‹ Relation d'une mission archéologique en TunisieChapitre 17 sur 29 · AS. ND. RA · texte numérisé non relu

AS. ND. RA

La femme qui a subi le Nédé.

L'associé au Nédé (l'amoureux).

3" AS. ND. RB

Celui qui a ajouté au prix du Nédé.

4" AS.ND.RBO

Celle qui donne le quart du Nédé.

Celle qui a repoussé le prix du Nédé,

Gesénius a lu domino Héro Daali solari, ce que nous lisons constamment au pauvre L^yhieti, à Hamon enfant, ou à la pauvre Lybienne allaitant Hamon. Notre lecture de ADN LB OL HMN est pleinement justifiée par les variantes ASN LB OL HMN [le nain lybien , Hamon enfant) et ODN LB OLHMN [la aélicate Lybienne allaitant H ainon). Cette dernière divinité est définie : la plainte qui s élève du champ des morts (NS AH MT), et ne peut pas être notre Seigneur, d'autant plus que Gesénius a mal lu et substitué une N à un V. Ailleurs il lit Abd-Milkar, ce

qui est écrit Abd-Mel-Rad et Ash-Nadar [vis vovens), ce qui ne peut se lire que SK OR [ennemi mis en pièces).

Dans son essai de lecture de l'épigraphe bilingue de Thugga^ il prend constamment les S pour des M; aussi, bien que la copie d'Honégger soit à peu près exacte , il n'a pu en déchiffrer aucun mot, excepté le premier, et il n'a même pu reconnaître le nom à'Asthoreth qui cependant est si lisible.

C'est donc volontairement que nous nous écartons de l'opinion de l'illustre savant, lorsqu'elle s'appuie sur des lectures manifestement erronées et nous donnons, une fois pour toutes, la formule initiale de la plupart de nos épigraphes, collationnée sur plus de 80 stèles, parfaitement lisibles.

L RBT L TNT PN BOL V L ADN LB- OL HMN ASN • DR

C'est celle qui indique le sacrifice du noir ou du bouc émissaire, offert par des hommes. Nous avons donné plus haut les différentes formules du Nédé ou sacrifice féminin, l'un et l'autre avaient pour but de désarmer la colère des deux divinités infernales. AS N , le nain noir, répondait aux signes zodiacaux du scorpion, du sagittaire et du capricorne et ADN LB la. pauvre Lybienne servant de nourrice et de piédestal à Hamon, la statue solaire, présidait au signe du Verseau, àe^ poissons et du bélier. Elle était plus généralement connue sous le nom de Béka [grec Myrrha) la rosée.

Ashan était honoré par des victimes le représentant luimême, telles que un vieux bouffon noir, un prisonnier de guerre, un malfaiteur, un bouc, des chrétiens et même des

chrétiennes, ainsi que nous l'apprend le martyre de sainte Perpétue et sainte Félicité condamnées à être déchirées comme lui dans le cirque, parla vache bourrue. Il résulte de la relation si curieuse de ce martyre que le patient était exposé dans un filet à la fureur de l'animal, mais il est probable qu'on devait lui accorder quelquefois le droit de se défendre et que c'est le sacrifice (TAshan Dor qui a dû donner naissance aux courses de taureaux importées par les Maures en Espagne.

Il est question à'Aclen dans prescjne toutes les inscriptions lybiennes, c'était le Bacchus nègre qu'une épigraphe, rapportée par Gesénius définit ainsi :

« A Bal-Aden [le seigneur du piéclestat), à F ordonnateiir des camps qui pousse des cris lugubres, au seigneur de t écrasement, le Lybien qui a fait tomber Rome dans son pressoir. »

Bal-Aden était le meurtrier de Tammouz, amant d Astarté., ou le houe, et lui-même était représenté par un o\irs [Dib), roi du pays de Resh [le pâle arctique), aussi le livrait-on à Astarté, pour le déchirer. Le combat de l'ours et du taureau est resté classicpe jusqu'à nos jours.

L'ours attirait le bouc ivre dans le cuvier de son pressoir et l'y noyait; il était ressuscité par le dieu de la vie, Bo [le sentiment), qui tuait l'ours à coups de flèches, quand il ne périssait pas sous les cornes d' Astarté. Une épigraphe du Louvre est dédiée

« A Tho [r ivrogne) qua retiré Do, à la dame de l'abondance qii enlèvera de nouveau Dib, roi de la pauvreté. »

Les Lybiens du lac Triton avaient incarné dans ce personnage farouche, les nègres cannibales qu'ils avaient eu à combattre, mais les Grecs le connaissaient aussi sous les noms de Pélops, Melancher et Hercule Mélampyge.

Tout le monde à lu la légende de Pelops tué et dévoré ; son nom veut dire face noire et on le mangeait tous les ans sous la forme d'un chevreau de cette couleur ; on le mange même encore.

Il ne faut donc pas s'exagérer la cruauté ni l'immoralité des anciennes religions ; sauf les prisonniers de guerre, trop souvent traités avec la dernière barbarie, on ne sacrifiait que des criminels, avec un appareil religieux analogue à celui des modernes exécutions espagnoles. Le sacrifice à'Ashan a laissé des traces partout et notamment à Rome où, au moyen âge, l'on roulait un juif dans un tonneau du haut du Capitole, barbarie qui fut remplacée par des courses de juifs à pied et finalement par celles des Barberi aux frais du Ghetto. Chez les Khonds de l'Inde et les nègres du Dahomey, il s'est conservé dans toute son horreur.

Les Lybiens lui avaient donné une forme particuhère, celle du supphce du Taureau, représenté chez les Grecs par le fameux Taureau Farnèse (1), mais la légende du noir livré en expiation à la déesse de la terre se retrouve aussi dans les textes cunéiformes, où la déesse Istar donne un fantôme noir à la déesse de la nuit Alilat, en échange de son amoureux le fils de la vie, que celle-ci lui avait ravi.

« Nouah, daris la sublimité mystérieuse de son cœur, a pris une résolution, il a formé, pour sa sortie, le fantôme d'un homme noir.

« Va pour sa sortie, fantôme! à la porte du pays immuable, présente ta face. Que les sept portes du pays immuable s'ouvrent devant ta face. Que la grande dame de

(1) Il faut y joindre le non moins fameux taureau de Phalaris, fabriqué à Agrigente; les Grecs donnaient en effet à Atlas les traits d'un homme barbu avec les oreilles et les cornes d'un taureau.

la terre te voie et se réjouisse devant ta face. Dans le fond de son cœur elle se calmera et sa colère se dissipera Prononce-lui le nom des grands dieux, etc. »

Le nègre se présente devant la dame de la terre qui est forcée de laisser partir le fils de la vie mais se venge sur le pauvre noir.

« Va maintenant, pour sa sortie, dit-elle; que le grand geôlier te garde. Les alhnents que rejette la ville seront ta tiourriture, ce qui coule des égouts sera ta boisson. Les ténèbres de la forteresse seront ton lieu d exaltation, le conduit des eaux sera ta demeure. Que ï esclavage et la misère 'frappent ta postérité. » [F . Lenormaiit, Premières Civilisations.)

Telles étaient les imprécations dont on accompagnait partout le bouc émissaire ou le signe du Capricorne^ dieu des citernes, des égouts et des souterrains et représentant l'année écoulée prête à faire place à l'année suivante.

Il est à remarquer que, parmi les diverses significations du mot DVR au figuré, vient en première ligne celle de periodus orbis, vitœ, annorum (Génération).

L'habitude de faire périr Aslian dans un cercle ou cirque, a du donner l'idée des combats d'animaux dans des espaces circulaires que les Grecs ne connaissaient point, tandis que nos épigraphes démontrent qu'en Lybie cet usage existait au moins six siècles avant notre ère. C'est donc à l'Afrique que Rome les aurait empruntés.

La plus intéressante est la XXVIir qui se rapporte à la destruction de Carthage, 147 ans avant notre ère et fait mention de l'offrande d'un noir pour le cirque ; une autre nomme ce cirque, qui était celui de Gab , ou du Sud, dont on peut voir les vestiges sur notre carte, au midi de la ville.

Nous terminerons ce rapide aperçu en faisant remarquer, à l'honneur des cités lybiennes , que jusqu'ici nous n'avons trouvé à Utique aucune trace de ces sacrifices d'enfants que leurs parents jetaient eux-mêmes dans le piédestal enflammé de Bal-Hamon. Cette horrible coutume, que les Carthaginois avaient rapportée de Palestine, semble n'avoir pas été adoptée par les races indigènes.

Stèle de calcaire représentant au bas Aden-Lob, au-dessus Smnn [le riche) ^ figuré par un chapelet d'olives; plus haut,

Palek ou Hamon, sous la forme d'un caducée ; des deux côtés, des larmes figurant la déesse Béka. Puis un œil au dessus d'un océan. Cet œil, comme nous le verrons plus loin, signifie promirer ; il est probable que cet ex-voto constate un vœu fait pour obtenir de la pluie à l'aide de quelque noir déchiré par la vac/te bourrue.

Épigraphe tumulaire sur dalle carrée de pierre grisâtre. Elle contient les mots suivants :

« Sépulcre d' Abd-Melkart, fils de Bal-Molok, fils de Melkart [han). »

Il est à remarquer que Melkart ou Hercule, qui entre dans la composition d'une foule de noms propres ne figure sur

aucune de nos épigraphes dans la liste des divinités d'Utique, où il est remplacé par Aden le Lybien. Utique était donc une ville essentiellement lybienne qui n'avait pas été modifiée par le renfort de colons qu'elle avait reçu de Sidon, et, malgré l'adoption de la langue phénicienne, elle était restée fidèle jusqu'à la fin à son origine et au sanctuaire grécolybien du lac Triton. Ceci nous exphque pourquoi les Carthaginois traitaient avec les Romains au nom des Phéniciens et d'Utique.

Funéraire, marbre blanc. Il n'en reste que la dernière ligne :

« Le misérable a dérobé le baume. Job [altéré), abreuve-toi.^^

C'est un fragment des célèbres fables lybiennes. L'âme descendue dans l'Hadès se nommait Job (l'altéré) et devait dérober le baume fabriqué par Aden-Lob ou Atlas.^ gardien du jardin des Hespérides. Il lui était alors permis de boire à la source des larmes qui le ressuscitait.

JV

Toutes les épigraphes qui suivent sont gravées sur des stèles en forme de bûches à peine dégrossies [Béthyles]., plus ou moins bien conservées, décorées de signes hiéroglyphi- ({ues complétant la légende écrite. Celle-ci, qui est un calcaire fin, porte au bas un océan ou emblème du dieu Palek et au dessus des oves et des dards [Bitz-Séla], que nous avons retrouvés sur un magnifique larmier de marbre du temple dans lequel nous avons découvert le dieu Sépher au pied de l'acropole. Cet océan est surmonté de l'œil de la déesse Béka., et les caractères sont de belle époque carthaginoise. Ces renseignements sont d'une extrême importance pour

déterminer la date de notre statue de Bacchus Sepher qui semble être antérieure à l'ère chrétienne. L'épigraphe est

un peu elFacée, mais très complète. En voici la traduction :

« A Rabat^ à Tanit face de Bal.

« A Aden la Lybienne, allaitant Hamon.

« La femme qui s est procuré le nédé,

« Hamal-Qat {Servante de la Clémence) sur la montagne de la purification. »

Cette montagne ne pouvait être que celle qui supporte l'acropole où devait se trouver le temple de Tanit et de Bal-Hamon , toujours situés sur les hauts-lieux.

Ce qui est certain, c'est que c'est un témoignage non unique de l'offrande virginale que toute fille devait à Vénus, laquelle, en ce cas, était la déesse locale Béka, violée par le satyre Pi?7i ou Ashan.

Au bas, le sceptre de Palek ; en haut, Aden-Lob ; très complète.

« A Rabat, à Tanit face de Bal, et à Aden-Lob, portant Hamon, un noir pour le cirque.

« En témoignage de leur clémence, écrit par Abd-Melkart, fils de Magon^ fils de Resh. »

Magon signifie bouclier et Resh, pauvre.

Au bas, un croissant ou Sin, symbole de prévarication ; en haut, Aden-Lob. Aussi complète que la précédente. Même formule initiale. Offert par Bod-Melkart, fils de Oz

Malek [qui a pour roi le Bouc), fils de Bd-Matan {don de Bat).

^9 t^l cl^ f^S^(o

Au bas, Aden-Lob et le sceptre de Palek ; en- haut, l'œil et les larmes de Béka. Complète, même formule. « En témoignage de clémence, écrit par Abd-Melkart. »

Légèrement mutilée, mais très facile à restituer. Au bas, Aden-Lob et le sceptre de Palek; en haut, la paume d'un

dextrochère [kapa), signe d'expiation. Elle commence par le nom à' Aden-Lob et doit provenir du temple de cette divinité.

« A Aden, la Lybienne allaitant Hamon, à Rabat Tanit face de Bal,

« La femme qui s est procuré le Nédé. Matan-Al ,

fille de Stam-Bal, fils de n. »

Il est probable que le nom de la femme était Matan-Alon [don du Téréhinthe)^ fille de Stam-Bal [qui voit Bat) ^ fils de H an [F Occident).

Formule initiale légèrement mutilée.

« A Rabat, à Tanit, etc.

« La femme qui a réuni le prix du Nédé. Matan-Bal, fille d' Abd-Eshmun, à Béka ils ont dédié cet écrit en témoignage de sa clémence, Eshmun le leur avait imposé. »

Cette épigraphe est encore plus affirmative que les autres, car au lieu de [procuravit) il y a "i^t^ [collegit] et de plus le nom de la déesse Béka qu'il s'agissait d'apaiser.

Formule initiale à peine mutilée, même sujet « A Rahat, etc.

« La femme qui s'est procuré le Nédé. Natan-Bal fille cï Ahd-Eshmun; à Béka, ils ont dédié cet écrit en témoignage de sa clémence, Eshmun le leur avait imposé. »

Natan-Bal et Matan-Bal veulent dire également don de Bal, étaient-elles les deux sœurs? Le nom du père est le même et les deux épigraphes sont de la même époque.

Mutilation initiale insignifiante; même sujet, mais Bal-Hana moins pieuse que les précédentes, n'offre que le quart du prix de la prostitution, pour renouveler F honneur de Béka.

Ce motif singulier apparaît pour la première fois. Béka {la Myrrha des Grecs) était une vierge condamnée au viol à perpétuité. C'était donc pour lui rendre l'honneur que toutes ses sectatrices devaient vendre le leur, afin de n'avoir rien à lui reprocher.

N'y avait-il aucun moyen de se soustraire à cet immonde sacrifice ? Il semblerait d'après l'épigraphe suivante qu'il était permis de s'en racheter en offrant le prix aux dieux. Toute la formule initiale manque, mais, la fin en est très complète et très lisible et est écrite en grands caractères sidoniens du vf siècle. C'est donc la plus ancienne de toutes nos épigraphes.

« A Rabat, à Tanit, etc.

a La femme qui a repoussé le prix de la prostitution, Gab-Dath, fille de Gar-Gabrat^^fils de Harb. »

Gab-Dath signifie qui a. pour loi l'orgueil, le père se nomme Gar-Gabrat [qui a pour dame l'étrangère) , fils de Harb [le

sec). Il est probable que cette famille était étrangère et originaire de Gabès.

Il devait y avoir, d'ailleurs, une autre façon d'atténuer ce qu'il y avait de profondément humiliant dans ce sacrifice : c'était de livrer la patiente à son fiancé. C'est ce qui semble résulter de l'épigraphe suivante où c'est Vamoureux

cpi consacre lui-même le prix du Nédé. On peut la traduire ainsi :

« A Rabat ^ à Tanit, etc.

« Associé à la femme pour le Nédé, Set-Melkarth, fils de Bal-Hana, fils de Tamar. »

Tamar veut dire palmier, les autres noms sont connus.

Formule du sacrifice du noir pour le cirque, offert à Alam Déka [Béka abandonnée) par Bod-Ebène [serviteur du noir), fils à' Abd-Melkart, fils de....

Même sujet; le donateur, dont le nom est mutilé, se nomme Abd.... a, fils à'Han-Bal.

Même sujet ; le donateur se nomme Bod-Eben [serviteur de ÏEhène^ ou nègre)., fils de Mer-Bal {récompense de Bat), fils de Melkart-Halatz (libérateur).

L'épigraphe suivante n'est remarquable que par le fouet

(tûTlZ^) surmontant le piédestal (pi^) , qui donne en hiéroglyphes le nom du roi de Thugga Sathaden ; elle est relative à une offrande du prix de la prostitution, mais le nom de la femme a disparu.

Même sujet, dont la formule initiale est mutilée ; mais la partie finale, très développée, annonce que le prix de la jn'ostitution a été offert par Matan-Bal, fille à'Adar-Bal, fils

de Melkart-Haltz^ fils (VAv-Put/i [qui désire Puth ou l'affliction, nom de T Afrique occidentale), fils à'Adar-Bal le Suffète.

Cette jeune fille est si bien apparentée qu'il est à supposer qu'elle s'était rachetée à prix d'argent du sacrifice dû à la déesse Béka.

La fin de cette épigraphe manque, pas de nom propre. Très intéressante néanmoins, parce que c'est l'offrande (Zebd) d'un associé au Nédé:, à Ol-Béka [Béka allaitant).

La fin et le commencement font défaut. Offrande d'un Suffète, fils de....

Même sujet. Mieux conservée. Le noir a été offert par Osht-Dath [qui a pour loi la pensée), fils de Mémé {l'hésitation), mais^ ce qui est beaucoup plus intéressant^ cette épigraphe donne le nom du cirque, Dor-Gab [cirque du Sud) ; telle est en effet l'orientation de celui d'Utique.

Même sujet. Le sacrificateur se nomme Matan-Ebra [don de celui qui donne la vue), fils du Suffète, fils de Bal-Hon.

Au-dessous se voit encore une portion du simulacre à'Aden-Lob.

Même sujet. Formule initiale très mutilée, mais fin complète et curieuse ; aussi nous en donnons la restitution entière :

« A Rabat, à Tanit face de Bal.

« Et à Ade?i le Lybien, à Hel, à Hamon. a Un noir que An {la mugissante) a poussé dans le cercle. « Ahd-Açaç [serviteur de celle qui piétine) , serviteur de la fille qui fait peiner le bouc dans le péribole. »

Ici l'événement semble se passer dans le péribole d'un temple d'Astarté dont Abd-Açaç était le pontife, et Ashan devait être représenté par un bouc.

La fille doit être la déesse Béka ; son histoire est celle racontée tout au long dans la Bible sous les noms de Judith et Holopherne. Violée par un vieil ivrogne, elle profite de son sommeil pour lui trancher la tête qu'elle emporte dans un sac. Cette tête est le soleil.

Dans d'autres légendes, les sexes sont intervertis ; c'est un jeune homme qui doit subir les caresses d'une sorcière et profite de son sommeil pour lui trancher la tête. On a alors la légende de Bellérophon et de la Chimère^ celle de la Dircé du taureau Farnèse, ou celle de la Gorgone^ mais il est à remarquer que Chimère veut dire chèvre, et que c'était bien la femelle du bouc lybien ou Tish.

Même sujet. Presque complète, mais moins intéressante. L'officiant se nomme Hana, fils de Bal-Hana.

XXVT

Même sujet. Au bas, un croissant, ou Sin, signe de préval'Lcation. La formule finale est : Don de Ad [l' unique), fiU du Snffète.

Même sujet ; la fin manque. L'offrande du noir pour le cirque est (ïAhd-As/iun (fils du noir), fils d Ahd-Meîkarth,

fils, etc. Mais tout l'intérêt de cette épigraphe est dans la substitution du nom d'ASN à ADN LB, preuve évidente que Gesénius a eu tort de traduire ADN par seigneur.

XXVIH

Cette épigraphe est malheureusement mutilée, mais pas assez pour ne pas pouvoir être restituée dans son entier avec une grande certitude, et elle en vaut la peine, car nous la croyons unique dans son genre, comme faisant allusion à la destruction de Carthage. C'est l'action de grâce d'un citoyen d'Utique qui a y contribué. Nous avons indiqué dans

la partie mutilée les lettres qui manquent.* Il n'y a d'incertitude que pour le verbe dont il ne reste que le sainek final. Mais cette lettre est décisive par elle-même, car tous les verbes qu'elle termine renferment l'idée de fouler aux pieds.

Voici notre traduction :

« A Rabat, à Tanit, face de Bal, à Aden le Lybien, à Hel, à Hamon, un noir pour le cirque.

« Resh fils de Bod-Bal-Hamon avec lui a broyé dans la poussière la perverse Carthage. Qu'il en soit loué! »

Resh signifie pauvre. Nous avons adopté le verbe qui signifie broyer, mais on pourrait tout aussi bien prendre DD^, qui se traduit par fouler aux pieds. Nous avons vu

(1) Les lettres restaurées sont celles qui se trouvent à gauche de la cassure de la pierre.

par une des Numidiques de Gesénius qu'Aden ou Bal-Aden était le dieu ordonnateur des camps, qui pousse des cris lugubres, le seigneur de l'écrasement, le Lybien qui a fait tomber Rome dans son pressoir , Resh s'honore de l'avoir aidé à détruire Kart-Hadeshat, dont la domination avait toujours été odieuse aux villes d'origine lybienne ; et même nous ne pouvons voir qu'un acte de mépris dans l'emploi de ce nom de Khart-Hadeshat, car nous avons examiné soigneusement les légendes des médailles prétendues sidoniennes contenant les noms de Çambé et de Caccabé, dont parle Movers. Pour sidoniennes elles ne le sont point, car l'une d'elles porte au droit une tête tourelée avec les deux lettres grecques MA, tandis qu'une autre les remplace par une torche MAVRT emblème probable de Marathus. Au revers se voit un gouvernail emblème d'alliance, et la légende dont Gesénius a recueilli une foule de spécimens. Aux Sidoniens du peuple de Caccabé [alias Cambé), la Tyr de la mer de Kot [obscurcissement) ; il est impossible de désigner plus clairement Garthage,

La formule initiale manque, mais la fin est complète et curieuse :

« JJana fils de Ham a écrit ce témoignage de clémence, à , la montagne de Kot [ obscurcissement), dans sa propriété d Alam-Mot [le silence de la mort), où il a fabriqué un moulin. »

Ge citoyen d'Utique avait donc une propriété dans le voisinage d'un cimetière et y avait établi un moulin, car on

avait l'habitude de les reléguer, ainsi que les pressoirs, dans le voisinage des nécropoles.

Cette épigraphe est surmontée d'une fleur (yj) qui signifie absolution ; elle est assez bien conservée et se rapporte à un personnage du nom de Matan, fils d'% {le cuisinier); lequel avait cru devoir augmenter le prix de la prostitution d'une personne qu'il ne nomme pas.

XXXÎ

Cette épigraphe, très courte, est surmontée d'un dextrochère ou Capa, signe d'expiation. Le sujet n'est pas le même que celui des précédentes, mais la dernière ligne est tellement mutilée qu'on n'en peut deviner que les deux derniers mots:

Fils de Ragaç, non connu. Elle se recommande néanmoins par une variante de formule qui nous engage à la donner.

Elle est ainsi conçue: LRBT, LTNT, PN BOL ADR, LBOL HMN- « A Rabat, à Tanit face de Bal-Adar, à Bal-Hamon. Peu Bal-Adar [face du principe de F amplitude) est l'exacte traduction du grec "Eup- 'Oti/. la nymphe Europe était donc la même divinité que Tanit pen Bal-Adar, ou la déesse du sud-est.

XXXIÏ

En haut un œil, signe de Raha ou de procuration. La fin manque et n'est expliquée que par l'épigraphe suivante :

Mutilée, mais nous avons retrouvé la formule initiale de cette épigraphe dans une autre qu'à cause de sa mutilation, nous n'avions pas d'abord jugée digne d'être publiée en original. Un second examen nous a fait regretter cette exclusion, car au lieu d'ADN, on y lit ODN, traduction du

grec sybaris. Voici la transcription de cette épigraphe en lettres latines :

LRBTLTNT PNBOLVLO DNLBOLHM NNSAHMT

Ce qui doit se traduire : « A Rabat, à Tanit face de Bal et à Oden la lybienne, allaitant Hamon, la plainte qui

>i élève de la mort. » Cette formule, si différente des autres, se continue dans notre épigraphe XXIII \ « Ala femme qui s'élève des eaux et se cache dans la citerne. » Nous avons donc le cercle solaire tout entier, représenté par les aventures de la déesse Oden ou Eden, plus connue sous le nom de la femme nue [Ashéra], mais nous ignorons s'il s'agit d'un nédé ou de tout autre sacrifice.

XXXÏV

Toutes les épigraphes suivantes sont des fragments. On lit dans celle-ci à la suite de la formule initiale Hana-Bek [grâce

de Béka), et à la ligne suivante le commencement du nom Abd-Melkart

Si mutilée que soit cette épigraphe, on y lit que le prix du 7iédé a été acquitté (pri"l) par la fille d'un suffète du nom à'Abd-Moloch.

Fin d'épigraphe. On y lit Ham-Nak (inort de Ham), fils d' Abd-Eshmun, fils d' Abd-Melkart.

Au bas le signe à' Aden-Lob .

Fragment relatif à un sacrifice à Vénus ; un seul nom est lisible : fils d'Ad.

Fragment. Shet-Ret {F échauffé qui boit), fils de Magon.

Nous ne rapportons cette épigraphe qu'à cause du gou-

vernail dont elle est surmontée (t2l\l*) Shot; il exprime l'idée de voyage et surtout de traité d'alliance.

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