‹ Relation d'une mission archéologique en TunisieChapitre 5 sur 29 · GÉNÉALOGIE DE CATON D'UTIQUE · texte numérisé non relu

GÉNÉALOGIE DE CATON D'UTIQUE

Caton le Censeur épouse Licinia

Marcus Porcius Caton Licinianus, mort désigné préteur du vivant de son père.

M» Porcius Caton, consul avec Q. Marcus résidant en Afrique.

M. Porcius Caton, mort dans les Gaules, épousa Polonia.

M. Porcius Caton Solonianus.

M. Porcius Caton L. Porcius Caton.

7nort dans la poursuite de la préture.

M. Porcius Ca.lon d'Utique. Porcia N..., qui fut mère Servilie, sœur , de Brutus qui de mère seu-

tua César. lement.

On conserve également à la Bibliothèque nationale, dans la section des Estampes, sous le titre de Suite alphabétique de portraits gravés, une intéressante série de portraits de Caton d'Utique. Quelques graveurs l'ont confondu avec Caton le Censeur^ notamment dans la Galerie des hommes célèbres, publiée en 1808 par Landon (tome XI).

Utique, ayant secrètement favorisé la cause de César, échappa à la destruction. Nous avons vu qu'Auguste fit les

habitants d'Utiqiie citoyens romains : toù; "I-uy.-^)C7éou; rS/J-xç k-o:r,Gx-zo (Dio Cassius, XLIX, 16). Pline (v. 4) la qnalific « Uiica civium Rojnanorum ». Sous le nom de Municipiwn Julia?ium Uticense, elle conserva son autonomie avec le droit de battre monnaie qui était une de ses prérogatives. Pomponius Mêla, cpii vécut sous Tibère, Caligula et Claude, est l'unique écrivain qui nous ait laissé un croquis d'Utique dans les premiers temps de l'empire romain. « Utica et Carthago, ambœ inclytœ, illa fato Catonis insignis, hœc suo, nunc populi Romani colonia. »

L'apogée de la splendeur de l'architecture romaine est le règne d'Auguste. C'est l'époque où ce style pompeux se répandit dans tout le bassin méditerranéen, et Utique construisit alors une foule d'édifices dont les fouilles ont révélé l'emplacement avec de riches débris et des épigraphes en caractères magnifiques.

A partir du règne de Néron, l'ornementation romaine se surcharge et les monuments prennent des proportions colossales. C'est à cette époque que s'élevèrent à Utiqne les nombreux palais qu'on y exhume cliacpie jour, et les magnifiques villas qu'on y construisit sur le modèle de celles de l'Itahe.

Pendant le règne des Antonins, les arts brillèrent encore d'qn vif éclat. Trajan surtout fit exécuter dans les provinces de grands travaux d'utilité publique, tels que routes, aqueducs et ponts. Utique en eut sa part, une belle épigraphe qui y a été découverte en fait foi.

L'an 29 (av. J.-C.) Auguste envoya sur le territoire de Carthage 3,000 colons romains qui y fondèrent une colonie, à côté de la ville maudite ; mais comme la population autochtone y fut aussi admise, la nouvelle colonie s'accrut

si rajjidement que, au dire de Strabon, elle était redevenue, ( vers la fin du règne d'Auguste, une des plus florissantes ' villes de l'Afrique. La nouvelle ville avait été fondée à quelque distance de l'ancienne et bâtie de ses débris. Mais peu à peu, sans tenir compte des malédictions du Sénat, on envahit aussi l'enceinte primitive. Le proconsul romain quitta alors Utique pour y fixer sa résidence et cette ville se trouva une seconde fois reléguée au second rang. Néanmoins, jamais elle n'avait atteint un tel degré de prospérité, et M. Daux qui a voulu rétablir une vue de la ville, a choisi avec raison l'an 45 de notre ère, comme étant celle de l'apogée du développement d'Utique.

Cette prospérité se maintint sous les Antonins. Adrien fit dit-on, élever le bel aqueduc que nous aurons à décrire plus loin, et ce fut lui qui, sur sa demande, accorda au municipe d'Utique le rang et les privilèges de colonie romaine.

Histoire — Période clirétienne — Invasion des Vandales — Conquête ùi/santine — Destruction d'Utique pur les Musulmans.

On sait ([ue le triomphe du christianisme bouleversa de fond en oomble l'ancien état social. Dès les premiers siècles, la nouvelle religion s'établit à Carthage; par suite de ses relations suivies avec Rome, les premiers catéchistes s'y introduisirent de bonne heure. La parole divine rayonna dans tous les sens et eut bientôt atteint Utique. Les progrès du christianisme y furent, parait-il, plus rapides que partout ailleurs. D'après M. Guérin, Utique devhit le siège d'un évêque et compta de nombreux martyrs. (Yoy. En Tunisie, t. II, p. 1 1 .)

Au iv" siècle, on comptait dans Carthage et la Byzacène cent soixante églises, car, conformément à l'exemple venu de Rome, les édifices tant civils que religieux des païens avaient été transformés en basiliques chrétiennes.

Utique , toute j)roportion gardée , n'était pas sous ce rapport au-dessous de Carthage, et nos fouilles dans les nécropoles phénicienne et romaine ont mis à découvert, à l'occident de la maison Ben Ayad, à environ cent mètres dans la direction de la route de Tunis, sur le sommet du monticule, un cimetière chrétien substitué à un temple romain, ce qui nous a d'autant moins étonné que nous nous rappelions qu'en 421, Galla Placidia avait obtenu de son

neveu, l'empereur Théodose, l'ordre de faire raser les temples païens et de les transformer en cimetières.

Depuis le iv° siècle jusqu'à l'invasion arabe, en 689 , il y eut donc à Utique nombre de chrétiens qui enterraient leurs morts dans le terrain où nous avons trouvé une série de pierres portant le monogramme cruciforme.

Voici deux épigraphes prises parmi beaucoup d'autres :

EST VITÀ PACiE et celle-ci bien touchante dans sa brève simphcité :

HMANTIÀ MATER FIDELÎS IN PAGE

la formule m pace est celle des chrétiens des premiers siècles. On l'a également retrouvée à Carthage, sur des pierres tumulaires chrétiennes.

Dans la même nécropole d'Utique, nous avons aussi mis à nu une magnifique dalle tumulaire en mosaïque de diverses couleurs portant également le monogramme cruciforme, mais avec la boucle du P à gauche, anomahe constatée sur plusieurs lampes de Carthage et d'autres pays. On y lit ces mots :

Page 1