CHAPITRE IV TRAITEMENT
Dans ce chapitre, nous passerons en revue le traitement institué: 1° dans les cas de rougeole normale, ?° dans les cas de rougeole compliquée.
Disons d’abord qu’au point de vue prophylactique, les malades étaient isolés dans un pavillon spécial dès que le diagnostic de rougeole était établi. Ils n'étaient rendus à la vie commune que vingt-cinq jours après la guérison. [l n'est pas douteux que ces mesures aient limité l'extension de l’épidémie.
Dans les cas de rougeole simple, le traitement a été purement hygiénique : repos au lit, dans une salle ayant de 16 à 18 degrés ; lavages fréquents de la bouche et des narines avec une solution tiède d'acide borique ; alimentation exclusivement liquide ; lait ou bouillon toutes les trois heures, régulièrement; dans l'intervalle, pour favoriser la miction et la sudation, infusion pectorale, tisane de violettes et jujube.
A ces prescriptions hygiéniques, M. Île professeur Baumel ajoutait un looch simple. On donnait alors: l'alimentation toutes les trois heures, la tisane une heure
PEL CEE
après, etle looch (une cuillérée à bouche) l'heure suivante
« En prescrivant des aliments liquides et de la tisane, l’on diminue la fièvre, l’on favorise l'élimination par Îles urines ella peau des produits toxiques, de combustion normale ou pathologique, qui, sans cela, s’accumuleratent dans l’économie, au plus grand détriment du malade : l’on fait, en un mot, la lixiviation de l’organisme » (1).
Ce même traitement hygiénique était suivi dans les cas compliqués de broncho-pneumonie.
De plus, pour modifier l’état de la muqueuse des bronches, on associait au looch blanc le benzoate de soude, à la dose de 1 gramme à 2? grammes 50, suivant l’âge des malades. à
L'attention était portée surtout sur le cœur. Dès que celui-ci faiblissait, on le tonifiait avec la digitale, sous forme de teinture alcoolique, quatre à dix gouttes, à prendre en deux fois dansles vingt-quatre heures. :
À cause des effets d’accumulation de ce médicament, celui-ci était prescrit trois jours de suite, puis suspendu pendant deux jours, pour être repris après, de la même facon, el ainsi de suite.
Si l’organisme était trop défaillant, on ajoutait à la digitale un peu d’alcool et de quinquina, sous la forme suivante :
RhumVieux. : 1 lo terammes:
Sirop dedipitale Se + 30 — Sirop de polygala. . . 30 — Extrait de quinquina . . Il — Bat NE 0er: 71e noi PL
(1) Baumel. — Leçons cliniques sur les maladies des enfants.
L'adénopathie trachéo-bronchique fut combattue efficacement par le benzoate de soude associé au looch blanc pendant la période de congestion ; après la disparition de celle-ci, par le sirop de raifortiodé, à la dose de 20 grammes par jour ; on donnait en même temps du lactophosphate de chaux (40 grammes par jour d’une solution à 5 pour 100), du quinquina comme tonique général et une alimentation reconstituante (lait, viande, œufs).
Le sulfate de quinine, à la dose de 0,50 à 80 centigrammes, a donné de bons résultats dans le traitement de la splénomégalie.
L'augmentation de volume de la rate a diminué sous son influence, en même temps que l'amplitude des oseillations de la température.
« Quelle que soit la lésion dont la rate soit atteinte ; qu'il s'agisse d'une simple hypermégalie mécanique, ou d'une hypertrophie véritable et de cause locale ou générale, il n’en est pas moins évident non seulement que la quinine estindiquée, mais que, dans la majorité des cas, on voit, sous son influence, l'hypermégalie splénique diminuer ou disparaître... Toutefois l’on ne doit pas perdre de vue, en ce qui concerne le traitement, les états pathologiques fondamentaux au cours desquels sont survenus les accidents spléniques » {Baumel).