que tu ne m'en fasses la faveur ; Encore y suis-je introduit par un serviteur,
le vieux Ngéto.
Père des louanges, donne un bœuf,
Le bœuf de tes troupes.
De nouvelles troupes sont arrivées.
Qui se tiennent devant le roi,
Attendant de lui leur nourriture.
CesontlesOmokasé,
Les Esiniosi , les Onkankèzûé.
(i^ EnkhomOf qua Amazulu^ kimokondo. Cette ligne vaut un proverbe et en est peut-être an. Elle dit à elle seule tout ce que sont les Zoulas.
Tu oe dors à personne ce que ton ventre dévore (1); Mais tu rasssasies tous les ventres, O vainqueur des rois !
Toi, le seul qui ordonne.
Ordonne môme à tes atnés d'âge.
Tu n'es pas jeune, puisque tu es puissant.
Tu es hanté par le Dieu des Mozéakaxés (2).
Si quelque tête de bétail s'égare,
Les pâtres redoutent de venir te l'apprendre.
Machéché, ce chef de tes pasteurs, trembla
Lorsqu'eut disparu la génisse noire.
Il arrache les soutiens de sa cabane,
Et s'en va les planter loin de ta colère.
Chez Mokoagnané.
Noble souverain, règne sur les sujets de Naté,
Du pays de Bouzé*
Tu es un vautour, tu t'es abattu sur Boussako (3).
£t tu dis : Soldats, ce n'est pas vous qui vous êtes vengés.
C'est la Cour.
(0 DIngan est extrêmement scrupaleax sur les troupeaux capture, et n*j touche jamais lui-même. Il vît sur ceux de ses pères, appelés bauf» de la bouche.
(S) U bapanyene Setunta $a Bomoteakazé. N*est-ce pas an fait curieux que Dingan soit réputé avoir des relations avec les morts ? Encore est-ce avec le plus ancien d*une famille soula extrêmement noble, celle de Mosolékatsi, ou mieux, comme on voit, Moséakazé.
(3) Bottssakot ville de Molhlankaoé. lequel Dingan, son frère, fit massacrer avec tout son peuple, il y a quelques années. Suivant Thorrible loi des despotes loulas, lorsqu'un chef est mis à mort, on extermine aussi ses sujets. • Votre père est mort, qui pourra vous nourrir ? » leur demande-
Moko*khou (1) est ooddu ici, ii est cûddu à Mokokoutloûfé.
Gorba-a-èntè .' Ga-ba-a-èntè ! notre roii notre père !
Moko^khoa est connu ici.
Tu es celui qui abaisse tous les autres hommes ;
Tu es Chal<a, tu retournes de Tébéthlango (2) ;
Tu reviens du bercail de Tébétbiango ;
Tu as enlevé et les veaux et les mères deTébéthIango,
Tous les bœufs de Méga (3) ont été ravis,
Avec les génisses de deui ans, elles et leurs mères.
A la course tu essouffles par ton agilité Les poumons des Béssoutous (4).
Ne dis-tu pas d'eui : Ha ! lia i Lorsqu'ils parlent ils disent des mensonges. Ce sont bétes des champs de tous les pays.
t-OD simplement ; et c^est tout le procès qu*on en obtient. Gomme les tyrans sont partout les mêmes 1 Le premier qui parut ches les Grecs n*af aitil pas an suppôt qui lui écrivait: • Je n*ai rien caché à Phomme que tous m'avei envoyé: |e Tai mené dans un blé ; f ai abattu en sa préseXoe tous les épis qui s^élevaient au dessus des autres. Suives mon exemple, si vous désirei vous conserver dans votre domination ; faites périr les principaux de la ville, amis ou ennemis; car un usurpateur doit se méfier même de ceux qui paraissent ses plus grands amis. •
(1) Moko*koUy chefdes Poko'khou^kous (page SIA)» C*éuit un pi^ssaot roi auquel Dingan a tout ravi, jusqu*à son nom, que celui-ci affecte de prendre quelquefois par orgueil.
(2) Nom des parcs de Ghaka.
(SjL*un des capitaines, miné par lui.
(A) La tactique des soldats malébéles consiste à poursuivre Tennemi à outrance, pendant un, deux et même trois jours de suite, art dans lequel ils excellent par dessus les autres sauvages. Pourtant leur large bouclier les gêne beaucoup. Il leur arrive quelquefois de le jeter, quand ils sont fort pressés par Tennemi, ce qui e»t considéré comme une grande défaite ; cela va sans dire.
S'ils égorgent un bœuf, le dépècemeDi n'opère
Ed commençant par Tépaule.
Ils coapent d'abord Tépaule, puis la cuisse (1),
Et les autres chairs restent li :
Lejoli spectacle qu'elles présentent !
Ces grossiers Béssoutous sont en grand nombre ;
Multitudes de petits peuples,
Qui ne savent d'où ils sont venus,
Amas de bétes des champs de toutes les contrées. /
Tu couvres toute la nation.
Tu fais gémir les sujets de Zékou(2].
Tu es Chaka : tu falstrembler tous les peuples.
Tu tonnes comme le mousquet.
Au bruit alarmant que tu fais,
Les habitants des villes prennent la fuite.
Tu es la grande ombre du Zoulou,
Et de là tu grandis et parviens dans tous les pays.
Tu mets hors d'haleine tes soldats.
Tu es fait comme la porte d'une maison.
Si elle se ferme sur un adversaire,
11 faut qu'il périsse.
Autant en arrive à cjbux que tu enserres.
Même parmi les tiens.
Tes greniers sont plus grands que ceux de Kokobané. Tu es aussi rusé que l'éléphant.
(1) Les Zoulas, au contraire, enlèvent à ranimai les deux cuisses d'un coup ; il reste alors les épaules, la poitrine et la tète, dontreosenble présente un aspect qu*Us trouvent moins choquant pour la vue.
(2) Son oncle.
Tu perces les autres éléphants ;
Tu as percé l'élépbaot de TébétblaDgo.
Tu égorges les gens comme on égorge un agneau. Tu en as tué un grand nombre, Qui n'ont osé faire plus de bruit Que la brebis muette.
N'as-tu pas dévoré Cbaka ?
N'as-tu pas dévoré Motbiankané ?
Les herbes amères d'expiation, C'est toi-même qui les as mangées.
Boko'khou'kous, restez dans le silence.
Vous êtes bien des hommes de cœur ;
Mais nous en connaissons un
Plus courageux encore :
C'est votre vainqueur.
Soumis dans l'âme, obéissez-lui.
Dormez d'un sommeil tranquille.
Toutes les cornes des peuples sont siennes.
Toutes les mamelles sont à lui.
Silence ! silence I obéissez- lui sans vous plaindre.
Ou bien toi, vrai meurtrier, léve-toi et tue.
Fais ruisseler le sang de tes ennemis à la voirie.
Dans les rocs de Quéiilé et de Bagbagba.
Celui qui a égrené les Matblulbîs sur la Mossiniaté (1), N'est pas un jeune guerrier.
(1) BraDche considérable de la Létouéle. Les naturels disent qu'elle naU à Thaba-Enkholou [Grand'Mont), au delà d'f ntsouana-tsatsi , et qu'elle coule à peu près du nord au sud. Nous croyons que Mossiniaté est le même nom que Nianiatou.
Ne craigDei point
Qu'il manque jamais de IxBuft gras
Pour fêter ses maîtresses.
Ne craignes point
Qu*il se laisse jamais cnle?er ses troupeaux.
Roi des autres rois,
Mets en déroute l'armée de Gontouané.
Puissant vainqueur,
Triomphe de toutes les puissances. dQ levant.
Tu es violent, tu es froid
Comme le vent qui vient de la mer.
Tu fais périr tons les peuples.
On dit que tu as ravi aux Tsélés leurs troupeaux,
Aux Tblakanthlas, leurs troupeaux,
Et que tu as livré aux flammes leurs habitations.
Les forçant à en aller construire ailleurs de nouvelles.
Tu es Mayoyé, tu as ravi à Mayoyé
Tout, jusqu'à son nom.
Tu as soumis les peuples de la Folosé ,
Et delaFolosané(l).
Vainqueur des Manquanés,
Ravageur de provinces,
Profond abîme qui les engloutis toutes :.
Tu convoites toutes les richesses des peuples,
Et tu les rassembles toutes, comme dans un gouffre.
Va, rusé, enlève aux rusés leurs bestiaux.
Ravis, en te jouant, les bœufs de Sépampo ;
De là cours, ravis ceux de Mozéakazé.
Oiseau, roi des autres oiseaux, crie,
(1) Deux autres afflucQU de la Létouéle , mais beaucoup plus petits que k Mostiniaté.
Puisque ta es placé à la tête des troupes. Appelle Pétléléle, ton fidèle béraat d'armes : DûDDe-lui tes ordres, et dos chefs empressés Accourront de tous les coins du royaume, Pour se présenter deyaot toi au jour marqué. Tu règnes ici, tu règnes là-bas ; Tu règnes dans toiHes les directions.
Mande tes favoris Oténgua etMocouboula.
Allez à la poursuite de Sango et d*Empéané, Surprends ces deux rois et les égorges
Bans la carême de Komé.