‹ Relation d'un voyage d'exploration au nord-est de la colonie du Cap de Bonne-EspéranceChapitre 36 sur 47 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

NoaTelle dynastie. ^ MakoDÎane. — Combat noctnnie. — Coune de bœofe. — Sacrifice après le combat* — Explication. — Rapine. ~~ Célébrité de Makoniane. — Plan politique de If oshesh. — Troubles dans le pays dea Zonlas. -~ loTasioD de celui des Bassoutos. — Suites fàoesles*

Au milieu de ce dénùment général de chefs remarquables, observons cependant que, parmi les Bamokotéris, branche cadette de Monahin, il s'en formait déjà un qui devait bientôt commander à tous les autres. C'était Moshesh, homme naturellement ambitieux, intelligent et brave. Lui et son ami Makoniane, dont les ta^ lents militaires ne seront probablement jamais

surpassés chez les Bassoutos, ils ont fondé une dynastie nouvelle, non moins remarquable que la précédente. Les circonstances les ont bien servis, ainsi que leur courage; et voilà tout ce qu'il faut pour opérer des merveilles dans ce pays, comme en général partout chez les sauva* ges, à ce qu'on peut présumer.

Makoniané naquit à Makosa, au haut de la Tlotse. Son père *Ntséké , le trouvant maladif, s'imagina que les prétendus sorciers de l'endroit l'empêchaient de croître ; c'est pourquoi il le confia à un de ses amis du voisinage, qui voulut bien prendre soin de l'enfant et le faire grandir.

Vers Fàge de treize ans, ce jeune garçon rentra dans la maison paternelle ; c'était à l'époque où Mokachané, le morèna de l'endroit et de tout le district de la Tlotse en général, devait faire circoncire Moshesh , son fils aîné. Il en fit pu* blier la nouvelle par un héraut d'armes dans tout le canton , et les pères qui avaient des enfants de l'âge requis les amènerait. Makoniané en était ui. Il passa par la cérémonie de la circoncisicm, et devint pur là,avec tous ceux de sa

bande, homme^ c'est-à-dire sujet et soldat fo-* tur de Moshesh , suivant le mode ordinaire de recrutement (1).

Au sortir de là, il fut envoyé garder un troupeau de veaux appartenant à la ville ; mais on les lui vola dans les champs, et ils*en revint tout confus. Mokachané, indigné, demanda qu'on le fit mourir ; 'Ntséké donna d'abord son consentement ; mais le vieux Pété intervint, qui dit : « Non, les veaux ont été enlevés par les gens de Makara ; mais à qui la faute? Naguère vous allâtes en maraude chez ceux-ci ; ils n'ont fait que se venger. Laissez vivre l'enfant ; quand il sera grand, il suivra leur exemple. > On le fustigea, et ce fut tout. Leseul tort qu'il eut, rapporte-t>on, c'était d'avoir mené son troupeau dans une autre direction que celle qui lui avait été indiquée.

Parvenu à l'âge de dix-huit ou vingt ans, le fils de 'Ntséké fut envoyé par Moshesh au village

(i) Je crois «Toir rcmarqni qndqiie antre part que la cérémonie de la droondsion, chci les Béchnanas, est, en effet, un acte cWil autant que religieui.

deMakara^ reprendre» par quelque tour lacédémonien, le bétail qu'il avait autrefois perdu. Ce jeune homme part fièrement de nuit, armé de son bouclier, d'une simple ibassue, et accompagné de ses deux amis Gal^ala et Ramachoso. Ils rencontrèrent dans les champs cinq des sujets de Makara, qui venaient marauder à Makosa. Chama était à leur tête. Le premier il cria : Qui êtes-vous? — Et vous, répondit Makoniané, quiêtes^ous? où allez-vous? Il fond sûr Chama et Tétend mort à ses pieds d'un coup de massue. En même temps l'un des ennemis frappe Galégala, qui tombe par terre dangereusement blessé. Makoniané , poursuivi à son tour, fait semblant de fuir, retourne en courant, fond sur son adversaire et le terrasse sans le tuer.Telson se représente des lutins se battant dans Tobscurité; leur colère seul les anime; les ténèbres favorisent la lutte ; les airs sont déchirés de cris que personne n'entend, excepté les ombres fantastiques que ce combat amuse ou intéresse.

Cependant les soldats de Makara retournèrent chez eux, emmenant celui de leurs cama-

rades qui n'avait été que blessé. De leur cdté, Makoniané et Ramachoso prirent par la main Galégala et le conduisirent dans une cabane. Makoniané y fit soigneusement le guet , tandis que son ami courut à Makosa porter la nouvelle de leurs aventures nocturnes.

Aussitôt Mokachane , son ûls'^Moshesh et le père de Galégala sortirent de leur ville. Vers minuit ils arrivèrent sur le lieu du combat. Le dernier d'entre eux tranche la tête et enlève les deux bras au malheureux Chama. Les autres prirent le blessé, et l'on s'en revint ensemble àMakosa.

Makoniané, à son entrée dans la ville, y fut accueilli par de féroces bravos. Il alla s'asseoir avec ses deux camarades dans la cour des hommes, espèce d'enceinte circulaire ou lieu découvert, mais entouré de roseaux , dans lequel les chefs et leurs soldats se tiennent ordinairement. C'était un jour de deuil et de lamentations publiques pour la ville de Makara. Au contraire, dans celle de Mokachane le peuple se livfa à toute espèce de réjouissances, en même

temps que ses prêtres étaient superstitieuse* ment occupés à purifier Makoniané et ses compagnons d'armes, suivant la religion de leurs pères à cet égard.

D'abord il y eut une course générale de bœufs. Ces animaux furent réunis dans les champs par la jeunesse. Les hommes , pendant ce temps^là, pendirent la tête et les bras de Gh»ma au dessus de l'entrée du lésaka , cette ronde enceinte à renfermer les troupeaux, que tous les peuples caffres et béchuanas bâtissent en pierre ou en pieux au centre de leurs villes. Après cela il arriva une foule de bœufs , de veaux, de vaches, essoufflés, beuglant, pressés par de jeunes pasteurs qui suivaient derrière, agitant leurs longs plumets blancs et poussant mille cris. On fit passer et repasser les trou* peaux sous les froides mains de Chama, avant de commencer à traire.

Ces sortes de courses , très-communes, sont destinées à montrer au bétail comment il doit rentrera ses étables accoutumées lorsqu'il a été ravi par l'ennemi. Si on le fait ainsi passer sous

des main&éirangères et sous des yeux inanimés, c'est par superstition, comme pour lui apprendre à ne jamais souffrir que la main et à n'aimer que raccueil de ses possesseurs légitimes (1).

Détournant mes regards de cette scène ef-^ frayante, si je les arrête sur la cour des hommes, j*y vois, d'un côté, des superstitions sans nombre s'accumulant les unes sur les autres , le remords né du crime(2),et mille cérémonies qu'on emploie pour le calmer ; comme si les blessures morales d'un peuple païen n'étaient pas incurables ! Sans doute aussi ce fait nous apprend quelque chose et mérite que nous le constations.

Moshesh, suivant la religion des naturels^ après les combats , venait d'appeler Mobé , le prêtre de la guerre, et lui avait amené un bœuf noir très-beau, qiii, ayant d'abord été soigneusement examiné et trouvé recevable, vit son nom de bœuf se changer en celui de victime d'expiation (pékou). Mokacbane le perça

(i) S^il en a jamais eu de tels.

(3) Il n'est presque pas de guerre des uaturels (fui ne soit un brigandage.

dans les flancs d'un coup de javeline. 'Ntséké le dépouilla et en fit le dépècement. Alors Mobé en coupa certaines parties , qu'il mêla anx plantes d'une vertu salutaire qu'il avait dans sa corne de ngaka, et fit soigneusement frire le tout ensemble. Les cuisiniers mirent en même temps une potée de viande sur le feu. Mobé avait pris le bout de la langue, un œil de la victime, un morceau du jarret ou tendon d'Achille, et un autre du principal tendon de l'épaule.

Il revint une seconde fois pour couper un morceau de la plèvre, alla la tremper dans le vase sacré qu'il avait lui-même mis sur le feu , et de là dans le pot ordinaire qui cuisait pour Makoniane et les hommes en général.

Après cela Mobé vida la vésicule du fiel dans un grand vase d'eau claire, puisée au ruisseau, lava et relava le corps des trois maraudeurs, à l'exception de la tête seulement. Il leur introduisit aussi dans toutes les jointures des membres un peu de cette substance qu'il avait d'abord fait frire. Il fendit la vésicule et la passa autour du poignet de Makoniane. Enfin il prit

la fraise , rimprégna d'une bonne portion de tout ce que contenait son vase sacré et la lia autour du cou du soldat. Ce qui restait dans le vase fut soigneusement broyé par celui-ci et jeté dans sa corne particulière, pour son usage journalier, s'il le trouvait bon, ou pour le temps à venir, où il pensait pouvoir encore aller en maraude.

Sa mère Foulé arriva alors, tenant en main une petite lame de fer avec laquelle elle lui tondit la tète , ainsi qu'à ses deux camarades.

Cela fait , Makoniane trempa son doigt dans de la craie blanche délayée, en marqua une de ses tempes en signe de triomphe; ses amis vinrent le féliciter^ disant : « Le voilà purifié ! voilà son deuil fini ! » On vida la potée de viande. Foulé apporta de la bière ^ dans laquelle son fils jeta de cette poudre de purification qu'il tenait en réserve. Les trois maraudeurs mangèrent et burent, assis à terre. Mobé et les chefs en firent autant , ainsi que les hommes en général et quelques vieilles matrones ; car, pour les jeunes femmes, on ne les admet point à ces

sortes de repas, de peur qu'elles n'y contractent de la souillure.

Après s*6ti!e rassasié , le prêtre de la guerre se retira tranquillement , chassant devant lui uBe génisse noire que Mokachane lui donna en récompense de ses peines. -Les soldats commencèrent leurs danses pyrrhiques. Makoniane et ses deux amis restèrent dans la coordes hommes jusqu'au lendemain matin, où il leur fut permis d'aller revoir leurs compagnes et leurs enfants.

C'est lui-même qui a fourni ces détails, avec les explications suivantes, qui sont aussi indispensables que curieuses.

«Si Ton coupe, dit-il, et purifie la langue de la victime ^ c'est en vue d'obtenir des lares ou dieux {protecteurs qu'ils empêchent l'ennemi de vous [amais injurier. On demande aussi que les tendons des pieds et des mains lui manquent dans la bataille , et que son œil n'ose regarder avec convoitise à vos troupeaux.

< Le fiel nq>pelle l'angoisse du mort. On la partage; elle semble même s'être attachée à

vous ; mais ne peut-elle pas être ealeTée par une eau lustrale?

« La plèvre de ranimai passe pour symbole de la conscience : c'est pourquoi elle est soigneusement purifiée.

« L'usage de la fraise n'est pas un simple ornement : il importe de la porter nuit et jour autour de son cou, pour que, vous rappelant sans cesse Texpiation qui a été faite du crime, elle dissipe les songes fâcheux, les pensées lugobres au sujet du mort, et les fasse enfin oublier ; sans quoi Ton court risque de mourir soi-même de chagrin^ ou tout au moins de devoir fou. Par la même raison^ votre mère vous coupe la chevelure y afin qu'il en vienne une nouvelle , et que tout ce qui est vieux, souillé, disparaisse et ne soit plus. »

Telles sont , parmi les Caffres et les Béchuanas, les purifications d'usage après les combats. Il ne faut donc pas croire, en entendant raconter la série interminable de leurs déprédations, que ces peuples les commettent sans remords de conscience : ils connaissent trop bien pour cela

la voie de la justice et celle de l'iniquité. Leurs ablutions et leurs sacrifices expiatoires sont sans nombre, comme leurs brigandages.

Cependant Makoniane, à l'instigation de son morèna, ne tarda pas à se rendre clandestinement aux pâturages d'un petit prince voisin nommé Péo. Deux de ses amis et son oncle raccompagnèrent. En apercevant ces étrangers, les pâtres jetèrent l'alarme, qui monta du milieu des champs au haut de la montagne et se répandit dans toutes les huttes. Aussitôt chacun prit sa sagaie et vola dans la plaine. Un des troupeaux avait déjà été enlevé. On courut confusémenl et sans ordre après Makoniane, on l'attaqua... il se défendit, en mettant tout en fuite. Arrivés à Makosa, les trente à quarante bœufs qui venaient d'être capturés furent partagés entre les trois maraudeurs, et Pété, Mokachane, Moshesh, son frère Ralisaoane, Foulé.... Les chefs de cette ville , en recevant leur part du butin, devinrent tous caution du vol, qu'ils palliaient d'ailleurs au moyen d'une de leur principales maximes, qui dit : Le larcin ne fait

ifuun mal partiel à une ville ; c'est le pillitge qui la ruine.

Quelque temps plus tard y un prince des Bamokotéris, appelé Magao, se jeta avec sa troupe sur les bœufs de Motaké et les prit, aidé du secours de Makoniane (I).

A cette même époque, Moshesh, commen* çant aussi le cours de ses brigandages, fit son premier champion du fils de Ntséké, et alla d'abord avec lui et sa bande enlever un troupeau de trois cents bœufs à Maquai ; de là un de deux cents chez Ntisane; puis un autre de sept cents à Molagilané. Franchissant le Galédon , il fondit sur lesLighoyas de Maboula, ville située entre Thaba-Ounchou et Mékuatling , passa dix à douze pasteurs au fil de Tépée , et leur ravit environ mille têtes de bétail.

(1) Les déprédations dans ce pays se oommelteDt comme au temps de Job j au point que m£me le langage des natureb et leurs plans d*atlaqiie s*accordent parraitement bien avec Job , cb. ï, ?. 15 et 17* • Ceux de Sçéba se sont jetés dessus les bœufs et leê ont pri»^ et ils ont passé itê lerviteurê au fil de Vépée; et je suis échappé moi êeul pour te le rapporter. Cet homme parlait encore lorsqu'un tmtre vint, et dit : Les Caldéens rangée en trois bandes se sont jetés sur les chameaux et les ont pris, et ils ont passé les serviteurs au fil de Tépée , et je suis échappé moi seul pour te le rapporter. »

Dans toutes ces incursions, et beaucoup d'autres semblables , Makoniane se rendit très^oélèbre par sa hardiesse, sa rage, son courage. Il détournait les troupeaux avec une admirable habileté, se rendait redoutable aux bergers, aux soldats, aux chefs ennemis. «Il glisse, disait-on à sa louange, il glisse jusqu'aux bergeries comme le poisson dans les fleuves. 11 rugit ainsi que l'hyène et déchire de même. Sa lance perce à mort les plus braves ; sa massue écrase les plus forts; de sa main vigiMireuse il saisit par la cuisse les plus agiles coureurs et les jette par terre. Il fait pleuvoir les pierres sur la tète de ses adversaires, les torches enflammées dam leurs habitations. >

Cette célébrité de Makoniane anima le cœur de Moshesh d'un bon espoir. «Tu es mon bras droit , dit-il à son ami. Ensemble nous fonderons un nouvel empire. D'abord rendons-nous recommandables par nos hauts faits ; plus tard nous parlerons de paix et de clémence. Dans les querelles d'autrui , mettons-nous toujours du côté des plus forts. Pour devenir riches en

se»

troupeaux et en hommes, on ne peut éviler de se faire de nombreux ennemis; mais ila ne rugissent pas toujours.... Motloumë a poussé trèsloin le système important delà polygamie; il faut le dépasser en cela. Il croyait qu'il vaut souvent mieux implorer ses ennemis que les combattre : c'est ce que nous suivrons dans le besoin. Enfin , le soin des pauvres , des veuves, des orphelins , est partout sacré chez ces tribus (1) : nous y songerons aussi. »

C'était, d'après nos supputations, vers la fin de 1821 ou au cop^ep.cement de 1822 que Moshesh et Makoniane.: >acertaient ainsi leurs plans ensemble , et cherchaient à se faire une idée approximative des travaux en même temps que de la gloire dvk nouvel empire bassouto , dont ils venaient en quelque sorte de poser les bases par leurs courses nombreuses, et toutes prospères^ dans les quartiers voisins.

A la même époque , des troubles sérieux se manifestèrent au delà des monts. L'un des prîn-

(1 ) ilM saera miten

ces zoulas les plus influents, nommé Mosolé* katsi , fut attaqué par Sékognana et obligé de monter vers le nord avec ses sujets. On sait déjà qu'il détruisit plusieurs tribus qui se rencontrèrent sur son passage , telles , par exemple , que celles des Makhoras et des Makhatlas. Ce redoutable inkbosi ruina aussi un puissant chef des Lighoyas^ Rankokoto, qui vivait sur l'Enta. Les naturels prétendent que, peu de temps auparavant, une éclipse de soleil leur avait fait présager ces malheurs et ceux qui les suivirent.

Comme le pays de Chaka se trouvait dans une grande agitation, deux autres puissants chefs de tribu, Pacarita et Matouane, furent obligés d'en sortir. L'un fuyait devant l'autre, et les deux devant la colère de leur inkhosi, qu'ils avaient, à ce qu'il parait, oiTensé. Pacarita, en approchant des Maloutis, donna l'alarme aux Mantaelis, qui vivaient alors à Thaba-Ounchou, sur les sources de laNamagari. Us quittèrent leurs villes, longèrent les montagnes, déplaçant à leur tour une colonie de Zoulas appelés Matsét-

ses (1), qui cherchèrent un asile au delà de la Komokuane, dans les hautes vallées, tandis que leur ennemi poussa plus loin, au sud, jusqu'aux montagnes des Tempêtes, d'où il se dirigea droit sur Botéta (vis-à-vis Béerséba), et de là , par une marche rétrograde, sur Mékuatling. Mais ici il devait rencontrer les troupes de Pacarita, qui l'attaquèrent , le défirent, et le forcèrent à rentrer dans ses foyers, après lui avoir fait subir de grandes pertes en hommes, en bétail et en bagage.

Cette invasion du pays par lesMantœtisetles Matluibis , ou sujets de Pacarita , fut de mauvais augure pour les Bassoutos. Les premiers, il est vrai , ne leur firent du mal qu'en passant; mais les autres s'établirent dans le quartier d'Oumpoukani , et de là ils les traquèrent dans tous leurs petits Ëtats, et les ruinèrent les uns après les autres, sans que ces divers pouvoirs songeassent seulement à réunir leurs forces , si isolées, pour repousser leur ennemi commun.

(1) Appelés Amazizi par Thompson.

Makkèta descendit de 'NgoliteaudelàdeThaba- Bossiou ; d'autres chefe , au contraire , fuirent vers Touest, où ils se virent dévalisés parles Koranas ; les plus sages crurent trouver leur salut dans les hautes montagnes ; mais là s'alluma bientôt la guerre, comme elle l'avait fait dans la plaine. Ils se querellèrent entre eux , et finirent par se repattre les uns de la chair des autres.

Mossoutouané , celui des chefe bamokotéris qui avait donné l'hospitalité aux Matsétsés, les détruisit ensuite , comme ils s'y attendaient le moins.

Makoniane fut aussi envoyé, sous quelque faux prétexte , piller et saccager les Mafoukas.

Page 1