‹ Relation d'une mission archéologique en TunisieChapitre 12 sur 29 · MINUS OB HONOREM FLAMÔNI · texte numérisé non relu

MINUS OB HONOREM FLAMÔNI

Son nom devait donc être Jupiter Flamonim; c'est la troisième fois que nous le notons.

Parmi les stèles funéraires, nous accordons une place distinguée à celle-ci, à cause de son originalité.

Arinia. Victoria, magnis. moribus. femina. at cujus sectam nunquam accedi potest. hic sepulta.

Set. domi. es. dea. nemo certus es. quia, nunquam discedi.

Meo Marcus. Motasius. dico. sepulchrum. quod sit. tibi. idem. et. mihi.

Consacré aux dieux mânes.

Arinia (qui a pour dieu le lion en fuite) Victoria, femme de grandes mœurs, mais dont jamais la religion ri a pu être bien déterminée, est enterrée ici. Set (le tapage) était-il sa divinité? nul n'en est certain, car elle n'est ja?nais venue chez moi.

Donc moi, Marcus Motasius (qui a pour dieu la mort de la femme), je dédie ce sépulcre au ?nien pour que nous ayons le même.

Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que datent les épitaphes grotesques. Sur ce, nous remontons à cheval et rentrons à Tboursouk., pour, de là, nous rendre directement à Utique.

13, 14, 15, 16, 17, 18, 19 février.

Pendant notre al^sence, on a continué les fouilles dans la maison près de la nécropole.

Dimanche, 20 février.

Nous nous rendons à Tunis. Il pleut.

Lundi, 21 février.

Nous sommes de retour à 3 heures du matin. La Medjerdah a grossi et s'est transformée en un océan de boue; il

pleut toujours. Ce voyage de Tunis à Utique n'a pas duré moins de treize heures et peu s'en est fallu qu'il ne fut beaucoup plus long. La pluie qui tombe depuis trois jours, à fait déborder la Medjerdali. Ses eaux inondent aujourd'hui la plaine. Il est des moments où nos chevaux ont de l'eau jusqu'aux genoux. Vers onze heures du soir, malgré le fouet de notre cocher renforcé d'expressions richement colorées, les chevaux refusent d'avancer et nous restons en détresse au milieu d'un véritable torrent. La nuit est noire et nous ne sommes pas sans inquiétude sur le développement que peut prendre l'inondation, enfin à deux heures du matin, après trois heures d'immobihté complète, pendant lesquelles la pluie n'a pas cessé de tomber ; nos pauvres chevaux se décident^à donner un vigoureux coup de collier et nous sommes à Utique.

Mardi, 22 févriei\

Les ouvriers continuent à fouiller au dessous de la grande excavation signalée par M. Daux.

Mercredi, 23 février.

Les ouvriers attaquent les deux côtés de la maison.

Jeudi, 24 février.

Continuation des travaux.

Vendredi, 25 février.

On découvre près de la maison de petits tombeaux de pierre avec un collier entremêlé de phallus et de cornalines.

Samedi, 26 février.

Nos fouilles continuent autour delà maison. Nous sommes indubitablement au dessus d'une nécropole dont nous saurons l'âge plus tard. Sans avoir été très bonne, la journée n'a pas été infructueuse. La pièce la plus importante que nous ayons découverte est une monnaie de grand module de Juba 1", roi de Mauritanie. Nos fouilles avaient atteint hier trois mètres de profondeur; c'est tout au fond que nous avons trouvé un beau tombeau en pierre maçonnée au dessous duquel gisait le petit bracelet en cornalines, une lampe sans figiu-e, une petite empreinte en plomb et plusieurs lacrymatoires. Aujourd'hui, à cette profondeur, nous n'avons plus rien trouvé, nos fouilles ont continué entre un mètre et deux mètres de la surface du sol. Là, pêle-mêle et sans ordre aucun, gisaient des coffrets funéraires en pierre, des amphores pleines de cendre, de petits sépulcres fermés par de grandes briques jointes par le haut ; le squelette s'y trouvait tout entier avec le crâne et les tibias. C'est l'unique fois que nous ayons eu cette fortune depuis le commencement de nos fouilles. Dans une grande amphore à large goulot, nous avons trouvé le crâne et les tibias d'un même individu, de la terre, des cendres et des ossements brûlés. Cette amphore en terre rouge était comme

toutes celles que nous avons recueillies aujourd'hui fort mal cuite. Nous avons trouvé aussi dans l'épaisseur des terres 7 ou 8 crânes à côté les uns des autres enchevêtrés sans ordre dans un monceau d'ossements. On se serait cru dans une fosse commune, mais il est plus probable que ces restes provenaient de sépulcres voisins qui avaient été vidés pour faire place à d'autres. Les ossements des personnages de marque étaient recueillis dans des amphores et des coffrets de pierre, dont la longueur était calculée sur celle des os les plus longs, les autres étaient entassés pêle-mêle.

Dans un capis plein de cendi'es et d'ossements brûlés, nous avons trouvé une paire de ciseaux; sur un tombeau, au dessous d'un petit massif de maçonnerie de 40 centimètres d'épaisseur, nous avons trouvé l'inscription suivante :

DMS

lANONIA

ARTHEMIS

PIÂ miT

ÂNNISXIX

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